Abbaye Royale de Saint Michel en l'Herm Les auteurs du dessèchement du Marais Poitevin

Après l'achèvement de ce canal, qui côtoyait les marais du nord de la Sèvre sur une longueur de cinq lieues, les dessiccateurs bas-poitevins s'arrêtèrent, jugeant leur œuvre terminée.

Désormais la période de luttes avait pris fin les eaux ne stagnaient plus comme autrefois entre les coteaux et les îles, mais s'écoulaient avec lenteur entre les bords des achenaux vers les rivières ou vers la mer. Leur retrait avait découvert une immense étendue de terrain qu'il suffisait de cultiver pour obtenir les mêmes produits que dans la plaine. Le sol enfin conquis, il ne restait plus qu'à l'exploiter.

Sous la pioche et la charrue, le marais desséché se transforma. Les champs de blé alternèrent avec les prés et les vignes.

A Chaillé, on récolta un vin « bon, pur et de premier choix», et sur les deux rives de la Sèvre, comme sur les bords du Lay, les « terres franches de marais produisirent du froment et des fèves (1).

Les canaux de desséchement servirent à transporter les nouveaux produits dans les villes les plus importantes de la région, la Rochelle, Fontenay, Luçon, Niort même, dont le port franc venait d'être établi.

Des routes coupant le marais de Luçon à la Rochelle et de Fontenay à Saint-Michel-en-l'Herm achevèrent de faciliter les transactions commerciales (2).

 

L’abbaye Royale de Saint Michel en l’Herm

Au début du XIIIe siècle, elle s’associe aux abbayes de Maillezais, Nieul sur l’Autize, l’Absie et Saint-Maixent pour aménager ce vaste territoire qui deviendra le Marais Poitevin.

La trace la plus connue de cette association est le canal des Cinq-Abbés creusé en 1217, qui prend naissance près de Vouillé et va jusqu’à la Sèvre Niortaise.

 

Pendant un demi-siècle, on ne trouve plus trace de nouveaux travaux.

 Les œuvres exécutées au XIIIe siècle avaient été bien conçues. Il suffisait de les entretenir pour en assurer la conservation, puisque certains de ces canaux, tels que l'Achenal-le-Roi, l'achenal des Cinq-Abbés, devaient garder jusqu'à nos jours leur tracé primitif.

Mais pour que le système tout entier de canaux et de digues pût atteindre la même longévité, il eût fallu que des circonstances malheureuses ne vinssent pas s'y opposer.

Les causes extérieures qui provoquèrent la ruine des desséchements se rattachent toutes plus ou moins à une cause unique, la guerre de Cent ans, qui désola le pays de 1346 à 1450.

 

 

 

 

Les auteurs du dessèchement du Marais Poitevin, Rôle des religieux, Rôle des seigneurs, Rôle des paysans. <==........==> Les anciennes voies de communications dans le Marais Poitevin

 

 

 


 

(1)   1277, janvier (n. st.). Bail par Bienvenue la Borrelle à frère Aymeri, abbé de Moreilles, d'une pièce de pré « delay la Sèvre » moyennant vingt-cinq setiers de froment des maraiz bon et leau » et un setier de fèves « conduiz en la Rochelle a descharge en l'achenau ». Arch. Nat., XIA a3, fol. 450. Cf. Arch. hist. Poitou, t. XIX, p. 61.

 

1288, 5 juillet (n. st.). « Viginti modia vini, boni, puri et legitimi de prima gusta, et sine trencheis annui et perpetui redditus, ad meusuram de Chaylleio….., in torculari Petri de Voluyre, militis, domini de Chaylleio, super complanctum feodi vinearum ejusdem domini de Chaylleio. » Vente par Arnaud et Foulques de Montausier à Jean Boucher de Saint-Martin-l'Ars. D. Fonteneau, t. XXV, fol. a33.

 

– 1314, avril. Amortissement accordé par Hugues de la Celle, commissaire du roi, à l'abbé de Saint-Michel-en-l'Herm pour de nouveaux acquêts à Richebonne et près de Marans. Arch. hist. Poitou, t. XI, p. 8i).

(2)  1285, mai. Cf. Gouget, le Commerce à Niort, p. 94.