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PHystorique- Les Portes du Temps
2 juin 2020

Jean René Constant Quoy et le Voyage de découvertes de l'Astrolabe exécuté sous le commandement de M.J. Dumont d'Urville.

Jean René Constant Quoy et le Voyage de découvertes de l'Astrolabe exécuté par ordre du Roi sous le commandement de M

Savant illustre et célèbre voyageur, commandeur de la Légion d'honneur, correspondant de l'Institut, inspecteur général du service de santé de la marine, Quoy, né le 10 novembre 1790, à Maillé, qui faisait partie autrefois de l'Aunis, est décédé à Rochefort, le 4 juillet 1869.

Depuis plusieurs générations, la famille du docteur Quoy était vouée à la profession médicale, et, chose étrange, son aïeule, fille d'un maître en chirurgie, se fit elle-même, à l'âge de vingt-six ans, recevoir maîtresse en cet art, à la suite de sévères examens passés le 25 juin 1760, à Fontenay-le-Comte.

Rien d'étonnant alors que l'un de ses petits-fils ait obéi à une vocation vraiment héréditaire.

Doué de la plus heureuse mémoire, tout aussitôt ses études terminées, il accompagna son père au chevet de ses nombreux malades.

Studieux et grave, ses lectures favorites révélaient déjà ses aptitudes et sa destinée.

Le mystere_de_la_perouse-puy_du_fou

La Bible, les livres de science, les voyages de Cook, annonçaient en effet le chrétien, le savant et le voyageur, et le jeune homme justifia pleinement cette triple prévision.

Il montra, de bonne heure, ses aptitudes et ses destinées. Entré à l'école de médecine navale de Rochefort le 9 novembre 1806, chirurgien auxiliaire le 24 août, il embarque le 30 octobre suivant sur la corvette le Département des Landes et triomphe deux fois des corsaires anglais.

Sorti premier du concours en avril 1811

Le 1er février 1812, Quoy était promu à la seconde classe de son grade, pendant un embarquement. Il monte le brick le Flibustier dont il débarque le 25 mars 1813.

Promu à la 1re classe, il est reçu docteur en médecine à 23 ans, fait une campagne à l'île Bourbon sur la Loire, conquiert sa grande renommée scientifique dans son voyage sur l'Uranie, commandée par Louis de Freycinet, et il associe à sa gloire ses collaborateurs Gaimard et Gaudichaud. Cuvier se plut à constater que cette campagne avait enrichi la science de 307 animaux nouveaux.

La thèse qu'il soutint à Montpellier, écrite dans une élégante latinité, traitait des principaux effets de la peur (De nonnulis pavoris effectibus).

En 1814, il fit sur le transport la Loire une campagne à l'ile Bourbon ; et la paix ayant rendu les mers libres, le gouvernement confia alors au capitaine de frégate Louis de Freycinet, la corvette l'Uranie pour un voyage de circumnavigation.

Destinée aux progrès des connaissances humaines, cette expédition, qui avait pour important objet la détermination de la forme du globe terrestre dans l'hémisphère sud, l'observation des phénomènes magnétiques et météorologiques, l'étude des sciences naturelles et de la géographie, fut exécutée avec les seules ressources du corps de la Marine, sans le concours d'aucun savant de profession.

Quoy obtint l'honneur d'être désigné comme chirurgien-major de la corvette, et dès lors associa fraternellement à ses travaux et à sa gloire ses collègues Gaimard et Gaudichaud.

C'était en 1817. A cette époque, un voyage autour du monde était encore plein de difficultés et de périls.

Aujourd'hui, dit Châteaubriand, « un simple baleinier fait voile au pôle austral; si la pêche n'est pas bonne, il revient au pôle boréal ; pour prendre un poisson, il traverse deux fois les tropiques, parcourt deux fois un diamètre de la terre et touche en quelques mois aux deux bouts de l'univers. Aux portes des tavernes de Londres, on voit affichée l'annonce du départ du paquebot de la terre de Diémen avec toutes les élégances possibles pour les passagers aux antipodes, et cela auprès de l'annonce du départ du paquebot de Douvres à Calais. On a des itinéraires de poche, des guides, des manuels, à l'usage des personnes qui se proposent de faire un voyage d'agrément autour du monde. »

Le commandant de Freycinet a décrit la campagne de l'Uranie avec la précision du savant et le charme du littérateur.

Quoy visita donc la presqu'île Péron, dans l'ouest de la Nouvelle-Hollande, Timor et Dillé, les îles Papous, l'archipel des Mariannes, les îles Sandwich, le port Jackson, Botany-Bay. Il franchit les montagnes bleues et parcourut les vastes solitudes protégées par cette chaîne immense.

On sait qu'à la suite du naufrage de l'Uranie toutes les collections furent submergées. Une partie seulement put être sauvée, et l'expédition revint en France le 28 novembre 1820 sur un navire de commerce acquis par l'Etat.

Le journal de campagne de Quoy est rédigé avec autant de réserve que de modestie ; mais les faits suppléent à son silence, ils attestent l'infatigable activité du naturaliste, le dévouement persévérant du médecin, l'énergie et la patience de l'explorateur qui consacrait régulièrement chaque jour 16 à 20 heures au travail.

Chirurgien de lre classe le 1er février 1821, Quoy fut appelé à Paris pour contribuer à la rédaction du voyage de découvertes de l'Uranie.

Professeur d'anatomie à l'école de médecine navale de Rochefort en 1824, à la suite d'un brillant concours, Quoy sollicite un nouvel embarquement.

(René Caillié le découvreur de Tombouctou - Rochefort Hermione)

 De la brillante campagne de l'Astrolabe commandée par Dumont d'Urville, avec Gaimard et René Lesson, depuis officier de la Légion d'honneur, correspondant de l'Institut, et naturaliste éminent comme son frère, Adolphe Quoy rapporte 4.000 dessins relatifs à 1.200 espèces d'animaux et reçoit les félicitations de Geoffroy Saint-Hilaire, Blainville, Brongniart, Biot, Cordé.

Correspondant de l'Institut en 1831, Quoy est présenté pour la chaire de Blainville au Jardin des Plantes. Valenciennes lui est préféré. Second médecin en chef, le 16 avril 1828, premier médecin, le 21 juillet 1835, Quoy est appelé le 17 novembre 1848 à l'inspection générale du service de santé de la marine et reçoit la croix de Commandeur, le 31 décembre 1852.

Retraité, le 14 novembre 1858, il montra par ses journaux de bord et sa correspondance, les hautes qualités du cœur et de l'intelligence qui le faisaient aimer et estimer. On a pu lui appliquer les caractères que Saint-Simon se plaît à reconnaître au duc de Montausier, « une vertu hérissée et des mœurs antiques ».

 

Voyage de découvertes de l'Astrolabe exécuté par ordre du Roi, pendant les années 1826-1827-1828-1829, sous le commandement de M.J. Dumont d'Urville.

De Jean René Constant Quoy, Pierre-Adolphe Lesson, Achille Richard, Jules-Sébastien-César Dumont D'Urville

le Mystère la Pérouse Puy du Fou

Parmi les nombreuses contrées visitées par l'Astrolabe, dans son voyage de circumnavigation, il n'en est pas de plus intéressante que la Nouvelle-Zélande, région fort peu connue jusqu'alors sous les rapports géographique et d'histoire naturelle. Les recherches des officiers et des naturalistes, sous le commandement du capitaine d'Urville, ont donné des résultats d'une grande importance. Pour nous borner à ce qui regarde spécialement la botanique, les récoltes de végétaux faites par M. Lesson jeune, pharmacien de l'expédition, jointes à celles que le capitaine d'Urville lui-même a trouvé moyen de recueillir au milieu des occupations plus importantes qui partageaient son temps, nous ont fait beaucoup mieux connaître qu'elle ne l'était auparavant la végétation de la Nouvelle-Zélande.

En effet ce pays avait été peu visité par les naturalistes. Forster, l'un des compagnons de Cook, fut le premier qui, dans son Prodrome, nous donna une idée des principaux végétaux qui croissent à la Nouvelle-Zélande. Ceux qu'il y mentionne sont au nombre de 274; savoir, 121 Dicotyledons, 131 Monocotylédons, et enfin 22 Fougères et Lycopodes. Menzies a également rapporté de ce pays un grand nombre de plantes cryptogames qui ont été successivement publiées dans les différens ouvrages du professeur Hooker, et entre autres dans ses Musci exotici et ses livraisons de Fougères.

Tels sont les seuls ouvrages dans lesquels on ait décrit les plantes qui croissent à la Nouvelle-Zélande. Si l'on récapitule le nombre des espèces jusqu'alors connues des botanistes, on voit qu'il est à peine de trois cents à trois cent vingt. Or l'essai que nous présentons ici comprend 380 espèces; savoir, 211 Phanerogames, dont 158 Dicotyledones, 53 Monocotyledones et 169 Cryptogames. Sans doute ce nombre est bien loin de représenter d'une manière complète la végétation de ce vaste archipel. Car si l'on réfléchit au petit nombre de points qui ont été explorés par les naturalistes, et surtout au peu de temps qu'ont duré leurs excursions, on concevra facilement qu'il reste encore beaucoup d'espèces à y découvrir. Aussi n'avons-nous pas eu la prétention de faire une Flore complète de la Nouvelle-Zélande, mais simplement un essai qui représente réunies toutes les espèces qui jusqu'à ce jour y ont été observées.

Indépendamment des espèces que nous avons observées par nous-même et qui provenaient des récoltes faites par MM. le capitaine d’Urville et Lesson jeune, pendant le dernier voyage de l'Astrolabe, nous avons eu à notre disposition un assez grand nombre des espèces types, recueillies par Forster lui-même, qui font partie des riches herbiers du Muséum d'Histoire naturelle de Paris. Ces échantillons originaux nous ont été fort précieux, en nous donnant les moyens de dénommer avec certitude, et par une comparaison matérielle, une partie des espèces récoltées dans le voyage de l’ Astrolabe. Mais un avantage non moins grand qui sera apprécié et partagé par tous les botanistes, c'est que nous avons eu en communication les manuscrits de Forster. Or on sait qu'un grand nombre des espèces mentionnées par ce botaniste ne sont souvent connues que par la simple phrase caractéristique qu'il en a donnée dans son Prodrome. Aussi plusieurs sont-elles si incertaines qu'elles ont été omises par les auteurs de spéciès généraux. Nous avons pu par ce moyen lever les doutes qui pouvaient exister sur plusieurs de ces espèces, soit en faisant nous-mêmes des descriptions détaillées d'après les échantillons originaux de Forster, quand nous les avons eus sous les yeux, soit en publiant ses descriptions manuscrites pour les espèces que nous ne possédions pas, ou dont nous n'avions que des individus trop incomplets ou en trop mauvais état. Nous avons eu le soin d'indiquer ces emprunts, soit par la citation des manuscrits de Forster, soit en faisant précéder du signe + le titre des espèces décrites par ce voyageur.

Avant de donner un aperçu sur les rapports de la végétation de la Nouvelle-Zélande avec celle des diverses régions du globe, nous allons esquisser, d'après les notes de M. Lesson et les renseignemens verbaux que nous a fournis le capitaine d'Urville, l'aspect général du pays. Il est traversé par des montagnes qui s'élèvent successivement à mesure qu'on s'éloigne des côtes.

Au havre de l’ Astrolabe ces montagnes atteignent une grande hauteur, et plusieurs sont couvertes de neige. Devant le mouillage elles s'élèvent presque verticalement après les petites plages de sable du rivage.

 Une fois qu'on a atteint les sommets, on peut facilement passer de l'une à l'autre, et l'on jouit du haut de ces cimes d'un coup-d'oeil ravissant. La plupart sont couvertes de fougères, plusieurs d'arbres et d’arbrisseaux. La couche d'humus est parfois très-épaisse; cette terre est noirâtre, légère, encore remplie de débris de végétaux, et arrosée par un grand nombre de torrens et de ruisseaux.

La Nouvelle-Zélande, située par 35° et 40° de latitude australe, offre cela de commun avec les autres régions tempérées et humides que sa végétation a une teinte plus foncée, plus verte et vivante que celle des nombreuses îles visitées par l'Astrolabe. La partie la plus riche est sans contredit l'ile du Sud ou la baie de Tasman. La baie des Iles sur l'ile Nord vient ensuite; et il paraît que la végétation est plus pauvre dans les baies Kawa-Kawa, Houa-Houa, de l'Abondance, de Bream, et sur la rivière Tamise ou Shouraki.

Nous avons dit plus haut que la couche d'humus était généralement épaisse : ceci ne doit s'entendre que du littoral exploré par les navigateurs, car les crêtes de quelques montagnes qu'ils ont gravies leur ont offert une couche moins épaisse, et qui ne donne guère naissance qu'à des Fougères et à des Lichens ; quelques petits arbres forment des bouquets épars sur ces éminences à la baie Tasman. Dans la baie Shouraki et ses divers bras, où plusieurs îles furent découvertes par le capitaine d'Urville, une seule, nommée Ile Verte, était entièrement couverte d'arbres verts. Cette île était volcanique, de même que celles du voisinage, mais qui étaient privées de végétaux élevés. A très-peu de distance de ce groupe d'iles est la grande ile Ika-na-Mawi, où s'élèvent d'immenses forêts pleines de lianes et d'arbrisseaux entrelacés qui les rendent impénétrables. C'est dans ces forêts qu’existent sans doute des arbres dont les dimensions sont gigantesques, car les pirogues des indigènes ont jusqu'à cinquante et soixante pieds de long sur trois et quatre de large, et le tout d'une seule pièce. En passant à trois ou quatre milles de la côte, nos navigateurs virent de grands espaces très-bas, et probablement marécageux, couverts d'une grande masse d'arbres verts qui paraissaient appartenir à la famille des Conifères. Le Dacrydium cupressinum, le Podocarpus dacrydioides, et plusieurs autres arbres verts dont nous donnerons les descriptions, forment probablement l'essence de ces massifs.

Le håvre de l’Astrolabe, dans la baie Tasman, est un des points où MM. d'Urville et Lesson ont fait les plus abondantes récoltes. Ce que nous allons dire sur la végétation de cette localité suffira pour donner une idée générale de celle de toute la Nouvelle-Zélande, car ses diverses contrées offrent entre elles beaucoup de ressemblance, à l'exception de quelques plantes qui semblent caractériser chacune d'elles, mais qui pourraient bien exister également dans les autres parties de l'archipel dont l'exploration n'a pas été aussi complète. La végétation du hâyre de l’Astrolabe est très-belle, quoique le nombre des plantes Cryptogames égale presque celui des Phanerogames. L'Européen est surpris d'y rencontrer quelques végétaux de sa patrie ou du moins des espèces très-rapprochées. C'est ainsi qu'on y trouve le Celeri sauvage (Apium graveolens) avec lequel on fait d'excellentes salades; des Crucifères (Nasturtium sylvestre) semblables à celles de nos champs. Les Liserons (Calystegia soldanella) couvrent les bords de la mer avec le Lin, des Seneçons, des Véroniques, des Euphorbes, etc. A la vérité, plusieurs plantes alimentaires, telles que le Chou, la Pomme de terre, etc., ont été introduites par les Européens ; mais ce que ces derniers n'ont certainement pas apporté, ce sont les Typha angustifolia , Scirpus lacustris , Triticum repens, Plantago major, Alsine media , Ranunculus acris, et plusieurs autres plantes tout aussi inutiles.

En revanche quelques végétaux particuliers à la Nouvelle-Zélande croissent abondamment dans ces localités. Tel est entre autres le Phormium tenax que les Européens ont nommé Lin de la Nouvelle-Zélande, parce que ses fibres fournissent une filasse très-solide et excellente pour la fabrication des tissus. Ce végétal croît partout, sur les montagnes comme dans les ravins ; il abonde dans l'anse des Torrens.

Les Fougères se font remarquer par leur nombre et leur diversité. On en voit surtout à l'ombre des forêts où un sol spongieux, composé de détritus de végétaux, favorise leur croissance. Elles y règnent presque seules, car leur grande quantité étouffe le peu de Phanérogames herbacées qui essaient de s'y développer. On en rencontre encore un grand nombre sur les tiges des arbres où elles se développent à la manière des parasites, dans les ravins, et jusque sur les rochers presque nus des montagnes. Les Lichens sont, après les Fougères, les végétaux cryptogames les plus abondans; ils croissent sur le sol, les rochers et les arbres. Les tiges rampantes de certains Polypodium, et autres Fougères, sont souvent garnies de ces Lichens, surtout dans les lieux humides; par exemple, dans le voisinage des cascades.

Maintenant, si nous comparons la végétation de la Nouvelle-Zélande avec celle des autres contrées du globe, nous lui trouverons des rapports multipliés non-seulement avec celle des terres comparativement peu éloignées, mais encore avec celle de pays situés à une grande distance et même dans un autre hémisphère.

En effet, nous avons déjà signalé les végétaux européens ou appartenant à des genres européens qui se trouvent aux environs du havre de l'Astrolabe. La position australe de la Nouvelle-Zélande rend compte aisément de l'analogie de son climat avec celui des régions hyperboréennes; et d'après ce que nous savons des lois de la géographie botanique, nous concevons sans effort que des causes climateriques à peu près semblables déterminent une grande ressemblance entre les productions végétales des pays les plus éloignés, mais soumis aux mêmes influences. Or, comme ces influences ne peuvent être absolument identiques, il doit en résulter non une similitude complète, mais une certaine analogie entre les plantes de ces diverses parties du monde.

C'est avec la Flore des côtes méridionales de la Nouvelle-Hollande que celle de la Nouvelle-Zélande offre le plus de ressemblance. Pour juger de la vérité de cette assertion, il suffit de jeter un coup-d'oeil sur l'ouvrage que nous offrons au public, dans lequel on reconnaîtra un nombre très-considérable d'espèces déjà publiées dans les savans écrits de MM. R. Brown et Labillardière sur les plantes de la Nouvelle-Hollande. Outre ces plantes communes aux deux pays, on trouve des familles entières qui leur sont exclusives; telles sont particulièrement les Epacridées, dont la Nouvelle-Zélande possède 8 espèces; les Goodenoviées et les Stylidiées. Dans la famille des Myrtacées, deux genres (Metrosideros et Leptospermum) avaient toutes leurs espèces reléguées à la Nouvelle-Hollande; nous en comptons maintenant 7 dans la Nouvelle-Zélande.

 Parmi les végétaux qui donnent encore une physionomie particulière à la Nouvelle-Zélande, on remarque une espèce de la famille des Restiacées qui, comme on sait, se compose d'une grande quantité de plantes particulières à la Nouvelle-Hollande et au cap de Bonne-Espérance. Mais ce n'est pas le seul point de contact qui existe entre ces diverses régions; on en observe encore quelques autres non moins importans qui confirment l'observation de M. De Candolle sur l'analogie de la végétation des extrémités australes des grands continens, c'est-à-dire de la Nouvelle-Hollande, de l'Afrique et de l'Amérique méridionale.

 La Nouvelle-Zélande devient donc un nouveau membre de cette grande association géographico-botanique. Nous venons de signaler ses rapports avec la Nouvelle-Hollande et le cap de Bonne-Espérance; elle en a également, quoique moins prononcés, avec la pointe australe de l'Amérique. Les genres Drymis et Ancistrum, indigènes des terres Magellaniques ainsi que de la côte du Chili, et dont la NouvelleZélande nourrit deux espèces, sont un exemple en faveur de ce rapprochement. Nous ne parlons pas ici des autres preuves que l'on pourrait tirer des nombreuses Cryptogames identiques dans les régions que nous venons de mentionner; car on sait que les Cryptogames, de même que la plupart des Phanerogames aquatiques, sont moins sujettes aux alterations causées par les changemens de climats.

Cependant nous ne pouvons nous dispenser de diriger l'attention des botanistes sur l'identité des Fougères, que l'on rencontre si abondamment sur toutes les côtes baignées par l'Océan-Pacifique, et particulièrement sur les îles de ce grand espace, qui semblent des parcelles détachées des grands continens.

Ayant été à même de comparer les Fougères de la Nouvelle-Zélande avec celles de la Nouvelle-Hollande, des côtes de l'Amérique méridionale, des iles de l'Océanie, et notamment celles de l'ile Juan Fernandez recueillies par M. Bertero, nous avons été frappé du nombre considérable d'espèces communes à ces divers pays…….

 

 

Voyage de la corvette l'Astrolabe exécuté par ordre du Roi . de M. J. DUMONT D'URVILLE

TABLE I. - De Toulon à Gibraltar. 5 II. - En rade de Gibraltar. - Traversée jusqu'à Ténériffe. 8 III. - Le pic de Ténériffe. 11 IV. - Le port du Roi-Georges. 18 V. - Le port du Roi-Georges. 21 VI. - Le Port-Western. 28 VII. - Séjour à Port-Jackson.

 

 

Société des sciences naturelles (Charente-Maritime)

Les marins rochelais : notes biographiques (2e édition...) / L. Meschinet de Richemond,...

Photos Puy du Fou

 

 

 

==>Jules Sébastien César Dumont d'Urville

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