1808 Itinéraire de Napoléon 1er accompagné de l’impératrice Joséphine en Vendée - Les Essarts, Le général Louis-Armand de Lespinay

La ville de La Roche-sur-Yon a été créée par Napoléon 1er, empereur depuis sept jours, le 25 mai 1804. (5 prairial an 12)

Il décide de transférer le chef-lieu de la Vendée à La Roche-sur-Yon au centre du département à la place de Fontenay le Comte et d'y fonder une ville nouvelle qui quelques mois plus tard sera dénommée Napoléon.

Napoléon 1er approuve en janvier 1805 le plan de la nouvelle ville prévue pour 12 à 15 mille habitants élaboré par les ingénieurs des Ponts et Chaussées. Les ingénieurs civils des ponts et chaussées conçoivent un plan en damier organisé avec une place centrale réunissant huit bâtiments publics.

Napoléon quitta donc Bayonne avec Joséphine le 21 Juillet, passa par Pau, Tarbes, Auch, séjourna du 25 au 28 à Toulouse et, par Agen, gagna Bordeaux où ils arrivèrent le 31.

 C'est en cette ville, le 2 août, qu'il apprit la nouvelle de la capitulation de Bailen sa première grande défaite militaire sur terre, survenue le jour même de son départ de Bayonne. Il en fut désespéré, comme il l'écrivit le 3 à son Ministre de la Guerre, Clarke. Mais la nouvelle fut tenue secrète les Bordelais ne l'apprendront que le 14 et rien ne fut changé à ses projets immédiats.

Le soir même, il assistait avec l'Impératrice et les Maréchaux à une grande fête à la Bourse et il mit à exécution son projet de rentrer à Paris par la Vendée, Nantes et Tours.

Pourquoi en effet Napoléon qui, après avoir appris le 2 août la capitulation de Bailen, aurait dû normalement prendre immédiatement la route de la capitale, a-t-il finalement fait ce voyage officiel, en compagnie de Joséphine au surplus, à travers les départements de l'Ouest ?

Ne serait-ce pas essentiellement parce qu'il estimait de haute politique de tenter de rallier à son régime les Vendéens ?

Le reste du voyage officiel avait moins d'importance bien que l'Empereur en profita pour montrer à tous les pays traversés son efficacité à régler les problèmes locaux.

Napoléon ne connaissait pas la Vendée, où il aurait dû pourtant se rendre en 1795, lorsque la Convention lui donna l'ordre d'aller à l'armée de l'Ouest y commander l'artillerie.

Il intrigua pour ne pas rejoindre son poste pour plusieurs raisons dont les deux principales étaient tout d'abord qu'il lui répugnait de participer à une guerre civile dont il n'approuvait pas le principe et aussi parce qu'il voulait réserver son indépendance en vue de plus grands desseins : c'est à l'Armée d'Italie qu'il voulait donner sa mesure et gagner ses lauriers.

La sagesse politique exigeait de Bonaparte de régler cette douloureuse affaire de Vendée qui n'avait fait verser que le trop de sang français.

D'où le Concordat de 1801, la fondation en 1804 de Napoléon-Vendée (La Roche-sur-Yon) et d'autres mesures pour permettre de relever les ruines et surtout de rallier les Vendéens.

En 1808, les plaies étaient en effet loin d'être toutes refermées et, après ses défaites d'Espagne, n'était-il pas bon de tâter le pouls de la Vendée royaliste qui aurait pu favoriser un débarquement anglais sur ses arrières alors qu'il serait occupé ailleurs ?

Il lui fallait donc tenter de conquérir le coeur des Vendéens par sa présence, ses déclarations -il rendra hommage à de multiples occasions aux combattants des deux camps pour leur courage pendant la guerre civile mais fustigera les neutres- les subventions qu'il accordera et l'intérêt qu'il montrera pour les affaires locales.

La présence à ses côtés de Joséphine sera d'autant plus utile qu'elle le secondera dans les réceptions et rencontrera au passage à plusieurs reprises des parents éloignés appartenant à la noblesse. Disons de suite qu'ils réussirent tous deux l'opération charme et efficacité ».

 

Voilà donc le couple impérial parti de Bordeaux le 3 août.

Ils traversèrent Pons et Saintes et arrivèrent le 4 à Rochefort, où ils séjournèrent le 5, passèrent à La Rochelle le 6 et couchèrent à Niort d'où ils partirent le 7 pour Benêt, où les attendait le Préfet à l'entrée de la Vendée. L’empereur visite la Vendée  pour ne pas paraitre se défier de ce Peuple.

Ils arrivèrent vers 21 h 30 à Fontenay-le-Comte où, à cause des retards accumulés, ils décidèrent de passer la nuit. Après un repas frugal, Napoléaon se retira pour lire les dépêches. La lecture de celle relatant les détails de la capitulation de Bailen le mit hors de lui : dans sa colère, il brisa le bassin de faïence plein d'eau qu'on lui avait fait monter.

 

LES 7 ET 8 AOUT 1808 Fontenay le Comte, ancienne capitale du Bas-Poitou. (détails)

Il n'est pas sans intérêt de rappeler ce qui se rattache aux annales de chaque localité, dans la vie du fatal et sinistre fondateur de la dynastie des Bonaparte.

Les divers documents qui suivent ont leur importance à ce point de vue.

L'un est une relation du passage de Napoléon et de Joséphine à Fontenay, les 7 et 8 août 1808, rédigée par un témoin oculaire, trois jours après l'événement.

Un autre est le tableau de leur rapide itinéraire à travers la Vendée, indiquant les heures d'arrivée et de départ dans chacune des localités où ils passèrent.

Il résulte de ce dernier document que, parvenus, le 7 août, à sept heures et demie du soir, sur la limite du département, près de Benet, ils en sortirent, le lendemain, à douze heures quarante-cinq minutes du soir, par le pont de Remouillé, après avoir couché à Fontenay, séjourné environ six heures à Napoléon et soupé à Montaigu.

Au nouveau chef-lieu du pays, fut signé en poste un décret, composé de cinq titres, divisés en 22 articles, relatif à une foule d'améliorations et travaux publics (route, ponts, canaux, rivières, etc.), dont la plupart ne reçurent pas d'exécution, mais servirent de chantage politique pour les besoins du moment.

 

 

Fontenay, le 10 août 1808,

 « Enfin nous sommes en paix, mon cher Cacault (2); ce n'était pas sans besoin ; nous avions la tête ouverte du bruit qui s'est fait à Fontenay depuis une quinzaine.

Jupiter, annoncé par Mercure, n'aurait pas occasionné autant de remue-ménage au pays. Louis XVI, que j'ai vu avant la Révolution, était moins courtisanné que le maître d'à présent. Soit dit à part, était-ce la peine de faire cette Révolution pour revenir à ce qu'on avait cru mort?

« Mais ce n'est pas le moment de parler politique : ta femme m'a chargé par Barrion de lui conter ce qui s'est passé ; avec sa permission, mon cher ami, je commence. Je ne garantis pas tous les détails, car je n'ai pas été des plus hâtifs à courir après les voitures des augustes voyageurs, comme disent les finauds, et, comme je ne tiens, de près ou de loin, à aucune administration, je n'ai pas eu l'honneur de présenter mon nez dans l'antichambre de leurs Majestés. Le neveu Alexandre, l'un des gardes d'honneur à cheval, et Mme Robert, qui sait tout et le reste, m'ont appris ce que je vous rapporte. Vous vous en prendrez à eux, si je ne dis pas la -vérité.

« Le Maire (3) reçut la nouvelle, dans les derniers jours du mois dernier, que l'Empereur et l'Impératrice passeraient par leur bonne ville de Fontenay, allant de Bordeaux à Nantes.

Incontinent le Conseil municipal s'assemble. Il vote les fonds nécessaires à la réception des souverains.

Ballereau élève, sur le Pont-Neuf, un échafaudage de bois que Drouard (4) arrange en arc-de-triomphe de toile peinte, ce qui coûte cinq mille livres au moins (5).

Les culottières sont mises en réquisition pour habiller en turc une troupe de marmailles, ainsi que les tailleurs, qui mettent en militaires les jeunes gens de seize à dix-huit ans, qui ont les moyens de payer l'habit.

« Mon cousin, prévoyant ce qui arriverait, a pesté ; mais il a été obligé de s'exécuter : depuis, son fils ne parle plus que de s'engager (6). La ville, a été sans dessus dessous jusqu'à samedi dernier (6 août), pour achever les préparatifs à temps.

L'Empereur, avait-on dit d'abord, devait arriver ce jour-là. Les gendarmes à pied de la garde, des hussards, des dragons, des guides et d'autres soldats avaient pris les devants, avec des muscadins en bourgeois, avec ordre d'empêcher qu'on ne fît du trouble.

« Mme Robert m'a conté que, vendredi, dans la soirée, un officier de la maison impériale était arrivé incognito chez le Maire, et s'était enquis du logement qu'on pourrait donner à leurs Majestés, dans le cas où elles s'arrêteraient à Fontenay.

Le Maire répond qu'il serait très honoré que leurs Majestés voulussent bien prendre gîte dans sa maison. « Nous allons voir ! » repartit l'officier qui visita le local de la cave au grenier, sondant les murs, ouvrant les placards, et frappant d'une baguette sur les barriques du cellier (7).

L'inspection achevée, il prévint Mme Laval que Leurs Majestés lui feraient peut-être l'honneur de descendre chez elle ; qu'elles ne feraient que se reposer un instant ; qu'on eût à tout mettre en état pour les recevoir. Avant de partir, l'officier avertit que le chef de la police viendrait donner des instructions particulières.

«Mme Robert prétend que cet avertissement a fait beaucoup de peine à Laval, qui s'est formalisé qu'on élevât des doutes sur sa fidélité et son honneur.

« Je pense, moi, que Laval a eu tort de se choquer de ce surcroît de précautions. Les rois sont toujours sur le qui-vive partout où ils se trouvent. Ils ne dorment jamais sans patrouilles, sentinelles et officiers de paix aux portes de devant et de derrière.

« Les Maires des communes de l'arrondissement étaient convoqués pour le 6. On leur avait commandé de se faire suivre des plus beaux et forts garçons de leurs endroits en habits de fête, parce que le maître voulait les passer en revue.

« Il y a eu le 6, depuis le matin jusqu'au soir dans la nuit, de la foule le long de la route de Niort. On avait envoyé des éclaireurs au pont d'Oulmes. La multitude était si grande, qu'on ne savait comment faire pour manger en ville. Les vivres étaient dévorés dès midi. Beaucoup de gens ont jeûné le soir ; faute de pain, ils se sont contentés de vin pour se soutenir. Les places sur les tréteaux dressés sur le chemin du cortège se sont payés trois livres, avec une chaise, Les fenêtres se louaient vingt livres. Un menuisier a gagné de l'argent à ce métier.

« Les alertes se succédaient d'heure en heure. A minuit, on entendait encore du bruit dans la rue. Moi, je m'étais couché comme à mon habitude, à dix heures.

Un cavalier, venu de Niort, avait pourtant prévenu à neuf, que l'Empereur n'arriverait que le lendemain.

«Le dimanche, 7 août, on était, à quatre heures et demie, rendu à Bel- Air, à la sortie de la ville.

« Le Maire, les autorités civiles et militaires, arrivèrent à cinq, précédés des gendarmes à pied, des dragons, des guides, dont je vous ai parlé, et des hommes de la police. Il y avait partout de ces derniers, qu'on prenait pour des étrangers. Un bonhomme de la campagne, à califourchon sur le mur du clos des Jacobins, a été sommé de descendre et saisi au collet par deux muscadins, qui avaient pris le haut de son bâton pour le canon d'un fusil. La garde nationale à pied et à cheval faisait la haie, avec les marmaillons en turcs.

« Je suis allé faire un tour à Bel-Air après déjeuner. On y buvait et mangeait comme à la foire. Je suis rentré par la Pommeraie, pour avoir moins de foule à fendre. La chaleur était écrasante. Après, je ne suis sorti que le soir, avant neuf heures, parce que j'ai entendu redoubler le bruit et sonner les cloches.

Le passage de la rue du Pont-aux- Chèvres étant intercepté par les gardes, qui empêchaient de passer, je suis sorti par les fossés es suis arrivé à la grand'route dans l'instant où défilaient les voitures.

Le Maire marchait en queue, de loin, tout essoufflé, suivi de son Conseil. Il avait fait un discours à l'entrée de la ville. Vinet m'a dit que l'Empereur était resté froid pendant son débit, avait salué de de la tête, sans mot dire, et était passé. L'Impératrice voyageait dans une autre voiture et paraissait fatiguée de ce tumulte.

«Il était neuf heures et demie, quand les voyageurs ont mis pied à terre chez Mme Laval. L'Empereur a d'abord tenu son Conseil, portes closes, dont on n'a rien entendu dire." Ensuite, il a reçu la municipalité et les autres autorités, qui lui ont remis un mémoire en faveur de Fontenay, bien inutile, je crois.

Il a questionné le Maire sur la santé, la force et la quantité de la jeunesse mâle de la ville et du pays. Pendant ce temps, l'Impératrice acceptait un bouquet présenté par des demoiselles. Il y en a une qui lui a fait un compliment versifié. Elle s'est amusée à faire toucher du piano à une des filles de la maison.

On assure que la femme de l'empereur Napoléon est d'un bon accueil, et que son nouvel état de fortune ne lui a point tourné la tête. Tant mieux pour elle, mais elle doit être furieusement lasse du voyage qu'elle fait.

« L'Empereur et l'Impératrice ont soupé tard, après qu'un cuisinier, arrivé un moment avant eux avec un fourgon, leur a eu préparé à manger. Le Maire a mangé, le lendemain, avec sa famille le repas qu'il avait fait faire en leur honneur. Mme Robert prétend qu'il en a été contrarié.

« Je ne peux oublier une bonne histoire que je tiens encore de Mille Robert.

Le soir, avant de se coucher, ou le lendemain matin, je ne sais lequel des deux, l'Empereur était à prendre un bain de pied, lorsque le général (Duroc ?), son confident, lui a apporté des dépêches. Il ne les a pas plutôt lues qu'il se lève furieux, frappe du pied la terrine de faïence, qui se défonce et inonde d'eau le plancher de la chambre. Il poussait des cris à être entendus d'un bout à l'autre de la maison.

Tout le monde était dans la crainte. Un ministre et un secrétaire accourent vers la chambre où il était. Laval lui-même se montre pour savoir ce qui se passe. Un aide de camp le prend à bras-le-corps et l'oblige à rentrer d'où il venait, et où une de ses filles avait une convulsion nerveuse. Notre Maire a appris plus tard que les nouvelles, qui avaient mis le maître si fort en colère, arrivaient d'Espagne par un courrier (8).

» Laval et sa maisonnée ont été comme en prison chez eux jusqu'au départ du cortège impérial, qui est reparti le lendemain de bonne heure. Et voilà ce que MM. les princes appellent visiter les départements et s'enquérir des besoins des peuples !

» L'Empereur s'est rendu de Fontenay visiter sa belle ville de Napoléon-Vendée, qu'il a fait bâtir de terre, à la mode des turgnes du Marais.

» Tu feras lire ma lettre à Loyau.

» Barion vous mettra au courant de combien d'autres histoires qu'il sait mieux que moi, étant resté route la journée du 7 sur pied. Le lundi matin, avant le jour, il faisait sentinelle sur la route de Nantes pour voir passer les voitures.

» Bonjour mon ami, je suis l'obéissant serviteur de ta femme.

» F. QUÉRÉ (9). »

Indépendamment de la relation de François Quéré, il en existe deux autres, dont la plus étendue est l'œuvre de Louis Anglès, secrétaire de la mairie.

C'est un morceau de prose platement officielle et louangeuse, qui a été inséré dans le journal de la préfecture, imprimé au chef-lieu du département. La seconde se trouve dans le simple Historique sur le passage de S. M. l'Empereur et roi en Vendée, par Clémenceau de la Serrie. Paris, Didot, 1810, in-18 de XII et 71 pp., avec plusieurs sujets héroïques dessinés et gravés par l'auteur. C'est le plus intéressant de la nombreuse collection de ses petits volumes, presque tous imprimés à Paris, par Didot, ornés de gravures, et cartonnés à la Bradel.

 

Carte 1 Itinéraire de Napoléon 1er accompagné de l’impératrice Joséphine en Vendée

Carte 2 Itinéraire de Napoléon 1er accompagné de l’impératrice Joséphine en Vendée

Itinéraire

D’après un mémoire présenté, le 11 novembre 1811, au préfet de la Vendée par les maîtres de poste du département. 

 

21 juillet 1808– Au retour de Bayonne, Napoléon s'arrêta en Charente inférieure (maintenant Charente Maritime). Il ne séjourna pas longtemps, préoccupé par la situation tant en Espagne qu'à Paris. Dans la capitale, les intrigues risquaient de le fragiliser, et l'Autriche reconstituait son armée.

Sur toutes les routes, on se presse et on l'acclame :

Vive l'Empereur !

 4 aout 1808 Napoléon passe par Bordeaux


Après être passé à Pons et à Saintes ville royaliste, lui réserve un accueil froid. Il devait s'y installer plusieurs jours , il y restera moins de quatre heures,.

 Il se rendit à Rochefort le 05 Aout 1808 ou il tint à visiter le fleuve dans sa partie qui bordait l'arsenal. (l'île d'Aix)

05 aout 1808, Napoléon sur Rochefort pour inspecter le réseau de défense l’embouchure de la Charente et l’Arsenal

L'Ile d'Aix voyage dans le temps sur les pas de Napoléon

6 août – Arrivée à La Rochelle.  

le 7 août 1808 Napoléon fit son premier séjour à Niort

 

Dimanche 7 août 1808, Napoléon entre en Vendée

À 19h30, ils franchissent la limite du département de la Vendée, près de Benet, venant de Niort.  

À 21h, ils font leur entrée à Fontenay, où ils couchent.  

8 août – À 3h30 du matin, ils quittent Fontenay.  

À 4h45, arrivée à Sainte-Hermine.  

À 5h15, ils s’arrêtent à Féole.  

À 6h, Napoléon met pied à terre pour examiner des traces de minerai près du village de la Tabarière (Chantonnay).  

À 6h20, ils arrivent à Chantonnay.  

À 7h55, ils sont aux Quatre-Chemins-de-L’Oie.  

À 8h53, arrivée aux Essarts. 

À 9h25, à La Ferrière. 

 

Le 8 août 1808 visite de Napoléon Ier à la ville nouvelle de La Roche-sur-Yon

Le 8 août 1808 visite de Napoléon Ier à la ville nouvelle de La Roche-sur-Yon

Plan général du projet de la nouvelle ville à construire à la roche sur Yon conformément au décret Impérial du 5 prairial an 12, rectifié d’après les modifications ordonnées par sa majesté Impériale Napoléon le 7 Vendemiaire an 13 (29 septembre 1804)

Les ingénieurs de la commission signé Cormier ; Le chef du Bataillon du génie (sous fortifications) signé Godard ; L’inspecteur général des ponts es chaussées signé Lamandé ; Vu par le Prefet du Département de la Vendée commandant de la Légion d’honneur signé Merlin ; Approuvé conformément aux instructions de sa Majesté l’empereur à Paris le seize nivose an 13 (6 janvier 1805) ; Le conseiller  d’Etat directeur général des ponts et chaussées signé Crétet

 

À 10h30, Il fit un crochet vers  Napoléon (Ville) pour voir comment avançaient les travaux.

Il piqua une colère en voyant que rien n'avait bougé, vira deux ou trois ingénieurs, et, de rage, planta son épée dans un mur en torchis et décide d'accélérer les travaux en accordant des crédits supplémentaires.

Napoléon dira : « J'ai répandu l'or à pleines mains pour édifier des palais, vous avez construit une ville de boue » (car Emmanuel Crétet, avait décidé, sans son avis, de la faire reconstruire par François Cointeraux premier spécialiste du pisé).

La ville nouvelle va se développer à l'intérieur du pentagone et changer sept fois de nom pendant la période 1804-1870.

    La Roche-sur-Yon (avant le 28 août 1804) ;

    Napoléon (pendant le Premier Empire) ;

    La Roche-sur-Yon (une quinzaine de jours en 1814) ;

    Bourbon-Vendée (pendant la Restauration d'avril 1814 à avril 1815) ;

    Napoléon (d'avril à juin 1815 Cent-Jours) ;

    Bourbon-Vendée (de juin 1815 à 1848 Seconde Restauration et Monarchie de Juillet) ;

    Napoléon (de 1848 à 1852 Deuxième République) ;

    Napoléon-Vendée (de 1852 à 1870 Second Empire) ;

La ville de Napoléon redevient La Roche-sur-Yon en 1870.

 

À 16h50, ils reprennent la même route jusqu’aux Quatre-Chemins. 

À 18h45, retour aux Quatre-Chemins. 

À 19h30, à Saint-Fulgent. 

À 20h20, à la Chardière (Chavagnes-en-Paillers). 

À 21h, à Saint-Georges-de-Montaigu. 

À 21h20, à Montaigu, où ils dînent. 

9 août – À 00h45, ils traversent, au pont de Remouillé, le point qui sépare la Vendée de la Loire-Inférieure. 

À 3h00, arrivée à Nantes, où on ne les attendait plus et s’arrête deux jours et demi.

Lettre signée de Napoléon à M. de Champagny ; Nantes, 10 aout 1808

« Arrivé cette nuit à Nantes ; il est extrêmement content du peuple de la Vendée.

Par Angers, Saumur, Tours, Blois et Vendôme, il rejoint Saint-Cloud et assiste le 15 août à Paris aux fêtes données pour la saint Napoléon.

 

 

 

 

Le général baron Louis-Armand de Lespinay (1789-1869)

 

Par décret impérial, M. le général baron de Lespinay Louis Armand, général en retraite ancien officier d’ordonnance de l’Empereur Napoléon Ier, est élevé à la dignité de grand Officier de l’ordre impérial de la Légion d’honneur

Voici c’est états de service du général : soixante-deux ans de services, huit campagnes, plusieurs blessures. Commandeur de l’ordre du 17 juillet 1823

 

Né en 1789 au château du Pally à Chantonnay, Louis-Armand de Lespinay, fils cadet d'une vieille famille noble, va suivre une carrière militaire et civile remarquable. Après une enfance tourmentée par la guerre de Vendée, Louis-Armand, page de l'Empereur en l'an XIII comme son grand-père l'avait été de Louis XV, débute un service militaire brillant au sein de la Grande Armée.

Lieutenant puis officier d'ordonnance, il est décoré après Friedland (1807), bataille durant laquelle son frère aîné Marie-Charles est grièvement blessé.

Ses prouesses le font remarquer et nommer, à 20 ans seulement, capitaine et baron d'Empire suite à la bataille de Wagram (1809).

 

Un décret du 21 juillet 1808, ayant nommé M. de Lespinay, Officier d'ordonnance de l'Empereur, il quitta aussitôt les cantonnements de Tilsitt pour se rendre à Bayonne, où se trouvait Napoléon prêt à entrer en Espagne ; il l'accompagna à la journée de Sommosierra, à la prise de Burgos, à l'entrée à Madrid.

Après le départ de l'Empereur, il resta en Espagne avec le major-général; puis fit, sous le maréchal Soult, la pénible campagne de la Corogne contre les Anglais; l'armée française y subit, dans les montagnes des Asturies et de la Galice, une partie des misères qu'elle devait retrouver plus tard en Russie, et pourtant, alors, elle était victorieuse et poursuivait l'ennemi pressé de s'embarquer.

Il rejoignit l'Empereur à Paris, à la fin de février 1809, au moment où Napoléon préparait sa seconde campagne contre l'Autriche. Le jeune officier d'ordonnance reçut ordre de se rendre à Metz, pour y inspecter des régiments wurtembergeois et westphaliens rassemblés en cette ville. Il se rendit à Mayence pour y exercer la même inspection sur les régiments de l'armée du Rhin destinés à faire campagne.

 Il adressa à l'Empereur des rapports détaillés sur la composition des corps et l'armement des places qu'il visitait. De là, il se rendit à Dresde, avec une lettre pour le roi de Saxe. Ce prince devait concourir à la campagne en fournissant un corps de 18,000 hommes ; il fallait inspecter ce corps, rendre compte de son armement et de l'esprit qui l'animait.

 

Blessé gravement lors de la campagne de Russie, il demeure ensuite plus en retrait.

 La Première Restauration honore l'officier noble vendéen : Louis-Armand reçoit la Légion d'honneur, est nommé colonel en 1815 puis accompagne la fuite de Louis XVIII durant les Cent-Jours.

 Il place désormais sa carrière dans le dévouement au nouveau régime qui le récompense par un avancement continu, jusqu'au bâton de maréchal de camp en 1828 puis au titre de général.

 Dès lors, l'avènement de Louis-Philippe est pour Louis-Armand le moment d'une retraite méritée. En 1830 il quitte volontairement l'armée et s'installe dans sa ferme du Détroit. Il fera construire le nouveau château des Essarts de 1854 à 1857. (10)



Désormais propriétaire terrien, il s'attache à sa " terre des Essarts " qu'il fait fructifier tout en encourageant le développement agraire.

 Il s'affirme aussi comme un grand notable vendéen en occupant des fonctions civiles : conseiller général en 1848 et maire des Essarts à partir de 1858.

Suite à sa mort en 1869, ses descendants perpétuent cette emprise rurale par la voie de sa fille Cécile, devenue vicomtesse de Rougé.

 

 

 

 

 

http://recherche-archives.vendee.fr/archive/fonds/FRAD085_44J1-22

Échos du bocage vendéen : fragments d'histoire, de science, d'art et de littérature

Le général baron de Lespinay : sa vie militaire et sa vie civile signé Ch. Mourain de Sourdeval

Bulletin de la Société des amis du Vieux Chinon

Benjamin Fillon, Archives historiques de la ville de Fontenay-le-Comte. Tome IX, Arch. dép. Vendée, E dépôt 92 1 II 9

 

 

 

 

 

Note sur les Essarts pendant la Révolution - L’attaque du camp des Essarts juin 1795 par Charette <==

 


 

(1) Anniversaire de la prise des Tuileries, le 10 août 1 792, et de l'abolition en fait de la royauté en France.

(2) Le Cacault, auquel cette lettre fut adressée, habitait les environs de Saint-Hilaire-du-Bois, près de la Caillère, canton de Sainte-Hermine.

(3) Pierre-Louis-Antoine Laval, maire de 1806 à 1815. Elu député de l'arrondissement le 23 août 1815, il fut renommé le 26 septembre 1816, le 18 novembre 1827, le 24 juin 1 830, et fit partie des 221.

(4) Drouard, sculpteur et professeur de dessin.

(5) Cet arc-de-triomphe de bois et de toile peinte fut emporté, quelque temps après, par un coup de vent; triste fin qui parut à beaucoup de gens de mauvais augure pour l'Empire.

(6) P.-J. Fillon, notaire, chez lequel Quéré avait pris pension. Le plus jeune de ses fils s'engagea en effet, et fut tué à Leipsick.

(7) Il descendit même dans un petit caveau, placé au-dessous de la cave, afin de s'assurer s'il ne contenait aucun engin de destruction.

(8)    Napoléon venait de recevoir une lettre de son frère Joseph, lui annonçant qu'il allait être forcé de déposer la couronne d'Espagne, placée malgré lui sur sa tête, et contrairement à la volonté d'un peuple ivre de patriotisme et de fureur contre l'étranger. Mais le despote n'était pas homme à comprendre ce langage. Il lui fallait vaincre, sous peine d'être amoindri. Une nouvelle armée fut lancée contre la malheureuse Espagne.

Du 18 juin au 15 août 1808, quatorze mille quatre cent sept soldats de diverses armes passèrent en poste par Fontenay, se dirigeant vers les Pyrénées. Combien peu survécurent à cette horrible campagne !

— Il est vrai que la chair à canon ne pesait guère dans la balance du moderne César.

(9) François Quéré, avocat, originaire de Fontenay, s'était retiré à Tours pendant les troubles de la Vendée. Il revint, en 1805, habiter sa ville natale; mais il la quitta de nouveau, au commencement de i 8og. Il mourut célibataire, aux environs de Tours, le 15 juillet 1821, à l'âge de cinquante-neuf ans.

 

(10) On peut penser que le baron est à l'origine de la reconstruction ou de la restauration des fermes du Détroit et de la Peinerie où il aurait fait insérer les lions sculptés ou peut-être son père Alexis Marquis de Lespinay qui, venu de Chantonnay, acheta le château des Essarts en 1787 et des biens aux alentours.

 Par héritage, les métairies passeront dans la famille de Rougé lorsque l'une des trois filles du baron Cécile de Lespinay épousera en 1847 Bonabès de Rougé. Châteaux de Vendée- J. de Raigniac Sources La restauration en Vendée 1830, M. Faucheux - Mémoire de maîtrise d'histoire, Jérôme Biteau Les Essarts - Y Pinaut, Bulletin cantonal 1971- A. De Rougé