De Magné à Taillebourg, Paris, Londres à Chantilly Le livre du chevalier de La Tour Landry pour l'enseignement de ses filles

Au porte du marais Poitevin, enserrée entre la Sèvre Niortaise et le bras du Sevreau, Magné reste une île reliée aux communes voisines par cinq ponts construits au siècle dernier.

Magné, du latin Magnus signifiant grand, est l’ancien nom d’une riche famille romaine implantée sur une île du golfe des Pictons. La Sèvre s'appelle Severa en l'an 932 et sépare le Poitou de la vicaria Bassiacinsis in pago Aunisio.

Cette viguerie, désignée sous le nom de Bassiacus, Bassiacensis, Basiacensis, Basiachinsis et Bachiacensis, était en Aunis et s’étendait jusqu’aux portes du château de Niort.

Magné apparaît dans les textes au 10ème siècle sous le nom de Villa Magna. De multiples découvertes attestent la richesse de son environnement antique.

Le commerce niortais, qui, jusqu’au IXe siècle, avait joui d’une complète sécurité, fut tout-à-coup menacé par un ennemi redoutable. Les Normands, basé sur l’ile de Maillezais, après avoir ravagé les côtes de l’Ouest, finirent par découvrir l’embouchure de la Sèvre, et leurs barques parurent de 830 à 848 devant la cité niortaise, puis elles remontèrent le fleuve pour piller les abbayes situées sur les bords. Il fallut traiter avec ces pirates, payer des rançons.

Les Fortifications

A la suite des invasions normandes du 9e siècle, Charles le Chauve rédige l'édit de Pîtres afin de prévenir leur retour, demanda d’élever des forts sur les bords de la sèvres. Ce fut une tour fortifiée pour Magné. Cette tour complétée par un grand logis dénommé château, sera endommagée au moment des guerres de religions.

Fortifications de la ville de Magné (Magnus sur la Sévera de la vicaria Bassiacinsis in pago Aunisio)

Jeanne d'Orléans, femme de Charles de Coëtivy, comte de Taillebourg, et tante du comte d'Angoulême qui fut roi sous le nom de François Ier, était cousine germaine de Louis XII; aussi venait-elle souvent à la cour pendant le règne de ces deux princes.

Le compte d'un de ses maîtres-d'hôtel permet de donner quelques détails sur le voyage qu'elle fit, au commencement de l'année 1503 nouveau style, en allant à Blois et en revenant d'y passer neuf jours près de sa cousine la reine Anne de Bretagne.

 

Partie de Taillebourg avec une suite nombreuse, le mardi 10 janvier, Jeanne d'Orléans avait couché à Saint-Jean-d'Angély, le lendemain à Briou, le 12 à Chey, le 13 à Lusignan, le 14 à Poitiers, le 15 à Châtelleraud, le 16 à Sainte-Maure, le 17 à Cormery et le 18 à Amboise. S'y étant reposée un jour, ainsi qu'à Veuves, elle n'arriva à Blois que le 22.

Au retour, l'itinéraire fut différent, parce que Madame de Taillebourg passa voir (sa fille unique, Louise de Coëtivy, mariée depuis un an à Charles de la Trémoïlle, prince de Talmont, seul enfant des vicomte et vicomtesse de Thouars.

Ayant dit adieu à la Reine, elle se rendit à Amboise le mercredi 1er février, y séjourna le 2 et le 3, et arriva le 4 à Tours, d'où elle partit seulement le lundi 6. Le soir de ce jour elle coucha à Candes, près Montsoreau, le 7 à Berrie, près Loudun, château des la Trémoïlle, et arriva le lendemain à Thouars où elle resta jusqu'au 13.

Pour revenir au chef-lieu de son comté, Jeanne d'Orléans alla coucher le 14 à Saint-Loup, le 15 à Saint-Antoine de la Lande, et le 16 à Magné-sur-Sèvre.

Elle y resta une journée chez la dame dudit lieu, sa belle-sœur, dont il sera parlé au document suivant; et ayant passé la nuit du 18 février à Surgères, elle arriva le lendemain au château de Taillebourg.

Dans ce voyage, comme dans tous ceux que faisaient alors les dames, les étapes étaient disposées de manière à ce que, ayant ouï la messe et dîné, on partait un peu après midi et on arrivait au gîte à l'heure du souper.

Le susdit compte du maître-d'hôtel, découvert dans le chartrier de Thouars, est malheureusement rongé et effacé. Un des feuillets que l'humidité a peu atteint indique les dépenses faites par la comtesse pendant son séjour à Saint- Loup, où elle logea au château, mis à sa disposition par le seigneur dudit lieu, probablement l'un des fils de Guillaume Gouffier, sgr de Boisy.

En lisant la curieuse liste des objets consommés par Mme de Taillebourg et par ses gens, on reconnaîtra qu'alors les repas n'étaient pas servis par les hôteliers ou aubergistes. Ils fournissaient seulement, avec le logis, le linge, le bois et les assaisonnements, tels que sel, épices, verjus, vinaigre, huile, moutarde, objets désignés plus bas par le nom de belle-chère. Femmes ou hommes, les grands personnages ne voyageaient qu'accompagnés d'un pourvoyeur et d'un cuisinier.

Au 17e siècle, la tour semble avoir disparu. Quant au château, appartenant au seigneur Henri-Joseph, comte de Lusignan, seigneur du Marais, de Lezay,  Genest, Coulonges, etc, il est vendu aux enchères comme bien national au moment de la Révolution française puis divisé en plusieurs propriétés.

 

 

De Magné à Taillebourg, Paris, Londres... Chantilly, la découverte de la collection d’Antoine de Chourses et de Catherine de Coëtivy

 

L’itinéraire des livres est désormais clairement établi :

d’abord conservée dans le château de Magné, près de Niort, puis dans celui de Taillebourg en Saintonge, la collection des Chourses -Coëtivy repose aujourd’hui au château de Chantilly, grâce à la donation faite en 1886 par le duc d’Aumale à I’Institut de France.

 

 

Lettre de Catherine de Coëtivy, dame de Magné, à Jeanne d’Orléans, sa belle-sœur

Lettre autographe signée,vers 1490 Archives nationales(France), chartrier de Thouars, 1 AP 566, pièce n°82 (reproduction)

 

Une des rares lettres conservées de Catherine de Coëtivy est adressée à sa belle-sœur

Jeanne (†1521), fille de Jean d’Orléans, comte d’Angoulême et de Marguerite de Rohan

 

Elle montre l’écriture et la langue soignées de Catherine qui évoque la vie de cour :

«Mademoiselle, an lieu de se que ne vous feïs savoir mon partemant l’aultre fois que m’an alay, dont il me deplait bien que n’avoye lesir d’anvoyer la ou vous estiés, pour se fere fault bien que vous avertise que suis devenue si fame de court que ne me sareye plus tenir d’aler voirs le monde, et croy que partiré mercredy ou jeudy...»

 

 

 

 

Le livre du chevalier de La Tour Landry pour l'enseignement de ses filles (Enluminure Couverture)

La bibliothèque du musée Condé abrite 47 manuscrits où l’on reconnaît des marques de possession d’Antoine de Chourses (mort en 1485) et de son épouse Catherine de Coëtivy (vers 1460-1529), une des nièces de Louis XI. Le Livre du chevalier de La Tour Landry pour l’enseignement de ses filles. Manuscrit 293 Musée Condé Chantilly http://www.domainedechantilly.com/…/exposition-cdl-chantil…/

 

 

Marchegay, Paul-Alexandre

Histoire de la ville de Niort depuis son origine jusqu'en 1789 . par L. Favre

 

AUNIS (Pays d' Pagus Alnisus, Alienensis, Alniensis). <==

Collégiale Sainte Catherine de Magné - Catherine de Coëtivy grande dame poitevine et petite-fille d'Agnés Sorel<==