1372 Guerre de cent-Ans - les jeux des chevaliers pendant la campagne de Philippe le Hardi (Poitou, Angoumois, Aunis, Saintonge, Anjou, Bretagne)

Juillet 1306 Confirmation des lettres de Philippe le Hardi, en date du mois de décembre 1281, par lesquelles l'abbaye de Saint-Maixent est soustraite au ressort de la châtellenie de Loudun, et placée dans celui de Niort.

Philippus Dei gratia Francorum rex. Notum facimus universis, tam presentibus quam futuris, quod nos litteras inclite recordationis precarissimi domini et genitoris nostri, Philippi quondam regis Francorum, vidimus, formam que sequitur continentes

Philippus Dei gratia Francorum rex. Notum facimus universis, tam presentibus quam futuris, quod cum, tempore quo clare memorie karissimus patruus noster, Alphunsus comes Pictavensis et Tholosanus tenehat comitatum Pictavensem, abbatia Sancti Maxencii, tam in capite quam in membris, esset in garda et protectione nostra speciali et de ressorto castellanie de Loduno, ac predictus comitatus Pictavensis ex eschaeta predicti patrui nostri ad nos devenerit, propter comodum ipsius monasterii, ordinavimus quod dictum monasterium et ejus membra sint de ressorto Niorti, quemadmodum prius erant de ressorte Loduni, ita quod, si nos vel successores nostros Francorum reges, futuris temporibus, contingeret dictum comitatum Pictavensem extra manum regiam ponere, nolumus quod ipsi monasterio vel ejus privilegus, occasione hujusmodi, aliquod prejudicium in posterum generetur.

In cnjus rei testimonium, presentibus litteris nostrum fecimus apponi sigillum. Actum Parisius, anno Domini M. CC. octogesimo primo, mense decembris (1).

Nos autem pia prefati nostri genitoris vestigia libenti animo insequentes, omnia et singula in predictis litteris contenta, rata et grata habentes, volumus similiter quod illud monasterium, membra, homines et subditi ipsius sint de ressorto et obeissancia Niorti eo modo quo prius esse solebant de ressorto et obeissancia Loduni.

Per hanc siquidem confirmacionem intentionis nostre non existit quod ipsi monasterio jus novum acquiratur, aut juri nostro seu cuilibet alieno prejudicium aliquod generetur.

In cujus rei testimonium presentibus litteris nostrum fecimus apponi sigillum.

Actum apud Fontem in Bosco, anno Domini M. CCC. sexto, mense julio.

 

 

Philippe, par la grâce de Dieu, roi des Francs. Nous faisons savoir à tous, présents et futurs, que nous avons vu les lettres de la glorieuse mémoire de notre très précieux seigneur et père, Philippe, autrefois roi des Francs, contenant la forme suivante

Philippe, par la grâce de Dieu, roi de France. Nous faisons savoir à tous, présents et futurs, que lorsque, de mémoire claire, notre très cher oncle, Alphonse, comte de Poitiers et de Toulouse, possédait dans le comté de Poitiers, l'abbaye de Saint Maixent, tant en tête qu'en membres, était sous notre garde et protection spéciale et du Château de Loudun, et le susdit comte du Poitiers nous est venu de la déshérence de notre susdit oncle, pour la commodité du monastère lui-même, nous avons ordonné que ledit monastère et ses membres être de la ressort de Niort, tout comme auparavant ils étaient de la ressort de Loudun, de sorte que si nous ou nos successeurs de France devenions rois, dans les temps futurs, à placer ledit comte de Poitiers hors de la main royale, nous Je ne veux pas que le monastère lui-même ou ses privilèges, en pareille occasion, causent un quelconque préjudice à la postérité.

En foi de quoi nous avons apposé notre sceau sur la présente lettre.

Acte de Paris, l'an du Seigneur 200 le quatre-vingt-unième, au mois de décembre (1).

Et nous, nos pieux prédécesseurs, suivant volontiers les traces de notre ancêtre et ayant tout ce qui est contenu dans la lettre susmentionnée approuvé et acceptable, nous désirons également que ce monastère, ses membres, hommes et sujets soient du ressort et de l'obéissance de Niorti dans la manière dont ils étaient de la station balnéaire et de l'obéissance de Lodun.

En effet, par cette confirmation de notre intention, il n'existe pas qu'un nouveau droit soit acquis pour le monastère lui-même, ni qu'un quelconque préjudice soit généré à notre droit ou à celui de tout étranger.

En foi de quoi nous avons apposé notre sceau sur la présente lettre.

Fait à Fontem in Bosco, l'an du Seigneur 1281 après J.-C. le sixième, au mois de juillet.

 

Ces lettres sont publiées dans les Ordonnances des Rois de France, t. III, p. 216, avec un vidimus de Charles, duc de Normandie, régent de France, du mois d'avril 1358.

 

 

Lorsque le roi Charles V eut décidé la guerre contre les Anglais, et résolu de les chasser des provinces qu'ils occupaient en Poitou, en Aquitaine, dans l'Aunis, la Saintonge, etc.,

Philippe-le-Hardi, duc de Bourgogne, qui avait contracté l'engagement de l'aider de toutes ses forces, partit le 15 juillet du château de Montbard (1), l'une de ses résidences au duché, pour prendre les derniers ordres de son frère.

Il arriva le samedi 24 à Vincennes, et passa une dizaine de jours avec le roi.

Aout 1372. Il en repartit le mercredi 4 août pour la Bourgogne, afin de hâter le départ des troupes qu'il avait mandées. Quatre jours après il était de retour à Montbard. La duchesse, avant de se séparer de son mari, qui allait entreprendre une campagne longue et pleine de périls, l'accompagna jusqu'à Vézelay (2), où ils se sépareront le vendredi 13 après dîner.

Le duc et la duchesse n'avaient pas manqué, en passant à Montréal et à Avallon, de faire des offrandes aux églises de ces localités, ainsi qu'aux abbayes de la Magdelaine et aux Cordeliers de Vézelay (3).

Philippe-le-Hardi était le 14 à Nevers, et le lendemain dimanche, jour de la Notre-Dame d'août, assistait à la grand'messe dans l'église cathédrale de Saint-Cyr de cette ville, en y laissant les marques habituelles de sa libéralité (4).

Gui de Pontailler, son maréchal de Bourgogne, l'avait déjà précédé, et était parti à la tête des hommes d'armes qui allaient guerroyer pendant toute cette campagne, à la solde et sous l'étendard du duc. Parmi les principaux, on comptait, outre Guy de Pontailler et trois écuyers, plusieurs chevaliers bannerets Jean d'Artois, comte d'Eu, avec treize chevaliers bacheliers et trente et un écuyers Gibaud de Mello, sire d'Epoisses avec neuf chevaliers bacheliers et treize écuyers Jean de Rey et sept écuyers - Raoul de Renneval avec un autre chevalier banneret, six bacheliers et dix-sept écuyers.

Les chevaliers bacheliers Edouard, sire de Saint-Dizier; le bâtard de Poitiers; Jean de Montagu, sire de Sombernon; Jean de Saint-Verain; Guillaume de Crespin; Odille de Montjeu Pierre de Montagu, sire de Mâlain, avaient des archers et des arbalétriers sous leurs ordres. Citons parmi les ecuyers bannerets, Jean de Bourgogne; Pierre de Martinpuis parmi les autres gens d'armes, Charles de Châtillon; Hugues de Château-Morin; Erard, sire de Crux; Odard de la Roche; Robert de Beaujeu et au nombre des simples ecuyers, Guillaume de Marrey; Girard de Saint-Martin; Olivier de Hauterive; Othenin de Salins; Pierre de Tanlay; Poinsot de Savigny; Robert de la Tournelle, etc. (5).

A Nevers étaient arrivées presque en même temps que Philippe-le-Hardi, d'autres recrues retardataires, qui sur son ordre furent reçues en montre par Guy du Trembloy, en l'absence du maréchal Gay de Pontailler (6). Charles de Chastillon, l'un des chambellans, fit acheter de divers marchands, «  cendal, soye, toille et autres choses pour faire pennons, estendars, etc. (7), et les donner à chacune des compagnies.

Après trois jours de séjour à Nevers, le duc repartit le mercredi matin pour Bourges, où il arriva le surlendemain. Son premier soin fut de faire expédier en toute hâte au duc de Berry un de ses chevaucheurs, Tassin le Bougre, avec des lettres closes dont il devait rapporter la réponse (8).

De nouvelles recrues étaient arrivées à Bourges, où le duc ne fit que souper et passer la nuit, sans oublier cependant les moines Cordeliers et Augustins qui vinrent mettre sa générosité à contribution (9).

Le 20, il dînait au château de Mehun-sur-Yèvre (10) avec la duchesse de Berry, couchait à Vierzon, et le 21 arrivait à Selles-sur-Cher (11). La journée du dimanche qu'il y passa entièrement, donna aux chevaux fatigués le temps de reprendre haleine. Colinet de l'Espine, huissier de salle, fut chargé de porter des lettres à Olivier de Clisson à Angers, où en tout autrelieu où l'on pourrait le trouver (12). Hennequin, de Bruxelles, chevaucheur, partit de Selles avec des charretiers, pour chercher, à Romorantin, « certaine quantité d'artillerie qui estoit illec en gaiges, » avec ordre de la ramener à Poitiers (13).

 

  Le duc de Bourgogne coucha le 23 à Montrichard le 24, à Guiboise (!) chez le seigneur du lieu, et le 28 à Chinon .(14).

 

 Là, il retrouva un grand nombre de chevaliers et d'écuyers, parmi lesquels se trouvait le comte d'Eu, et sur la nouvelle qui lui fut apportée le lendemain matin par un chevaucheur du duc de Berry, que le captal de Buch et plusieurs capitaines Anglais venaient d'être déconfits (15), il donna un grand diner à tous les chevaliers de sa compagnie.

Des messagers furent expédies dans diverses directions pour annoncer ces heureuses nouvelles. Jean, de Lisieux, fut envoyé en Bourgogne vers la duchesse et les gens du conseil (16) Pasquier de Tours porta, mais pour d'autres motifs, des lettres a Barthélémy Spifame.

Des missives furent également adressées au roi, au connétable du Guesclin, à Charles de Poitiers, à Enguerrand d'Eudin, sire de Châteauvillain, qui avait épousé la veuve d'Arnaud de Cervoles, l'Archiprêtre, avec mention de les lui remettre partout où on le trouverait (17).

Les derniers engagements avaient laissé de nombreux blessés, pour lesquels on fit venir de Langres, le chirurgien Thibaut (18). C'était lui qui avait la confiance de la cour ducale, et dernièrement encore la duchesse venait de le faire venir à Rouvre, « pour visiter certaine bleceure qu'elle avoit à la jambe (19). »

De Chinon, toutes les forces Bourguignonnes qui se trouvaient avec Phillippe-le-Hardi, y compris les gens d'armes du comte d'En, se mirent en route pour aller gîter à Mirebeau (20) le 27, et se réunir le samedi matin 28 aux corps de troupes à Poitiers, dont le duc de Berry avait la direction.

 Les deux frères de Bourgogne et de Berry dînèrent ensemble à Poitiers et partirent incontinent au- devant du sire de Clisson, qu'ils rejoignirent le même jour à Mirebeau.  

 

Là, Philippe-le-Hardi les traita tous, Clisson, le comte d'Eu et les chevaliers de leurs compagnies.

Il revînt passer le dimanche 29 à Poitiers, où devait être arrivée de Romorantin l'artillerie qu'on en avait fait venir.

Le 30, il dina et gita à Sanxay (21), et le 31 à la Mothe-Sainte-Heraye (22).

 

Septembre.

Le mercredi premier jour de septembre, Philippe-le-Hardi assistait à la messe dans l'église de Saint-Maixent, à laquelle il léguait une aumône, et mettait le siège devant le château-fort de cette ville qui le retint quatre jours.

Alain de Beaumont, Chevalier breton, nommé capitaine du château et de la ville de Saint-Maixent

 

 

Il en partit le samedi 4, après avoir écrit une lettre à la duchesse, coucha à Fontenay-l'Abattu (23).

Le 8 au Bourgneuf-les-La-Rochelle (24), où les ducs de Berry et de Bourbon le rejoignirent le lendemain et dînèrent avec lui.

Toute la semaine se passa au Bourgneuf, sauf le mercredi, que les ducs de Bourgogne et de Berry se rendirent à La Rochelle, et revinrent gîter au Bourgneuf où ils avaient laissé tout leur monde. Avant d'en sortir, Philippe-le Hardi accepta les nouvelles recrues qui s'y présentèrent et chargea Guy de  Pontailler, son maréchal, de les recevoir à montre (25).

 Le dimanche 12, on était « aux champs devant le chastel de Benoin (Benon) (26), » qui après trois jours de siège fut pris le mercredi 15.

 

  Le siège de la forteresse de Surgères (27) fut fait sans désemparer et dura quatre jours; les assiégés firent leur reddition le dimanche 19.

 

 Le lundi 20, Saint-Jean d'Angely (28) se rendit également. Les péripéties de ces faits d'armes n'empêchaient pas les chevaliers de se livrer-au jeu.

«  A Monseigneur tant pour faire sa volonté, comme pour lui resbattre au jeu des dés, tant au Bourgneuf- lez-Ia~Rochelle comme à Saint Jehan d'Angely, en la compaignie du seigneur de Clipson, du connestable du Guesclin et autres,  »

 Le duc perdit cinquante francs ces deux fois (29)

. Le lendemain de la reddition de Saint-Jean d'Angely, Philippe-le-Hardi y entendit la messe, laissa une aumône aux reliques de l'église, et partit après diner, pour aller souper et gîter à Pont-l'Abbé (30), d'où il écrivit en Bourgogne (31).

 Il y passa deux jours, puis coucha à Saintes (32) le vendredi 24, gîta le 25 au hameau des Chèvres (33),

Dîna le 26 devant Coignac (34), coucha aux Chèvres, le 28 et le 29, aux Cordeliers-les Saintes, et le jeudi 30 à Banniaux (35).

 

 

Octobre.-

Le 1 octobre, le duc était encore à Banniaux, le samedi 2 à Aulnay (36), qui fit sa reddition et les trois jours suivants à Melle (37).

Les 6, 7 et 8,

il dîna devant Niort et coucha à Prahecq (38), le samedi à Fontenay-le-Comte (39).

Ce jour, les habitants de la ville capitulèrent, mais le château résista et ne fut pris de force vive que le lendemain dimanche.

Un héraut d'armes du connétable du Guesclin vint trouver le duc (40), le 11 à Fontenay-le-Comte, où il séjourna encore le 12,

le 13 à Aubepierre, le 14 à Tiffauges (41).

 En arrivant dans cette localité, Philippe le Hardi envoya des missives au roi à Paris, et à la duchesse à Dijon (42).

Le 18, il était toujours à Tiffauges ;  

le 16 au matin devant Mortagne (43), le 17 à Tiffauges. Il en expédia de nouveaux courriers pour la Flandre et pour la Bourgogne (44).

 

 

Le 18, le duc était à Roche-Servière (45), le 19 à Palluau.(46), les 20 et 21 à Venansault (47), le. 22 à la Roche-Servière,

le 23 à Clisson (48), le dimanche 24 à Saint Florent-le-Vieux (49), où il entendit la messe. Comme il n'avait pas d'argent sur lui, Guy de la Tremouille et Jehan de Mornay, l'un de ses chambellans, lui prêtèrent trois francs pour les offrir à l'église Notre-Dame de cette ville (50).

 

 

Philippe-le-Hardi séjourna les 28, 26 et 27 à Angers, et rafraichit ses troupes épuisées par les précédents combats.

 Il fit renouveler et confectionner des bannières et des étendards; on acheta pour cet objet, « cendal, soye, toille » à divers marchands d'Angers (51). Il y reçut de bonnes nouvelles des chevauchées d'Olivier de Clisson, qui lui envoya par son palefrenier deux beaux coursiers (52) provenant des captures faites sur les Anglais, selon toute apparence. Il envoya aussitôt un exprès au roy pour lui annoncer ces heureux succès et répondre au message qu'il venait d'en recevoir par Jean de Gray, messager, de Saumur. Il écrivit en même temps au duc de Bretagne, à la duchesse de Bourgogne, et offrit cinq francs aux reliques de l'église d'Angers où il entendit la messe (53).

 

 Ces faits se passaient le mercredi 27 à Angers.

Il en partit le lendemain matin pour Candé (54), se dirigeant & marches forcées au fond de la Bretagne avec des chevaux rafraîchis par trois jours de repos.

Le 29, il couchait à Châteaubriant (55), le 30 aux fauxbourgs de Rennes (56), le 31 à Montfort (57).

 

 

Novembre.

 Le duc arrivait le lundi premier novembre à Guaiz, que nous croyons pouvoir identifier avec le Crouais, canton de Saint-Méen, arrondissement de Montfort. il y séjourna cinq jours entiers, sans que nos documents nous indiquent ce qui s'y passa, revint le 6 coucher à Montfort et le dimanche 7 à Rennes. Il fit distribuer de larges aumônes aux Cordeliers, aux Jacobins, aux Carmes, aux Augustins, aux frères prêcheurs, aux frères mineurs, et aux pauvres de cette ville (58).

 Le 8, il trouva à Rennes, Olivier de la Motte, un des écuyers du sire de Clisson, et lui fit un don « de grace espécial, pour lui aider à supporter les frez et missions qu'il a fait et soustenus en la main des Anglois, ennemis du réaume, où il a esté naguières prisonnier. »

 Le duc n'ayant sans doute pas sa chancellerie dans cette dernière expédition, fit délivrer le mandement sous le sceau d'Amaury de Fontenay, capitaine de la ville de Rennes (59).

 

 Philippe-le-Hardi était le 9 à Château-Giron (60), le 10 à La Guerche (61), le 11 à Craon-la Motte (62), le 12 a Lion (63),

le 13 à Angers, où il Séjourna cinq  jours. Il y fit donner neuf francs à cinq arbalétriers qui avaient été faits prisonniers à Montreuil-Bonin, pour les aider à payer leur rançon (64).

Nous le retrouvons le 17 à Beaufort (65) et à Saumur.

 

 

Il y eut onze jours de résidence à Saumur, du 18 au soir jusqu'au dimanche 28 novembre.

Là se concentrèrent les forces coalisées de France et de Bourgogne, très éprouvées pendant cette campagne fatigante et mouvementée, ce qui n'empêche pas les chevaliers de prendre « leurs ébastements à divers jeux, entre ces sièges et ces passes d'armes. »

 

 26 novembre 1372, Charles V le Sage, confirme les privilèges de l'abbaye de Saint-Maixent (a).


•    B AN JJ. 103, n° 302, fol. 142
•    a P. Guérin, Archives historiques du Poitou, 19, p. 155-157
D'après a.
Karolus, Dei gracia Francorum rex. Notum facimus universis, presentibus et futuris, quod nos volentes dilectos nostros religiosos, abbatem et conventum monasterii [Sancti Maxencii b] in Pictavia, qui nuper ad obedienciam nostram, relicta parte adversariorum nostrorum, devenerunt, ob hoc frui remuneracione aliquali, ut ceteri parcium predictarum incole ad exhibendum nobis obedienciam, ad quam nobis tenentur, facilius moveantur, volumus, statuimus et ordinamus, eisdemque religiosis et eorum monasterio seu abbacie, necnon omnibus prioribus et prioratibus ejusdem monasterii, eorumque et cujuslibet ipsorum hominibus, in favorem ecclesie et intuitu premissorum, concessimus et tenore presencium concedimus, de nostris certa sciencia, auctoritate regia et gracia speciali, ut ipsi et eorum quilibet omnibus et singulis donis, jurisdictionibus, franchisiis, libertatibus, previlegiis, immunitatibus et saisinis, quibus ipsi et eorum quilibet, tam conjunctim quam divisim, ab illo tempore citra quo ducatus Acquitanie terreque et patrie Engolismensis, Xanctonie et Pictavie Edouardo Anglie, adversario nostro, fuerint assignati, usque adprimam diem mensis septembris ultimo preteriti (c), qua die dicti religiosi se nostre dicioni subierunt, et dictam obedienciam nobis exhibuerunt, usi fuerunt et gavisi, et ipsa die utebantur et gaudebant, pacifice de cetero perpetuis temporibus gaudeant et utantur, et in ipsis manuteneantur et conserventur.
Quocirca Engolismensi, Xanctonensi, Pictavensi et Lemovicinii senescallis universisque nostris et regni nostri justiciariis et officiariis, modernis et futuris, vel eorum locatenentibus et eorum cuilibet, ut ad eum pertinuerit, tenore presencium, mandamus quatinus ipsos religiosos, monasterium seu abbaciam Sancti Maxencii priores, prioratus et homines predictos, et eorum quemlibet conjunctim et divisim, nostris presentibus statuto, ordinacione, gracia et concessione uti et gaudere de cetero perpetuis temporibus faciant et permittant pacifice et quiete, ipsos vel eorum aliquem in contrarium nullatenus molestando, vexando, impediendo seu perturbando, aut vexari, molestari, impediri seu quomodolibet perturbari permittendo, et quicquid contra tenorem presencium actemptatum esse reppererent, ad statum pristinum et debitum reducant aut reduci faciant indilate, aliis graciis sive donis aut previlegiis aliàs per nos seu predecessores nostros eisdem religiosis seu eorum monasterio concessis, quas et que hic volumus haberi pro expressis, non obstantibus quibuscunque.
Quod ut perpetuo firmitatis robur obtineat, nostrum presentibus litteris fecimus apponi sigillum.


Actum et datum Parisius, in castro nostro de Lupera, die xxvia mensis novembris, anno Domini millesimo ccc° lxxii° et regni nostri nono.

 

Charles, par la grâce de Dieu, roi des Francs. Nous faisons savoir à tous, présents et futurs, que par notre volonté notre religieux bien-aimé, l'abbé et le couvent du monastère [de Saint Maixent b] de Poitou, qui sont récemment venus à notre obéissance, laissant le côté de nos adversaires , pour que cela jouisse de quelque récompense, comme le reste des parcs susdits Nous voulons que les habitants soient plus facilement déplacés pour nous montrer l'obéissance à laquelle ils nous sont tenus,
nous établissons et ordonnons, et accordons au même religieux et à son monastère ou abbaye, ainsi qu'à tous les prieurs et prieurés du même monastère, et à leurs hommes et à chacun de leurs hommes, en faveur de l'Église et en vue de ce qui précède, nous accordons et accordons la teneur de la présence, de notre connaissance sûre, de l'autorité royale et de la grâce spéciale, qu'eux et chacun des leurs, à tous et à tous dons, juridictions, franchises, libertés, privilèges, immunités et saisies, avec lesquelles eux et chacun d'eux, à la fois conjointement et séparément, à partir de ce moment de ce côté où le duché d'Aquitaine et la terre et le pays de l'Angoulême, Saintonge et Poitou ont été attribués à Edouard d'Angleterre, notre adversaire, jusqu'à le premier jour du mois de septembre passé (c), jour où lesdits religieux se sont soumis à notre contrôle, et nous ont montré ladite obéissance, ils ont été utilisés et appréciés, et ce jour-là ils ont utilisé et se sont réjouis, puissent-ils profitez-en et utilisez-les paisiblement pour le reste des temps éternels, et puissent-ils y être maintenus et préservés.

En conséquence, aux sénéchaux d'Angoulême, Saintonge, Poitou et Limoges, et à tous nos justiciers et fonctionnaires de notre royaume, présents et futurs, ou à leurs lieutenants, et à l'un des leurs, selon qu'il lui appartiendra, nous ordonnons la teneur du présent, que les religieux eux-mêmes, les prieurs du monastère ou de l'abbaye de Saint-Maixent, les prieurs et que les hommes susmentionnés, et chacun d'eux conjointement et solidairement, par notre présent statut, ordonnance, grâce et accorder, utiliser et profiter pour le reste des temps perpétuels paisiblement et tranquillement, sans en aucune façon les déranger, les harceler, les empêcher ou les déranger ou l'un d'entre eux à l'effet contraire, ou être dérangés,en permettant qu'ils soient molestés, entravés ou dérangés de quelque manière que ce soit, et quoi qu'ils trouvent avoir été tentés contre la teneur de la présence, ils doivent restaurer leur état original et dû, ou faire en sorte qu'ils soient restaurés sans délai, par autres grâces ou dons ou privilèges accordés à d'autres par nous ou nos prédécesseurs au même religieux ou à leur monastère, que nous voulons ici considérer comme exprimés, nonobstant tout.
Afin qu'elle obtienne la force d'une fermeté permanente, nous avons fait apposer notre sceau sur la présente lettre.



Fait et donné à Paris, en notre château du Louvre (d), le 26 du mois de novembre de l'an de grâce mil trois cent soixante-deux et le neuvième de notre règne.


Chanac. — Per regem, in suis requestis. J. de Sanctis.

 

 

A Saumur, le duc perd à differentes reprises cent cinquante francs aux dés avec Bertrand du Guesclin et le sire de Clisson (66).

Passe encore pour les dés, mais le même jour, le duc perd trente et un francs au jeu de paume, qui lui sont gagnés par un chevalier, Cadifer de la Salle (67). C'était près de deux cents francs que perdait le duc; il fallut, en rentrant à Paris, avoir recours à la bourse de Barthélemy Spifame (68).

 

 

Le conseil des chevaliers était d'attendre de nouveaux renforts pour terminer cette expédition par une action décisive sur Thouars (69), ou les ennemis étaient en force.

Le 26, le duc de Bourgogne dépêcha son chevaucheur, Tassin le Bougre, qui partit de Saumur en Beauce, porter des lettres au duc de Lorraine pour lui dire d'accélérer sa marche et de hâter son arrivée. Un héraut fut également expédié pour le même objet au comte du Perche en Bretagne (70).

Il écrivit aussi le même jour au vicomte de Rohan, à la duchesse de Bourgogne et à Barthélemy Spifame, auquel il réclamait très souvent de l'argent (71).

 

On partit le 29 de Saumur pour Montreuil-Bellay (72), où Philippe-le-Hardi traita Bureau de la Rivière, Nicolas Braque et divers chevaliers.

Le mardi 30, jour de la Saint-André, on « logea aux champs devant Thouars, et on gîta à Montreuil-Bellay. Les ducs de Lorraine et le comte du Perche, fidèles au rendez-vous qui leur avait été assigné, y arrivèrent avec leurs compagnies. Le duc de Bourgogne gratifia le comte du Perche d'un coursier sous poil gris, le comte de Dammartin d'un coursier bai et le sire Raoul Taisson, chevalier de Normandie, d'un cheval gris (73).

 

Décembre.

Le mercredi 1 décembre, toutes les forces réunies du duc de Bourgogne, du duc de Lorraine, du comte de La Marche, du vicomte de Rohan étaient encore aux champs devant Thouars.

Le soir, la place était en leur puissance. Des lettres hâtives, annonçant cette importante nouvelle, furent aussitôt adressées au roi (74).

Le lendemain 2, le duc traitait Saumur tous les chevaliers ses compagnons d'armes, qui avaient pris part à l’action. Deux cents personnes mangèrent en salle, et cent cinquante -quatre, n'ayant pu y trouver place, mangèrent dehors.

 

La campagne était terminée.

Philippe-le Hardi reprit à petites journées le chemin de Paris. Il s'arrêta le 3 et le 4 à Chinon, et voulut se rattraper avec le connétable du Guesclin, Olivier de Clisson et Bureau de la Rivière, de ses récentes pertes au jeu (75), mais la fortune, qui lui avait ménagé des succès militaires, lui tint rigueur il perdit encore.

Le dimanche 5 fut passé à Tours. Il coucha le 6 à Château-Renaut, le 7 à Cloye, le 8 et le 9 à Chartres, le 10 à Saint-Cler-de-Gomez.

Le connétable du Guesclin qui l'avait précède à Paris, revint au-devant de lui à Bourg-la-Reine avec plusieurs Chevaliers et écuyers, le samedi 11, et tous arrivèrent le soir à Paris gister devers le Roy.  

Après huit jours de résidence vers le roi son frère, Philippe-le-Hardi prit congé de Charles V le dimanche 19, et rejoignit en Bourgogne la duchesse qui vint le recevoir à Saulx-le-Duc.le 28.

Le lendemain, il était installé dans son château de Rouvre, près Dijon.

On voit, quelle part d'action Philippe-le-Hardi prit à cette expédition. On peut se donner la puérile satisfaction, de compter, qu'en l'espace d'un peu plus de cinq mois, dans une campagne signalée par tant de sièges et de combats divers, au milieu de ces marches et contre-marches incessantes, il avait parcouru sept cents lieues à travers douze de nos anciennes provinces et vingt-cinq de nos départements actuels. On reste confondu de voir la multiplicité et la rapidité relative de ces voyages, et l'on se demande si l'homme le plus robuste pourrait s'accommoder d'un tel genre de vie, avec la facilité de locomotion que la civilisation moderne met à notre disposition.

Ces quelques pages ont été rédigées avec des documents absolument inédits, tirés d'un travail d'ensemble sur les Itinéraires de Philippe le Hardi et de Jean sans Peur, dont le Comité des travaux historiques a décidé la publication.

On a tenu à ne se servir ici d'aucune mention quelconque déjà publiée dans un livre. On n'a pas cru devoir citer à chaque ligne les sources de ces itinéraires, elles seront indiquées dans le travail on a seulement indiqué la provenance des notes additionnelles inédites fournies par les comptes originaux des Archives de la Côte-d'Or, qui seront d'ailleurs annexées à ces itinéraires. L'ensemble de ces matériaux présentent, on le voit, une véritable Chronique, absolument neuve, qui servira merveilleusement à éclairer les textes de nos chroniqueurs, et donnera aux événements historiques des dates qui leur font trop souvent défaut. Les travailleurs qui s'intéressent aux XIVe et XVe siècles, y trouveront sur les hommes et les choses des renseignements précieux et inattendus, mais surtout les éléments de la plus irréprochable chronologie.

 

Campagne de Philippe-le-Hardi (1372) (Poitou, Angoumois, Aunis, Saintonge, Anjou, Bretagne) : fragments de documents inédits / par Ernest Petit,

 

 

 

 

iHistoire du Poitou: LE POITOU PENDANT LA GUERRE DE CENT ANS (1340-1453). <==.... ....==> Sur la Terre de nos ancêtres du Poitou - Aquitania (LES GRANDES DATES DE L'HISTOIRE DU POITOU )

 


Armoiries : Écartelé en 1 et 4 d'azur semé de fleurs de lys d'or à la bordure componée d'argent et de gueules et en 2 et 3 bandé d'or et d'azur de six pièces, à la bordure de gueules

 

 

 

 

(1)   Montbard, oh.-), canton, arr. Semur (Côte-d’Or).

(2)    Vézelay, ch.- cant. arr. Avallon (Yonne).

(3)….. A mon dit seigr pour offrir aux reliques de la chappelle de Montréal par mandement de mon dit sgr…. donné à Montréal XIId'aoust. ….III frans.

A Monsgr pour faire offrandes et de madame la duchesses à l'église d'Avallon, V franz, et samblablement en l'église de la Magdelaine à Vedelay, X francz, et pour don aux Cordelers de Vedelay pour Dieu en aumome II fraucz. donné à Vedetay XIIIe d'aoust. …XVII FRANCZ 4Archives de la Côte-d’Or, Compte d’Amoit Arnaut, B.1438, fol.19)  

(4). …A Monseigneur, pour faire ses offrandes à Saint Seire à Nevers le jour de N.D. en aoust qu’il oye la grand messe X francs et aux enfans de cœur dela dite église I franc…. XI francz ‘Arch de la Côte d’Or. – Comte d’Amiot Arnaut, B. 1438,fol 19)

(5) Mandement donné à Saumur, 2 décembre.

(6) Bibl nat. Coll. Bourg, i.65 fol 26.

(7)   Arch. De la Côte d’Or, B. 1438, fol.3 r

(8) Arch de la Côte d’Or. – Mandement, de Bourges, XIX aoust, B. 1438, fol 53

(9) Arch de la C$ote d’Or. Compte d’Amiot Arnaut, B. 1438, fol 19.

(10) Mehun-sur-Yevre can. De Bourges

(11) Selles sur Cher, cant. Salbris, arr Romenrentin (Loir et Cher).

 (12)…. A Colinet de l’Espine, huissier de sale de Monsgr, pour porter lettres closes de Mgr devers M. de Clipson à Angiers ou ailleurs ou il le pourra trouver ….. Mandemen donnt à Celles, XXIe d’aoust.. Arch, Côte d’Or, B. 1438, fol 53.

 (13) Mandement…. à Celles, XXIIe aoust. Arcg. C$ote d’Or.

(14) Chinon ,ch.arr

(15) Bibl. Nat. Coll. Bourgogne, t.21, fol8 – Mandement du Duc, donné à Chinon, XXVIe d’aoust.

(16) Mandement à Chinon XXVI aoust, Arch de la C^te d’Or, B. 1438, fol.54

(17) Mandements, de Chinon, XXVII aoust, Arch. Côte d’Or B. 1438, fol 54.

(18) Arch Côte d’Or, B 1438, fol 54.

(19) Loco citato, fol 46

(20) Mirebeau, ch. Can arr. Poitiers

(21) Sanxay, cant. de Lusignan,

(22) La Mothe-Sainte-Heraye, çh.-I. cant. arr. Melle (Deux- Sèvres).

 (23) Aujourd’hui Frontenay-Rohan-Rohan,. cant. arr. Niort

(24) Bourgneuf. Commune  arr. La Rochelle

(25) Bibl, nat. Coll. Bourg t.65, fol 26

(26) Benon, cant arr. Rochefort

(27) Surgères

(28) Saint Jean d’Angely

(29) Mandement donné à Fontenay le Comte, XIe d’octobre Arch de la Côte d’or, B. 1438, fol.19.

(30) Pont l’Abbé, cant. Saint Porchaire. Arr. Saintes

(31) Arch. De la Côte d’Or, B 1438, fol 54.

(32) Saintes

(33) Echevronnes, Les Chèvres près de Cognac

(34) Cognac

(35) Banois, Banniaux, commune d’Exoudun, cant. La Mothe St Heray, arr. De Melle

(36) Aulnay

(37) Melle

(38) Prey, Prahecq

(39) Fontenay le Comte

(40)… A un hérault du connestable de France pour don à lui fait par Monsgr, de grâce espéciale, par mandement donné à Fontenay le Comte, XI oct, B. 1438, fol 46 Arch Côte d’Or

(41)Tiffauges, cant Mortagne

(42) Arch. Côte d’Or, B 1438 fol 54

(43) Mortagne

(44) Arch Côte d’Or

(45) La Roche Sirver (La Roche Servière)

(46) Palual, Palluau Sables d’Olonne

(47) Venancot, Vernarsaul. La roche sur Yon

(48) Clisson

(49) Saint Florent le Vieux

(50)… A messire Jehan de Mornay, chevalier, chambellan de Monseigneur qui les avoit prestés à Monsgr, pour offrif à l’église de Saint Florent, ou il avoit esté, II francs, et à messire Guy de la Trémouille qui les avoit baillé à Monsgr, pour offrir en l’église N.D du dit Florent I franc, par mandement donné à Sait Florent, XXIIIe d’octobre… III francz. Compte d’Amiot Arnaut, arch, Côte d’Or, B 1438, fol 19 

(51) Arch de la Côte d’Or, B 1438, fol 33

(52)…Au palefrenier du sire de Clispon, pour don à lui fait, parce qu’il avoit présenté à Monseigneur 2 coursiers de par le dit sir de clipson, par mandement de Monsgr, senz autre quittance, donné à Angiers, XXVII octobre… » Compte d’Amiot Arnaut, Arch de la Côte d’Or, B. 1438, fol 46

(53) Mandements divers datés d’Angers, le 27 octobre. Arch de la Côte d’Or, B 1438, fol 55 

(54) Candé

(55) Chateaubriant (Chastel bruyant)

(56) Resnes, Rennes

(57 Montfort

(58)… Aux frères prescheurs de renes, pour don à eulx fait pour Dieu en aumosne II francz, aux frères meneurs du dit lieu I fr.. a monsgr, pour offrir deanvt l’ymage Saint Gorge en l’église de Resne II francs, au confesseur pour donner pour Dieu et distribuer aux povres le jour des mors, en oultre de l’aumosne ordinaire II fr. Aux Cordeliers, Jacobines, Carmes, et Augustins de Renes… VI fr…. ux frères et suers de l’ostel Dieu St Jehan à Angers…. VIfr. Arch de la Côte d’Or, B 1438, fol 19,20 

(59) Arch. De la Côte d’Or, B 1438, fol. 46

(60) Châteaugiron arr Rennes

(61) La Guerche arr Vitré

(62) Craon, arr Château Gontier

(63) Lion d’Angers

(64) Arch. De la Côte d’Or, B 1438, fol 19

(65) Beaufort

(a) Ces lettres sont publiées dans le recueil des Ordonnances, t. V, p. 545.

(b) Mots omis par le clerc chargé de la transcription.

(d) La ville de Saint-Maixent ouvrit en effet ses portes à l'armée française le 1er septembre 1372, et non plusieurs jours après la réduction de la Rochelle (8 septembre), comme le prétend Froissart.

  Philippe le Hardi, duc de Bourgogne, qui depuis trois jours avait rejoint à Poitiers son frère le duc de Berry, faisait partie de l'expédition.

 Le mercredi 1er septembre, il assista à la messe dans l'église de Saint-Maixent, à laquelle il laissa une aumône, puis il mit le siège devant le château-fort de cette ville, qui ne se rendit qu'au bout de trois jours.

  Le duc de Bourgogne en partit le samedi 4 et alla coucher à Frontenay-l'Abattu.

 M. Ernest Petit, auteur d'un Itinéraire de Philippe le Hardi, dont le Comité des travaux historiques a décidé et commencé la publication, a extrait de son précieux recueil et imprimé d'avance, avec l'intention amicale de venir en aide à mon travail d'annotation, une plaquette intitulée : Campagne de Philippe le Hardi (1372), où j'ai puisé ce renseignement précis et beaucoup d'autres. Cette importante publication est on ne peut plus utile pour redresser les erreurs chronologiques de Froissart et des autres chroniqueurs ; elle est composée entièrement sur des comptes et autres documents d'une authenticité absolue, recueillis principalement dans les belles archives de la Côte-d'Or. Je ne puis donner à mon savant ami une meilleure preuve de reconnaissance qu'en lui faisant de fréquents emprunts.

Quelques jours après la réduction de Saint-Maixent, Alain de Beaumont, compagnon d'armes de Du Guesclin, que nous retrouverons ailleurs, en fut nommé capitaine.

 Par acte passé en l'abbaye, le 28 septembre, à l'heure de vêpres, il se fit remettre les clefs, « omnes et singulas claves », de la porte Charraud, « pro evitandis « quam plurima pericula et ut predicta villa Sancti Maxencii melius et « securius ab hostibus malivolis teneretur », s'engageant par serment a les restituer à l'abbé qui en avait la garde de temps immémorial, à la saint Luc prochaine (18 octobre) et non plus tard. (Coll. dom Fonteneau, t. XVI, p. 281.)

 Les fonctions officielles et de confiance que Guillaume de Vezançay avait remplies auprès du prince de Galles (voy. la note 3 de la p. 153) peuvent expliquer et justifier cette mesure de précaution.

(e) Le Louvre, seule construction importante qui existât au commencement du XIIIe siècle dans la banlieue occidentale.

Qu'était en réalité ce château? D'où lui était venu le nom qu'il portait et qui devait un jour être connu du monde entier ?

C'est tout simplement le nom d'un ancien lieu-dit, à joindre à ceux que nous avons cités précédemment. Lupara, Lupera, Luvra, Louvre ou le Louvre, tels sont les divers noms qui se rencontrent dans des titres remontant à la première moitié du XIIIe siècle.

 Quand Philippe Auguste, partant pour la croisade, résolut de doter sa capitale d'une enceinte fermée, renforcée de distance en distance par des bastides, c'est en cet endroit qu'au début des travaux il fit jeter les fondements de la principale de ces bastides ou forteresses

(66) « A Monsgr pour jouer aux dé en la compagnie de messire Bertrand Duguesclin connestable de France, du sire de Clipson et autres à plusieurs fois… Saumur XXIIe novembre 64 francz…. Arch Côte d’Or, B 1438 fol 20

(67) A messire Cadifer de la Sale, chevalier auquel mon dit seigneur les avoit perdue estant au jeu de paume….XXIIe novembre, XXXI fr » Loco citato

(68)«  A Sire Berthelemi Spifame qui le XVIe jour de décembre darrièrement passés les bailla à Monsgr et yceulx Mgr perdit au jeu de dés an la compaignie du comte de Tancarville, du connestable de France, du seigneur de la Rivière et autre, cc francz…. » Arch Côte d’Or N 1438, fol 20. Le duc rentra le 11 novembre au soir à Paris, c’est le 16 qu’il fait un emprunt à Spifame.

(69)Thouars

 (70) Bibl Nat. coll. Bourg, t 21, fol 9

(71) Lettres datées de Saumur, 22,24,26 novembre- arch Côte d’Or, B 1438 fol 55

(72) Montreuil- Bellay

(73) Bibli nat. Coll Bourg, t. 21 fol 9 d’après deux mandements du duc, de Dijon 23 avril et d’Argilly 5 mars .

 (74) Arch de la Côte d’Or, B 1438 ,fol 56

(75) « A monseigneur pour soy esbatre jouer aux dés à Chinon darrièrement qu’il y fut, en la compagnie du connestable de France, du sire de Clispon et de Montseigneur de la Rivière, par mandement sens autre quittance… Donné à Paris, XVIe de décembre… XL francz (Comptes généraux de Amiot Arnaut receveur général. Arch de la Côte d’Or B 1438)