15 mai 1642, Permission donnée par Henri de La Trémoille de bâtir un temple à Thouars

Le premier temple de Thouars, situé près des halles, entre l’église Saint Médard et le couvent des Cordeliers, est un facteur de troubles entre les catholiques et protestants.

 

Henri de la Trémoille met fin le 20 mars 1640 à cette discorde en autorisant les réformés à construire un nouveau temple dans l’emplacement de leur cimetière près des murs de la ville, joignant à la rue conduisant du carrefour de Tiffauges au bateau de Saint jaques

 « Henry, duc de la Trémoille et de Thouars, pair de France, prince de Talmond, comte de Laval, Monfort et Taillebourg, vicomte de Rennes, baron de Vitré, etc., salut.

Scavoir faisons que, sur l'advis qui nous a esté donné par l'advocat fiscal de nostre duché dudict Thouars, en conséquence des plaintes cy devant portées aux Grands Jours de Poictiers, que le lieu où se faict à présent l'exercice de la Religion prétendue reformée est scitué entre l'eglize parroissielle de Sainct-Medard et l’eglize des Cordeliers, et par sa proximité aporte de l'incommoditté aux catholicques en l'exercice de leur religion ; et bien que les habitans de ladite Religion prétendue reformée soient en pocession dudict lieu depuis l'année mil cinq cens quatre vingtz neuf, ainsy qu'ilz nous ont fait voir par actes valables, mesmes par la concession dudict lieu qui leur a esté faicte par feu nostre très honoré seigneur et père ; et nous ayent requis les maintenir en la pocession dudict lieu ;

 neantmoins désirant favorablement traicter lesdicts catholicques, depuis que nous avons embrassé la religion catholicque, apostolicque apostolicque romaine, et oster ausdicts habitans de l'une et l'autre religion tout prétexte de division, et les entretenir, en paix, en l'observation des ecdictz : à ces causes, nous declarons que nostre intention est de changer le lieu de l'exercice de ceux de ladicte religion prétendue reformée et Tesloigner desdictes églizes de Sainct-Medard et des Cordeliers et le transferer en un autre endroict qui n'aporte aucune incommodité aux catholicques.

Et après avoir faict visiter les lieux convenables pour ledict exercice par nos officiers catholicques et avoir ouy leur raport, nous avons jugé qu'il n'y en avoit point de plus propre que le lieu qui sert à présent de cimetière à ceux de la dicte religion prétendue reformée ; scitué près les murailles de la dicte ville et y joignant par le derrière ; d'autre par le devant à la rue qui va du carrefour Tifauge au batteau de passage du bourg Sainct-Jacques ; d'une heurée (1) aux maisons et jardin de la veufve et héritiers Paul Geslin, sieur de la Pilletière ; d'autre heurée à la rue qui va dudict carrefour ausdictes murailles ; lequel lieu leur a esté donné par les commissaires de Sa Majesté.

En conséquence de quoy, nous entendons et ordonnons que l'exercice de ladicte religion y soit transféré ; et, pour cet effect, permettons aux habitans de ladicte religion prétendue reformée d'y bastir un temple en telle forme qu'ilz adviseront pour y continuer par eux et leurs successeurs à l'advenir l'exercice de ladicte religion, sans toutefois que lesdicts

 

habitans de ladicte religion reformée puissent estre depossedez du temple ou ilz font à présent leur exercice, qu'ilz ne soient préalablement en possession réelle et actuelle de faire l'exercice de ladicte religion au nouveau temple qui sera par eux basty.

Sy donnons en mandement à noz chers et bien amez les officiers de nostredict duché de Thouars, chacun en droict soy, et comme luy appartiendra, qu'ilz aient à faire enregistrer ces présentes et les faire exécuter selon leur forme et teneur. Car telle est nostre intention. En temoing de quoy nous avons signé ces présentes, faict contresigner à l'un de nos secrétaires et y aposer le scel de nos armes.

A Paris, le quinziesme may mil six cents quarente deux. »

« HENRY DE LA TRÉMOILLE.

« (Et sur le repli) : Par Monseigneur :

« BOULLENOIS. »

(Acte autrefois scellé sur double queue.)

(Au dos) : « Lettres de permission de bastir un temple, données par mongr Henri duc de La Trémoille et de Touars, du 15 mai 1642, après nous avoir osté l'ancien. »

Chart. de Thouars. P. parch.

 

 

 

 


 

 

1. D'un bord ; forme extensive du latin ora.