La tour Duguesclin Vestige du château médiéval de Benon (Time Travel 1372- 1578) Démolitions du château de Benon suite des Guerres de Religion

Aliénor d’Aquitaine hérita du grand château de Benon, construit vers 1096. Elle épousa en 1152, le roi d’Angleterre. Les Anglais régneront sur notre région pendant deux siècles, jusqu’en 1372, année du siège par Bertrand Duguesclin.

Cette tour symbole de ce passé, toujours présente dans notre commune, porte le nom de Bertrand du Guesclin, élevé au titre de connétable en 1370 par le roi Charles V, qui reconquit en 1372 la forteresse de Benon tenue par les anglais. Il séjourna quelques jours le temps de réaliser des réparations et repartit pour d'autres conquêtes. Cette tour porte son nom.                                                                

1328 : Avènement Philippe VI de Valois
1337 : Début de la guerre de Cent Ans
1346 : Défaite française à Crécy
1347 : Prise de Calais par les Anglais
1356 : Défaite française de Poitiers. Jean II est fait prisonnier
1360 : Signature du traité de Brétigny
1372, les armées du Roi de France commandées par Du Guesclin chassent les Anglais. Le château est réparé.

Le siège de Benon auquel Du Guesclin prit part, dura trois jours, du dimanche 12 au mercredi 15 septembre

 

Les chateaux de Marans, de Surgères, de Fontenay-le-Comte sont toujours occupés par les Anglais, qui font des incursions jusqu'aux portes de la Rochelle.

Après avoir réuni sous leurs ordres un corps d'armée de deux mille lances, les ducs de Berry, de Bourgogne et de Bourbon, le connétable et les maréchaux de France, Béraud, dauphin d'Auvergne, et Louis, seigneur de Sully, quittent Poitiers (1) et vont mettre le siège devant le château de Benon. (2)

Guillonet de Pau (3), écuyer d'honneur du comte de Foix, et un chevalier napolitain connu sous le nom de « messire Jacques » ont été mis par le captal à la tête de la garnison de ce château.

Les Français livrent sans résultat deux ou trois assauts.

 Vers le milieu de la nuit, un détachement de la garnison anglaise de Surgères (4) tombe à l'improviste dans le camp des assiégeants et tue un écuyer d'honneur (5) du connétable de France.

Furieux de la mort de cet écuyer, Bertrand du Guesclin emporte d'assaut le château de Benon, dont il fait passer la garnison au fil de l'épée. P. 85 à 87, 309.

 

 1374. — Charte écrite en latin, par laquelle Charles V réunit à perpétuité, tant pour la juridiction que pour la perception des impôts, son château de Benon (avec la châtellenie et le ressort qui en dépendent), le château et la châtellenie de Rochefort, et enfin le baillage de Marennes au gouvernement de la ville de la Rochelle, important port de mer, dit-il, dont il avait à cœur d'assurer par ce moyen la conservation et la sécurité. Par cette annexion, le sénéchal de la Rochelle, bien que Benon fût une châtellenie et eût son ressort propre (2), et que le baillage de Marennes fût du ressort de Saintes, devait connaître des premiers appels et des autres causes du ressort de la circonscription des lieux annexés, et le receveur royal de la Rochelle percevoir les revenus et impositions appartenant au Roi dans l'étendue des mêmes lieux.

1378 le roi de France Charles V érige Benon en Comté.

Par lettres patentes d’aout 1378, Charles V érige la châtellenie de Benon en comté au bénéfice de sa cousine, Péronnelle de Thouars vicomtesse de Thouars et à son époux Tristan Rouault, en échange des deux-tiers du comté de Dreux., pour le prix du comté de Dreux.

Une lettre de Gilbert Hasté (châtelain et capitaine de Benon), déclare en exécution des deux lettres de Charles V du 28 août et 1er septembre 1378 avoir livré ledit château de Benon à Tristan, vicomte consort de Thouars.

Ainsi enrichis, le couple fait de nombreux dons à l'église. Ils construisent notamment le couvent des Jacobins à Thouars.

Ses héritiers, les ducs de la Trémoille, resteront propriétaires du comté de Benon jusqu’en 1769

 

 

 

1578 Démolitions du château de Benon suite des Guerres de Religion

 

Le Procès- verbal détaillé des ruines et démolitions du château de Benon, en Aunis, et de ses dépendances, fut dressé, le 4 mars, par le procureur fiscal de ce comté, à la requête de très-haute et très-puissante dame Jeanne de Montmorency, veuve de Louis de la Trimouille, duc de Thouars, comte de Benon, de Guines et de Taillebourg, lieutenant-général du roi en ses pays de Poitou, Saintonge et la Rochelle.

Cette dame était alors pleine de rancune contre le parti huguenot et, en particulier, contre les Rochelais qui, pour se délivrer d’un voisinage incommode et dangereux, avaient pris le parti de ruiner sa vielle forteresse de Benon, dont la conservation leur était devenue plus onéreuse que profitable.

L’acte qui constate cette démolition n’est peut-être pas sans intérêt, en ce que c’est le dernier souvenir qui nous soit resté d’un monument historique qui a complétement disparue du sol qu’il occupait.

« En la présence de maitre Nicolas Chaigneau, greffier, de Jean Poiret et Jean Gibouin, sergent dudit comté, nous sommes transporté au château de ce dit lieu de Benon, pour voir les ruines et démolitions dudit château, lequel avons trouvé entièrement ruiné, démoli et démantelé, tant au-dehors qu’au-dedans, et la plupart des murailles d’icelui sapée et rasée dès le pied ; toutes les tours découvertes et la charpente d’icelles brûlée ; ensemble tous les offices, portes, ponts et fenêtre aussi brûlés et emportés, de façon que, pour aujourd’hui, ledit château est réduit en masure et totalement inhabitable.

Sur laquelle ruine et démolition enquis lesdits Poirel, Gibouin et autres assistants, nous ont dit ladite démolition avoir été faite au commencement des dernières guerres par le commandement de messieurs de La Rochelle, lesquels déléguèrent un nommé Mazouer de Bourgneuf, lors portant les armes pour la religion prétendue réformée, par lequel et environ vingt-cinq ou trente soldats, qui étaient avec lui, ils virent faire lesdites ruines.

Et dudit château nous somme transporté à l’étang dudit Benon, lequel avons trouvé sans aucune eau, la chaussée d’icelui estalluée en plusieurs lieux, et mêmement au droit des bondes et deux bouts, rompue par le mitan (milieu), lesdites bondes toutes dégarnies, la maison dudit étang fort endommagée, dégarnie de portes et fenêtres.

Et de là, nous sommes transporté au Port-Bertrand, étant des appartenances dudit comté, lequel Port-Bertrand monseigneur le comte est tenu d’entretenir en bon état, moyennant certain péage qu’il prétend sur les passants ; ou avons trouvés la maison tout entièrement ruinée et fondue, les bois et tuiles d’icelle emportés, les ponts loubiés et dégarnis de tous côtés, de façon que, les eaux levées, il n’est possible d’y passer….. »

 

Le château de Benon est disparu et il a été remplacé par la mairie, l’école et d’autres bâtiments communaux. 

Dans le bulletin n° 47 (janvier 1978) de la Société mauzéenne d’histoire locale est publié un plan de ce château daté de 1719 et dû probablement à l’ingénieur Masse. Il était alors déjà détruit, mais ses douves étaient encore intactes. Il y en avait deux et probablement une troisième au sud, moins importante, comme le suggèrent le plan et l’état actuel des lieux.

Les plans du cadastre indiquent que la ruine s’est maintenue dans cet état au moins jusqu’en 1823. Depuis, les bâtiments communaux ont été construits et les douves du côté de l’entrée ont été comblées. Il reste environs les deux tiers de cette double enceinte constituée par des fossés ayant une dizaine de mètres de profondeur et 15 à 20 m de largeur, non renforcés ni séparés par des levées de terre. (7)

 

 

 

Par Marcel GARAUD Professeur à la Faculté de Droit Président de la Société des Antiquaires de l'Ouest, Bulletin de la Société des antiquaires de l'Ouest et des musées de Poitiers

(Ordon. de Secousse. — Arch. de la ville de Tours. — Chenu, etc.) 

Archiv du Château de Benon, en Aunis, caisse Le Port-Bertrand

 Archiv du Château de Benon, en Aunis, caisse Le Port-Bertrand

 Histoire politique, civile et religieuse de la Saintonge et de l'Aunis De D. Massiou

 

 

 

Le Château de Benon : est construit vers 1096 et fortifié contre les Normands sur l'ordre de Guillaume IX, dit Le Troubadour.<== ..... 

1372 Guerre de cent-Ans - les jeux des chevaliers pendant la campagne de Philippe le Hardi - Poitou, Angoumois, Aunis, Saintonge <==.... ....==> Traité de Surgères: Du Guesclin, Clisson, Berry et Anjou concluent la paix avec la noblesse du Poitou et de la Saintonge

....==>septembre 1372 Dugueclin - 14 juin 1375 Charles V établit des impôts pour la réparation de la garde des barbacanes et de l'île de Marans.

Péronnelle de Thouars, Vicomtesse de Thouars, comtesse de Benon, dame de Tiffauges, de Talmont.... <==

 

 

 


 

1. Les ducs de Berry, de Bourgogne, de Bourbon et Bertrand du Guesclin n'arrivaient pas de Poitiers lorsqu'ils mirent le siège devant le château de Benon ils venaient de prendre possession de la Rochelle.

2. Le château de Benon (Charente-Inférieure arr. la Rochelle, c. Courçon) commandait la route de la Rochelle Niort par Nuaillé.

Les trois ducs et le connétable de France, qui arrivaient de la Rochelle ou plutôt du Bourgnenf près de la Rochelle, où ils s'étaient tenus avec leurs gens d'armes du 5 au 11 septembre, vinrent camper « aux champs devant le chastel de Benoin » dans la journée du dimanche 12.

Le château fut pris le mercredi 15 après trois jours de siège (Campagne de Philippe la Hardi en 1372, p. 10).

Le duc de Berry a daté de Benon en septembre 1372 (par conséquent du 12 au 15 de ce mois)

un acte par lequel il transféra le marché de Bourgneuf en Aunis (Charente-Inférieure, arr. la Rochelle, c. la Jarrie) du dimanche au samedi, en même temps qu'il établit au dit lieu deux foires annuelles fixées au 30 août et à la Sainte-Catherine (25 novembre), à la supplication de Guillaume Arnaud, commandeur de la maison du Bourgneuf de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem, «  pour consideracion que pour cause des présentes guerres pour la première venue que noz amez et feaulx le connestable de France et le sire de Clîcon, qui ou Brant nombre de gens d'armes et autres en leurs compaignies furent ou dit lieu de Bourgneuf, pour lesquelles choses il dit les biens et facultez de la dite maison estre grandement diminués (Arch, Nat., JJ 104, no 104, P 37 v°; Ordonn., V, 606).

 -Le passage que nous avons souligné indique clairement que Bertrand du Guesclin et Olivier, seigneur de Clisson, étaient venus camper au Bourgneuf et avaient commencé le blocus par terre de la Rochelle avant l'arrivée du duc de Bourgogne au même lieu le 5 septembre et des ducs de Berry et de Bourbon qui ne rejoignirent Philippe le Hardi, avec lequel ils dînèrent, que le lendemain 6 (Campagne de Philippe le Hardi, p. 9).

3. Le prénom de cet homme d'armes est tantôt Guillonet, tantôt Gui, tantôt Guillaume, car il y a des exemples de ces trois formes dans les manuscrits. Le nom même varie et on le trouve écrit ici Pans, là Paus. Comme Froissart donne à ce chef de compagnies le titre d'écuyer du comte de Foix, la forme de Paus, qui semble indiquer que cet aventurier avait pris le nom de la capitale du Béarn, d'où il était sans doute originaire, nous a paru mériter la préférence. Ernauton de Pau ou de Paus, autre chef de Compagnies, devait appartenir à la même famille que Guillonet, quoiqu'il eût embrassé le parti adverse en se mettant au service du duc d'Anjou. Cuvelier désigne comme capitaine de Benon, non point Guillonet de Pau, mais un Anglais nommé Davy

Cappitain y avoit c'on appeloit Davi. (Chronique rimée de B. du Guesclin., II, 283, vers 21 642.)

 

4. D'après Cuvelier, ce fut un détachement de douze fiers compagnons de la garnison de Benon, et non de celle de Surgères, qui fit une sortie au milieu de la nuit et opéra la surprise meurtrière racontée ci par Froissart (Ibid., 285-287, vers 21 700 à 21 754).

5. « Et là perdit le connestable quatre de ses gentilz hommes qui gouvernoient tout son faict lesquels estoient en leur lougis en leur lit où ils dormoient; si eurent laissé d'aventure l'huis ouvert leurs varlets qui jouoient aux dés, et furent tués les gentils hommes par ceulx de la garnison de Benon » (Cabaret d'Orville, Chronique du bon due Lors de Bourbon, éd. Chazaud, p. 91).

 Ce détail est confirmé par Cuvelier, qui donne le nom du plus considérable de ces gentils hommes, celui que Froissart qualifie écuyer d'honneur du connétable, Geffroi Payen, et par l'Histoire de la Rochelle d'Amos Barbot, qui mentionne outre Geffroi Payen, Thomas de la Luzerne et Jean Boterel (Citron. rimle, éd. Charrière, II, 286 et 287; Amos Barbot, Hist. de la Roclielle, Saintes, 1886, t. I, p. 204). D'après Cuvelier et l'auteur de la Chronique en prote, Olivier, seigneur de Clisson, furieux de la mort de Geffroi Payen son parent, fendit à coups de hache la tête à quinze Anglais de la garnison de Benon et mérita ainsi le surnom de boucher que les Anglais lui donnèrent depuis lors :

Englois ne pueent mais, par le corps sainct Benoit, S'il appellent bouchier Olivier là endroit. (Chron. rimée, II, 290, vers 21852 et 21853.)

 

 

(7) Junot était déjà venu à la Rochelle au mois de juin 1807, pendant qu'il était gouverneur de Paris. (Affic. de la Roch.)

 Le comté de Benon ne comprenait pas moins de soixante et quelques paroisses dans sa juridiction. (Ms. de la bibliothèque.)