1369, moulin de la Garde, Jean Belon, capitaine de la Roche sur Yon, livra la place forte à Jean Chandos

En 1360, le traité de Brétigny-Calais est signé, stipulant que toute place forte située dans l'Ouest et le Nord de la France(en somme les anciens fiefs perdus des Plantagenêt) vient à l'autorité anglaise.

 Le château de la Roche sur Yon restera quand même sous autorité française, jusqu'en 1369.

Jean Belon, capitaine de la Roche sur Yon pour le duc d’Anjou, livra la place forte aux Anglais contre 6000 livres. Arrêté peu après et conduit à Angers, accusé de félonie, il fut enfermé dans un sac et jeté dans la Loire, où il mourut noyé par ordre du prince, vers le 12 février 1370 et ses biens confisqués.

Il avait d’abord servi en 1343 sous les ordres de Jean de l’Isle, capitaine pour le roi en Poitou, puis en 1363 en qualité de maréchal-lieutenant du Roi en Anjou, Maine et Touraine, et comme capitaine gouverneur de la ville de Vendôme.

La forteresse revient au comte d'Anjou, grâce à Olivier V de Clisson, en 1373

 

 

Condamnation de Jean Belon. –

Un traitre angevin en Vendée au XIV siècle. - Comment le château de la Roche-sur-Yon avait été livré aux Anglais en 1369.

Tout le monde reconnaît assez volontiers en Vendée que la petite cité de la Roche-sur-Yon, bien située et bien bâtie, bien percée et admirablement aérée, est sans contredit la ville la plus propre et la plus coquette du département.

Mais, par contre, il est en quelque sorte passé de mode de lui reprocher d'être triste... et de n'avoir pas d'histoire.

Or, ce double reproche, qu'on retrouve surtout dans la bouche des Fontenaisiens et des Luçonnais, car les Sablais, quoique mieux partagés en réalité, sont généralement beaucoup plus modestes,  me paraît avoir tout juste la valeur du fameux « tarte à la crème » de la comédie, et je l'ai toujours soupçonné d'avoir pris sa source dans un sentiment de mesquine jalousie aussi injuste que peu fondé.

J'ai habité la Roche-sur-Yon pendant quinze ans, je connais Fontenay comme mes poches et je passe actuellement six mois de l'année à Luçon.

 Or j'avoue bien franchement, moi qui ne suis ni yonnais, ni fontenaisien, ni luçonnais, et qui par conséquent n'ai aucun parti pris dans la question, j'avoue que je n'ai jamais pu entendre un Fontenaisien ou un Luçonnais formuler contre le chef- lieu du département le reproche d'être une ville triste sans me rappeler aussitôt le parabole de la paille et de la poutre dont il est question dans l'Evangile .... Je n'insiste pas, car j'aurais trop peur de m'attirer les foudres de mes lecteurs luçonnais et fontenaisiens, que j'aime beaucoup, et dont j'ai une foule de raisons pour ne point encourir la disgrâce ... !

Quant à la question des souvenirs historiques, les détracteurs systématiques de la capitale Vendéenne paraissent oublier que le château de la Roche-sur-Yon, sur les ruines duquel ont été élevées les casernes, fut autrefois, ainsi qu'en témoignage Froissart dans ses chroniques, un « chastiel biaus et fort », l'un des plus importants du duché d'Anjou dont il dépendait, et qu'à son histoire se rattache un épisode particulièrement tragique de notre lutte séculaire contre les Anglais au quatorzième siècle :

 la trahison du gouverneur Jean Belon.

Cet épisode intéresse à la fois les Vendéens et les Angevins, car si le fait s'est passé en Vendée, le héros - un triste héros ! était angevin d'origine.  

Ce n'est point un gros cadeau que je fais là à nos frères d'Anjou en leur restituant ce vilain personnage, mais leur galerie historique est si riche en braves, et ils nous ont fourni tant de vrais héros au cours de notre glorieuse épopée de 93, qu'ils peuvent me permettre sans inconvénient  de clouer au pilori le chevalier félon - quoique angevin - dont je vais raconter l'histoire.

Au cours du voyage qu'il fit à travers la Vendée en 1828, et dont il publia les impressions dans un très intéressant ouvrage intitulé La Vendée pittoresque et poétique, M. Massé Isidore, s'exprime ainsi au sujet de la Roche-sur-Yon, de son château et de l'épisode qui fait l'objet de cette chronique :

 (les ruines du vieux château de la Roche sur Yon)

 «En arrivant dans l'ancienne Roche-sur-Yon, l'œil s'arrête avec surprise sur le magnifique point de vue que terminent à l'Ouest les ruines du vieux château.

Comme sur la crête de cette roche jaunissante, s'élevant au-dessus de ces flots de verdure qui couvrent le vallon, ces arcades en ruine drapées de lierre se dessinent majestueusement sur un ciel étincelant d'or et d'azur !

 Comme au pied de ces ruines cette onde coule et murmure avec tranquillité !

 

(faubourg d'Ecquebouille Origine du Bourg-sous-la-Roche-sur-Yon)

 Ces toits rouges des maisons du faubourg d'Ecquebouille se montrant au fond de la vallée parmi les cimes d'une forêt de peupliers, et ces maisons de l'ancienne ville groupées en amphithéâtre sur ce côteau couvert de jardins, animent tout le paysage ; tandis que ces grands troupeaux paissant dans ces vallées ombragées rappellent l'imagination au temps d'Evandre et des vieux Sabins, les monuments Grecs et Italiens de la nouvelle ville, élevant leurs chapiteaux et leurs frontons au-dessus des maisons de l'ancienne, reportent la pensée aux  rives de I'Anio, chantées par Horace et foulées par Properce et Tibulle.

« Il faut en convenir, la Roche-sur-Yon ne répondait pas à la grâce du paysage qui  l’environne; mais si ses maisons étaient mal bâties, ses rues étroites et inégales (autrefois), le Poète et le Peintre, l'Historien et l'Antiquaire devaient s'y plaire à rêver au murmure de ces belles eaux.

Partout ici le poète rencontre les inspirations du Génie, le Peintre des modères, et l'Historien des ruines et des souvenirs.

 

« Approchons-nous des ruines.

 Ce château devait être imprenable. Ses débris, maintenant couverts de jardins et de parterres, laissent encore une haute idée de ce qu'il pouvait être avant sa destruction.

Du bas de cette masse énorme de bâtisse, qui doit avoir été le beffroi, l'œil est effrayé lorsqu'il en mesure sa hauteur.

Voilà l'entrée des souterrains: nous pensons qu'ils devaient communiquer aux mines de La Ferrière et servir à transporter le fer plus sûrement que sur terre.

Ces douves, aujourd'hui comblées et peuplées d'une riante et vigoureuse végétation, étaient pleines d'eau et devaient rendre difficile l'approche de la sape et de la mine.

Si, à défaut de fouilles toujours dispendieuses, il est permis à l'imagination d'ouvrir les profondes cavités enfouies dans l'enceinte de ces vieux murs, que n'y trouvera-t-elle pas de monumental et d'historique?

Mais laissons les conjectures, et demandons à l'Histoire le peu d'évènements dont son crayon vainqueur du temps a empreint les traces sur ces vieux créneaux.

 La fondation du château de la Roche doit être de beaucoup antérieur aux croisades... Le premier fait historique gui se rattache à ces ruines, c'est la trahison de Jean Blandeau, son gouverneur.

«La Roche-sur-Yon appartenait, vers cette époque, à Louis II, fils de Jean, roi de Sicile, comte d'Anjou et du Maine. Il donna cette belle propriété à sa jeune épouse Marie, fille de Charles de Blois, qu'il avait épousée à Saumur.

 Le Prince-Noir, à la tête de l'armée anglaise, ravageait le Poitou, mais tous ses efforts rencontraient dans le Bocage une résistance qu'il n'avait pas coutume d'éprouver.

 

 Vaincu à la bataille de Poitiers, le roi de France était son prisonnier, et cependant le vieux beffroi de la Roche, qui, de ce côté, pouvait passer pour la clef du Bocage, bravait encore la vaillance du conquérant.

Ce que le courage des guerriers d'Albion n’avait pu faire, la trahison en vint à bout.

 Jean Blondeau commandait derrière ces murailles ; les Anglais lui offrirent six mille livres s'il consentait à rendre la place.

La soif de l'or étouffa l'honneur, et la Roche s'ouvrit aux Anglais. Emportant avec lui le prix de son infâme trahison, Blandeau se retira à Angers, où son maître irrité le fit arrêter, coudre dans un sac et jeter dans la Loire. Juste châtiment des traitres. »

Comme l'excellent mais un tantinet trop poétique. Massé Isidore ne serait peut-être pas une autorité historique suffisante aux yeux de mes lecteurs érudits, je m'empresse d'ajouter que l'épisode que je viens de lui emprunter se trouve tout au long dans les chroniques de Froissart, et, d'autre part, le Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou, de MM. Beauchet-Filleau, consacre au gouverneur félon la notice que voici :

«Blandeau (Jean), gouverneur en 1369 de la ville et château de la Roche-sur-Yon, les livra à Jean Chandos en échange d'une somme de 6.ooo livre et se retira à Angers. Où, convaincu de trahison, il fut condamné par le prince Louis, fils du roi Jean, à être lié dans un sac et précipité dans la Loire, ce qui fut exécuté. »

En réalité, s'il faut en croire les recherches et découvertes de M. Siméon Luce, le nom du traître aurait été quelque peu défiguré par Froissart, qui appelle à tort Jehan Blondiaus, d'où Massé Isidore et MM. Beauchet-Filleau ont tiré Jean Blandeau.

 Son véritable nom serait Jelian Belon. Ce Jean Belon, riche seigneur angevins, avait d'abord été capitaine de Vendôme, et l'on ignore depuis quand, au moment de sa trahison, il se trouvait « garde et capitaine de la tour ou chastel et de la ville de la Roche-sur-Yon. »

On Ignore également la date exacte de son exécution. Ce qui est seulement établi, d'après les documents recueillis par M. Simeon Luce, c'est qu'il était encore vivant le 12 janvier 1370, date à laquelle fut prononcée la confiscation de ses biens, et que le 9 février suivant il n'était plus de ce monde, ayant été, nous dit Froissart, « jugié, condempné et miz à execution de mort », c'est-à-dire « boutés en un sach et jettés en la rivière qui là keurt et noiiés. »

A la suite de M. Siméon Luce, deux chercheurs vendéens et yonnais ont successivement consacré de fort intéressantes chroniques à la trahison de Jean Belon: M. Louis d'abord, l'aimable bibliothécaire de la ville de la Roche-sur-Yon, et, après, mon vieil ami et ancien confrère, M. Rouillé, avocat, auquel l'histoire yonnaise est redevable d'une curieuse tradition, jusqu'alors inédite, au sujet de l'épisode qui nous occupe.

 

Dans une étude sur le Moulin de la Garde, publiée par le Messager de la Vendée au mois de novembre 1891, M. Rouillé écrit :

« La campagne des environs de la Roche-sur- Yon est pleine de souvenirs historiques, ignorés par les nouveaux venus, souvent oubliés par les autres et qui disparaissent irrévocablement à mesure que le temps, ce grand ensevelisseur du passé, détruit l'œuvre humaine à laquelle ils étaient attachés.

Souvenirs précieux cependant à recueillir et à  perpétuer, car chacun d'eux est une page de notre histoire locale si intéressante même pour les indifférents, si attachante pour nous les enfants d'un pays illustre à tant de points de vue.

« Cette réflexion me venait à l'esprit il y a quelques jours, en faisant procéder, à regret  Je dois le dire, à la démolition partielle d'un vieux moulin, décapité par un des derniers ouragans.

« Qui n'a pas remarqué ce moulin à vent déjà depuis longtemps abandonné, situé sur la route d'Audigny, Presqu'à égale distance de la ville et de l’asile de la Grimaudière ?

 Sa porte ogivale dénote aux promeneurs son origine plusieurs fois séculaire, mais combien peu connaissent la légende du Moulin de la Garde?

Permettez-moi de vous la redire telle qu'elle m'a été contée par des anciens et grâce à eux transmise d'âge en âge ....

«Le Moulin de la Garde joua un rôle important dans ce triste épisode (la trahison de Jean Belon, racontée ci-dessus).

 Les assiégeants s'étaient installés avec leurs bombardes dans un petit chemin qui existe encore et contourne sur le boulevard de l'Est le chalet de M. Tandil (il a du reste conservé le nom de chemin des Batteries) et ils avaient tout autour de la ville établi un cordon de sentinelles vigilantes et chargées de prévenir de l'arrivée possible des renforts ennemis que le lieutenant du Roi dans l'Anjou, Amaury de Craon, cherchait à réunir.

Le poste principal était au moulin ; situé sur un point culminant, il avait le double avantage de surveiller le château et la campagne en même temps qu'il était facilement aperçu des soldats cachés dans le chemin des Batteries.

Or, lorsque tout fut arrêté entre Jean Belon et les subtils Anglais, ce fut au moyen d'une torche enflammée, qu'une suivante du gouverneur agita à la fenêtre du moulin, reproduisant le signal donné par son maître de la partie du château où ne veillaient pas les gens d'armes, que les Anglais, par une poterne ouverte, pénétrèrent nuitamment dans la place.

 C'est de cet événement que date le nom de Moulin de la Garde sous lequel il figure sur les cartes les plus anciennes et qu’il porte encore aujourd'hui, »

 

Eh ! bien, voyons, dira-t-on encore que la ville de la Roche-sur-Yon n'a pas d'histoire ?

 

 

 

Les chroniques de Jean Froissart

COMMENT LE CHATEL DE LA ROCHE-SUR-Y ON FUT RENDU AUX ANGLOIS, ET COMMENT LE CAPITAINE DU DIT LIEU FUT MIS A MORT PAR ORDRE DU DUC D'ANJOU.

Vous devez savoir que quand le département fut fait des barons et des chevaliers de Guyenne, qui avoient chevauché en Quercy et en Rouergue, et Chandos le héraut eut apporté les nouvelles du prince, ils retournèrent tous par un accord en la ville d'Angoulême où ils trouvèrent le prince qui les reçut moult liement.

 En petit devant ce étoit retourné le comte de Cantebruge (Cambridge), le comte de Pembroke, et leurs gens, après le conquêt de Bourdeille, si comme ci-dessus est dit et contenu. Si se conjouirent et firent grand' fête ces seigneurs et ces barons quand ils se retrouvèrent tous ensemble, et se avisèrent et conseillèrent où ils se trairoient (rendroient) pour mieux exploiter leur saison.

Si regardèrent que sur les marches d'Anjou avoit un beau château et fort qui se tenoit du ressort d'Anjou, lequel on appeloit la Roche-sur- Yon (1) et dirent tous et avisèrent qu'ils se trairoient (rendroient) cette part, et y mettroient le siège et le couquerroient si ils pouvoient.

Si ordonnèrent leurs besognes en telle instance, et mirent au chemin, et se trairent (rendirent) tous de cette part. Encore leur revinrent depuis tous les barons et chevaliers de Poitou, monseigneur James d'Audley, le sire de Pons, le sire de Partenay, messire Louis de Harcourt, messire Guichard d'Angle, le sire de Poyane, le sire de Tonnaibouton, messire Geffroy d' Argenton, monseigneur Maubrun de Linières, et le sénéchal de la Rochelle, messire Thomas de Percy (2)

 Si se trouvèrent ces seigneurs et ces gens d'armes grand' foison, quand ils furent revenus tous ensemble, plus de trois mille lances. Si exploitèrent tant qu'ils vinrent devant le dit châtel de la Roche-sur-Yon, qui étoit beau et fort et de bonne garde et bien pourvu de bonnes pourvéances (provisions) et d'artillerie.

Si en étoit capitaine, de par le duc d'Anjou, un chevalier qui s'appeloit messire Jean Blondeau et qui tenoit dessous lui au dit château moult de bons compagnons aux frais et dépens du dit duc. Si ordonnèrent les dessus nommés seigneurs et barons qui là étoient leur siège par bonne manière et grand' ordonnance, et l'environnèrent tout autour, car bien étoient gens à ce faire, et firent amener et charrier de la ville de Thouars et de la cité de Poitiers grands engins (machines) et les firent dresser devant la forteresse, et encore plusieurs canons et espingalles (pierriers) qu'ils a voient de pourvéance (provision) en leur ost et pourvus de long-temps et usagés de mener. Si étoit leur ost durement plantureux de tous vivres; car il leur en venoit grand' foison de Poitou et des marches prochaines.

Quand messire Jean Blondeau se vit ainsi assiégé et appressé de tant de bonnes gens d'armes, car là étoient presque tous les barons et chevaliers d'Aquitaine, et ne lui apparoît nul confort de nul côté, si se commença à effrayer; car bien véoit (voyoit) que les seigneurs qui là étoient ne le lairoient (laisseroient) jusques à temps qu'ils l'auroient pris par force ou autrement.

En l'ost du comte de Cambridge et de monseigneur Jean Chandos et des barons qui là étoient, avoit aucuns chevaliers des marches de Poitou qui bien connoissoient le dit capitaine et qui l'a voient acccompagné du temps passé; et vinrent iceux jusques aux barrières et firent tant que sur assurances et sauf-conduit ils parlèrent à lui et le menèrent tant par traités, car il n'étoit mie bien subtil combien qu'il fût assez bon chevalier, qu'il, entra en traité de rendre la forteresse s'elle n'étoit secourue et le siège levé dedans le terme d'un mois, parmi ce-qu'il devoit avoir six mille francs pour les pourvéances (provisions) du châtel.

Ce traité fut entamé et mis outre, et demeurèrent ceux du châtel et le châtel aussi en sûr état le dit terme parmi la composition dessus dite; et si dedans le mois ils n'étoient secourusse château devoit être rendu.

 Cette chose accordée, le chevalier le signifia au roi de France, au duc d'Anjou, et au duc de Berry et à tous les seigneurs dont il pensoit être secouru, afin qu'il se put mieux excuser de blâme si il en étoit reproché.

ce, et toutes les significations, combien que le châtel fut bel et bon et moult nécessaire à être François pour le pays d'Anjou et de Touraine, oncques il ne fut secouru ni conforté, de nullui (personne).

Si que, tantôt que le mois fut passé et expiré, les seigneurs Anglois requirent au dit chevalier qu'il leur tenist (tînt) convenant (promesse) et de ce il avoit livré bons pièges (gages). Le dit messire Jean ne voulut mie aller à l'encontre et dit ainsi à ses compagnons, puisque le roi de France et le duc d'Anjou vouloient perdre la forteresse, il ne la pouvoit mie tout seul garder et amender.

Si la rendit aux Anglois qui là étoient, lesquels tantôt en prirent la saisine et possession, et en eurent grand' joie. Et eut aussi ce que convenancé (promis) lui étoit le dit messire Jean, six mille francs tous appareillés, pour les pourvéances (provisions) dut dit châtel qui bien le valoient; et fut convoyé lui et tous les siens en la ville d'Angers.

 Si très tôt que là il fut venu, il fut là pris et arrêté du gouverneur d'Angers et mis au châtel en prison. Si entendit ainsi que de nuit il fut bouté en un sac et jeté en la rivière qui là court, et noyé, par l'ordonnance et commandement du duc d'Anjou, pour ce qu'il avoit pris or et argent pour la forteresse, qui étoit bien taillée de se tenir un an si mestier (besoin) eut été.

Ainsi eurent les Anglois le châtel de la Roche-sur-Yon en Anjou, et y mirent grands garnisons de par eux, et le réparèrent bien et faiticement (régulièrement) et puis s'en retournèrent en Angoulême devers le prince.

 

 

 

12 avril 1370

Confirmation du don fait à Guy Mauvoisin, huissier d'armes du roi, de deux cents livres de rente sur les biens confisqués de Jean Belon, chevalier, capitaine de la Roche-sur-Yon, condamné à mort et exécuté pour avoir livré par trahison cette ville aux Anglais.

 

Charles, etc. Savoir faisons à tous, presens et avenir, nous avoir veu unes noz lettres scellées de nostre seel et unes autres seellées du seel de nostre amé et feal chevalier et chambellan, Pierre d'Avoir, seigneur de Chastiaufremont, contenans la fourme qui s'ensuit :

Charles, par la grace de Dieu roy de France. A nostre amé et feal chevalier et chambellan, Pierre d'Avoir, seigneur de Chasteaufroment, salut et dilection. Comme nous avons entendu que Jehan Belon, chevalier, garde nagaires et capitaine de la tour ou chastel et de la ville de la Roche sur Yon, la quelle nostre très chier frere le duc d'Anjou li avoit bailliée, confians de sa loyalté et preudommie, a yceux chastel et ville baillés et livrés à noz ennemis pour proffit qu'il en a receu d'eulz, pour la quelle chose a esté prins et amené prisonnier à Angers et y est encores detenus et, par ce, s'il est ainsy, ait commis crime de lèse majesté et traison envers nous, par cry tous ses biens meubles et heritages, en quelque lieu, povoir et jurisdicion que il soient assiz en nostre royaume, nous doivent estre acquis et venus en commis, nous, confians de vostre senz, loyaulté et diligence, vous mandons et commectons que, si tost comme les diz biens du dit Jehan nous seront acquis et confisqués par l'execucion ou condempnacion d'icelluy Jehan, vous ou nom de nous et de par nous donnez et assignez …….

 

 

 

http://corpus.enc.sorbonne.fr/actesroyauxdupoitou/tome4/0494

La Vendée historique : histoire, littérature Henri Bourgeois

 

 


Chevalier Jehan Belon capitaine de la Roche-sur-Yon. Famille de l’Orléanais, dont un membre habita le Poitou

Blason. Le scel de Jehan Belon portait un écu chargé de trois tourteaux de .. le premier chargé d’un lion passant

(1) La Roche-sur-Yon est en Poitou a une trop grande distance de l’Anjou, pour que Froissart ait pu dire avec exactitude qu'il est situé sur la frontière de cette province. J. D.

(2) La qualité de sénéchal de la Rochelle que Froissart paroît donner ici à Thomas de Percy donne lieu à conjecturer qu'il s'est trompé ci-devant, Chap. 591, en faisant deux personnages différents de ce seigneur et du sénéchal de la Rochelle. J, D.

Thomas Percy Sénéchal de La Rochelle puis du Poitou