Le p'tit Train de Saint Trojan en Oléron Quelques Faits d’Histoire locale avec TOTE l’Histoire de France ou GESTA FRANCORUM

Toute agglomération humaine a son histoire et si son passé se perd dans L'inconnu des siècles, elle raconte toujours avec intérêt - en les dénaturant parfois - les faits dont elle conserve le sou­venir dans sa tradition ou ses archives.

Malheureusement la mémoire devient infidèle, Les documents épars ne résistent pas à l'action destructive dii temps et, de ces mille riens, qui ont été la vie d’un peuple, on ne trouve souvent que de très légères traces.

Il serait cependant bien utile, parfois, de pouvoir comparer le passé au présent, d'en connaitre les ressources, le caractère, les tendances sociales et religieuses, de savoir quels événements politiques ont pu unir ou diviser les habitants d'un pays.

Allongée paresseusement, face au continent dont la sépare un bras de mer étroit et peu profond, aux eaux d’émeraude pâle et de topaze, Oléron développe de molles ondulations sombrement boisées de pins, des côtes basses qui sont des prairies, et les claires bourgades, baignées dans l’atmosphère légère, scintillent, enchâssées de verdure.

Oléron, dépourvue de falaises, n’offre pas la magnificence sauvage de Belle-Isle, la perle des côtes de Bretagne ; mais en contraste avec l’île de Ré, sa voisine, nue et sans relief, elle propose des sites nuancés et son charme s’insinue avec douceur.

La lumière y est belle comme tout au long du golfe de Gascogne, d’un éclat doré qui anime le paysage, mais, par les jours de pluie et de tempête, elle prend un aspect désolé qui le fait paraître neuf et non moins attirant aux yeux du visiteur.

 

Plutôt que de La Rochelle, il convient de s’y rendre par Le Chapus, fortin situé sur une étroite langue de terre et qui regarde Saint-Trojan, l’endroit le plus accueillant de l’île, à sa pointe méridionale.

Avant d’arriver au Chapus, on aura la surprise de découvrir Brouage qui fut, il y a quelques siècles, un port, et qui, maintenant déserté, silencieux, surgit en rase plaine, ses maisons, dont l’âge n’a pu ternir la blancheur, enceintes de solides murailles.

 

 

Saint-Trojan, naguère simple village de pêcheurs fréquenté par un petit nombre d’amateurs d’une calme villégiature, s’est développé et peut recevoir confortablement les baigneurs. Des mimosas en égayent les plaisons ; derrière le bourg, une forêt de pins se prolonge jusqu’à la Grande Côte. Bile est délicieuse, un peu mystérieuse aussi, cette forêt.

 Engageants et solitaires, des sentiers s’y faufilent dont le sable est jonché d’aiguilles. Des œillets roses, des immortelles tapissent le sol, des genêts montent à belle hauteur, verts, vigoureux, étoilés d’or. Par endroits, de petits étangs sont de noirs miroirs.

Le terrain est vallonné, anciennes dunes transformées en forêt. De la plus élevée, les ondulations se déploient et rayonnent avec des replis profonds, panorama en miniature d’une chaîne de collines.

Voici, par- delà la verdure foncée, un trait blanc : c’est la dernière dune, aride, et qui se dresse devant l’Océan, dont l’étendue glauque dans une échancrure apparaît. Le vent fait chanter aux pins une mélancolique mélodie, soutenue par le bruit des lames qui se brisent là-bas. Sis au bord du pertuis de Maumussou, Saint-Trojan ne voit point la haute mer ; l’endroit est reposant pour ceux qui redoutent le tumulte des flots, et la douceur du climat, l’air aromatique de résine le désignent pour un séjour d’hiver aussi bienfaisant qu’Arcachon.

Le pertuis est capricieux : tantôt, à marée basse, il n’est qu’un chenal entre les bords vaseux et noirs où les barques sont couchées sur le flanc. Puis le flux revient, peu à peu les barques se relèvent, la nappe d’eau s’élargit, s’étale eu coulée de malachite entre les deux rives basses ; du côté opposé, les maisons du Chapus étincellent; sa tour trapue, isolée, domine. D’un trait vif, le soleil souligne le paysage ; ou bien c’est dans la brume qu’il se recule et se voile, comme irréel, soudain.

Une demi-heure de marche pour traverser l’île très rétrécie à son extrémité, et le décor change. C’est la grande plage, la « côte sauvage », adossée à des dunes élevées où poussent des roseaux; elle se déroule large et magnifique, son sable tassé par le flot est à la fois dur et moelleux au pied.

L’Océan y est farouche, inhospitalier. Peu de voiles paraissent à l’horizon; la fumée d’un vapeur le salit rarement. Désert de sable et d’eau, mais dont la grandeur s’impose. Sans doute il est des rivages, plus pittoresques, dont les sinuosités, les caprices, les nuances variées suivant les rochers, la verdure, distraient l’œil. Mais, précisément, la monotonie de cette plage rectiligne oblige à ne voir que la mer.

Ici, elle est toute-puissante, elle ne souffre aucun partage; mais aussi elle vous dit son âme, elle vous en confie une pareille pour vous ennoblir de son auguste secret. Entre le pertuis et la côte sauvage, Saint-Trojan indolent étale la paix de ses maisonnettes blanches ; et, pour le plaisir des baigneurs, cultive, en concurrence avec Marennes, des parcs à huîtres.

Car il n’est si belle rêverie qu’un peu de gastronomie ne favorise. Et, de plus, c’est un spectacle sain que celui d’un parc à huîtres. On y apprend à maîtriser son agitation intérieure, et, citadin fiévreux, à s’initier aux habitudes du Mollusque : pendant quelques semaines on se décide à Limiter...

 

 

 

Le p’tit train de Saint-Trojan

Le p’tit train de Saint-Trojan est un chemin de fer touristique créé en 1963 sur l’île d'Oléron, il circule d’avril à octobre sur une ligne de chemin de fer de 6 km, voie étroite type Decauville à écartement de 60 cm, entre les gares terminus de Saint-Trojan-les-Bains et Maumusson.

 

 

Deux voies ferrées, aimables petits chemins de fer de famille, desservent l’île. Et, certainement, cela est fort bien ainsi. Ces trains-joujoux ne déparent pas la contrée et offrent bien des commodités.

Dirai-je pourtant que les moyens primitifs de locomotion conservent leur agrément et permettent de mieux voir? Au demeurant, la bicyclette, amie charmante du touriste, y conserve toujours ses droits, et les routes lui sont faciles.

 D’une époque assez éloignée, je me rappelle une excursion en char à bancs qui m’enchanta. Une petite vieille — on l’appelait la mère Michaud — conduisait. Le cheval répondait an nom gracieux de Tartane. La mère Michaud avait de la conversation et faisait remarquer les particularités d’alentour, non sans jovialités. Salines vers le Château, vignobles, pays nu dans cette partie, et sans attrait. (Je dois remarquer, sans vouloir contrister l’habitant, que les vignobles produisent un vin qui peut-être désaltère, mais dont l’acidité ne flatte que médiocrement le palais...) Mais voilà Saint-Pierre, la capitale, si l’on peut dire, au centre même de l’île, proprette, très blanche, plantée de beaux arbres, d’aspect confortable et protestant — sa population est en majeure partie de descendance huguenote. N’étaient la luminosité particulière de l’air, la brise salubre, on ne se douterait pas qu’on est dans une île, ici, où le terrain plan circonscrit la vue, ne laisse apercevoir la mer de nulle part. Néanmoins, et malgré la proie des champs qui étendent au loin la culture, la petite ville séduit : elle est ancienne et honnête. On y parle un français dont les locutions sont de la belle époque. Les gens y sont — comme dans toute l’île — parfaitement polis, mais, à Saint-Pierre, avec une nuance de raffinement qui sent sa petite capitale... La mer... les marins ! Illusion.

 C’est loin, très loin. Pas si loin ! A quelques kilomètres de là, voici La Cotinière, assemblage de chalets récents, "de maisonnettes de pêcheurs, et une grève, et des voiliers qui reviennent du large, chargés de sardines que les paniers déversent, brillantes comme les pièces de cinq francs toute neuves. Ah ! ce n’est plus le pertuis, ni sa nonchalance, ni sa parure sylvestre : c’est bien la grande mer et son agitation qui déferle vers le hameau, avec les trésors qu’elle apporte. Plaisant en droit ? A proprement parler, non. Mais il est caractéristique dans sa nudité. Accroché à sa grève, il défie l’Océan qu’il aime.

Et vers le sud, par contraste, noires de pins qui doublent leur hauteur, les dunes de Saint-Trojan arrondissent leurs contours, cependant que du côté opposé le flot blanchit de son écume les bancs de récifs. Il y a près de La Cotinière, un petit groupe de pins, poussés dans le sable, et dont le flux parfois vient baigner le pied. On ne s’y porte guère. L’endroit est exquis et, sous le ciel bleu d’été, d’une solitude orientale... Au long des côtes, soit vers le continent, soit vers le large, il est d’autres bourgades que l’on peut découvrir, dans l’alternance des pineraies, des champs, des prairies. Au peintre, au rêveur, de les choisir. A défaut souvent de beauté précise, elles ont de l’âme, une âme parfumée de passé et de solitude, un peu austère, mais nullement médiocre. ...

Un cierge blanc à la pointe effilée du Nord. C’est le phare de Saint-Denis, station balnéaire, d’où l’on découvre la sablonneuse île de Ré, long radeau à ras du flot.

C’est la plage et ses plaisirs ; ce n’est plus la retraite ombragée de Saint-Trojan qui rêve devant le miroir changeant de ses eaux. Mais c’est aussi le large horizon, le flot tumultueux, le bariolage des voiliers la vie marine, Saint-Trojan d’Oléron...

Sous la brise, les pins y murmurent des stances que le poète ne formulera jamais.

 

 

Canon Fort Louvois Reconstitution des Régiments du Passé

QUELQUES FAITS D'HISTOIRE LOCALE avec TOTE L'HISTOIRE DE FRANCE OU GESTA FRANCORUM (5)  en dialecte saintongeais ou poitevin

Le texte de Tote l'histoire de France nous a été conservé dans deux manuscrits en dialecte poitevin ou saintongeais qui sont eux-mêmes la traduction d'un texte latin dont l'original ne nous est pas connu (6).

Le ms. Lee, incomplet, au commencement et à la fin, inédit, a été publié, in extenso, pour la première fois, avec une préface de Gaston Paris par M. F. W. Bourdillon, d'Oxford, précité, en même temps que le texte du manuscrit conservé à la Bibliothèque Nationale sous le N° 5.714, fonds français, écrit vers 1225 d'après M. G. Paris : M. E. Goërlick le place vers 1260. Le ms. Lee, d'après M. Delisle, est de la fin du XIIIe siècle et le ms. 124, publié par M. Théodor Auracher (Halle a/s 1877), d'après M. Goorlick, de la même époque (1280).

Le texte du ms. Lee ne dépend pas du ms. 5.714, mais d'un texte antérieur qui n'était lui-même qu'une copie d'un autre. Le texte du ms. Lee est, en général, meilleur que celui du ms. 5.714 et paraît se rapprocher davantage de l'original.

On ne retrouve trace de l'original intégral de Tote l'histoire dans aucune compilation latine : d'après M. Bourdillon, les sources de ce document seraient des textes abrégés et mélangés de :

1° Liber historiae francorum;

2° Annales Laurissenses ou Annales Regni francorum ;

3° Einhard Vita Caroli ;

4° Vita Ludovici Pii ;

5° Miracula S. Benedicti ;

6° Une chronique inconnue copiée par Adhémar de Chabannes, moine limousin.

 

Tote l'histoire de France est grossie d'interpolations considérables, toutes relatives au Poitou et à la Saintonge (Huet de Frobervillo). (7).

Le récit remonte à la prétendue origine troyenne des Francs pour ne s'arrêter qu'aux Princes de la troisième race et, sur le tableau de l'invasion normande ;

C'est un résumé de l'histoire de France à l'usage des laïques qui date, semble-t-il, de la première moitié du XIIIe siècle et paraît avoir été écrit en Saintonge, peut-être par un clerc attaché à l'église Saint-Eutrope de Saintes.

La dernière partie de Tote l'Histoire de France dont un extrait avait été antérieurement publié par M. B. Capefigue (8) a été reproduite in extenso par M. Peigné-Delacourt en appendice à la brochure « Les Normans dans le Noyonnais » : Noyon, 1868, p. 92 et s., sous le titre : « Chronicon Francorum », extrait d'un manuscrit de la Bibliothèque Nationale, petit in-4°, p. 36, V°. Ancien fonds Colbert écrit du XIIIe au xiv° siècle.

Le manuscrit Lee a été partiellement reproduit par Dom Darley précité.

 

Carte Saint Trojan ile d'Oléron au commencement du XVIIIe siècle

TOTE L'HISTOIRE DE France - EXTRAITS CONCERNANT LA SAINTONGE

Le ms. Lee et le ms. 5.714 différant très peu, mais surtout dans le dialecte, nous n'estimons pas devoir publier, à nouveau, intégralement, les deux textes que nos lecteurs pourront trouver in extenso dans les ouvrages précités.

Nous nous bornerons à signaler, en annotation, les différences marquantes ou adjonctions du ms. 5.714.

 

 

MANUSCRIT LEE

 

A la suite de la victoire de Vouillé, Clovis soumit toutes les provinces qui sont depuis la Loire jusqu’aux Pyrénées, c’est-à-dire le Poitou, la Saintonge, le Bordelais, l’Auvergne, le Quercy, le Rouergue, l’Albigeois et le Toulousain.

Grégoire de Tours dit que Trojan fut un évêque d'une grande puissance surnaturelle, très honoré à Saintes.

….. Clodoveus  (l’an 507) vine a Enguolesme e deus dona li tant graice que alavenant li mur chairent pan la proieire Saint Trojan qui ot lui estait e prist la ville e fit hi does yglises, l'une fut de Saint-Chibart e l'outre de Saint Osoine ……….

 

 e fit une abaie a la Fontaine de Botavile ou gist Saint Paus li hermites (9) e dequi s'en vine a Elleposelle (10) et Saint-Trojan qui estait evesques de la cite e ala sen veiller a Saint-Eytrope por co qu'il li avoit ses prisons gitez de paenisme e dona hi grant auer de celui qu'il avoit feit aporter de Tolose e proia most Saint-Trojan de l'abaie Saint-Eutrope e puis dona tot levesque a Saint-Trojan si qu'il n'en aoneust nul home e hi sevelit Saint-Agnien un precios cor Saint qui fu evesques d'Orlionz e ses deus archidiacres run- a destre e l'outre a senestre e puis comanda les franceis l'emanir equi e a bordeu (11) por fauoer la loi des Guoz.

Après s'en ala a Chastelalion (12) e fit hi l'abeie Saint-Guanelo et gita en les Guoz.

Après s'en. vinc a Muron (13) e fit l'iglise e gist hi Saint Mabires e maint outre cor saint (e bien près de qui si gist Saint Guaheris e Saincte Margarite en un lieu qui a nom Able) (14).

Après si sen ala dequi à Vircon (15) e ocist hi les Guoz qui l'avaient oni e porco si est apelée la terre Aunis e fit hi une yglise de Notre-Dame Saincte-Marie (16) e ha maintes reliques de nostre Dame e dequi ala sen au pui de rupe (17) où il fit une abate de Saincte-Marie des Portes (18) deu e dona hi le braz de Saint Vincent e la coste e une leguee de terre en toz senz.

Après fit l'lglise Saint-Remei (19) ou mist le bras Saint Saorni en l'Outer.

En après s'en ala a Tors (20) ….

Après de rechiep ail mois d'Aost ala Pepin en Aquitaine (21).

De qui se parti Pepino e vinc jusqu'a Guarone (22). Maintes roches e maintes fosses e mainz chasteus conquis, de qui retorna a Beorges (23) (762) ou li fu dit que Pos li apostoiles veneit equi ju a naau de qui se parti Pepins e prist Mauretagnie (24) e vinc iusqu'a Xanctes la cite equi prist la mère Guaiffier e sa seror e ses niepces e ala jusqu'a Guarone (765).

De qui ala a Mont auban (25) or heronicques vina at la seror

Guaiffier de qui s'en torna Pepins e fu a la pasque a Sanz (26).

De rechiep vine ot Berte la roine (27) a Xaintes la cite equi laissa berte la roine et sa mainee e s'en ala en Peiregore e prist Limoges e tua Guaiffier (28) e de qui s'en torna a Xainctes ob victoire.

 Berte veilla a Saint-Eytrope e Karlemaines sis filz e dona most granz rendes a Saint-Eytrope.

Pepins demora equi endroit most longuament e hi fu malades si s'en retorni a Tors.

Karles (29) ... (30) e vine sen a Monbasiron (31) dont il esteit venuz e mist lo chiep. en un piler en l'iglise e tot ensement naporta lo chiep Saint Lorenz le martyr e lo cors Saint Suplize et mist lo braz saint Lorenz en I'outer a Saint Piere (32) de Barzent près de Gironde e lo corps Saint Sulplize mist devant ronger en un tailleor divoire (33) on quel sainz pierre mangiot e ne demora gueires qu'il trespassa e fu seveliz en I'outer Saint piere à Teinz (34).

e uns sons cardenaus fu, seveliz a Mauretagnie (35) par co que li Sarrazin se revelarent contre Rolland le nevo Karle (dit « Roland le preux », mort en 778 à Roncevaux) et Katies fit remuer Mauretagnie en un lu plus estroit e fit hi une Yglise de Saint Michel. e comanda la a Gautier de Flandres son seneschal mes angois qu'il trespassat sen retorna a Rome.

Puis s'en torna Karles a Ais la chapelle . ………..

Quand li rois Karles et tot co parfeit envoya son fils régner en Aquitaine... maint mostier furent feit e fonde de lozois lempereor come cil de... e li mostiers de Solac (36)... (37) E Pepin roi d' Aguiaine (38). Pepin fit le mostier Saint Iehan Dangeriec e dona hi tote la terre d'entre la seure (39) e la Charante e l'iglise Saint Sever de Chouveu (40) e jadis fu abeie e fit totes les yglises qui sont entre cez eves e l'iglise d'Oleiron et de Chastelallion e les desmes e Saint Martin de Ré …….

En cel tems fu li reaumes de France en grant herror e li estamens dans yglises most torbes .....

Enpres cestui regna en France sis filz loois li baubes . …….

Sor la poor dans normanz …….(41) à Sainte Marie des Portes deu sevelirent lo tresor e les ornemenz a 1'outer Saint-Vincent.

A Saint Seurin (42) ioste Saint Iohan d'Angeriec fu seveliz li tresors de l'iglise soz router Saint-Seurin e riches reliques de Saint-Seurin.

A l'iglise saint Iohan Dangeriec fu seveliz li tresors ioste router Saint-Iohan (43).

A Chastelallio (44) fu seveliz toz li tresors de l'iulise e de la province en la chapelle dau chastel soz louter.

A Muron (45) f u enterrez on mi lu de l'iglise li cors Mabile et maintes outres vertus.

En Oleiron (46) fu seveliz toz li tresors d'Oeiron a Saincte Marie en lile.

En l' iglise nostre dame Saincte Marie d'Arvert (47) qui est close de eve d'environ est enz en la ne d'au mostier li cors Saint-Symphorian e maintes outres vertuz e one li normant mal ni firent.

En l'iglise de Vaus (48) fut seveliz li tresors de l'iglise a l' outer Saincte Marie devers la oloitre e turpino lo sacra.

En l'iglise de Saincte Sore (49) fu seveliz toz les tresors de l'iglise tres l outer.

En l'iglise de Talemont (50) qui est près de Gironde fut seveliz li braz Saincte Ragunt e li aneus e maintes autres vertuz devant I'outer equi ou li prestres tient ses piez quand il chantet la messe.

En l'iglise de Xanctes (51) fit deus most grant miracle car one normanz ne se vit en l'iglise ne on cimistere ne poec mal, fere e li tresors de l'iglise fu seveliz on chapitre près de l'iglise.

En l'iglise Saint Macou a Xantes fu seveliz li trésors soz l'outer e one normanz mal ni fit.

En l'iglise Sainte-Saloine a Xanctes midrent son corps en terre most parfont (52).

En l'iglise Saint-Bibien ne fit one mal normanz e midrent lo tresor en un poiz qui est on sepocre Saint-Bebien.

En l'iglise Saint-Martin dau Brac (53) ne pore one entrer normanz e sis cors gist on mi lu de l'iglise.

En l'iglise Saint-Agnien qui fu evesques dorlienz que Sainz Trojans seveli e ses deus archidiacres ne pogrent one mal fere li normant. E mervellia se most li rois de Noroest dont esteit co avenu daus granz miracles qu'il veit et fust volontiers crestians si fust qui I en amonestast mes tuit s'en estoient fui a Enguolesme.

Soz I'outer Saint-Sever de Chouveu (54) tu seveliz li tresors de l'iglise.

M. L. A I'abeie Saint labunt (55) fut portez li chies Saint labunt e it sainz remei.

E li bras sainz Macou on chastel de Merpis (56) qui est sore Charente.,

En I'outer Saint-Martint deus Chartres (57) furent mises set chapses de martyrs sore la Sognie par co questeit lus solitaires e most hi aveit daus apostres e daus martyrs e d'outres sanctuaires e Clodoveus fit l'iglise.

En l'iglise Saint-Martin de Sangio (58) fu rebos li tresors en un poiz qui est en la ne d'au mostier e set cor saint e hi gist sainz Martins e Sainz Arlodis.

En l'iglise de Teinz (59) fu seveliz li tresors au degre de router on saint Leonz gist.

En l'iglise Saint-Martin de Mauretagnie (60) fu seveliz li tresors daus yglises qui apartenent a saint esteure en la ne dau mostier.

A Saint-Dizens (61) fu seveliz li tresars dau mostier e uns sainz abes en la ne (62).

En Giles (63) gisent dui cor saint dont Sainz Palais fu portez a Santes equi fu seveliz Giles li princes daus romanz e est en la mee denguolesme e de Saintes.

En l'igIise pres de cele de Giles gisent dui cor saint.

En 1'iglise dau Gué (64) gist tres louter uns cor ssainz e most hi a de Sainz-Lorenz:

En l'iglise Saint-Po de Botaville (65) fu seveliz li tresors de l'iglise en mi le cor au moines e moines sainz pous li hermites.

En l'iglise de Mounac (66) fut seveliz li tresors de l'iglise soz douter e mainte outre sainctuaíre.

En l'iglise Saint-Piere den Guolesme (67) furent porte tuit le tresor de l'iglise e de la terre e furent mis tres louter Saint Pierre e lune granz parrtie f u mise en louter saint Sauveor. …..

e apsarent most ti normant sore Gironde de yglises e des- truissirent et il de liglise Saint Roman (68) len cuidarent porter e ne pogrent mes i1 1e midrent most parfond soz terre e lo trésor de l'iglise.

A Saint Vincent a Mont Auban (69) midrent lo tresor e lo cors saint Vincent soz louter . …….

A Solac (70) ioste louter sainote Veronique midrent lo tresor e la sdinctuaire de tote liglise.

A Saint Nicholas de Grave (71) sevelirent lo lur tresor aus degrez de douter equi gist li bonshom qui fit liglise de Solac e de Grave e de Cordon par le comandamant Karle.

E les vertus Saleté Marie la novele de Pont labei (72) eurent portees a nostre dame Saincte Marie a Rocamadour e outre partie a Orcivaus en Auvergne.

E a Balanzac (73) ioste pont labei en remest outre granz partie.

Après ico vindrent li normant e destruissirent pyratica 7 amarica e tote la terre Jusqu'à Pari e tote France fut sosmise a eaus ………

 

 

Après l’an Mil

M. Lételié écrit qu'en 910 nous étions sous la juridiction de Guillaume d'Anjou et qu'après lui Geoffroy Martel, Guy de Poi­tiers, Geoffroy d'Anjou et Agnès sa femme, les fondateurs de l' Abbaye de Vendôme et de l'Abbaye Sainte-Marie de Saintes, devinrent les maitres de notre pays.

Eléonore ou Aliénor d’Aquitaine, devenue reine d'Angleterre, en 1154, en fut aussi la suzeraine et n'eut pour lui que des bien­faits.

Les longues et désastreuses guerres de la France et de l'Angle­terre nous ont fait passer fréquemment d'une maison à une autre. Nous étions le joyaux précieux, récompense de la bataille chère­ment gagnée.

C'est Philippe de France qui en fait don, le 11 janvier 1347, à Foulques de Matha, seigneur de Royan; puis Edouard d'Angleterre qui y établit James d'Andelée; Charles VI, après une confiscation, prononcée par un arrêt des Pairs de France (1370), en gratifie Renaud, sire de Pons.

La maison de Pons la conserva jusqu'à la disgrâce de Jacques de Pons.

Le Roi de France la lui reprit en 1444 et la donna à André de Villequier.

Ses héritiers eurent à se défendre contre Jacques et Guy de Pons, désireux de reprendre possession de leur terre d'Oléron.

En 1517, Guy de Pons était enfin redevenu seigneur de l'île. Elle passe successivement aux mains de François et a Antoine de Pons; puis à celles de sa fille Anne, femme de François Martel, seigneur de Lindebœuf à qui elle donna trois enfants : Isaac, Anne, Marie entre lesquels, de son vivant, elle partagea ses domaines de la côte de Saintonge.

L'île d'Oléron échut par moitié à Anne et Marie Martel (1611).

 L'année suivante - 16 juillet 1612 - les deux sœurs passèrent contrat de division

Anne, mariée à Loup du Grenier, soigneur de la Pelonière, de la Parée et du Pin eut la paroisse de Saint-André de Dolus et celle de Saint-Pierre.

Marie, venue de Jean Le Berton, baron de Mornac et de Bon­nemie, remariée à Seguin d'A11tho11, sénéchal de Saintonge, eut les paroisses de Notre-Dame du Château et celle de Saint-Trojan.

Chacun des co-partageants gardait, en outre, ce qui lui appar­tenait dans les paroisses de Saint-Denis et de Saint-Georges. (Mé­moires du Baron de Bonnemie.)

La part de Marie est ainsi limitée:

« ... Et aux dits sieur et dame d'Authon suivant l'option que le dit seigneur en a faite est demeuré et cschoit le dit second lot qui est la paroisse Notre-Dame du Chasteau et celle de Saint-Trojan, encloze dans les confrontations ci-après déclarées, la maison de Romefort et ses dépendances avec tous les cens, rantes et agriè­res, dixmes et complans qui sont ès dites paroisses, ensemble tous vasseaux, arrière vasseaux, hommes, hommages. . . ? et tenanciers estant et enclavés d'icelles confrontations et générale­ment tous droits qui peuvent compéter et appartenir en icelles aux susdits partagcants par icelluy contrat de partage ci-dessus daté, le tout tenant ensemble, joignant d'un costé au coureau du dit Olleron, d'autre costé à LA chenal de la Brande jusques à l'Estier, qui fait la séparation des marais du dit le Comte, d'avec ceux du dit sieur Lemoyne et du dit estier jusqu'au clouzcau de vigne du dit feu Bonnefin que possède le dit Doreil, traversant le grand chemin qui mène du Chasteau à Dolus et à un autre fossé qui enclost une autre vigne possédée aussi par icelluy Doreil et à une route qui part du coing d'icelle vigne et, traversant un autre grand chemin, se va randre dans le quérouage de la Vezouziere et à l'autour des fossés qui enclost avec le jardin du dit lien qui sont du premier lot jusques au haut d'un pré qui est derrière le dit lieu qui demeure de ce premier lot et au dit fossé qui sépare le dit pré d'avec les terres du dit lieu de la Vezouzière jusques à un autre fossé par où s'écoulent les eaux qui descendent du dit lieu par le long d'un petit chemin qui va gagner le chemin de la Panigros­sière et descendant le long d'icelluy en traversant le grand chemin d'Ors ù Saint-Pierre à un autre fossé par où s'écoulent les dites eaux et lequel clost les terres de La Jourdonnière qui demeurent du premier lot jusques au grand chemin et au long d'icelluy qui va du Chateau au village du Chaudron et du dit village au chemin qui va droit au Jard et du dit lieu du Jard au chemin par où l'on va droit à la mer et des deux bouts à la ditte mer tant de la grande que petite coste. » (Communiqués par M. L. Massiou. Extrait des Archives nationales}

Quelques mois auparavant, les 7 et 8 mai 1612, le seigneur de Bonnemie remettait à la chambre des comptes à Paris « le dénom­brement de la baronnie. » Il en décrivait ainsi les dépendances de Saint-Trojan :

· « .. Item les maisons, jardins et appartenance à présent possé­dés par Jean Baudriau, Jean Gouffaud et les trois Fauriou ?? frères, le tout joignant ensemble sis au Bourg de Saint-Trojan, confrontant, d'une part à la grand'rue publique qu'on va du Prieuré à Manson, d'autre costé aux marais sallans nommés la Prée, le fossé entre deux. D'antre : à la maison et jardin appar­tenant à Guillaume Guaignedra, une venelle qui descend à la dite grand' rue ù aller aux marais sallans entre deux. D'autre part : aux maison et jardin appartenant aux Meschin, qu'ils tiennent du Prieur de Saint-Trojan.

«  Item : le village du Bouillat avec ses appartenances de maisons, jardins, terres, mottes et prés possédés à présent par André F. Aucher, sis en la dite paroisse de Saint-Trojan confrontant: d'une part aux roseaux communs appelés le roy doux. D'autre, au jas de marais de Gresseau et Delanoue. D'autre, aux montagnes de sable de la grande cos te de la mer. D'autre, au pré des Houx, feu Henri Le Conpte, le fossé appartenant au dit Bouillat entre deux. » (Archie. nationales. Communiqué par M. Léon Massiou .)

 

Le dossier qui renferme cette énumération contient encore deux notes ainsi libellées :

1° « Mémoire des terres de l’isle d’Olleron qui doivent être réunies au Domaines :

-Paroisse de Saint-Trojan, connue sous le nom de. Ponthe­ziéres, vaut 2,300 livres,

2° Mémoire des terres de I'isle, etc: :

« Héritiers de M. de Ponthezières, 1,2.00 - 2,300 livres .» Le document ne porte aucune autre spécification.

M. Léon Massiou qui nous a fourni ces pièces pense que ces chiffres sont ceux de la valeur estimative de la propriété ci-dessus.

·Quant au nom de Ponthezières donné à la terre de Saint-Trojan dans le mémoire du baron de Bonnemie et dans d'autres documents, il semble s'expliquer par cc fait que les d'Authon qui habitaient la terre de Ponthezières, en Saint-Georges, possédant à Saint­ Trojan quelques propriétés ou quelques rentes assises sur des biens fonds, maintenant disparus, les désignaient du nom de leur terre de Ponthezières (1)

Le 10 septembre 1698,  le sieur d'Authon était seigneur de Pontezières et de Romefort.

A la mort de René du Grenier, en 1699, ses droits de suzerai­neté échurent à ses héritiers et le démembrement de l'île fut complet.

A cette époque la garde de l'île était confiée à M. de Barbier, lieutenant du Roy.

Les défenses des cotes lui paraissant insuffi­santes il fit une première fois un rapport assez documenté qu'il transmit à ses chefs hiérarchiques, mais on ne tint aucun compte de ses doléances.

Le 16 mars 1702, après avoir fait un recensement général des ressources de l'île et étudié de nouveau ses points faibles, il com­muniqua son travail à M. de Chamilly (2) qui l'engagea à l'adresser au ministre compétent. Celui-ci renvoya à M. de Cossay cc docu­ment que nous reproduisons ci-dessous :

«A l'ile d'Olleron, le 16 mars 1702.

 

 

« MONSEIGNEUR,

«Je me donne l'honneur de vous adresser le dénombrement de l'isle d'Olleron que j'ai fnit voir à M. de Chamilly qui m'a dit de vous l'envoier . Vous verrez ce qu'il est à propos d'y foire pour la conserver et la rendre abondante de ce qu'il manque comme le grain, le fourrage et le bois, sans qu'il en couste rien au Roy, aussi bien que les retranchemens qui sont nécessaires sur les cos­tes aux endroits où les ennemies peuvent foire des dessentes; s'il y avait plus d'autorité cecy serait déjà commencé, les retranche­ments avec les habitans de l'isle parce que c'est pour eux-mesmes, pour les conserver et leurs effets.

« Trouvé bon, s'il vous plait; Monseigneur, que je vous repré­sente mes services. Il y a 38 ans que je sers, je suis emplacé dans la lieutenance du Royaume la plus ingrate : il n'y a que 2,000 livres d'appointement sans pouvoir toucher un liar qu'au bout de 22 mois, attendu que cela se paie sur les taille et tallion. Il faut que j'attende encore un an. Il fout vivre et c'est ce qui m'avait fuit demander un congé pour aller vendre le peu qui me reste. M. de Chamilly n'a pas jugé à propos que je m'apsentasse. J'ai vendu le peu de veselle d'argent que j'avais. Au lien d'avancer, je recule, puisque je vois une partie de mes cadets, brigadiers et mareschaux de camp, outre que j'ai perdu, depuis la mort de Mgr de Louvois, 4,000 livres de rente par ma commanderie de Saint-Lazare et une pension· de 100 livres qui m'avait esté donnée pour la surprise de la ville et citadelle de Caen. C'est pourquoi je vous supplie très humblement, Monseigneur, d'avoir égard et de me faire avoir quelque pension sur l'ordre de Saint-Louis.

« Je suis avec un très profond respect, votre très humble et très obéissant : de Barbier, lieutenant du Roy de l'isle d'Olleron . »

 « Cette isle git par 46 degrés de latitude et environ 13 de longi­tude; est de six lieues cornmunes ; s'étend nord est et sud; est en sa plus grande largeur de deux lieues; elle a 14 lieues et derny de tour. Elle est très belle, très fertile, commode pour la vie.

Son plus grand revenu est en sel, qui se vend aux échanges, dont il revient au Roy, 7 livres, 10 sols par chaque muis. Il s'en vend par année, l'une portant l'autre, pour près de deux millions ; . du vin et de l'eau-de-vie qui s'y fait à proportion. La récolte des grains ne suffit pas pour la consommation qui s'y fait, depuis dix à douze ans qu'ils ont planté des vignes dans les terres à grains, ce qu'il faudrait empescher.

« Le bois y est les deux tiers plus cher qu'à Paris, estant ren­chéri de moitié depuis un an. Le fagot qui n'y est pas plus gros s'y vend quatre à cinq sols ; le charbon deux sols six· deniers la livre qui est plus cher que le pain à Paris. Cette isle avec le temps ·deviendra à rien, faute de bois; les pauvres paysans, la plupart n'y vivent que de coquillage qu'ils ramassent sur les bords de la mer et font cuire le poisson qui est dedans avec de la paille.

L'on y peut remédier en plantant des bois et en semant des graines dans environ 2,900 arpens de terres désertes et marais, qu'il fau­drait dessécher, cela fournirait du grain clans l'isle ce qu'il en manque et du fourrage, où il est très rare, en semant du sainfoin et de la luzerne.

« Cette isle fournit quantité de bons matelots sur les vaisseaux du Roy. Elle n'est pas si peuplée que par le passé; depuis la sor­tie des gens de la Religion du Royaume, il n'y a pas plus de 12,000 personnes de tout âge y compris la garnison. Les habitans sont de tout pays. ELLE SE NOMMAIT AUTREFOIS L'ISLE DES LARRONS.

« La forteresse est un pentagone irrégulier, à cinq bastions, avec ses dehors du côté de la ville qui sont bons. La teste de cette forteresse et ses costés estant battus par la mer. Le Bourg du Chasteau ou nouvelle ville est, à peu de choses près, fondée, à laquelle on travaille très lentement. Il serait à souhaiter qu'elle fut achevée, en cas de guerre ou qu'elle ne fut pas commencée, par les raisons que j'ai fait voir .. Il y a, dans cette isle, quatre régiments de milice, scavoir trois d'Infanterie et un de Dragons, faisant. environ 2,000 hommes avec leurs officiers qui n'ont point de paye du Roy.

« Il n'y a point de port considérable dans l'isle, cependant l'on y peut faire des descentes en trois ou quatre endroits étant mais­tres de la mer, comme sur la coste nouvelle depuis les tamarins de Méré .jusqu'au canal d'Arceau. Il y a plus de 1,600 toises de coste platte avec sable ferme ou platin ferme où l'on peut passer, la mer étant retirée. Quelques redoutes en cet endroit auraient leur mérite pour s'opposer au grand nombre de troupe qui pourraient débarquer en cet endroit. .

« Sur la mesme coste au-dessus du nouveau canal il y a aussi à craindre et de mesme en remontant depuis le canal de la Perre­tine qui est un des plus grands de l'isle avec celui d'Oron où il peut entrer des vaisseaux de 100 tonneaux. Il entre avant dans l'isle pour arroser les marais salans.

« Depuis ce canal de la Perrotine jusqu'aux Saumonards c'est un sable ferme où des vaisseaux peuvent mouiller. Il y a une mauvaise batterie de six pièces de fer, il faudrait en cet endroit de bonnes redoutes et quelques retranchements, estant l'endroit le plus facile de l'isle pour les dessentes.

« Au dessus il y a le petit port de Saint-Denis que les habitans font racommoder, qu'il faut aussy garder.

« Depuis la Pointe de l'isle, où est la Tour de Chassiron, ser­vant de fanal, pour aller à l'ance du chancre, nommé la Grande Coste, il y a une ance où des vaisseaux peuvent mouiller mais cette ceste est très mauvaise à cause de ses rochers. Les dessentes avec des chaloupes et des bateaux plats y sont plus à craindre, il sera bon de garder cet endroit, une redoute ou retranchement y serait bien.

« En suivant cette grande ceste, en allant au pertuis de Mau­musson, il y a la Perrache où l'on peut faire dessente, mais il y a moins à craindre que jamais à cet endroit à cause que nous n'avons point de guerre avec l'Espagne et que Ton ne craignait en cet endroit que les Biscayens avec quelques chaloupes pour enlever quelque chose dans l'isle.

« A la pointe de Manson il y a un abordage et bon sable, mais il me parait que ce costé là est moins à craindre que les antres à cause du pertuis de Maumusson, qui est très dangereux et que les marins apréhendent de passer. La mer y est presque toujours agitée; il y faudrait une garde avec quelques petits retranchements.

 

· «De cet endroit au Chasteau il n'y a rien à craindre ayant le Fort Chapus de l'autre costé du coureau et la citadelle de ce costé icy dont les feux se croisent.

« Je trouve cette isle de la dernière importance non seulement pour ce que sa Majesté en tire par ses sels, eaux-de-vie et vin et des environs, mais encore parce qu'elle assure tous les ports des environs comme de I'isle de Ré et de l'isle d'Aix, de La Rochelle, de Brouage, des embouchures des rivières de la Charente, de la Seudre et de la Garonne.

Outre les dessentes, que les ennemies feraient à la grande terre, s'ils en étaient les maîtres, combien de contributions ils tireraient d'un pays aussy abondant. Il est à propos, pour l'Etat, de la bien garder et d'y mettre ce que j'ay demandé et que je demande encore, puisque l'on n'y a fait nulle attention.

« DE BARBIER, lieutenant de Roy d'Olleron. » (Archiv. du Ministère de la Guerre. Comm. de M. L. Massiou.)

 

Le personnage visé par M. de Barbier fut froissé de ce rapport qui établissait sans doute trop clairement son inertie et il répondit :

« Paris, le 30 mars 1702.

« Les mémoires d'Olleron que vous m'avez fait l'honneur de me renvoyer ne sont pas mieux digérés que les premiers ; celà est d'autant plus surprenant que celuy qui vous les adresse a été du métier.

 Vous pourrez, Monseigneur, si vous-l'avez pour agréable, prendre la peine de luy faire mander que les affuts de la place qu'il dit vieux sont presque neufs, que j'ay remis depuis peu une partie de ce qu'il demande et que je remettrai le reste incessam­ment. S'il y avait un commissaire principal d'artillerie fixé dans la Province il ernpescherait bien sans doute qu'on envoye des Mats bigarrés et aussy mal conçus que ceux là. Cependant, Mon­seigneur, reposez vous sur mes soins de tout ce qui est mon district. Je ferai, suivant la conjoncture du temps, tout ce qu'on pourra faire humainement pour vous soulager de ce détail et rendre tout le monde content.

J'ai l'honneur d'être, etc ….

FERRAND DE COSSAY (Arch. du Ministère de la Guerre .)

 

Saint-Trojan passa bientôt sous l'autorité successive de divers seigneurs.

Ainsi, le 14 mai 1717, Joseph de Ferrière, chevalier, seigneur du Treuil fait son « acte de Foy et Hommage Lige, pour raison de l'acquisition par luy faite de la baronnie du Château d'Olleron et et Saint-Trogent dans l'isle d'Olleron. »

Il meurt et le 2 octobre 1723 a lieu « l'aveu et dénombrement de la moitié de la Baronnie en l'isle d'Olleron.

« ... Dame Louise Dauché, veuve, commune en biens et donataire universelle de messire Joseph de Ferrière, chevalier, seigneur du Treuil et, pour une moitié, de l'isle et Baronnie d'Olleron, estant au lieu et place de Jean Danton (3) fils aîné et principal héritier de Seguin Danton et dame Marie Martel, ses pére et mère, icelle hé­ritière pour une moitié en la dite isle d'Olleron d'Anne de Pons sa mère et le dit seigneur de Ferrière en cette qualité seigneur che­mierf par le droit de partage légal de la portion des représentants Henry Danton frère puisné et cohéritier avec le dit Jean Dauton de la dite Martel, leur mère.

« Dit la dite dame de Ferrière que, tant elle que les dits repré­sentants Henry Dauton, possèdent la moitié de la dite terre et Baronnie de l'Isle d'Olleron ainsy qu'elle est eschue à la dite Marie Martel, leur mère, par le contrat de partage passé avec Anne Mar­tel, sa sœur, le 16 juillet 1612, consistant en les paroisses du Chas­teau et Saint-Trojan de la dite isle d'Olleron demeurée au lot du dit Jean Dauton représenté par la dite dame de Ferrière qui con­fronte:

« De la part du levant au Coureau du dit Olleron, la sépara­tion de la terre de Marennes et au détroit de Maumusson, la sépa­ration de la terre d'Arvert : du midy à la grande mer, depuis le dit détroit de Maumusson, tirant au couchant jusqu'au chemin qui vient du Jard. »

(Suit la description des confrontations indiquées ci-dessus au par­iage de 1612).

« Dans lesquelles confrontations la dite dame Dauché de Fer­rière à tous droits de justice, haute, moyenne et basse; mere et mixte vassaux, arrières-vassaux, droits d'aigrière des bleds à la cote du 7e et des vins à la cote dît 5e suivant l'usage du dit Olleron et du sel à la cote du 11e, cens, rentes et tous droits féodaux, droits de pêche, dixme des laines et d'aigneaux, biens, et cornes marqués aux fais.

« Pour le scel, fours banneaux, droits de ballisage et nauffrages avec pouvoir d'élire et créer juges, procureurs d'offices, nottaires aux sceaux, sergents prévosts et antres officiers pour l'exercice de la justice et outre possède les domaines qui s'ensuivent :

« 1° une maison en la ditte ville du Chasteau que le dit seigneur de Ferrière fut obligé de prendre pour faire sa récept, au lien et place de la maison ancienne appelée Romefort qui a été démolie pour les fortifications etc ...

« Plus un emplacement en la dite ville qui avait été marqué pour le parquet et prisons démolie et dans lequel le nommé Robin a fait bâtir une maison, etc ...

« Plus un antre emplacement de la dite ville, etc ...

. « Plus les anciens droits du Coureau qui se prennent par le dit seigneur d'Olleron sur les marchandises et sur les navires et bar­ques qui passent et repassent par le Coureau estant dans les archives de la contablerie à Bordeaux, commençant an lieu appelé « le Groin du Chapus» d'autre part à la mer et à l'isle d' Aire et aux maisons de la ville du Chasteau : la moitié du passage du dit Coureau d'Olleron pour aller de la dite isle en Marennes et pour entrer en icelle par la pointe du Chapus.

« Dans lesquelles paroisses du Chasteau et de Saint-Trojan le dit seigneur de Ferrière y possède plusieurs fiefs, cens, rentes. agrières, complans, soit sur les maisons, terres labourables, vignes, prés, marais doux et sallans, moulins à vent et autres biens tenus par les particuliers aux droits d'agrière et rentes suivant les diffé­rentes cessions, dont il est seigneur foncier et direct.

« Plus la terre et seigneurie de Ponthezières estant en la dite isle et parfaisant la moitié d'icelle isle demeurée au lot du dit Henry Danton frère puisné du dit Jean et à présent possédée par les sieurs Marrin et Guillorin le représentant, située ès paroisses de Saint-Pierre et de Saint-Georges de la dite isle.

«Dans lesquelles paroisses du Chasteau et de Saint-Trojan les seigneurs de la Gombaudière, du Pin, Fief Melin, Saint Maigrin et fief Nalon. tiennent à hommage du seigneur et, dans la seigneurie de Ponthezières, les seigneurs de Rabaine et la Martière tiennent à hommage des dits seigneurs de Ponthezières, etc ...

« Signé : Joyeux, notaire royal et Patri.

 

« Le 2 janvier 1723, Anne Marguerite Dauché de Pichon Bre­thons (ou Brithouss, demeurant en son chasteau du Treuil, rend hommage pour la terre et la baronnie d'Olleron du Chasteau,

« Signé : Joyeux notaire royal. » (Archiv. nation. P. 441.)

Fort Louvois Reconstitution des Régiments du Passé

 

Fort Louvois Reconstitution des Régiments du Passé

Le Fort Chapus ou Fort Louvois est situé face à Bourcefranc-Le Chapus. Edifié sur le rocher du Chapus par Vauban à la fin du XVIIe siècle sous l'ordre de Monsieur de Louvois, dont il a pris le nom. Ses canons devaient croiser le tir avec ceux de la citadelle du Château d'Oléron, en face, pour empêcher le passage aux anglais et protéger l'arsenal maritime de Rochefort.

 

 

Quelques années plus tard, Saint-Trojan relevait de Jacques Barthélemy Michel de Saint-Dizant (1732 - 1789), baron du château d'Oléron, seigneur de Saint-Trojan, sgr de Bois-Roche, du Treuil, etc., capitaine au régiment de Hainaut infanterie, chevalier de Saint-Louis, capitaine général, garde-côte de l'île d'Oléron, marié à Marguerite Geneviève Guillem de Piton fille de Jean-louis de Guillem, baron de Piton, et d’Anne-Marguerite Danché. Il fut le père de Jacques Michel, baron de Saint-Dizant.

 Il naquit à Saint-Pierre d'Oléron, le 14 décembre 1688, et mourut au Treuil paroisse de Dolus: le 2 mars 1773. (Archives hist, de Saintonge, p. 328, VI.) Jacques Barthélémy Michel, baron de Saint-Dizant, est l’homme qui a fait reconstruire le château de Panloy en 1760. Lequel était en ruine

Malgré ces changements de familles suzeraines, Oléron vivait d'une vie religieuse intense.

 On y trouvait de pieuses fondations en faveur des pauvres ou pour assurer aux défunts les suffrages des vivants. Ainsi, le monastère de la Grande Couronne d'An­goulême y avait des intérêts et, au commencement du XIIIe siècle « l'an 1202 du Verbe Incarné » il rétrocède à titre viager, moyen­nant dix sous de cens, par les abbé et religieux de la Couronne, à. Gauthier .Laurent et à Arsende, sa femme, une saline qu'ils avaient donnée en pleine propriété aux dits religieux, pour être admis en leur confraternité. Frère Robert, Abbé du Couvent, rappelle que cette donation avait été faite entre ses mains à Saint-Trojan, dans la maison même des donateurs « en présence et sous les yeux de Gerald de Plassac, Arnaud Aimeric frères, chanoines et prêtres de l'Abbaye : de Michel, frère lais ; Guillaume Martel, prêtre ; Arnauld de Pin, laie. » Archives historiques de Saintonge et d'Aunis.)

Jusqu'au XVIe siècle nos ancêtres vécurent dans une paix rela­tive. La Réforme vint et ce fut pour ce pays, ordinairement si tranquille, la tempête qui devait semer sur son sol des ruines pins grandes encore que sur le continent.

Calvin qui convoitait la Saintonge envoya, de Genève surtout, ses prédicants, la plupart « dèprestrés », suivant l'expression de Bernard de Palissy ; ils envahirent toute la côte qui devint bientôt un foyer de résistance calviniste.

Les passions se soulevèrent vite, les questions de doctrine de­vinrent des questions de fait et, peu de temps après les premières prédications calvinistes, le pillage et le massacre firent leur œu­vre de destruction et de mort.

« En 1548, dit Louis Audiat, les Eglises furent pillées et démolies; la grosse cloche de Saint­-Pierre fut transportée à La Rochelle et vendue en 1557. Le Prieurè de Fief-Naton fut vendu 600 livres. » (Bulletin de la soc. des Arch, 451-XIII.)

C'était un moyen bien simple pour les Réformés « de faire grand amas de deniers dont ils avaient besoin. »

« En 1561, avec l'aide de ceux de Marennes et d'Arvert, les Protestants massacrèrent le Prieur de Saint-Trojnn, les religieux de Saint-James, de Saint-Nicolas et, au Château, le Curé et les Cordeliers.

Lorsque les Catholiques, effrayés de ces excès, se réfugient avec treize prêtres· dans l'Eglise de Dolus ils les massa­crent tous, sauf Pierre Collé et Jean Senné de la Gasconnière.

«  L'année suivante les Catholiques s'emparèrent de Saint-Pierre d'où ils furent bientôt chassés, après un horrible carnage, malgré deux ministres qui ne cessaient d'exhorter les habitants de l'île à épargner le sang de leurs concitoyens. » (Audiat, Bulle lin soc. archéol . XIII-451.)

Après une succession de luttes heureuses et malheureuses les Catholiques étaient maîtres de l'ile lorsque, en 1621, Henri de La Mothe Fouqué, né au château de Saint-Seurin d'Uzet, fit avec Soubize et Favas la conquête du pays. Ce fut de nouveau le sac des Eglises, le renversement des Croix, la confiscation du sel des catholiques et l'obligation de solder une rançon assez élevée.

 

 

 

 

En route : revue hebdomadaire illustrée - Robert Scheffer.

Saint-Trojan-les-Bains : son histoire / abbé V. Belliard

Société des archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis.

 

 

 

 

 

 

 


 

CIVITAS SANTONUM. Ecclesia Sti Eutropii - Basilique Saint Eutrope de Saintes

Saintes porte, dans les écrits de Grégoire de Tours, les noms de Santonas, civitas Santonas, urbs Santonica; son territoire y est nommé urbs Santonica ou territorium Santonicum, et l'adjectif Santonicus est le seul employé.

 

(1) Le 30 avril 1633, Henri d'Authon épousa Suzanne Gombaud, fille de Gombaud seigneur de la Gombaudière. Le 26 octobre 1634, le Parlement de Bordeaux lança un décret de prise de corps contre Ponthezjères, le cadet d'Authon, etc. (Mémoires de la Soc. de statist. des Deux-Sèvres, 20 série tome XVf-1878.)

Vers 1740, Jean Guillotin, fils de Jean, avocat au siège présidial de La Rochelle, était seigneur en partie de la baronnie de Ponthezières indi­vise avec Mathieu Martin de Chassiron, lieutenant général garde côte de l'île d'Oléron.

En 1776, un Ponthezières était vicaire de Saujon (Charente-Inférieure.)

En 1831, nous trouvons un M. Ponthezières, maire d'Aujac, cauton de Saint-Hilaire (arr. de Saint-Jean d'Angély.)

Et en 1895: Marie Ponthezières, femme de H. Ch. Benj. Duret, inspecteur adjoint des Forêts aux Sables d'Olonne . (Voir les recueils: Archiv, hist. et C. des arts.)

(2) Maréchal et commandant de la Province résidait alors à Angoulême.

(3) D'Authon.

(4) Chemier : l'aîné d'une famille noble.

(5) Ainsi appelée par Boucherie.

(6) Dom Et. Darley, Fragments d'anciennes chroniques d'Aquitaine d'après des manuscrits du XIII- siècle. Bordeaux, lit. Féret, 1906, p, 9.

A. Traduction. probablement dans le dialecte de Lee.

B. Copie du précédent dans le même dialecte avec des interpolations.

C. Manuscrit 5714. Copie de B dans un dialecte différent.

D. Manuscrit Lee Copie de B dans le même dialecte.

(7) Dissertation critique sur deux ouvrages intitulés Chronique de Turpin, Orléans, 1785, in-12, réimprimée dans le 4 volume des Mélanges de littérature étrangère publiés par Milita.

(8) Essai sur les invasions des Normands dans les Gaules. Imprimerie royale, 1823, in-8, p. 400 à 410.

(9) Saint Saint-Paul -de-Bouteville, canton de Châteauneuf-sur-Charente (arrond' de Cognac).

(10) Nom dont l'origine est inconnue et dont se servent, pour désigner Saintes, de rares auteurs anciens — Xaintes, dans le mss. 5714.

(11) Mss. 5714. A Saintes et à Bordeu (Bordeaux : Gironde).

(12) Ancienne ville de Châtelaillon détruite par l'action de la mer à la fin du XVIIe siècle.

(13) Muron, commune du canton de Tonnay-Charente.

(14) Ile d'Albe : Cassini, Ile Diabla, passage entre parenthèses omis dans le mss. 5714.

(15) Virson, commune du canton d'Aigrefeuille.

(16) Sainte-Marie (Ile de Ré), monastère fondé par le comte Eudes, duc d'Aquitaine, sous l'invocation de la Vierge, détruit par les Normands antérieurement à 855.

(17) Pui de Rupe ou de la Rocha, mss. 5714, emplacement sur lequel devait s'édifier La Rochelle ; il existe, aussi, un lieu dit « Le Rocher », entre La Rochelle et Rochefort.

(18) Paroisse de Notre-Dame-de-Cougnes. Arcère, Histoire de La Rochelle, dit : « C'est la première des cinq paroisses de La Rochelle, je la crois plus ancienne que la ville même ; détruite par les protestants en 1568. »

(19) Mss. 5714. Saint-Remer-Saint-Saornin. Sans doute Saint-Saturnin-du- Bois, commune du canton de Surgères. Saint-Sorlin, Saint-Sornin, car il ne paraît y avoir de lieu dit Saint-Remy que près de Niort : Saint-Remy-la-Plaine, prieuré qui, d'après le Pouillé de 1648, dépendait de l'Abbaye de Saint-Léger en Saintonge.

(20) Tours (Indre-et-Loire).

(21) De l'an 751 à l'an 760, Pépin le Bref est venu ou a envoyé guerroyer 9 fois en Aquitaine. En l'année s'ensuyvant (751), le dit Pépin sceut que les Sefnes (Sarrazins) s'étaient rebellez si alla contre eulx en Saintonge à grand ost et les desconfit combien qu'ilz se deffendirent par aigre bataille.

En l'année 762, Gayfer, duc d'Aquitaine, fit abattre toutes les cités et villes de son dict duché d'Aquitaine ;

— l'an 763, 5e voyage de Pépin en Aquitaine ;

— l'an 764, 6e voyage contre Gayfer : prise d'Angoulême et de tout le pays en deçà la rivière de Garonne

— l'an 765, 7e voyage.

(Nicole Gilles. Les très élégantes et copieuses annales des très chrestiens et excellents modérateurs des Belliqueuses Gaules. Paris, Jean de Roigny, 1547, feuille 40, 2° p.

(22) La Garonne.

(23) Bourges (Cher).

(24) Mortagne-sur Gironde, commune du canton de Cozes.

(25) Bourdillon dit « que le mot « Auban » est une addition du traducteur : le texte latin dit : in loco qui dicitur montis ».

Masse (Mémoire des renvoys, chiffres et lettres posés sur la carte du quarré 54 qui est la particulière des environs de Bourg, Blaye et autres où j'ay commencé à travailler le 14 avril 1723, n° 164.

Vestiges de la ville de Montauban située au sommet d'une hauteur à l'Est de la rivière de Dordogne (rive droite) ; il ne reste, dans cette ville, que six maisons et les vestiges de deux grosses tours bâties de pierres de taille qui en défendaient l'entrée ; on y arrive par une rampe qui est à côté d'un grand chemin royal qui va de Saint- André au port de Cusacq ; on a rien pu aprendre de positif de l'origine ou destruction de cette ancienne ville ou forteresse : le vulgaire l'attribue aux quatre fils Aymon ; elle peut bien avoir été bâtie sous le règne de Charlemagne, comme le château de Fronsacq, proche Libourne ; cet endroit est escarpé, et des rochers assez hauts du côté de l'Est et au bord du grand chemin ; le surplus de l'enceinte et des escarpements fort raides, et cette forteresse occupait tout le sommet d'un tertre.

(26) Bourdillon indique Sanz, latin Sels, d'après Longnon, p. 575. Champtoceaux (Maine-et-Loire), Castrum celsum. Eginhard dit : in castello quod dicitur Sels pascha celebravit (Annal. de gest. Pepin reg. ap. Script, rerum franc., t. V, p. 200). D. Massiou et, après lui, Lesson, me paraissent situer à tort, en Poitou, ce castrum de Celles arrosé par les eaux de la Belle.

(27) Berthe, dite aux grands pieds.

(28) En l'an 767, le dit Pépin se délibéra de mettre fin en la guerre d'Aquitaine qu'il avait contre le duc Gayfer (Guaifre ou Waifre. duc d'Aquitaine, mort en 768).

Son ost tira vers la cité de Toulouse et la print, puis vint à Xainctes et l'assiégea. En icelles furent prinses la mère, la sœur et les nièces du dit Gayfer, lesquelles furent amenées devant le roi Pépin qui les reçut débonnairement et commanda qu'ils fussent bien traitées, honorées et pensées. Puis un des chevaliers dudit Gayfer nommé Cronique se vint rendre au roy Pepin et lui amena une autre sœur dudit Gayfer. Le roi mena Berthe, sa femme et ses enfants en la dite cité de Xainctes, là les laissa, etc... et se délibéra de ne retourner du dit voyage jusques il fut venu au-dessus du dit Gayfer, car c'était la 9e fois qu'il y était allé ou envoyé et tellement le pourchassa qu'il eut bataille contre luy en Périgort vers la cité d'Angoulême ou le dit Gayfer fut tué.

Après cette victoire et en signe d'icelle, le dit Pepin fonda et feist édifier l'Eglise cathédrale de Saint-Pierre de Xainctes et y mit chanoynes, auxquelz il donna grandes rentes et revenues et après s'en retourna en France (Nicole Gilles précité, p. 41). V. L. Audiat. Bulletin religieux de La Rochelle et Saintes, 1867, p. 54 à 56.

(29) Charlemagne.

(30) Mss. 5714. Prist la chep mon Seignor Saint Père e vint sen a...

(31) Lieu non identifié.

(32) Barzan, commune du canton de Cozes. Des substructions ont été dé... couvertes dans l'église, au siècle dernier, dont le détail n'a pas été conservé.

(33) Mss. 5714. Talicor de veira.

(34) Thaims, commune du canton de Gemozac. Des vestiges intéressants de cette église doivent subsister sous l'église actuelle, mais l'architecte des monuments historiques de l'arrondissement n'a pas permis d'y exécuter de fouilles fertiles lors des réparations en cours : on a seulement acquis la certitude que le pavage de l'église primitive existait encore à deux mètres de profondeur au-dessous du pavage moderne ; de très beaux débris de marbre et de nombreux débris de tuiles romaines ont été recueillis. Sous la partie latérale droite subsiste une sorte de crypte non explorée dont l'entrée se trouve en dehors de l'église.

(35) Mortagne-sur-Gironde, précité.

(36) Soulac-sur-Mer, arrondissement de Lesparre (Gironde).

(37) Mss. 5714. Karles... fit... Pepin roi d'Aguaina.

(38) Saint-Jean-d'Angély, chef-lieu d'arrondissement.

« En l'an de grâce 761, de l'ordonnance du dict Roy Pepin, le chef Saint Jehan Baptiste fut porté es partie d'Aquitaine devant lui en la bataille et, à son arrivée, ressuscitèrent. plusieurs des amis du dict Pépin qui avaient été tuez en la dicte Bataille, dont il fut moult joyeux Et en signe de ce, il feist construire une moult belle Eglise, au lieu de Saint-Jean d'Angély. Et en icelle feist honorablement mettre- le dit chef et y mist moines pour Dieu prier » Gilles Nicole, précité, p. 41.

(39) Mss. 5714. La Seura e la Charanta.

(40) Saint-Sever de Chauveau, commune de Chaniers, canton de Pons.

(41) Notre Dame de Cougnes, près de La Rochelle.

(42) Saint-Séverin, canton de Loulay, arrondissement de Saint-Jean d'Angély.

On y a découvert des sépultures sur plusieurs lignes parallèles. En 1878 on a mis à jour une crypte.

(43) Mss. 5714. Entra l'outter Saint-Jean et le Saint-Luc.

(44) Châtelaillon déjà cité. Voir note plus haut.

(45) Muron, commune du canton de Tonnay-Charente.

(46) Notre-Dame du Château Oléron

(47) Eglise détruite. Ile de Paradis.

(48) Vaux, commune du canton de Royan.

(49) Saint-Sardolin, commune de Royan. Conche de Gillet. Emplacement déterminé, vestiges enfouis.

(50) Talmont-sur-Gironde, commune du canton de Cozes.

(51) L. Audiat. Les Eglises de Saintes avant le XIe siècle.

(52) Mss. 5714 : e onc Normanz ne puec mau faira.

(53) Eglise non identifiée : paraît avoir été une des églises de Saintes ; elle n'a suscité la curiosité d'aucun érudit saintongeais. Louis Audiat mentionne que Saint-Pallais édifia une chapelle à Saint-Martin, abbé de Saintes où il fut enterré, mais il ajoute que rien ne prouve que cette construction se soit dressée dans l'enceinte de la ville de Saintes (Saint-Pierre de Saintes, 1871).

On ne trouve ce mot d'Aubrac, dans les publications savantes régionales que deux fois Bulletin de la Société des Archives, t. XLII, 1926, p. 265, où Antoine Teyssandier, curé de Chancelade, est qualifié de sous-prieur d'Aubrac, prieur de Sablonceaux, prieur d'Aubrac, et Archives historiques de la Saintonge, t. XXXI, p. 238, qui citent Pichard, chanoine régulier de Sablonceaux, Bigot, régulier de l'Abbaye d'Aubrac.

Voir Georges Musset, Eglises de Saintes antérieures à l'an mille (Mémoires de la Société des Antiquaires de l'Ouest, t. VII, 2" Série, 1884, p. 168 à 181.

(54) Saint-Sever de Chauveau, déjà cité.

(55) Abbaye de Saint-Jabunt, près de Merpins (Saint Abonde, martyr, un des patrons de l'abbaye de Merpins : S. Abbundii de Merpino. Merpins (Charente).

(56) Merpins, précité.

(57) Chartres près de Pons, sur la Seugue. Eglise de Saint-Martin le Viandier démolie en 1670.

(58) Saujon, chef-lieu de canton de l'arrondissement de Saintes.

(59) Thaims précité.

(60) L'emplacement de cette église reste inconnu : toutefois, il existait, à peu de distance, il Saint Seurin-d'Uzet, au vieux bourg sur le plateau méridional, une église dédiée à Saint-Martin qui a été démolie en 1707.

(61) Saint-Dizant du Gua. commune du canton de Saint-Genis.

(62) Mss. 5714 : en la ne dau mostier.

(63) Eglise de l'Abbaye de Puypéroux près Blanzac (Charente) bâtie par- saint Gilles, S. Aegidius, Egide, Gilles dans la langue vulgaire.

(64) Le Gua, commune du canton. de Marennes.

(65) Saint-Paul de Bouteville déjà cité. Mss. 5714. Saint Po de Botavila.

(66) Mosnac, commune du canton de Saint-Genis. Mss. 5714 : près de Pons.

(67) Angoulême (Charente).

(68) Saint-Romain de Blaye (Gironde). L'église primitive a disparu lors des travaux d'extension des fortifications de la citadelle, mais j'ai découvert, récemment, un plan de 1680 qui en fixe l'emplacement exact et il paraît possible, maintenant, de s'assurer par des fouilles si, malgré l'opinion émise par l'abbé Bellemer, dans son savant ouvrage sur Blaye (Bordeaux, Féret, 1886), les tombeaux de Roland dit « Roland le preux » et de Saint-Romain y existeraient toujours, nécropole des rois Mérovingiens d'Aquitaine, aujourd'hui détruite mais dont les fouilles archéologiques sont visibles.

V. Ribadien, Histoire de la Conquête de la Guienne. Bordeaux, Chaumas, 1886, sur la destruction de l'Abbaye de Saint-Romain en 1341. Il ne semble pas, toutefois, que le monastère fût totalement rasé à cette époque : les fondations subsistaient encore à la fin du XVIIe siècle.

(69) Saint-Vincent de Montauban, aujourd'hui Saint-Vincent de Paul (Gironde).

(70) Soulac-sur-Mer, déjà cité.

(71) Saint-Nicolas de Grave, à proximité du Verdon, vers le sémaphore, Médoc.

(72) Pont-l'Abbé, commune du canton de Saint-Porchaire.

(73) Balanzac, commune du canton de Saujon.