Prieuré de Saint Etienne de Marans l'année 1562, cohabitation des Catholiques et Protestants

De même que tous les lieux habités du golfe poitevin, Marans est bâti sur une île à base rocheuse, à 10 kilomètres environ de l'Océan. Son nom de Marans lui vient de ce que cette ville, anciennement un bourg, simple châtellenie dont le seigneur et maître avait nom Porrechie, était environnée de Marais.

Il est certain que cette île a été habitée il y a plus de deux mille ans. Le hasard y a fait découvrir, en 1868, et plus tard, en 1885, au lieu- dit « Les Justices », sur la rive droite du canal de la Banche, une couche de cendres contenant des ossements humains et des débris de poterie, parmi lesquels des vases et des coupes permettant d'établir que ces objets doivent remonter à l'époque de l'invasion des Gaules par les Celtes, c'est-à-dire à cinq cents ans avant Jésus-Christ.

Marans n'a pas échappé aux guerres civiles et religieuses qui ont ensanglanté la contrée. Très fortifiée, et bien que protégée par sa situation même au milieu de marais bourbeux, elle n'en fut pas moins par trois fois ruinée.

L'année 1562, Marans était en possession d'un temple et, jusqu'en 1599, le cimetière placé auprès de l'église paroissiale fut commun à tous les habitants sans distinction de religion mais, à cette époque, à la suite d'une réunion provoquée pour l'exécution de l'édit de pacification, les calvinistes exposèrent que « si, depuis vingt-cinq ans en sçà et auparavant ils avaient usé promiscuemcnt et en commun du grand scimetière proche l'église et prioré, ils n'en craignaient pas moins que des difficultés ne surgissent du côté des catholiques. »

Reconnaissant cependant qu'on ne pourrait trouver auprès du bourg d'autre terrain plus propice à faire un cimetière, ils demandaient qu'on leur en attribuât une portion qui serait délimitée.

Ce terrain, marqué par des pieux, devait avoir 27 toises de long sur 18 de large, et devait être entouré d'un mur de 8 pieds de hauteur. Le reste du cimetière devait appartenir aux catholiques, et défense était faite aux uns et aux autres de se troubler dans la jouissance de leurs terrains et dans l'accomplissement des cérémonies de leurs cultes

En 1589, Henri IV prend la place après un siège de quatre jours. Marans devient une des places de sûreté protestantes.

« Jusqu'en 1628, les habitants se réunissaient chaque année pour désigner celui de l'une et de l'autre religion qu'ils estimaient le plus capable de remplir la charge de sindic mais, après la prise de La Rochelle, les réformés ayant été exclus en fait de toutes les fonctions publiques, avant d'en être exclus légalement par une série d'édits, de déclarations et d'arrêts,  nous ne trouvons plus à la tête de la communauté qu'un seul sindic catholique. Les actes d'assemblée continuent cependant à mentionner encore pendant quelque temps la présence d'habitants de l'une et de l'autre religion »

Société des archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis.

 

 1217 Eglise Saint-Etienne de Marans - Charte Canal des Cinq Abbés - Saint-Michel, l’Absie, Saint Maixent, Maillezais, Nieul.<==.... ....==> Notice historique sur la ville de Marans - Les Guerres de religion.