Le 14 juin 1375 à la requête de Péronnelle de Thouars, Charles V établit des impôts pour la réparation de la garde des barbacanes et de l'île de Marans

Le 14 juin 1375 à la requête de Péronnelle de Thouars, Charles V établit des impôts pour la réparation de la garde des barbacanes et de l'île de Marans.

L'île de Marans, située sur la Sèvre, la grande artère fluviale du Bas-Poitou, était toute désignée, par sa situation, pour servir de lieu d'entrepôt entre les marchands du Poitou, d'une part, ceux de l'Aunis et de la Saintonge, de l'autre.

Ce point devint donc forcément au moyen âge le centre d'une seigneurie importante, qui s'étendait de l'île de Maillezais à la mer. (Golfe des Pictons)

 

Protéger les populations des invasions : l’essor des bourgs castraux et église fortifiées.

Les hommes vont s’installer timidement sur les terres immergées. Les différentes invasions vont pousser les noyaux humains à se protéger de remparts. Des châteaux s’élèvent sur territoire au cours du second essor urbain au début du Moyen-âge calssique (Marans, Nuaillé d’Aunis, Benon, Saint-Sauveur d’Aunis, Ferrières, Saint Jean de Liversay ou encore Charron).

Ces bourgs vont s’implanter à des endroits stratégiques (monticule naturel ou motte) qui leur permettent d’avoir une bonne place défensive. C’est le cas du bourg de Marans qui protégeait l’ouverture sur la Sèvre niortaise.

Les seigneurs y percevaient des droits sur la navigation, qui, au XIIIe siècle, portaient le nom de pedagium et rivagium. (1).

Au XIVe siècle, la province d’Aunis est officiellement reconnue par le roi Charles V et la Rochelle devient sa capitale.

La guerre de Cent Ans qui va se dérouler entre le XIVe et le XVe va stopper la conquête de la terre sur le golfe et détruire une partie des travaux engagés.

Le 14 juin 1375, Charles V, à la requête de Péronnelle de Thouars, femme d'Amaury de Craon, comte de Dreux, sire de Marans, son mari, établit des impôts pour la réparation de la garde des barbacanes et de l'île de Marans.

Ces droits étaient les suivants : pour chacune personne de pied, passant par l'île, 1 denier ; pour chacune bête chevaline, asine, bovine ou béline, 1 denier ; pour chacune charge de cheval, vin, sel, poisson, draps, cuivre de poids et autres denrées et marchandises, passant tant par terre que par mer, 4 deniers (1).

 Le roi Charles VIII, éclairé sans doute par les conflits qui existaient au sujet du Brault, entre les La Trémoille, seigneurs de Marans, et les seigneurs de Charron, croit devoir à son tour prendre l'initiative d'améliorer les voies de communication.

Il constate l'importance de Marans, qui était une avant-garde de La Rochelle ; il observe que ce lieu est environné « d'eaux et marais de toutes pars, auquel lieu y affluent et viennent souvent, tant par mer que par terre, plusieurs marchans des pays de Flandre, Picardie, Normandie, Bretaigne, Espaigne et de plusieurs autres pays tant de notre royaulme que d'ailleurs, pour aller et venir en nostre dicte ville de La Rochelle, et aussi pour venir d'icelle y passent lesdits marchans et plusieurs marchandises pour aller ès pays de Poitou, Bretaigne, Anjou, le Mayne, Tourayne et autres parts ».

Puis après avoir fait observer que les voies de communications sont en mauvais état et dangereuses, il établit, pour neuf années, par des lettres de janvier 1492 (n.s.), des droits de péage, barrage, aide ou coutume nouvelle pour les dépenses indispensables tant à ces voies de communication qu'à Marans (2).

Le bon entretien de la Sèvre préoccupait aussi le pouvoir, avec d'autant plus de raison que c'était la grande voie de trafic pour les marchandises circulant entre la mer, Niort et le Poitou. Jean, duc de Berry, comte de Poitou, songea alors à confier à l'échevinage de Niort les profits de l'aide des marchandises qui arrivaient à Niort et à Sepvreau, et qui provenaient des ports de la Sèvre et de la Vendée (3).

Les rois ses successeurs firent de même, mais il n'y a pas lieu de s'étendre ici davantage sur ce sujet, alors qu'il s'agit simplement de constater l'existence des droits nombreux qui grevaient la navigation dans la rivière de la Sèvre.

La situation de Marans ne s'était cependant pas considérablement améliorée, si nous en croyons l'ingénieur Masse.

« Pour arriver à Marans, lisons-nous en effet dans les mémoires de cet ingénieur, partie de l'année et surtout l'hiver, de quelque côté qu'on y arrive, il faut traverser l'eau.

Quand on vient en effet de La Rochelle, on a le passage de Sérigny qui a plus de 700 toises de long et qui est très mauvais; la levée est imparfaite et on fait souvent le trajet en bateau, particulièrement dans les grandes eaux ; et quand on vient du côté de Poitiers, il faut passer la chaussée de la Bastille souvent à gué ou en bateau. Pour le côté Nord, les trois quarts de l'année, il est inaccessible tant par le débordement de la rivière qui forme comme un grand fleuve, que par un très grand nombre de fossez et de canaux qui ne rendent le pays accessible qu'aux embarcations; le côté de la mer n'est guère plus abordable. »

 

Recueil des actes de la Commission des arts et monuments de la Charente-Inférieure

 

 

 

 


 

Sur la Terre de nos ancêtres du Poitou - Aquitania (LES GRANDES DATES DE L'HISTOIRE DU POITOU ) -

Les Gaulois habitant le Poitou s'appelaient les Pictons; de là le nom de Poitou, Poitiers. Avant l'occupation romaine, la région est peuplée par les Pictaves ou Pictons qui nous ont laissé des grottes préhistoriques, menhirs, dolmens, etc. que nous retrouvons un peu partout, tant dans la Vienne que dans les Deux-Sèvres.

 

(1)     Bibl. nat. Fds Gaignières, 17029, fol. 218, — Arch. de la Saint., t. X, p. 27.

Ripaticum : Rivages, et droit qui se perçoit pour la garde et conservation des rivages

Pedagium : Ce qu’on paie au Seigneur pour passer sur ses terres

(2) Ce document provenant du fonds de M. le duc de La Trémoille a été publié par M. de Richemond; 1874, in-8°.

(3) Arch. de la Saint., t. I, p. 87, qui donnent l'état des droits à percevoir.

(4) Lettres des 16 août 1412 et 7 février 1416.—Augier, sieur de La Terraudère. Thrésor des titres... de Nyort. Nyort, Anthoine Faultré, 1675, p. 172, 197. —V. aussi Lettres de Charles IX du 3 octobre 1471 ; id., p. 270 ; de Louis XIV, 19 octobre 1643 ; id., p. 282, etc. (