Le 24 janvier 1794, la colonne infernale dirigée par Grignon et l'adjudant-général Lachenay se retrouve à Bressuire

Le passage de la Loire s’étant effectué le 16 novembre, les bleus allaient envahir le pays laissé sans défense. La Convention venait de décréter l'anéantissement de la Vendée par le fer et le feu.

Turreau s'était chargé d'organiser douze colonnes infernales, chacune de douze cents hommes qui devaient partir de divers points et sillonner le Bocage en tous sens, saccageant, brûlant, exterminant les hommes et les habitations.

Le plan était déjà mis à exécution. Le paysan racontait des détails effroyables : on brûlait les bois, on pillait les fermes, on égorgeait les enfants et les femmes.

 

La deuxième division est dirigée par Grignon ; il réunira les forces d'Àrgenton-le-Peuple (Argenton-Château) et de Bressuire, ses colonnes sont commandées par lui-même et Lachenay :

La 1ère ira de Bressuire à Montigny, Saint-Mesmin, le Vieux Pouzauge.

La 2ème ira de Bressuire à Cirière, la Pommeraie, La Flocellière.

 

L’ordre général a été donné, écrit d’Angers le conventionnel Francastel au général Grignon, d’incendier tous les fours et moulins, puis toutes les maisons isolées, les châteaux surtout, afin d’achever la transformation de ce pays en désert, après avoir soutiré les richesses qu’il renferme.

Pas de mollesse, ni de grâce dans un pays qui mérite l’indignation et la vengeance nationales...

Tu feras trembler en même temps les brigands, auxquels il ne faut point faire de quartier.

Des prisonniers dans la Vendée !... Point de quartier !... »

Ce Grignon convenait à tous égards à la besogne qu’on voulait lui faire accomplir; on avait choisi d’ailleurs, à dessein, des hommes sans pitié. « Entre tous, et au-dessus peut-être de ces misérables, dit M. de Quatrebarbe, le général Grignon conquit une hideuse célébrité.

Elevé tout-à-coup des derniers rangs du peuple à un grade supérieur, dès le premier jour il devint le fléau du pays. Le métier d’incendiaire et de bourreau était le seul qui convînt à sa taille. Sans talent et sans courage, il aimait le sang comme Kléber aimait la gloire. »

 

Dès le 19 janvier, sans attendre l’ordre de marche il commence la besogne à Saint clémentin , La Coudre, Sanzay.

Le 21 Janvier, à Argenton, Grignon harangue sa troupe

 Dans son mémoire, Joseph Lequinio rapporte le témoignage d'Aug. Chauvin, membre du comité de surveillance de la commune de Bressuire :

    « Je dois dire d'abord, que le jour de son départ d'Argenton-le-Peuple, Grignon ayant réuni sa colonne, lui fit à peu près cette harangue : « Mes camarades, nous entrons dans le pays insurgé, je vous donne l'ordre exprès de livrer aux flammes tout ce qui sera susceptible d'être brûlé et de passer au fil de la baïonnette tout ce que vous rencontrerez d'habitants sur votre passage. Je sais qu'il peut y avoir quelques patriotes dans ce pays ; c'est égal, nous devons tout sacrifier »

 

Le 22 janvier, après une incursion à Étusson, qui est incendié et dont les habitants sont massacrés, Grignon ravage Voultegon.

Il visite ensuite Saint Aubin.

 

Le 23, Grignon annonçait à Turreau son départ d'Argenton :

« Les troupes qui sont à ma disposition pour former mes deux colonnes se montent à 1,500 hommes à Argenton et à Bressuire.

Je partirai demain avec ma troupe pour Bressuire. J'ai donné l'ordre de faire enlever aujourd'hui toutes les subsistances qui peuvent se trouver sur ma route, de droite et de gauche, en allant à Bressuire, et demain je commencerai les feux de joie en brûlant et passant au fil de la baïonnette tout ce qui pourra se trouver au pouvoir de ma colonne. »

 Le bourg de Saint-Aubin-du-Plain tomba le premier sous ses coups ; il fut brûlé et ses habitants massacrés.

Dans cette dernière paroisse, 79 personnes sont massacrées ; selon la tradition, elles sont conduites au champ de Mille-Hérons où elles doivent creuser leurs propres tombes.

 Toujours selon Lequinio, Grignon a fait tuer la municipalité et les patriotes car un devant d'autel noir et blanc, découvert dans le clocher de l'église, est pris pour un drapeau de l'armée vendéenne.

 

Du 23

« Je me trouve embarrassé dans la marche que je dois tenir. Les corps administratifs ont donné aux municipalités des environs l’ordre de rester à leur poste, et d’aller en écharpe au-devant de la troupe. Il n’en est pas moins vrai que les trois quarts des officiers municipaux sont aussi coupables que ceux qui ont porté les armes contre nous ; tu vas en juger : les officiers municipaux de Saint-Aubin du Plain vinrent hier au-devant de nous avec leurs écharpes ; il n’en est pas moins vrai qu’ils avaient dans leur clocher deux drapeaux « un aux trois couleurs, et l’autre noir et blanc, signe de rébellion. Les officiers municipaux de la commune de Baulieu, ayant été pris aujourd’hui par ma troupe, n’ont point été fusillés, rapport à l’écrit dont ils étaient porteurs, signé du président du district.

L’ordre général que j’ai n’exclut personne ; je te demande ton avis, et que tu me donnes des ordres positifs à ce sujet ».

 

Le 24, la colonne était à Bressuire.

Cette ville avait été exceptée de la destruction générale par Turreau lui-même. Elle échappa donc pour le moment, mais pour périr un peu plus tard.

En attendant, le sauvage Grignon ravagea tous les environs, et massacra à tort et à travers. Il eût même fait fusiller les officiers municipaux de Beaulieu, sans l'intervention du président du district ; encore éprouva-t-il à ce sujet un scrupule qu'il communiqua au général en chef : « L'ordre général que j'ai, lui écrivait-il, n'exclut personne. »

Sa fureur s'exerçait jusque sur les choses inanimées : « J'ai essayé, disait-il, de brûler les bois et les genêts ; il est impossible d'en venir à bout. »

Les administrateurs du district écrivirent, le 25, au général Turreau, implorant sa justice en faveur de Moncoutant, la Chapelle-Saint-Laurent, la Forêt et Cerizay, qui redoutaient l'affreux traitement infligé au pays.

«  Citoyen général, la municipalité et la garde nationale de Moncoutant nous demandent de te rendre compte de leur conduite.

Nous pouvons et devons t’assurer que les gardes nationales de Moncoutant, la Chapelle Saint-Laurent, la Forêt sur Sèvre et Cerizais, se sont, dans toute les circonstances, comportées d’une manière digne des plus grands éloges.

Ces bons républicains, craignant d’éprouver le sort que plusieurs patriotes, leur voisins, éprouvèrent, et dans leur personnes et dans leurs biens, te dépêchent quatre des leurs ; ils espèrent de ta justice que tu sauras les distinguer des ennemis de la république.

Un particulier nous avertit qu’il a ouï dire que les brigands, réunis à Charette, comptent se battre du côté des Epesses le 27. »

 

« Je sais, disait-il à ses soldats, qu'il peut y avoir quelques patriotes dans ce pays; c'est égal, nous devons tout sacrifier. » Cependant il épargna Cerizay, à cause, dit-il, du patriotisme de sa garde nationale.

Chaque jour, des centaines de personnes étaient égorgées par ses soldats ; aucune métairie, aucun château n'échappaient à l'incendie.

« J'ai brûlé et cassé la tête à l'ordinaire, » écrit-il à Turreau.

 

Un jour, arrivant dans la paroisse du Pin, près Châtillon, il est accueilli par vingt habitants qui le supplient d'épargner leur village et d'accepter un repas. Grignon accepte, puis, après diner, il fait égorger de sang-froid tous ces malheureux.

Une femme nommée Tricot, présente à cette boucherie, dont étaient victimes son mari, son fils, son père, sa belle-mère, sa sœur, et jusqu'à l'enfant qu'elle allaitait, les encourage au martyre en disant : « Songez que votre Dieu est mort sur une croix, et votre roi sur un échafaud. »

On lui laissa la vie par caprice ; mais le général révolutionnaire était incapable de comprendre un langage aussi sublime.

Un autre témoin raconte, caché dans les genêts, il avait vu lui-même des choses horribles, et notamment des soldats ivres qui passaient, après l’incendie d’un village, avec des lambeaux de chair humaine à la pointe de leurs baïonnettes. Déjà ces nouvelles couraient et jetaient l’épouvante de village en village.

 

Chauvin rapporte encore :

« Le jour de son départ, il répéta, à la tête de sa colonne, la harangue qu'il avait faite à Argenton-le-Peuple ; ce fut vraiment une armée d'exterminateurs qui sortit de Bressuire ; les paroisses comprises entre Bressuire et La Flocellière, sur une longueur de plus de deux lieues et demie, furent entièrement sacrifiées. Le massacre fut général, et on ne distingua personne ; et c'est surtout dans cette marche que Grignon brûla une immense quantité de subsistances »

Grignon écrit alors à Turreau : « nous en tuons plus de cent par jour. »

 

Depuis Bressuire, les deux colonnes manœuvraient séparément, volant, tuant, brûlant sans rencontrer de résistance;

Grignon se dirige sur Cerizay et l'adjudant-général Lachenay  sur Saint-André-sur-Sèvre

 

 

Le 15 Janvier 1794, de Saumur, le général Turreau organise la promenade des colonnes infernales pour détruire la Vendée<==....

Le Château fort de l'Ebaupinay Incendié au cours de la guerre de Vendée <==....

....==> Le 26 janvier 1794, le château de Châteaumur est brûlé par les soldats de la colonne infernale de Grignon

....==> Joseph Amand de Vasselot (1762 - 1796), dernier seigneur du château de Saint Mesmin - Saint-André-sur-Sèvre 26 janvier 1794