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PHystorique- Les Portes du Temps
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14 mars 2021

11 mars 1068 : L'abbé Eudes présente à Foulques Nerra les Chartes poitevines de l'abbaye de Saint-Florent, près Saumur

11 mars 1068 L'abbé Eudes présente à Foulques Nerra les Chartes poitevines de l'abbaye de Saint-Florent, près Saumur

La critique a peu de choses à relever sur le règne de Foulques Nerra.
Nous arrivons avec lui sur le terrain historique et nous sortons du royaume des chimères chevaleresques. Cependant tout n'est pas d'une valeur absolue dans les récits de l'abbé Eudes et de ses continuateurs.


Les chroniques des églises d'Anjou nous font connaître les faits généraux du règne de ce prince belliqueux.


En 992, il gagne sur Conan, comte de Bretagne, la sanglante bataille de Couquereux, au moyen d'une ruse de guerre que Raoul Glaber décrit avec grand détail.


En 1016, il remporte sur Eudes, comte de Blois et de Tours, la bataille de Pontlevoy, si chèrement disputée ; dix ans plus tard, pendant que Eudes assiégeait Montboyau, forteresse que Foulques avait élevée pour menacer Tours, celui-ci s'empare de Saumur, dont il dépossède Gelduin, fidèle vassal du comte de Touraine.


Puis survient en 1036, la guerre plus cruelle qu'une guerre civile, entre Foulques et Geoffroy Martel, son fils.
Nos chroniques parlent enfin de ses longs pèlerinages à Jérusalem, et de sa mort à Metz au retour de son dernier voyage d'Orient, en 1040.


L'abbé Eudes, plus prolixe que les chroniques des églises, nous raconte les guerres de Foulques, « qui jurait par les âmes de Dieu », avec le comte Eudes de Champagne, Landry de Châteaudun, Gelduin de Saumur, mais sans s'astreindre à suivre l’ordre chronologique exact.
Il raconte comment, avec l'aide de Sulpice, gouverneur d'Amboise, le comte Foulques fit une expédition sur les terres du comte de Champagne, parvint jusqu'à Châteaudun et mit en déroute les habitants de cette ville qui avaient voulu lui barrer le passage ; il les repoussa dans la forteresse.

A Amboise, Foulques assiège la maison forte de Landry, oblige les défenseurs à se rendre, détruit cette petite forteresse et chasse Landry de la ville.
A cette époque il y avait dans l'intérieur d'un même castrum des tours ou forteresses privées.
Amboise était partagée entre plusieurs seigneurs qui avaient leur maison forte dans l'intérieur de la ville.
Foulques passait fréquemment la Loire et parcourait la Touraine où il avait des postes avancés.


Il se rendait à Villemoranne, qu'il avait fortifié ; à Châteaux, à Semblançay, puis il revenait à Angers par la vallée, malgré la résistance des citoyens de Tours.

 

 
Maître de Loudun et de Mirebeau, dit le chroniqueur, il attaquait Chinon qui appartenait en propre à Eudes, Saumur, Montsoreau, l'Ile Bouchard et, passant par les terres de Guennon, seigneur de Nouâtre, il retournait à Loches.
Il donna le gouvernement d'Amboise et de Loches à Lisoie de Bazouges, neveu du vicomte de Sainte-Suzanne, et ordonna à tous les hommes d'armes de toute condition de lui obéir.

 


Lisoie vint s'établir à Loches, avec une sorte de clan; frères, parents, alliés et protégés l'y suivirent spontanément (1).
L'auteur nous paraît avoir un peu anticipé sur les événements en faisant Foulques possesseur de Loudun et de Mirebeau dès le début de son règne ; ces villes ne tombèrent que plus tard au pouvoir des comtes d'Anjou ; mais tout ce qui concerne Amboise est confirmé par le Gesla Ambaziensium domirtorum, document d'une réelle valeur historique (2).


 A part l'absence de chronologie, le récit de l'abbé Eudes, sur les débuts du règne de Foulques Nerra, concorde avec les documents sérieux.
Nous arrivons ensuite à une anecdote qui semble singulièrement suspecte.


Foulques s'était rendu à Orléans, à la cour du Roi. Conan, comte de Bretagne, en avait fait autant. Profilant de l'absence de Foulques, Conan avait donné l’ordre à ses fils d'attaquer l'Anjou qu'il voulait dominer jusqu'à la Maine.
Foulques et Conan étaient descendus à Orléans dans la même maison, probablement dans une auberge moins luxueuse que ne le sont les plus modestes hôtels de nos jours.
Le comte d'Anjou siégeant à un certain moment en un lieu que je ne puis nommer, et qui touchait à la chambre de Conan, entendit une conversation entre ce prince et les siens ; il leur disait que d'ici quelque jours ses fils s'avanceraient jusqu'aux portes d'Angers et détruiraient tout sur leur passage.
Foulques ne perd pas un instant, annonce son départ pour Château-Landon, monte à cheval et galope nuit et jour jusqu'à Angers.
Le chroniqueur prend soin de nous dire qu'il changea plusieurs fois de cheval.


 Le soir du second jour, il arrive secrètement à Angers et réunit hors des murs un grand nombre de chevaliers et d'hommes de pied.
Au jour qu'avait désigné Conan, les Bretons attaquent les portes de la ville, se croyant sûrs du succès. Mais Foulques et sa troupe débouchent d'une embuscade, se jettent sur les Bretons sans défiance, en tuent un grand nombre et mettent les autres en fuite.
A la vue du comte Foulques dont on ignorait le retour, les Bretons consternés se sauvent de tous côtés. Deux des fils de Conan et beaucoup de Bretons périrent dans ce combat ; les deux autres fils du comte de Bretagne furent faits prisonniers avec un grand nombre de barons, de chevaliers et d'hommes de pied.


Foulques victorieux repart aussitôt pour Orléans, et à l'arrivée du Roi se rend, à sa cour, suivi d'un chevalier monté sur le cheval du fils aîné de Conan.
Les Bretons s'alarment à cette vue et demandent comment ce cheval est tombé aux mains d'un chevalier angevin.


La vérité se découvre ; on en informe le comte de Bretagne. Conan pleure ses fils et sa défaite et va se plaindre au Roi.
Les évêques négocient la paix et, par la médiation du roi Robert et de Richard, duc de Normandie, qui avait épousé Judith, fille de Conan, l'accord se rétablit. Conan paie rançon pour ses deux fils prisonniers et pour tous les captifs et l'énonce à ses prétentions sur le territoire d'outre-Maine que Foulques put désormais posséder en paix (3).


 Il faut reconnaître que Foulques était un vigoureux cavalier, qui en quatre jours fait deux fois à cheval la route d'Orléans à Angers et trouve dans l'intervalle le temps de rassembler une petite armée, de livrer une bataille et de la gagner.


Notre chroniqueur s'arrête après cette anecdote et ne raconte pas la suite des démêlés de Conan et d'Eudes ; pour lui ce combat livré sous les murs d'Angers aurait mis fin à la guerre.
Il omet la bataille de Conquereux, fait d'une haute importance historique.


Thomas de Loches et Jean de Marmoutiers ont emprunté le récit de cette bataille, non pas à l'abbé Eudes, qui n'en a dit mot, mais à Raoul Glaber  (4).



11 mars 1068


Charte notice, concernant la reconstruction au bord du Thouet du monastère de Saint Florent, situé jadis dans le château de Saumur et incendié lors de la prise de cette ville, en 1025, par Foulques Nerra.
A cette même époques Saint-Florent avait été dépouillé d’une partie de ses domaines et droits, et soumis à des charges très lourdes.
Geoffroy Martel, fils de Foulques, et Geoffroy le Barbu, son neveu et héritier, avaient promis aux moines de leur restituer leurs biens et de faire cesser toutes les exactions dont ils se plaignaient.
Foulques le Réchin, devenu maitre de l’Anjou, réalise cette promesse à la sollicitation d’Etienne, cardinal et légat du saint Siège et de Barthélemy, archevêque de Tours

 




De l’ancienne abbatiale de St Florent, détruite en 1806, ne restent que peu de vestiges.
La crypte l’un des rares vestiges de l’église de l’abbaye de Saint-Florent et une des mieux conservées de France située près de la salle de la Sénatorerie à St-Hilaire-St-Florent.


Cartulaire de l'abbaye de Saint-Florent-lès-Saumur, Livre noir
Marchegay, Paul, "Chartes anciennes de Saint-Florent près Saumur pour le Périgord (1080-1186)", Bulletin de la Société historique et archéologique du Périgord, t. 6, 1879, p. 47-51, 118-143, 220-242..

 

 

 

Le château de la Motte à Usseau (Vienne) - Geoffroy Le Maingre de Boucicaut  <==.... ....==> An Mil - Carte des Châteaux de l'Anjou sous Foulques Nerra

 

 

 

 


 

En Mil, Foulques Nerra s'empare de la forteresse du Diable de Saumur - PHystorique- Les Portes du Temps

Un des faits les plus importants de l'histoire d'Anjou a été la prise de Saumur par Foulques III, Nerra. Cette place appartenait, avant l'année 1025, aux comtes de Blois. Elle était leur avant-poste en Anjou, comme Amboise (1) était celui des Angevins en Touraine.

 

Translation des reliques de saint Florent, de Roye à Saumur.

Après l'incendie de la ville et de la forteresse de Saumur, en 1025, par Foulques Nerra, comte d'Anjou, l'abbaye de Saint-Florent, qui avait été établie dans le château par le comte de Blois et de Chartres, Thibault 1°, dit le Tricheur, seigneur de Saumur, fut reconstruite par Foulques Nerra, non plus à Saumur, mais sur les bords du Thouet, à environ 2 kilomètres de la ville.

 

Recueils de Saint Florent: Livre noir, Livre blanc, Livre argent, Livre rouge.

Dès le début du XVe siècle, les moines composaient un recueil de six de leurs plus anciens titres, compris entre 824 et 1004, qu'ils transcrivaient sur un rouleau fait de quatre peaux de parchemin cousues bout-a- bout ; c'est un recueil connu sous le nom de Rouleau des privilèges, aujourd'hui conservé aux archives du département de Maine-et-Loire.


1 Gisla consul., p. 89-91, d'après la chronique de l'abbé Eudes.


2 Chron. d'Anjou, édit. Marchegay, p. 161-169.

3 Gesla consul., p. 91-93, d'après la chronique de l'abbé Eudes. — Meduana est fluvius inter occidentales amnes non ultimus, qui placidis undis Andegavim praelabilur, quam pons saxeus hibernas passurus aqnas, amplectabitur. Usque ad hunc Conanus et filii consulatum habere volebant... et a Fulcone consulatus ultra Meduanam quiète et paciflee possidetur.


4 Gesla consul., p. 93-95, d'après la chronique de Raoul Glaber, liv. II, c. 3. — Thomas de Loches, plus complet que l'abbé Eudes, rapporte la bataille de Conquereux, d'après Raoul Glaber, mais il raconte aussi l'anecdote du voyage d'Orléans et la bataille livrée sous les murs d'Angers ; il reproduit les paroles de l'abbé Eudes : « et a Fulcone consulatus ultra Meduanam quiète et pacifiée possidelur » (Hist. com. And. p. 326-327).

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