Prieuré SAINT MICHEL LE CLOUCQ sur le chemin des Saulniers de la baronnie de Mervent dépendant au Moyen-âge de l'abbaye de Maillezais

SAINT MICHEL LE CLOUCQ, juché sur la motte d’un ancien castrum en rive de l’antique chemin des saulniers joignant Poitiers à l’océan, doit son nom à un vieux prieuré protégé par une muraille entourée d’un large fossé.

Au point de vue féodal, Saint-Michel dépendait autrefois de la baronnie de Mervent. La première construction de l'église de Saint-Michel paraît dater du XIIe siècle.

Une bulle du pape Célestin, adressée aux religieux de l’abbaye de Maillezais, nous apprend que Saint-Michel-le-Cloux faisait naguère partie des terres qui dépendaient de cette abbaye, sous le pontificat de Grégoire IX.

Geoffroy la Grand'Dent ayant été excommunié à l'occasion du pillage du monastère et de ses dépendances, n'obtint son absolution qu'après avoir restitué l'église de Saint-Michel (Sanctus Michael Clausus) à ses légitimes propriétaires (1232).

Le 8 avril 1305, Bertrand de Got, en tournée métropolitaine dans le Bas-Poitou, passa à Saint-Michel-le- Cloux, visita le prieuré et y séjourna.

Saint-Michel du Claux.( Saint Michel le Cloucq) - Le  191 porte que ledit seigneur seroit alle au prieure Saint Michel-Duclaux près Fontenay couche en ycelluy avec son train et le lendemain (9 avril) y avoir presche confirme tonsure et faict aultres actes de visite.

 

Rémission accordée à Thomas Rioteau, de Saint-Michel-le-Cloucq, prisonnier audit lieu pour un vol commis au préjudice de son oncle maternel, Jean Liet, auquel d'ailleurs il avait fait restitution. (JJ. 187, n° 33, fol. 20.)

Juin 1457.

Charles, etc. Savoir faisons, etc., nous avoir receue l'umble supplicacion de Thomas Ryoteau, povre homme de labour, fils de Jehannin Rioteau, natif de Saint Michau le Clou, jeune homme de l'aage de XXII. ans ou environ, contenant que, ou mois d'avril derrenierement passé, à l'occasion de certaines parolles et injures verballes à lui dictes par Jehan Lyet, son oncle maternel, demourant audit lieu de Saint Michau, il dolent et courrocié des dictes injures, contre [lui par] sondit oncle [proférées], conceut haynne contre lui, et à ceste cause fut esmeu de faire desplaisir à son dit oncle en ses biens meubles ; lequel suppliant, pour acomplir son propos et volunté à rencontre de son dit oncle, se transporta en l'ostel d'icellui son oncle, ouquel il ne trouva personne et entra oudit t hostel qui n'estoit point fermé à la clef.

Et après ce qu'il fut entré oudit hostel, d'une serpe qu'il avoit rompit le morteul d'un forcier ou coffre qui estoit en icelluy, ouquel il trouva certaine quantité de linge comme linceulx, thouailles, lettres et autres choses, dessoubz lesquelles il trouva une poche ou sachet de linge, en laquelle avoit certaine quantité de monnoye, autrement n'en scet le compte, parce qu'il ne le compta point.

Et aussi trouva en une escuelle d'estaing la monnoye de deux escuz ou environ, et en unes burletes quatre escuz d'or ; lesquelz quatre escuz et monnoye il mist en son bonnet avecques ladicte poche où estoit ledit or, et le tout en son sain.

 Et ce fait, s'en ala hors dudit hostel et ferma la dite porte après lui, ainsi qu'il l'avoit trouvée, et d'ilec s'en ala ou village de la Freslerie, et en soy retournant dudit village, il mist ladite poche où estoit ledit or, excepté certaine partie qu'il mist en sondit bonnet, où estoient encores lesdiz quatre escuz et partie de ladicte monnoie des diz deux escuz, qu'il enterra au pied d'un chesne en l'arbrière ou haye de boys de Ponsinière près dudit lieu de Saint Michau ; et le surplus dudit or et aussi lesdiz quatre escuz et monnoie enterra autre part au pié d'un cormier appellé le Cormier Robert, assis près de l'ostel de la Louherie.

Et incontinant qu'il fut arrivé audit lieu de Saint Michau, survint en l'ostel de sondit père, où il estoit, Pierre LeJay, sergent de Pierre Bonnea, escuier, seigneur dudit Saint Michau le Clou (1), laquelle seigneurie de Saint Michau ledit escuier tient noblement à foy et hommage de nostre très chier et amé cousin le conte de Richemont, à cause de son chastel et chastellenie de Mairevent.

Auquel Rioteau, suppliant, le dit Rioteau (2) dist que ledit Liet, son oncle, estoit tout enragié de son argent qui lui avoit esté emblé, et s'en estoit alé et que l'on ne savoit qu'il estoit devenu, et que s'il avoit eu ledit argent et biens meubles, qu'il lui conseilloit qu'il les rendist etrestituast audit Liet, son oncle. Et lors ledit suppliant fist response audit sergent qu'il n'avoit point eu les dites choses et que par ce il n'en departiroit point le païs.

Après laquelle response faicte par ledit suppliant audit sergent, icellui sergent s'en ala d'avecques ledit suppliant. Et après ce que le dit sergent s'en fut alé, le dit Ryoteau, suppliant, fut très dolent de ce que son dit oncle s'en estoit ainsi alé, et delibera en soy de rendre et restituer ledit or et argent, et ce qu'il avoit ainsi prins, appartenant à son dit oncle.

A l'occasion desquelles choses ainsi emblées par ledit suppliant ou autrement, il fut prins prisonnier par ledit sergent et mis et constitué ès prisons dudit seigneur de Saint Michau, où il est encores detenu. De laquelle prinse et emprisonnement il appella, lui estant èsdites prisons, pour empescher qu'il ne fust aucunement interrogué des cas dessus diz, combien qu'il eust tousjours vouloir et entencion de rendre et restituer à sondit oncle les dites choses par lui prinses furtivement comme dit est.

Et depuis a renoncé à son dit appel, lui estant èsdites prisons, et enseigné lesdites choses par lui prinses et ravyes ; lesquelles ont esté rendues et baillées à son dit oncle ou à autre pour lui, et en est content dudit suppliant.

Non obstant laquelle restitucion ainsi faicte que dit est, ledit suppliant est detenu prisonnier ès dites prisons dudit seigneur de Saint Michau, èsquelles il est en avanture de finer ses jours miserablement, se nostre grace et misericorde ne lui estoient sur ce imparties ; en nous humblement requerant que, attendu ce que dit est, et que ledit suppliant a rendues et restituées les dites choses, etc., et que ce qu'il l'a meu à embler lesdites choses à son dit oncle, fut à l'occasion desdites parolles et injures qu'ilz eurent lui et son dit oncle, il nous plaise sur ce lui impartir nostre dite grâce.

 Pour quoy nous, ces choses considérées, voulans grace et miséricorde preferer à rigueur de justice, audit Thomas Rioteau, prisonnier, avons oudit cas quicté, remis et pardonné, etc.

 Si donnons en mandement par ces presentes à nostre seneschal de Poictou, ou à son lieutenant à son siège de Nyort, et à tous noz autres justiciers, etc.

Donné à Monbrison en Forestz, ou mois de juing, soubz nostre seel ordonné en l'absence du grant, l'an de grace mil cccc. LVII, et de nostre règne le xxxvme.

Ainsi signé : Par le conseil. G. de Thoucy. —Visa. Contentor. Briçonnet.

 

 

A l'époque de la translation de l'évêché de Maillezais à La Rochelle, le premier doyen de cette cathédrale fut messire Pierre de Hangert, prieur de Saint-Michel-le-Cloux et docteur en théologie de la Faculté de Paris.

A l'époque des guerres de religion, elle n'échappa point aux dévastations des bandes protestantes et fut notamment très maltraitée, en 1570, par François Boutou, dit le capitaine Granzay, tué plus tard à la bataille de Sainte-Gemme, près Luçon.

Plusieurs chapelles y étaient autrefois desservies; de ce nombre, les chapelles de La Braud de Notre-Dame de Pitié et de Saint-Martin.

Ce prieuré, uni au chapitre de La Rochelle, possédait au XIIIe siècle un revenu de 1400 livres.

 

SAINT MICHEL LE CLOUCQ de la baronnie de Mervent sur le chemins des Saulniers

Armoiries de la commune de Saint-Michel-le-Cloucq, Vendée, France

D'azur au donjon couvert d'argent, ouvert et ajouré du champ, flanqué de deux tours couvertes d'argent, ajourées du champ, le tout maçonné de sable, soutenu de l'archange saint Michel d'or; au franc-canton dextre cousu de gueules chargé d'un chêne d'or et au franc-canton senestre cousu de gueules chargé d'une gerbe de blé d'or.

Devise: « sancti michælis clausi ».

 Motte de l’ancien castrum de Saint Michel le Cloucq

==>Visite pastorale dans le Poitou de Bertrand de Got (CLÉMENT V) du 17 MAI 1304 au 22 juin 1305

==> Mervent

==> Abbaye de Maillezais

 

 


 

Chemin des Saulniers de Poitiers

Depuis Fontenay on le trouve sous les noms de chemin Vert, chemin des Sauniers et aussi sous celui de chemin de Sainte-Radegonde, parce que c'était la route qui conduisait de Poitiers aux domaines que les religieuses de Sainte-Croix possédaient à Jard, du temps des Mérovingiens.

 

 

  1. Il était fils (l'autre Pierre Bonneau, écuyer, et de Marie de Saint-Micheau, qui avait eu la terre de Saint-Michel-le-Clou, comme héritière de son frère Gillet, mort jeune.

Ce fief qui relevait du roi ou des comtes de Poitou, à cause de Fontenay-le-Comte, jusqu'en 1419 au moins, était dès 1428 dans la mouvance de Mervent, domaine des seigneurs de Parthenay.

Lancelot de Saint-Micheau en était seigneur à la fin du XIVe siècle. Peu de temps après sa mort, sa veuve Jeanne Brisson, tutrice de Gillet, leur fils mineur, en rendit l'aveu à Jean duc de Berry, le 2 mai 1403 ; elle fit de même, le 16 juin suivant, pour les terres que possédait son mari à Courgé, mouvant de Lusignan, et le 19 mai 1404, pour le fief de Beaumont à la Meilleraye près Fontenay, aujourd'hui commune de Saint-Michel-le-Clou. (Voir Arch. nat., R1 217', p. 296; R1 217 2, p. 1084, 1086-1094.)

Sur le livre des aveux et hommages rendus, en 1418, au dauphin Charles, comme comte de Poitou, on trouve la mention d'aveux fournis alors pour les mêmes seigneuries, et particulièrement pour « la Mothe Saint-Michau-le Clouq. où souloit avoir anciennement chastel ». (Id., P. 1144, fol. 22 v°, 46 v°, 48 v°.)

Le 15 octobre 1419, Pierre Bonneau en fit hommage au même prince, à cause de sa femme, Marie de Saint-Micheau (P. 1145, fol. 47 v°), et le 2 octobre 1428, il en rendit l'aveu à Richernont, sr de Parthenay, Vouvant et Mervent, ainsi que du fief de la ChapelleBéraud (même paroisse de Saint-Michel).

Le Dict. des familles du Poitou cite d'autres aveux pour Saint-.Michel-le-Clou, des 20 août 1447, 10 septembre 1460 et 14 janvier 1469 (nouv. édit., t. I, p. 605). Ces derniers furent rendus par Pierre Bonneau le fils, celui dont il est question ici, qui, le 26 septembre 1447, dans un aveu de ses terres de Courgé, est dit « sous le bail de Pierre Boutou, chevalier, sr de la Baugissière ». (Arch. nat., P. 1145, fol. 71.)

L'aveu du 20 août 1447 pour Saint-Michel-le-Clou, hôtel, hébergement et dépendances, daté de Benet, rendu au comte de Richemont, comme seigneur de Mervent, donne les noms des possesseurs d'arrière-fiefs tenus à foi et hommage plein dudit Saint-Michel. Ce sont : Jean de Blavetes, pour son lieu de la Mothe, en ladite paroisse ; Louis de Baugis, pour son hôtel de la Girardière, sis près dudit lieu de la Mothe ; Guillaume du Berrot, pour raison d'un fief appelé la Quintaine, assis en la paroisse de l'Orberie ; les hoirs de feu Jean Voyer. chevalier, à raison d'une dîmerie et autres choses en la paroisse de Cezais ; Geoffroy Pasquet, pour son hôtel et appartenances de Malevoisine, en la paroisse de Vouvant ; et Pierre Boutou, chevalier, à raison d'un fief de vignes appelé le Rouil, en ladite paroisse de Saint-Michel-le-Clou. (Arch. nat., R 1*204, fol. 27.) Pierre II Bonneau épousa, avant 1457, la fille de Pierre de Leugny, chevalier, seigneur du Bois-Berthier près Niort, comme on le voit dans des lettres de rémission accordées, en août 1459, audit s' de Leugny, à son gendre et à plusieurs autres, dont un Guillaume Bonneau, frère ou cousin de Pierre, coupables de meurtre. (Ci-dessous, n° MCCCXVII).

2. Sic. Il faut sans doute lire « sergent » au lieu de « Rioteau ».