1182, Don de Richard Cœur de Lion, comte de Poitou et seigneur de Talmont à l’abbaye Saint-Jean d'Orbestier

La seigneurie de Talmont, d'abord confondue dans le comté de Poitou, en devint cependant distincte vers 1025 en faveur de Guillaume-le-Vieux ou le Chauve qui fonda l'abbaye de Talmont vers 1040.

Ensuite, nous trouvons le titre de seigneur de Talmont porté tant par les successeurs et ayant-droit de Guillaume-le-Chauve que par les comtes de Poitou eux-mêmes.

Les abbayes de Saint-Jean d'Orbestier et de Sainte-Croix de Talmond, comme celle de Saint-Cyprien de Poitiers, reçurent, des propriétaires du sol, divers immeubles assez considérables, entre autres la Gillerie, dont la seconde de ces abbayes fit par la suite un prieuré.

Les monastères d'Angles, de Boisgrolland et des Fontenelles, fondés plus tard, eurent pareillement leur portion de ces terres fertiles.

 Marchieul, donné, en 1182, à Orbestier par Guillaume d'Aspremont, seigneur de Poiroux, était le plus considérable de ces domaines.

La charte de cession mentionne un fait qui mérite d'être noté.

C'est ainsi que nous voyons Richard Cœur-de-Lion, alors comte de Poitou et non encore roi d'Angleterre, confirmer la fondation, du monastère d'Orbestier, par une charte, datée de 1182, dans laquelle il prend les titres de comte de Poitou et seigneur de Talmont.

(Port-Juré, port créé par les Vikings et confirmé au XIIème siècle par Richard Cœur de Lion)

Elle fut écrite en présence de Richard Cœur-de-Lion, dans sa maison de chasse "Salle Roy" du Port-Juré,que Richard avait fait bâtir au bord de l'étang de Port-Juré, appartenant aux moines d'Orbestier (dans la baie de Cayola entre Talmont Saint Hilaire et le Château d’Olonne), et parmi les témoins figurèrent, Aimery V, vicomte de Thouars, Geoffroy de Lusignan, Guillaume de Lezay, Raoul de Mauléon, Pierre de la Garnache et Pierre de Bulhon (ou de Bouille), c'est-à-dire tous les fidèles de Richard, réunis autour de lui, sous prétexte d'une partie de chasse, pour aviser aux moyens de résister à la ligue que le reste de l'aristocratie poitevine , mécontente de sa mauvaise administration, venait de former contre lui.

 

 Guillaume, pris sans doute à l'improviste par les sollicitations des moines, ne s'était pas muni de son sceau; aussi pria-t-il son suzerain de garantir la donation.

 « Moi Guillaume, dit la charte, n'ayant pas mon sceau particulier, j'ai supplié et requis le seigneur Richard d'apposer le sien à ces lettres, en témoignage de vérité; et moi Richard, comte de Poitiers et seigneur de Talmond, j'y ai appliqué mon sceau, à la supplication et à la réquisition dudit Guillaume; présents, etc...

et plusieurs autres venus près de moi pour chasser (qui venerant ad me causa venandi). »

Par cette charte, qui fait partie du cartulaire d'Orbestier, le domaine et les droits du monastère sont sensiblement accrus. Richard accorde notamment aux moines le droit d'avoir deux navires marchands dans le port d'Olonne, d'avoir des vasières à poissons, d'avoir le droit de coutume, c'est-à-dire de péage pour tous les poissons à pêcher sur le rivage de leurs terres; et il leur fait remise de son propre droit à cet égard.

 

1182 Dons nombreux et divers par Guillaume d'Aspremont, seigneur de Poiroux. (Carte n° 394.)


Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris quod ego Guillelmus de Aspero Monte, dominusPerusii, dedi et concessi, et eciam do et concedo Deo et fratribus ecclesie Johannis de Orbisterio, pro salute anime mee patris et matris mee et parentum meorum, locum quem habebam et habere poteram et debebam prope Bernardum, vulgaliter appellatum la Borderie, cum pertinenciis predicto loco spectantibus, quibuscumque vel ubicumque sint in toto dominio meo de Perusio, terris cultis et incultis, pratis, vineis, nemoribus : videlicet vineas feodi vulgaliter appellati feodi de la Borderie, et vineas feodi de la Savatolle et vineas feodi de Fovea Calida.
Qu'il soit connu de tous, présents et futurs, que moi Guillaume de Aspre Mont, seigneur de Poiroux, ai donné et accordé, et je donne et accorde aussi à Dieu et aux frères de l'église de Jean d'Orbestier, pour le salut des âmes de mon père, de ma mère et de mes parents,le lieu que j'avais et pouvais avoir et devais avoir près de Bernard, communément appelé la Borderie, avec les dépendances dudit lieu, quels qu'ils soient et en quelque lieu qu'ils soient dans tout mon domaine de la Poiroux, terres cultivées et incultes, prés, vignes, les bois : c'est-à-dire les vignes du fief communément appelées fief de la Borderie, et les vignes du fief de la Savatolle et les vignes du fief de Fovea Calida.

 Item, dedi et concessi, et eciam do et concedo predictis fratribus ecclesie predicte terras de Marchioil et prata predictis terris pertinencia, et locum de Marigne cum omnibus pertinenciis suis, terris cultis et incultis, pratis, vineis predictis, nemoribus: videlicet pratum du Pontereau, pratum au-dessus Beauplain, et prata que sunt au dessoubz Barre, pratum de la Sauzaye.
De même, j'ai donné et accordé, et je donne et accorde aux susdits frères de l'église les susdites terres de Marchioil et les prés appartenant aux susdites terres, et le lieu de Marigne avec toutes ses dépendances, terres cultivées et non cultivées, prés, vignes, et bois : à savoir, le pré de Pontereau, le pré au-dessus Beauplain, et les prés qui sont au dessoubz Barre, le pré de la Sauzaye.


Item vineas de Maupunayre, item feodum de la Marzele et feodum du Pontereau, et pasturagia in maresiis de Beauplain, et piscacionem piscium in dicto bco de Beauplain, et ad portum nostrum de Cleya transire et retransire et nichil omnino solvere; et locum domus Barre cum omnibus pertinenciis predicte domus spectantibus in toto dominio meo ubicumque sint; et omnes homines habitantes et habitaturos presentes et futures in predictis et singutis terris et locis superius nominatis, cum omni jure, dominio et districtu.
Aussi les vignes de Maupunayre, aussi la fief de la Marzele et la fief du Pontereau, et les pâturages dans les marais de Beauplain, et la pêche du poisson dans ledit bco de Beauplain, et à traverser et retraverser à notre port de Cleya et payer rien du tout; et le lieu de la maison de Barre avec toutes les dépendances de ladite maison dans tout mon domaine où qu'ils soient;et tous les hommes vivant et vivant présents et futurs dans les terres et lieux susmentionnés nommés ci-dessus, avec tous droits, domination et district.


 Et quidquid juris, dominii sive proprietatis habebam et habere poteram in premissis et super omnibus aliis superius nominatis nichil omnino michi vel heredibus meis nec successoribus meis retineo.
Et quel que soit le droit, la propriété ou la propriété que j'avais et pourrais avoir sur les lieux et sur tous les autres ci-dessus nommés, je ne conserve rien du tout pour moi ou mes héritiers ou mes successeurs.


Volo eciam quod predicti fratres ecclesie superius nominate habeant, possideantet explectent in predictis locis et terris talem mensuram, tam blado quam vino spectantem, quam sibi viderint expedire.
Je veux que les frères susmentionnés de l'église nommée ci-dessus aient, possèdent et préparent dans les lieux et terres susmentionnés une telle mesure, à la fois en ce qui concerne la lame et le vin, qu'ils jugent opportun pour eux.


 Et omnia atia jura cuilibet magno dominio pertinencia in predictis locis et terris dedi et concessi per integrum predictis fratribus, et omnes homines eorumdem in predictis locis et terris habitantibus et habitaturis ab omni talleya, deverio et costuma et omni exercitu, dominio et districtu de captione mea seu meorum et desponsacione filie, et biennium, expediciones et omnem exactionem quam potest dominus de terra sua sive juste et injuste exigere manumito.
Et tous ces droits appartenant à toute grande domination dans les lieux et terres susmentionnés, j'ai donné et accordé intégralement aux frères susmentionnés, et à tous les gens de la même vie et habitant dans les lieux et terres susmentionnés de tous talleya, deverio et coutumes et toute armée, domaine et district de ma saisie ou de la mienne et la fille fiancée, et pendant deux ans, les expéditions et toutes les exactions que le seigneur peut exiger de sa terre, soit justement, soit injustement, par le bailli.


 Item, volo et concedo quod dicti fratres quicquid de cetero in toto dominio meo poterint acquirere una cum aliis supradictis, libere, pacifice in perpetuum possideant et quiete, sine contradictione aliqua seu reclamacione possidendi.
Aussi, je veux et accorde que tout ce que lesdits frères peuvent acquérir du reste de mon domaine avec les autres susdits, ils peuvent le posséder librement et paisiblement pour toujours et tranquillement, sans aucune contradiction ou remontrance de possession.


 Et si ego Guillelmus de Aspero monte predictus vel heredes mei sive successores in rehus predictis explectaverimus, seu explectari fecerimus, volo nichillominus ut presens cartula rata permaneat et dictis religiosis seu fratribus nullum impedimentum seu detrimentum faciat quoquo modo.
Et si moi, ledit Guillaume d'Aspero Monte, ou mes héritiers ou successeurs, ai exécuté ou fait exécuter, dans les crimes susmentionnés, je veux en tout cas que la présente charte continue et ne cause aucun obstacle ou perte à lesdits religieux ou frères de quelque manière que ce soit.


 Hec autem dona et largiciones facta fuerunt in aula domini Richardi, tunc temporis comitis Pictavensis et domini Thallemondi, quam edificaverat super stagnum monachorum de Portu Jurato.
Et ces dons et donations se faisaient dans la salle de seigneur Richard, alors Comte de Poitiers et seigneur de Talemont, qu'il avait fait construire au-dessus de l'étang des moines de Port Jurato.


 Et ego Guillelmus, dominus Perusii supradictus, propterea quod sigillum meum proprium non habebam, predictum dominum Richardum supplicavi et requisivi ut suum sigillum proprium presentibus licteris apponeret, in testimonium veritatis.
Et moi Guillaume, le susdit seigneur de Poiroux, parce que je n'avais pas mon propre sceau, j'ai prié et exigé que le susdit seigneur Richard appose son propre sceau sur les présentes lettres, comme témoin de la vérité.


Et ego Richardus predictus, comes Pictavensis et dominus Thallemondi tunc temporis, ad supplicacionem et requisicionem predicti Guillelmi sigillum meum proprium presentibus licteris apposui, in testimonium premissorum.
Et moi, le susdit Richard, comte de Poitiers et seigneur de Talemont à cette époque, à la supplication et à la réquisition du susdit Guillaume, j'ai apposé mon propre sceau sur les présentes lettres, en témoignage de ce qui précède.

Hujus rei testes sunt qui convenerant in aula mea predicta : Aymerieus vicecomes Thoarcii, Gauffridus de Leziniaco, Guillelmus de Lezeyo, Radulphus de Malo Leone, Petrus de Ganaspia, Petrus de Bulio, milites, et plures alii qui venerant ad me causa venandi.


 Datum et actum publice, anno Domini M° C° octogesimo secundo.


Les témoins de cette affaire sont ceux qui s'étaient réunis dans ma susdite cour : Aymeri, le vicomte de Thouars, Geoffroy de Lusignan, seigneur de Vouvant, Guillaume de Lezay, Raoul de Mauléon, Pierre de la Garnache, Peter de Bulio, chevaliers, et beaucoup d'autres qui étaient venus avec moi dans le but de chasser.



 Donné et publiquement acté, l'an du Seigneur cent quatre-vingt-deux.

 

(Richard et sa mère Aliénor d'Aquitaine - château de Talmond Saint Hilaire)

 

 

Don fait par Richard Cœur de Lion, comte de Poitou, à l'abbé Brient. (Cart'n° 150.)

Omnibus in Christo fidelibus ad quos presens scriptum patebit R. comes Pictavensis, filius regis Anglie, salutem in Vero Salutari.

Ad noticiam universorum perveniat quod ego R. comes Pictavensis, cum essem apud Pictavim in aula mea, abbas Briencius, dilectus meus, michi representavit cartulas abbacie sue Orbisterii in quibus vero cartulis coram me lectis didici quod ad fondamentum ecclesie Sti Johannis de Orbisterio antecessores mei dederant totam terram cultam et incultam, a torrente Illicum usque ad Portum Juratum, liberam et absolutam in perpetuum possidendam, et totam landam maritimam similiter liberam; dederant quoque in elemosinam et concesserant omnia illius ecclesie monachis necessaria per totum nemus Orbisterii tam in domibus quam in aliis rebus, et pascua quorumlibet animalium ut libere et quiete boves, oves, capre, porci et quecumque animalia quicquid ad esum eorum in nemore esset haberent.

Ad quod ego R. intendens, divina inspiracione compunctus, qui multas injurias, multas vexaciones per famulos meos de Thalemundo antea eidem ecclesie injeceram,Omnia jura sua in nemore, in landis et in terries reddidi, et non solum reddidi sed eciam sicut antecessores mei dederant dedi et concessi eidem abbacie.

Hoc sub scripto servari precepi et sigilli mei munimine roboravi. Res enim suas tamquam meas in deffensione mea suscepi.

Sciendum est quod abbas Briencius a me peciit grangias suas transferri in landa maritima, quod benigniter concessi et ipsam landam ad cultum sive ad pascuum animalium quiete et pacifice in perpetuum possidere, presente R. de Maleonio, qui ex parte sua eidem abbacie hec omnia suprascripta mecum ibi dedit et teneri concessit.

Testes Guillelmus episcopus Pictavensis, G. de Leziniaco, Guillemus de St  Laurencio, Guillelmus. …..Arbertus Ruffi et plures alii. Anno Verbi gracie millesimo centesimo LXXX° I°.

4. Confirmation et ampliation de la charte de fondation par Richard Cœur de Lion, comte de Poitou. (Carte n° 388, et n° 54, vidimus donné le 3 septembre 1398 par Jean Champaigno, notaire des cours de Poitou.)

 

Droit d'amirauté c'est-à-dire d'épaves et de naufrage, des seigneurs de Talmont, est compris dans la charte de 1182, déjà citée, ou Richard Cœur-de-Lion confirme et étend la fondation de l'abbaye d'Orbestier.

« Si les hommes des moines, y est-il dit, retirent quelque chose des navires échoués et submergés par la mer, sur quoi je puisse avoir quelque droit, je donne aux dits moines tout ce droit et domaine ».

Les noms d'amiral et d'amirauté n'étaient pas encore usités Richard concéda le droit d'épaves et de naufrage dans la proportion des droits qu'il y pouvait avoir.

 

 

 

1182. Confirmation et ampliation de la charte de fondation par Richard Cœur de Lion, comte de Poitou. (Carte n" 388, et 54, vidimus donné le 3 septembre 1398 par Jean Champaigno, notaire des cours de Poitou.)

In nomine sancte et individue Trinitatis, Patris et Filii et Spiritus Sancti.

Notum sit omnibus tam presentibus quam futuris presens scriptum inspecturis quod ego Richardus, filius Anrici regis Anglie, comes Pictavensis et dominus de Thalemundo, do et concedo Deo et abbacie et monachis Sti Johannis de Orbisterio, pro salute anime mee, patris et matris mee et parentum meorum, locum in quo abbacia Sti Johannis de Orbisterio est fundata, cum omnibus pertinenciis suis, quibuscumque et ubicumque sint in dominio meo de Thalemundo, terris cultis et incultis, pratis, vineis, nemoribus, silvis et aquis, domibus, possessionibus quibuscumque à torrente IIIicum usque ad Portum Juratum et tocius Portus Jurati ingressum, hinc et inde, usque ad recessum maris, et stagnum de Portu Jurato usque ad prata Ogerii et a pratis Ogerii usque ad Quercum Croux, et totas landas maritimas usque ad Quercum Crous et a Quercu Crous usque ad pratum Ascelini, et medietatem prati Ascelini sicut dividitur certis metis, et a prato Ascelini usque ad exitum foreste mee de Orbisterio, usque ad viam que ducit viatores qui de portu Olone ambulant apud Thalemundum, et a via que ducit viatores de portu apud Thalemundum usque ad torrentem IIIicum, qui defluit per gulam de Doctis in mare, et usque ad recessum maris, et omne nemus quod includitur infra metas superius nominatas, ad faciendam suam plenariam voluntatem.

 Item, dono et concedo predictis monachis usagium plenarium et eciam liberum per totam forestam meam de Orbisterio, ad quocumque opus voluerint faciendum et ubicamque votuerint ad opus eorum deportare per totum territorium Thalemondi, ad quelibet edificia facienda, reedificanda, construenda vel eciam reparanda, sine deffensione aliqua quam in predicto usagio ego Richardus predictus vel heredes sive successores vel battivi sive forestarii mei vel successores eorumdem possimus imponere vel inferre, et pascua plenaria et libéra ad omnia animalia predictorum monachorum nutrienda vel eciam depascenda cujuscumque sint generis, sive sint predictis monachis propria animalia sive sint parcionaria et lecterias ad eorumdem opus animalium per totam forestam meam Orbisterii.

Hec sunt dona, concessiones et libertates quas ego Richardus, comes Pictavensis et dominus de Thalemundo, pro salute anime mee, patris et matris mee et parentum meorum, do et concedo monachis et abbacie Sti Johannis de Orbisterio, sciticet villam de la Biretere cum omnibus pertinenciis suis, villam de la Lavendere prope Thalemundum cum pertinenciis suis, villam de la Grandetere cum pertinenciis suis, villam de la Pironere cum omnibus pertinenciis suis; et omnes homines habitantes vel habitaturos presentes et futuros infra metas superius nominatas et successores predictorum hominum predictis monachis manumisi et quicquid jurissive dominii quod habebam vel habere poteram in hiis et super aliis superius nominatis nichil omnino michi vel heredibus meis neque successoribus meis retineo. Prefati vero monachi dederunt michi prata Ogerii in quibus pratis stagnum construxi.

Et propter hoc donum ego do predictis monachis furnum meum proprium de Thalemondo et quicquid juris et dominii habebam vel habere poteram in predicto furno, et hoc volo et concedo quod dictum furnum dictorum monachorum calefaciatur de foresta Orbisterii de feodo forestarii et de branda.

Dedi eciam feras quascumque quocumque modo, ad opus infirmorum et hospitum, infra metas corum ipsi monachi vel servientes eorum poterunt comprehendere vel eciam detinere.

Et in recompensacionem malorum que aliquociens eisdem abbacie et monachis feceram et intuteram, vel mei nomine meo, et in augmentactone dictorum abbacie et monachorum et specialiter pro salute anime mee, patris et matris mee et parentum meorum preteritorum, presencium et futurorum volo et concedo et confirmo et dispono quod si dicti monachi de quibustibet successoribus meis dictam forestam meam ultra plus quam medietatem cognoverint devastari, et hoc significent ad dominum regem Francie et dominum episcopum Pictavensem qui pro tempore erunt; et ipsi provideant et disponant fideliter et observant ne dicti monachi possint amictere sua jura que habent et in predicta foresta possident et sua usagia sicut superius sunt expressa.

Et si terre foreste devastate remanserint et inculte, volo et concedo de terris vastate foreste dicti monachi ex dono meo perpetuo percipiant et habeant et explectent libere, pacifice et quirte tantum et quantum potuerint et excolere voluerint de foresta devastata et de dictis terris, quas ego Richardus predictus dono predictis monachis, ipsi monachi possint omnino facere suam plenariam voluntatem : ita tamen quod illas terras cultas et incultas dicti monachi possint tradere ad colendum quibuscumque colonis et quocienscumque et ad quantoscumque colonos viderint expedire.

Volo et concedo quod coloni predictarum terrarum [et heredes] predictorum colonum sint immunes et lberi per totam forestam meam Orbisterii ab omni costuma et servicio, preter illa que a dictis monachis exhibentur; et habeant dicti coloni usagium in dicta foresta Orbisterii ad sua edificia facienda et ad quadrigas et quadrugas et ad alias circumstancias ad opus culture necessarias, et caufagium predictum in dicta foresta ad opus predictorum colonum de feodo forestarii et de branda, et pascua universis animalibus predictorum colonum et lecterias per totam forestam meam Orbisterii.

Insuper volo et concedo ut dicti abbacia et monachi habeant duas naves mercatorias in portu Olone proprias sive parcionarias, que possint per totos portus meos navigare et transire libere, pacifice et quiete et asportare que sunt necessaria monachis supradictis. Volo eciam et concedo quod dicti monachi vel homines eorumdem monachorum habeant vayssellab piscatoria, propria sive parcionaria, quantacumque voluerint vel potuerint habere in portu Olone ; de quibus vaissellis propriis seu parcionariis dicti monachi habeant et percipient totam costumam piscium de quolibet genere pisces fuerint.

Et si aliquid juris vel dominii habuero in dictis piscibus, quolibet tempore fuerint deprehensi, totum illud jus et dominium de illis piscibus dono predictis monachis et concedo.

Et si homines dictorum monachorum secum actulerint de naufragio navium in mare mersarum in quibus habere debeam aliquid juris et dominii, totum illud jus et dominium dono monachis memoratis.

Dono eciam et concedo ut quo cumque predicti monachi potuerint acquirere in tota mea provincia Pictavensi quolibet titulo vel a me vel a meis successoribus sive hominibus meis legiis vel planis seu costumariis, volo et concedo ut dicti monachi omnia dona et eisdem monachis facta habeant et possideant et explectent libere, pacifice et quiete, sine contradicione aliqua quam in predictis donis ego Richardus vel successores mei possimus imponere vel inferre.

Et si aliqua dona a me vel a meis antecessoribus declaranda seu specificanda vel exprimenda in istis licteris pretermisi, volo et concedo quod hoc non obstante omnes alie lictere a me vel a meis antecessoribus concesse predictis monachis super quibuscumque donis nichilominus robur obtineant firmitatis.

Et hec autem universa supradicta dona dicti monachi habeant a me et possideant et explectent libere, pacifice et quiete, et acquisita omnia et acquirenda de cetero habeant ex concessione mea et antecessorum meorum, libera, pacifica et quieta sine contradicione aliqua quam ego Richardus vel heredes sive successores mei in hujusmodi donis, acquisitis vel acquirendis, possimus imponere vel inferre.

Et quia valde timeo quod in futuris temporibus a meis successoribus super donis meis, concessionibus et largicionibus dicta abbatia et monachi perturbantur, volo et concedo quod omnia dona, concessiones et largiciones a me et a meis antecessoribus facte predictis monachis sint in manu et custodia domini regis Francie et domini episcopi Pictavensis qui pro tempore erunt; et ipsi, Deo dante, dona predicta fideliter observabunt monachis memoratis.

Et ad hec autem universa et singula dicte abbacie et monachis perpetuo prosequenda et integranda ac fideliter observanda, obligo me et mea et terram meam et heredes meos et successores presentes et futuros, in manu domini regis Francie et domini episcopi Pictavensis qui pro tempore erunt.

Concesserunt michi abbas Briencius cum suis monachis sui monasterii in vita et in morte beneficium spirituate, et unum sacerdotem qui pro me et meis antecessoribus et pro cunctis fidetibus defunctis missam diebus singulis celebrabit.

Et ne predietis donis dicti abbacia et monachi a meis heredibus et successoribus valeant defraudari, de jurisperitorum consilio huic cartule sigillum meum proprium apposui, in testimonium veritatis, meis heredibus et successoribus imponendo silencium sempiternum.

Hujus rei testes sunt qui convenerant in aula mea, quam edificavi super stangnum monachorum de Portu Jurato : Aimericus vicecomes Thoarcii, Goffridus de Liziniaco, Guillelmus de Lezayo, Radulphus de Maleonio, Petrus de Ganaspia, Petrus de Bulio, milites, et plures alii qui venerant ad me causa venandi. .

Datum et actum publice, anno Domini millesimo centesimo octogesimo secundo.

 

 

Après Richard nous trouvons Talmont devenu le fief de la famille de Mauléon, d'où cette terre passa, par mariages, aux familles de Thouars et d'Amboise.

 


 

Vers 1190 (1). Confirmation et ampliation par Raoul de Mauléon du don fait par G. Sanzins. (Carte n158.)


Notum sit tam presentibus quam futuris quod Radulphus de Malleone, vir nobilissimus et venerabilis, et Guillermus, frater ejus, inspiracione Dei et eciam in remissionem peccatorum suorum et pro animabus parentum suorum, ecclesie Sti Johannis Orbisterii et monachis ibi Deo servientibus hominem, quem G. Sanzins dicte ecclesie in elemosinam dederat a Vaere, dederunt etconcesserunt et Stephano, memorate ecclesie abbati, in cujus manu hoc donum factum est; et predictum hominem in dicto loco mansurum libere et ab omnibus serviciis deveriis, et coustumia immunem propria manu prefatus Radulphus………… 2.
Que l'on sache au présent et à l'avenir que Raoul de Mauléon, un homme très noble et vénérable, et Guillaume, son frère, par l'inspiration de Dieu et même pour la rémission de leurs péchés et pour l'âme de leurs parents, dans l'église Saint-Jean d'Orbestier et les moines servant Dieu là-bas, l'homme que G. Sanzins a dit que l'église avait donné l'aumône de Vaere, ils ont également donné et accepté Stephen, l'abbé de l'église en question , dans la main de qui ce don a été fait ; et que l'homme susmentionné devrait rester dans le lieu susmentionné libre et libre de tous services, et à l'abri des douanes, de sa propre main, le susmentionné Ralphus

 Insuper idem Radulphus quidquid juris habebat in suceessoribus predicti G. Ragot predicte ecclesie Sti Johannis Orbistetii dedit, et habendum, explectendum et tenendum in perpetuum concessit.
 Hujus rei testes sunt : Stephanus abbas, M. prior, G. filius Aufre, Johannes de Chassenun, G. Sanzins, Broteas, R. Aemuns, G. Pelleparius, Radulphus de Vaerrem, plures alli.
 Et hoc donum concessit exinde Savaricus, filius Radulphi de Malleone.
En outre, le même Raoul a donné tout droit qu'il avait sur les successeurs dudit G. Ragot à l'église susmentionnée de Saint-Jean d'Orbestier et a accordé qu'ils soient détenus, exécutés et détenus pour toujours.

 Les témoins de cette affaire sont : Stéphanus abbé, M. prieur, G. filius Aufre, Johannes de Chassenon, G. Sanzins, Broteas, R. Aemuns, G. Pellaparius, Radulphus de Vaerrem, et bien d'autres là-bas.

 Et Savaricus, le fils de Raoul de Mauléon, a accordé ce cadeau.

 

 Louis XI confisqua Talmont sur Louis d'Amboise et le donna à Philippe de Commines.

Mais, après la mort de Louis XI, la terre fut honorablement remise à Louis II de la Trémoille qui ajouta ainsi aux titres déjà si nombreux de sa famille ceux de vicomte de Thouars, prince de Talmont, seigneur de Marans et de l'Ile-de-Ré.

La puissante famille de la Trémoille fut, en outre, titulaire des seigneuries de Royan, Taillebourg, Sainte-Hermine, Olonne, Noirmoutier, sans compter les domaines immenses qu'elle possédait hors du Poitou.

Presque tout le littoral de l'Océan, depuis l'embouchure de la Loire jusqu'à celle de la Gironde, relevait de ses seigneuries diverses. Aussi prétendait-elle au droit d'amirauté sur toute l'étendue de ces côtes.

Elle l'a exercé au nom de ses suzerainetés de Royan, de Marans, d'Olonne, de Thouars, de Noirmoutier et surtout de Talmont, pour laquelle elle s'attribuait le titre d'Amiral patrimonial.

Un volumineux dossier est aux archives de la Vendée, tout consacré aux prétentions et aux contestations élevées pour cet objet.

Ces prétentions se formèrent d'un mélange indigeste de droit primitif et barbare usité sur les côtes de l'Europe et du monde entier droit dont l'amirauté royale elle-même subit l'influence. Les seigneurs de Talmont et autres empruntèrent leurs droits de l'amirauté de France, comme ils calquèrent leur puissance féodale sur celle de la monarchie centrale.

 

 

 

 

Société d'émulation de la Vendée

 

 

 

Juillet 1107 Fondation d'Orbestier par Guillaume IX le Troubadour, duc d'Aquitaine et comte de Poitou. <== 

==> Talmont, mine des Sarts de galène argentifère proche de la maison de chasse Salle Roy de Richard Cœur de Lion

==> Richard Cœur de Lion, seigneur de Talmont; des Lois Maritimes (Rôles d'Oléron) au droit d'amirauté

 ==> 15 décembre 1195 Niort Richard Cœur de Lion, roi d'Angleterre, duc d'Aquitaine, dans une charte générale datée de Niort le 15 décembre 1195, confirmant l'ordre de Grammont dans la possession de ses établissements en Poitou, lui assure en particulier la jouissance paisible du prieuré Barbe-Torte (commune des Magnils-Reigniers), du Bois-d'Allonne et de celui de Bonneraye, paroisse de Puy-de-Serres, et La Meilleraie (commune du Château-d’Olonne),  donné jadis par sa mère, la reine et duchesse Aliénor .

==> L'abbaye de Notre-Dame de Lieu-Dieu-en-Jard, fondée en 1196, par le roi d'Angleterre, Richard Coeur-de-Lion.

==> Généalogie - Maison des Hugues de Lusignan et Geoffroy la Grand' Dent.

==>2021-Talmont-Saint-Hilaire, fouilles archéologiques sur l’ancien port médiéval (Portu castellanus Thalemundi)

 

 

 

 


 

(1). Postérieure à 1184, antérieure à 1200.
(2). Un ou deux mots complétement illisibles.