Abbaye de Maillezais sentinelle des Marais - Les auteurs du dessèchement du Marais Poitevin, Rôle des religieux, Rôle des seigneurs, Rôle des paysans

Nous venons de passer en revue l'histoire des dessèchements opérés dans les marais de la Sèvre et du Lay du Xe à la fin du XVIe siècle. Cette esquisse rapide demande à être complétée par quelques détails sur les dessiccateurs eux-mêmes, et sur les conditions de groupement ou d'entreprise individuelle qui ont présidé à leurs travaux.

Pour concevoir et mener à bien une œuvre aussi vaste que celle des dessèchements, il fallait une association puissamment organisée, et disposant de capitaux considérables. Au XIIIe siècle, les seigneurs ne s'intéressaient guère aux travaux agricoles, et les paysans n'étaient ni assez riches, ni assez indépendants pour se permettre des spéculations aussi risquées.

L'Église seule remplissait les conditions requises et pouvait assumer les difficultés d'une pareille tâche.

C'est en effet au clergé régulier, bénédictins, cisterciens et templiers, que sont dus en grande partie les premiers travaux d'ensemble. De leur propre initiative, les religieux élevèrent des digues, creusèrent des canaux et mirent le marais en exploitation.

Nul doute qu'au début, durant le cours du XIIe siècle, lorsque les règles ascétiques de saint Bernard gardaient toute leur rigueur, ils n'aient eux-mêmes manié la pioche et la pelle comme faisaient dans le même temps leurs confrères de Roussillon (1) et de Flandre (2).

Pendant tout le XIIIe siècle, ils ne cessèrent de multiplier et de perfectionner leurs travaux d'art. Enumérer leurs entreprises serait reprendre presque complètement l'histoire des premiers dessèchements. Un mot suffit d'ailleurs pour expliquer leur réussite : ils s'entr'aidaient.

L'ouverture d'un canal, la construction d'une digue, nécessitaient de longs et coûteux efforts. Les communautés assez riches et assez puissantes pour en supporter la charge, ou assez hardies pour risquer un capital dans une spéculation aussi hasardée, étaient relativement peu nombreuses.

Une dizaine d'abbayes, tout au plus, se partageaient les travaux. Leurs rivales, moins fortunées ou moins industrieuses, s'adressaient à elles et, moyennant rétribution, obtenaient de se servir de leurs canaux pour dessécher leurs propres marais.

Le plus souvent des associations se formaient entre deux, trois, quatre et même cinq communautés, pour ouvrir un achenal comme celui des Cinq-Abbés ou celui de la Brune.

 

Ces associations, très rudimentaires, n'avaient ni statuts ni règlements. Les membres qui les composaient agissaient à leur guise, et ne s'occupaient que des complications d'ordre physique qui pouvaient surgir au cours de leurs travaux.

Avec une organisation aussi primitive, des contestations se produisaient à tout propos, pour l'entretien d'un achenal ou pour la propriété d'un bot. Des transactions y mettaient fin, et l'on prenait des dispositions nouvelles pour que le cas litigieux ne se reproduisît plus. Bientôt un autre point se trouvait contesté et l'on réglait encore la question à l'amiable. Chaque conflit nouveau engendrait de nouveaux usages. Peu à peu s'élaborait un droit des marais.

Lorsqu'un achenal, par exemple, desséchait plusieurs marais à la fois, chaque associé prenait l'engagement de n'y envoyer que la quantité d'eau à laquelle il avait droit (3) : celui qui y possédait une porte était contraint de l'ouvrir toute grande à la première réquisition pour que les eaux, s'accumulant en amont, n'allassent point submerger les marais d'autrui (4). Quand un bot se trouvait mitoyen à deux achenaux appartenant à différents propriétaires, on y jetait d'un côté comme de l'autre les boues provenant du curage sans qu'il y eût pour cela d'époque déterminée.

Chacun veillait seulement à ne pas projeter trop violemment la terre de peur qu'elle n'allât tomber dans l'achenal du voisin. Si le cas se produisait, c'était au maladroit ou au malveillant

A réparer les dégâts qu'il avait causés (5) ; mais s'il s'agissait de réparations normales ou d'amendements nécessaires, les associés se partageaient les frais (6). Peut-être même dans certaines sociétés y avait-il une cotisation périodique à payer (7).

Les dernières traces de ces associations disparurent avec le XIIIe siècle, une fois les desséchements achevés.

Dès le début du XIVe siècle, les religieux donnèrent les marais à bail à des particuliers, à l'instar des cisterciens de Flandre, qui, à la fin des défrichements, renvoyaient leurs frères convers, et louaient un bon prix à des laïcs les polders mis en valeur (8).

Peu à peu, les abbayes poitevines et aunisiennes se désintéressèrent du dessèchement : on en vit, au XIVe siècle, invoquer le retrait de la mer, qui avait fait leur fortune, pour excuser le délabrement de leurs domaines et se dispenser d'en payer les redevances (9).

Aux XVe et XVIe siècles, prieurs et abbés s'en remettaient pour la plupart à leurs fermiers du soin d'entretenir les œuvres de dessèchement; ce n'est que contraints par l'autorité judiciaire qu'ils consentaient de temps à autre à effectuer quelques travaux.

Si le clergé régulier peut être considéré comme le promoteur des grands dessèchements, on ne doit accorder qu'un rôle bien secondaire à la noblesse bas-poitevine.

Alors qu'en Flandre, au XIIIe siècle, de grands seigneurs faisaient exécuter à leurs frais des endiguements considérables (10), les sires de Velluire, de Marans, de Luçon se contentaient, à la même époque, d'autoriser les entreprises sans y prendre une part directe. Parfois même, leur indifférence se changeait en hostilité à l'égard des industrieux abbés, témoin l'acte incroyable du chevalier Maurice de Velluire, brisant par pur caprice la levée de Bot-Neuf, appartenant aux religieux de Moreilles (11).

Ces procédés, hâtons-nous de le dire, étaient exceptionnels. Plus d'un seigneur, sans vouloir intervenir personnellement dans le dessèchement, en comprenait les avantages et en favorisait le développement. Sa protection s'exerçait de plusieurs façons : tantôt il se bornait à autoriser les travaux dans l'étendue de son domaine ; tantôt il concédait une portion de marais à dessécher suivant des conditions variant avec chaque traité; enfin, mais plus rarement, il faisait exécuter à ses frais, seul ou de concert avec d'autres personnages, des œuvres plus ou moins importantes.

Le premier cas se rencontre surtout à la fin du XIIe et au début du XIIIe siècle, c'est-à-dire au moment où les entreprises se multiplient, où les grandes transformations se dessinent le mieux. La concession portait sur deux points : le droit de construire des bots, abbotamentum (12), et le droit de creuser des achenaux, exaium (13).

C'était parfois pour dessécher un marais hors du domaine que la demande était présentée; il fallait alors s'adresser à deux seigneurs différents. Les termes de l'autorisation, généralement assez vagues, laissaient toute latitude à l'entrepreneur ; parfois cependant ils indiquaient la direction approximative à donner au canal, moins pour formuler une condition que pour rappeler une convention (14).

Le second cas qui pouvait amener un seigneur à participer au dessèchement était la concession d'un marais moyennant sa mise en culture. Quand la valeur des marais était encore mal connue, lorsque le pacage des bestiaux semblait en constituer la meilleure, presque l'unique ressource, les concessions étaient souvent gratuites, mais, avec les progrès de l'exploitation, elles changèrent vite de caractère.

Nous n'en voulons pour exemple que Pierre de Velluire, premier du nom, seigneur de Chaillé : fort habilement il sut répartir ses marécages entre plusieurs communautés et en tirer des rentes.

 De l'abbé de Moreilles (15), il recevait des redevances en nature, des abbés de l'Absie (16) et de Maillezais (17), chacun cinquante sols, de celui de Nieul-sur-l'Autize, soixante. Mais un des plus curieux fermages est celui qu'il passa en 1211 avec ses hommes de Chaillé.

Il leur concéda à titre héréditaire les marais situés à l'ouest de leur île, entre ceux de la Grâce-Dieu, de Saint-Maixent et de Guillaume Chasteigner, moyennant le payement d'un cens annuel. Comme le marais n'était pas encore desséché, on ne pouvait déterminer à l'avance la quantité de terrain qui pourrait être livrée à la culture.

Aussi Pierre de Velluire se garda bien de demander une somme fixe pour toute la concession ; il se fit payer une redevance pour chaque brasse de terrain desséché. En principe, il donnait quatorze cents brasses, mais s'il s'en trouvait davantage une fois l'exploitation commencée, il s'engageait à comprendre ce supplément dans les termes du traité. La redevance consistait en trois sols par cent brasses « jusqu'à ce que la terre du marais portât moisson » ; à ce moment le payement en nature devait se substituer au payement en argent, et les trois sols faire place à un setier de froment (18).

Dans le cas que nous venons d'examiner, le seigneur avait aliéné ses marais par une série de contrats successifs indépendants les uns des autres ; il pouvait le faire aussi suivant une méthode un peu mieux réglée.

Au début du XIIIe siècle, Guillaume de Mauléon, sire de Talmont, distribua par fractions à plusieurs concessionnaires ses marais de Curzon pour les clore et les mettre en culture. Il les divisa en cinq parts, en donna quatre, et se réserva la cinquième. Les preneurs des quatre premières parts s'engagèrent à les exploiter et à y établir, chacun dans leur lot, une étable, un jardin, une aire et une habitation. Ils devaient payer au seigneur la dime et le terrage et lui offrir chaque année un bélier à cause de leur étable (19).

Dans ce contrat, la cinquième part, celle du seigneur, devait rester inculte et servir au pacage des bestiaux.

Rarement, on le voit, le seigneur s'occupait directement de culture.

C'est à peine si, de loin en loin, certains textes laissent à penser qu'un chevalier ait fait exploiter à ses propres frais quelque coin de marais (20.) Le caractère même du noble y répugnait. Un seigneur avait-il dans son domaine des biens qu'il voulût mettre en rapport, tout en en gardant la jouissance, il s'adressait à un abbé voisin qui, moyennant la cession d'une partie de ses marais, cultivait le reste (21), ou lui permettait d'user de ses canaux.

C'est ainsi qu'en 1274 Pierre de Velluire, troisième du nom, voulant dessécher un pré situé dans la paroisse de Chaillé, sans faire de frais inutiles, pria l'abbé de Moreilles, frère Aymeri, de lui prêter pour cinq ans son achenal de Bot-Neuf. Comme il obtint gratuitement l'autorisation demandée, n'ayant donné en échange que de vagues promesses d'appui et de protection, ses dépenses se limitèrent à l'ouverture de quelques fossés d'écoulement (22).

Les seuls canaux qu'on puisse attribuer à l'initiative seigneuriale sont peut-être l'achenal du Langon dont nous avons montré le peu d'importance, et l'achenal de la Pironnière, « ung fossé seulement, mesme qu'il n'y a bateau si petit qui y puisse entrer (23) ». Encore pensons-nous, pour ce dernier, que le sire de la Pironnière avait dû être de moitié avec l'abbé de Trizay (24).

Dans tous les cas, si les travaux de dessèchement furent conçus et dirigés par les religieux, et, pour une faible part, par les seigneurs, la partie matérielle de l'entreprise fut l'œuvre des paysans, du  « povre peuple » de la Chronique du Langon.

Les textes relatifs aux populations rurales sont extrêmement rares, surtout dans la région qui nous occupe. Si pourtant l'on joint à ceux que l'on connaît quelques renseignements épars, on arrive à pressentir le rôle important joué par les manants dans l'histoire des dessèchements.

D'abord, leur activité avait sur bien des points précédé les religieux dans leur tâche. Si, dès le XIIIe siècle, on trouve certains cultivateurs recevant des abbayes des marais déjà desséchés (25), par contre, on remarque que plusieurs des marais appartenant aux communautés avaient été mis en valeur par de simples particuliers (26).

Les auteurs du dessèchement du Marais Poitevin, Rôle des religieux, Rôle des seigneurs, Rôle des paysans

De plus, en exécutant tant de travaux, soit pour leur compte, soit pour celui d'autrui, les paysans avaient acquis à la longue, en matière de dessèchement, une compétence qui ne le cédait en rien à celle des religieux. Aussi, dans bien des circonstances, voyons-nous ces derniers demander conseil aux « prud'hommes », soit qu'il s'agisse d'opérer un dessèchement ou de régler la méthode à suivre dans les réparations (27), soit qu'il faille trancher des différends comme il en surgissait à tout moment au sujet du droit de propriété (28).

Bien mieux, à plusieurs reprises, nous voyons des manants entreprendre eux-mêmes des desséchements sur le même pied que leurs seigneurs « spirituels et temporels ».

L'abbé de Saint-Léonard-des-Chaumes prend des associés laïques aussi bien au nord qu'au sud de la Sèvre, et ces associés sont, à n'en pas douter, d'une humble condition (29).

A Champagné, le rôle des paysans se dessine : de leur propre initiative, on les voit élever les bots de garde, échelonnés vers la mer, et canaliser, ou peut-être creuser entièrement, les achenaux de l'Houmeau, de Champagné et du Bourdeau (30).

Une véritable méthode présidait à leurs opérations. Pour assurer l'entretien de l'achenal de Champagné, les hommes valides de la paroisse étaient répartis en onze équipes de dix travailleurs. Chaque équipe ou dizaine travaillait à son touraux réparations, sous les ordres d'un dizainier. Le dizainier avait charge de réunir ses hommes en temps et lieux, et était responsable de leurs actes. Quand la nécessité s'en faisait sentir, le notaire de l'endroit dressait une nouvelle liste, et comblait les vides occasionnés par les décès dans la première (31).

 

Rappelons enfin que l'Achenal-le-Roi fut entrepris sur la demande des habitants de cinq paroisses, association assez rare en Bas-Poitou pour qu'on la fasse remarquer. (32)

 

Alors, en effet, qu'en Flandre s'étaient constituées des wateringues ou communautés de travailleurs, qu'en Provence des levadiers veillaient constamment à la solidité des digues et au bon état des canaux, comme les « maîtres de la mer » hollandais (33), il n'existait sur les bords de la Sèvre et du Lay aucune institution équivalente.

Dans ces conditions, une autorité supérieure pouvait seule suppléer au défaut d'entente entre les intéressés, religieux et paysans, et réunir par la contrainte ces éléments dissociés. Seul le roi pouvait efficacement intervenir dans les questions relatives au dessèchement, soit par lettres patentes, soit par des intermédiaires, procureurs ou commissaires spéciaux.

Les commissaires royaux apparaissent pour la première fois au XIIIe siècle.

A cette époque, ils conduisent des travaux de création comme le bot de l'Anglée ou l'Achenal-le-Roi, et probablement l'achenal Traversain (34).

Au XIVe siècle, aucun témoignage n'atteste leur intervention ; mais au début du XVe siècle, ils reparaissent, et ne cessent plusieurs fonctions jusqu'à la fin du XVIe siècle.

Ils sont alors « comis à faire visiter et reparer les achenaux », ou, « commissaires sur le fait de la réparation des marais (35) » : leur rôle se dessine, et devient prépondérant dans l'histoire des tentatives de restauration opérées dans le cours de ces deux derniers siècles.

 

Ces agents du roi avaient des attributions assez complexes : ils devaient dresser la liste des contribuables, les contraindre à payer leur quote-part, visiter les marais, déterminer les travaux à entreprendre, en surveiller l'exécution.

Pour remplir des fonctions aussi spéciales, on choisissait de préférence des gens du pays ayant déjà une certaine expérience. Au début, les commissaires étaient des personnages importants, puis on les recruta parmi des gens de condition plus humble.

D'un seigneur ou d'un évêque on passa à de simples particuliers.

A la fin du XVIe siècle, c'était le plus souvent un fonctionnaire du roi qui recevait la commission (36).

La tâche la plus difficile de cette charge, toujours essentiellement temporaire, résidait dans l'établissement des responsabilités. Pour chaque achenal, il fallait rechercher les personnes auxquelles incombait l'entretien : bien entendu, celles-ci n'allaient pas au -devant des recherches, mais au contraire s'efforçaient d'y échapper. Les commissaires se voyaient contraints de s'aider, pour accomplir leur mission, des procès-verbaux antérieurs (37.), et surtout des dénonciations réciproques des intéressés (38).

Sitôt qu'un seigneur ou un abbé se trouvait assigné en raison de sa négligence-, il rejetait la faute sur ses voisins. Il objectait que toutes les réparations qu'il pourrait faire, en admettant qu'il s'y reconnût obligé, n'auraient aucun résultat si elles n'étaient précédées d'opérations plus urgentes.

Certains allaient jusqu'à prétendre qu'une tentative isolée « non « seulement seroit inutile, mais beaucoup dommagable et prejudiciable parce que ce seroit attirer les eaux douces et sallees sur les terres y adjassantes et faire submerger toutes lesdictes terres (39) ».

 Chacun s'empressait de désigner aux commissaires les autres achenaux en ruines, et de nommer les personnes qu'il jugeait tenues de les réparer.

Pour les bots, la difficulté était moindre. Tout le monde devant redresser le bot et curer le contrebot « au droit soi » 1 il suffisait de rechercher les propriétaires des domaines riverains.

Mais la question se compliquait quand le bot ou l'achenal servait de voie de communication.

La Coutume de Poitou, qui reste muette en ce qui concerne les marais, n'est même pas catégorique à propos de l'entretien des chaussées : « Le seigneur qui a droit de péage « doibt tenir en réparation les ponts, ports et passages sur les chemins, rivières et ruisseaux du grand chemin, sinon qu'autres par devoir y fussent venus (40). »

Ces quatre lignes de l'article XII suffiraient à expliquer à elles seules les nombreuses contestations auxquelles donnait lieu l'entretien d'un achenal, par exemple celui de Luçon (41).

D'ailleurs, quand bien même les commissaires s'acquittaient en conscience de leurs fonctions, réussissaient à dresser la liste des personnes responsables, leur activité s'exerçait en vain. Pendant le temps que duraient les procédures, les canaux s'envasaient, l'eau envahissait les marais, et les chanoines de Luçon, effrayés pour leurs métairies de Triaise, pouvaient soutenir avec raison « que la nécessité des reparations est parfois si pressive et le danger si eminent que le remede de justice seroit trop lent pour y mettre ordre (42) »

Ainsi s'évertuèrent, sans résultat appréciable, ces commissaires du roi dont le rôle aurait pu être si important pour grouper les trois classes de dessiccateurs, religieux, seigneurs et paysans. A une autre époque, avec des pouvoirs de contrainte plus considérables, leur intervention saura concilier tous ces intérêts souvent opposés, et les fera concourir, sous une direction unique, à l'œuvre du dessèchement. Il appartiendra à l'autorité royale, enfin maîtresse de toutes les forces de la France, de reprendre l'entreprise et de la faire aboutir définitivement.

Les marais de la Sèvre Niortaise et du Lay du Xe à la fin du XVIe siècle / Étienne Clouzot

 

 

 

 

 

Le Marais Poitevin sous les Plantagenêt (Time Travel - Golfe des Pictons)<==.... ....==>Après la Guerre de Cent-Ans, le Marais Poitevin redevient Sauvage

 


 

 

(1) Cf. Brutails, Conditions des populations rurales en Roussillon, pp. 3-5.

(2) Cf. Pirenne, op. cit., p. 274.

(3) V. pièces just. III et VI.

(4) 1249, février (n. si.). Accord entre les abbés de la Grâce-Dieu et de Saint-Léonard. — V. ci-dessus, p. 40.

(5) 1241, mars (n. si.). Accord au sujet du bot de l'Alouette. Arch. hist. Saintonge et Aunis, t. XI, p. 26.

(6) Ib. — V. aussi pièce just. VI.

(7) 1294, 8 mars (n. st.). Guillaume, abbé de Saint-Maixent, concède les marais de Vouillé au prieur de Marsais, « ea conditione et missionibus super [eis] certam pensionem solveret ». Bibl. Nat., ms. lat. 13818, fol. 284.

— Cf. Arch. hist. Poitou, t. XVI, p. LXXXIV.

(8) Cf. Pirenne, op. cit., pp. 274, 275.

(9) 1374, 14 août. « Dictum pratum ad tantam sterilitatem devenerat propter recessum maris, quod a dicto prato longe retrocesserat, quod dictum pratum penitus inutile factum extiterat, adeo quod, a longo tempore citra, nihil commodi affere potuerat nec sperabatur quod afferet in futurum. »

Arrêt du Parlement condamnant les religieux de Moreilles sur le vu d'une charte de 1276 (v. ci-dessus p. 46, no 1), à acquitter une redevance. Arch.

Nat., X1 23, fol. 450.

(10) Cf. Pirenne, op. cit., p. 280.

(11) V. pièce just. IX.

(12) Arcère (t. 1, p. 25) traduit abotamenium par batardeau « qu'on nomme aboteau dans l'Aunis ». Aboteau est un terme encore usité, avec cette signification qui ne peut venir d'abotamentum ni avoir le même sens.

P. Marchegay. le premier (Ann. Soc. émulation de la Vendée, 1898,p. 142 n. 1) a donné la véritable traduction.

(13) P. Marchegay (loc. cit.) ayant lu excursum, il n'y a pas lieu de tenir compte de sa traduction. Exaium est nettement opposé à abbotçzmentum.

Plus tard « essai » a pris un autre sens. V. ci-dessus, p. QCI, n. 5.

(14) V. pièces just. i et II, VII et VIII, et ci-dessus, chap. II, passim.

(15) V. pièce just. II.

(16) V. pièce just. III.

(17) 1207. Don par Pierre de Velluire aux abbayes de Maillezais et de Nieul du marais d'Aimeri de Reisse moyennant un cens de soixante sols ainsi réparti : cinquante dus par la première, dix par la seconde. — V. cidessus, p. 28, n. 4, et p. 31, n. 2.

(18) V. pièce just. V.

(19) 1205 (?).P. Marchegay, Cartalaires du Bas-Poitou, p. 272. - Masse a écrit à propos de ce marais (ge partie) : « Marais pouvant être desséché ».

(20) V. ci-dessus, p. 28, n. 5, ci-dessous, p. 92, n. 3, et pièce just. III : « Exaquarium meum » dit Pierre de Velluire.

(21) 1275, novembre. Cession de quelques terres incultes à l'abbaye de Maillezais par Aimeri du Verger, à condition qu'il lui en reviendra une -partie après la culture. D. Fonteneau, t. XXV, fol. n5. Lacurie, p. 335.

(22) V. pièce just. X.

(23) 1599, 28 janvier. Visite des achenaux. Arch. Nat., O 1597, fol. i3.

(24) V. pièce just. XVII.

(25) V. entre autres (1241) Arch. hist. Saintonge et Anis, t. XXVII, p. 155.

 (26) Concessions de 1002 (V. ci-dessus, p. 21,n. 2, et p. 22, n. 1), de 1200 (Cartulaires du Bas-Poitou, p. 2 61), de 1231 (Arch. hist. Saintonge et Aunis, t. XXVII, p. 150), de 1277 (V. ci-dessus, p. 46, n. 1).

(27) V. pièces just. II, XIV et XVIII.

28) Actes de 1210 (Cartulaires du Bas-Poitou, p. 262), 1211 (Archive hist. Poitou t. XXV, p. 110), 1249 (Arch. hist. Saintonge et Aunis, t. XXVII, p. 162), 1314 (ib., t. XII, p. 124). — V. pièces just. IV, VIII, IX.

(29) V. pièce just. VI et acte de 1249 (Ãrch. hist. Saintonge et Aunis, loc. cit.).

(30) V. pièce just. XVII et XVIII. Pour les achenaux nous n'avons pas de données bien certaines. Les conjectures que nous avançons sont fondées sur le régime suivi dans les réparations.

(31) V. pièces just. XVI et XVII.

(32) Le rôle de Maillezais dans la gestion et l'entretien des marais

 Ayant œuvré à la mise en place des réseaux de canaux, l'abbé (puis l'évêque) de Maillezais s'est imposé comme l'une des autorités majeures de la région dans les décisions à prendre quant à l'aménagement et à l'entretien des marais.

En 1283, il est présent, en compagnie des abbés de Moreilles, Saint-Michel-en-l'Herm, Saint-Maixent et l'Absie, lorsque les commissaires du roi Philippe III décident d'ouvrir un long canal de ceinture, l'Achenal-le-Roi, afin de prévenir les inondations qui affectaient le faubourg des Loges à Fontenay-le-Comte et recouvraient les prés des paysans de plusieurs paroisses de la Plaine https://books.openedition.org/pur/18546

 

(33) Cf. Pirenne, op. cit., p. 135, et de Dienne, p. 2G2.

(34) V. ci-dessus, pp. 29, 36 et 55.

(35) Actes de 1409 et 14^9, ci-dessus pp. 49, n. 2, et 50, n. 1.

(36) Liste chronologique des commissaires royaux sur le fait des marais:

Jean de Masle, évêque de Maillezais. 1409

Guillaume Taveau, seigneur de Mortemer. 1409

Guillaume de Bonnessay. av. 1439

Jehan Besuchet, secrétaire du roi  1442

Jean Angelet. écuyer 1455

Geoffroy Vassal. 1455

Estienne Choppin. 1527

 Colas Siméon, fermier de la Billaudère, à Champagné. 1527

Mathurin Paradis. 1527

Micheau Barbier 1527

François Brisson, lieutenant particulier à Fontenay. 1560

 Nicolas Gaudineau, sergent royal à Fontenay. 1568

Pierre Brisson, sénéchal à Fontenay. 1598

(37) V. pièce just. XVI.

(38) V., entre autres, pièce just. XVII et la visite de 1599. Arch. Nat., Qi 1597-

(39) 1599, 28 janvier. Visite des achenaux. Arch. Nat, Qi 1597, fol. 14 v.

(40) Coutumes du pays et comté de Poitou. Poitiers,Marnef, 1606, in-4°, pp. 7-8. — L'article XII est invoqué en 1598 par la dame de la Coudraye contre le sire de Champagné. Procès-verbal du 28 janvier 1599. Arch. Nat.Q1 1597,fol. 15.

(41) V. ci-dessus, pp. 64-65.

(42) 1599,28 janvier. Visite des achenaux. Arch. Nat., Qi 1597, fol. 5.