Les médecins dans l'Ouest de la France aux XIe et XIIe siècles L'abbaye de Bourgueil

Les historiens de la médecine sont à peu près muets sur la longue période médiévale. Les faits qu'ils rapportent sur la pratique de l'art de guérir, sont trop peu nombreux et de trop mince intérêt, pour nous permettre d'avoir une idée exacte de l'état de la médecine dans notre pays à cette époque. On a trop eu tendance à considérer cette suite de siècles comme ayant marqué un temps d'arrêt dans l'évolution du savoir et on en a négligé l'étude. Cependant, si les progrès scientifiques furent alors plus lents, ils ne furent jamais interrompus et le flambeau de la pensée fut transmis de génération en génération sans s'éteindre.

C'est ce mouvement intellectuel qu'il est important de suivre pendant les huit siècles qui ont suivi la chute de l'Empire romain. Deux moments furent particulièrement brillants : le IXe siècle, alors que, sous l'influence de Charlemagne, Alcuin donna un si vif élan à l'enseignement dans les écoles et dans les abbayes, et le XIe siècle qui marqua une véritable renaissance dans toutes les branches des travaux de l'esprit.

C'est cette dernière époque que nous comptons plus spécialement étudier.

Les Normands, au cours de leurs incursions sur les côtes et le long des fleuves, avaient mis à feu et à sac la moitié occidentale de la France, détruisant toute vie politique, toute organisation sociale, toutes les institutions religieuses et annihilant toutes les préoccupations d'art et de recherches scientifiques.

Lorsque les invasions de ces barbares du Nord purent être arrêtées et leur retour empêché à jamais, il y eut dans toutes les régions où ils avaient accumulé ruines et misères, un splendide réveil. Des dynasties féodales s'établirent solidement à la fin du x" siècle se partageant le territoire et gouvernant avec autorité. Ce furent elles qui surent rétablir la vie économique dans les cités et reconstituer le domaine de l'Église. On vit alors se relever de leurs ruines ou se fonder ces quantités d'abbayes et de prieurés dont le réseau serré couvrit bientôt chacune des provinces.

Ce fut une belle période artistique que celle qui fut marquée par l'épanouissement de cette sévère architecture romane avec ses ornements de sculpture et de peinture; par l'éclat dont brilla la langue latine avec une pléiade de poètes et d'orateurs telle qu'on n'en avait pas vu depuis le siècle de Cicéron, en même temps que s'établissait sur des bases définitives le parler français; par le développement, enfin, que prirent partout les fondations scolastiques, écoles épiscopales ou abbatiales d'où sortirent tant d'hommes de savoir.

 

A la limite de la Touraine et de l'Anjou, Emma, fille de Thibault le Tricheur, comte de Tours et de Blois, épouse de Guillaume, comte de Poitou et duc d'Aquitaine, fonda, vers l'an 990, l'abbaye de Bourgueil. Favorisée par de tels patronages, placée dans un canton des plus fertiles et dans un site agréable, la nouvelle maison, riche de biens et d'honneurs, ne tarda pas à abriter une nombreuse colonie monacale soumise à la discipline de saint Benoît.

Son premier abbé avait été Gausbert, déjà directeur de Maillezais, de Saint-Julien de Tours et de Marmoutier, homme d'études, dont la préoccupation la plus grande fut, dès son arrivée, de fonder une bibliothèque qu'il enrichit de nombreux manuscrits : « Claustrum sine armario, quasi castrum sine armamentario », avait-on coutume de dire.

Il semble qu'un scriptorium ait alors été organisé de façon régulière; il paraît aussi qu'il y ait eu dès lors une véritable école, et Bourgueil devint un centre littéraire fort actif.

L'étude et la pratique de la médecine n'y étaient pas négligées et, vers l'an 1063, nous trouvons parmi les religieux un certain Maigaudus avec le titre d'apothicaire, apotecarius.

Il figure comme témoin dans la notice de fondation de l'église Saint-André de Mirebeau et de l'association entre elle et les églises de Saint-Pierre de Poitiers et de Saint-Pierre de Bourgueil (1).

Le mot apotecarius est d'un emploi peu fréquent à cette époque et ne se rencontre guère que dans les documents poitevins (de fait Mirebeau était en Poitou).

Il était, croyons-nous, synonyme du mot medicus, plus communément employé en Touraine et en Anjou.

L'exercice de la médecine et celui de la pharmacie étaient confondus encore, et le praticien préparait lui-même les drogues qu'il prescrivait.

Maigaudus était donc médecin-apothicaire à Bourgueil. Est-ce lui qui créa le célèbre jardin aux fleurs et aux herbes qui, au XVIIe siècle, était encore une des curiosités du monastère et dont la réputation était fort grande?

 Ce jardin était rempli de plantes médicinales, et sa situation exceptionnelle, comme exposition et comme sol, permettait d'y cultiver en pleine terre des espèces du bassin méditerranéen : la réglisse, l'olivier, la myrrhe, le myrthe, le grenadier, l'oranger. D'autres plantes exotiques se développaient spontanément dans ce lieu privilégié.

Le poète Baudry, dans un bel accès de lyrisme, nous a laissé de cet Eden une description du plus grand charme dans la lettre à son ami Avitus.

« Viens donc, viens donc habiter avec moi. Quelles aimables conversations nous aurions ensemble, J'ai un jardin rempli de plantes parfumées où fleurissent la rose, la violette, le thym et le crocus; le lys, le narcisse, le serpolet et le romarin; le jaune souci, le daphné et l'anis. D'autres fleurs s'y épanouissent à leur tour, de sorte qu'à Bourgueil le printemps est perpétuel. Une fleur n'est pas fanée qu'une autre fleurit à sa place. J'ai un ruisseau qui coule doucement et doucement murmure; son eau vive et fraîche arrose mon jardin. L'onde transparente se brise sur les cailloux de marbre et va se perdre après mille détours, au milieu d'une prairie.

Quand le soleil darde ses rayons ardents, je puis, pour refaire mes hôtes, les cacher sous d'agréables ombrages. Bourgueil a son bosquet où croissent l'osier, le laurier et le myrthe, où le poirier se mêle à l'olivier, le cerisier au pin et le pin au pommier. Là, pendant la nuit, Philomèle poursuit sa plaintive chanson, et, d'une voix amoureuse, reprend le récit de ses antiques douleurs. Viens donc, que nous passions dans ce jardin des heures joyeuses ! Tu me réciteras tes vers ou je te chanterai les miens, car moi aussi j'ai composé des vers en grand nombre (2) ».

Il y eut donc de bonne heure un médecin à Bourgueil, et les seigneurs des environs lui demandèrent souvent des conseils thérapeutiques et l'appelèrent à leur chevet. C'est sans doute un médecin de l'abbaye qui soigna, vers 1079, un chevalier nommé Guy et ses parents. Guy marqua sa gratitude en donnant aux moines l'église de Carosa (3).

Les bâtiments de l'infirmerie étaient très vastes et recevaient des malades de l'extérieur. La charge d'infirmier constituait un des offices claustraux richement doté de revenus terriens et de rentes (4).

Baudry (5) séjourna à Bourgueil de 1079 à 1107, et pendant ce long passage jeta un vif éclat sur l'abbaye grâce à sa réputation de lettré, à ses relations suivies avec tous les savants de son temps, grâce surtout à

l'enseignement scolastique qu'il développa d'une façon particulière (6).

 D'origine modeste et natif de Meung-sur-Loire; d'abord élève de l'école de cette ville, où il apprit la grammaire et un peu de poésie de l'écolâtre Hubert, il alla à l'école épiscopale d'Angers, dont les maîtres étaient Rainaud, Frodo et Marbode, qui contribuèrent si puissamment à la renaissance de la poésie latine au XIe siècle. Il suivit aussi à Tours les leçons de Bérenger, comme le ferait supposer l'éloge qu'il écrivit de ce grand théologien.

Baudry arriva donc à Bourgueil possédant à fond la somme des sciences enseignées dans les écoles de ce temps. Il ne tarda pas à professer à son tour.

Tout d'abord, il enrichit la bibliothèque de nombreux livres qu'il faisait copier par les scribes Hugues et Gautier et enluminer par le doreur Gérard, qu'il avait fait venir du scriptorium célèbre de Saint-Martin. Aussi invitait-il instamment ses amis à venir le visiter. « Vous aurez à Bourgueil, écrit-il à Gérard de Loudun, tout ce que peut désirer un homme de lettres pour s'occuper d'une manière aussi agréable qu'utile; les manuscrits ne vous manqueront donc pas. »

L'enseignement qu'il donna eut un vif succès et attira quantité de jeunes gens avides de s'initier aux études des arts libéraux, comme le prouvent plusieurs petits poèmes dans lesquels le maître donnait à ses élèves des conseils très sages, des préceptes et des avis sur la conduite des clercs et les avantages de la vie monacale. Pour lui, en effet, l'éducation scolastique ne devait pas avoir d'autre but que de former des religieux instruits.

Le fameux poème (7) à la princesse Adèle (8) doit être considéré comme le plan de l'enseignement que Baudry donna à Bourgueil.

 Sous une forme allégorique, comme il était alors d'usage, il détaille tout le programme des connaissances scolastiques. Il imagine un songe dans lequel il put admirer la chambre de la princesse, meublée des objets les plus rares, les murs chargés de lourdes tapisseries, qu'il se plaît à décrire dans des digressions qui l'amènent à parler et des faits historiques contemporains et des phénomènes astronomiques. Il s'attache, en particulier, au lit superbe de la princesse et aux statues gigantesques groupées à ses côtés. Ces statues représentent la philosophie et les sept arts libéraux, le quadrivium à la tête du lit, le trivium au pied, et c'est une occasion pour le poète d'indiquer les attributs de chacun, c'est-à-dire, en réalité, de résumer à larges traits ce qu'il importe de connaître sur chacun des arts libéraux.

A côté de la statue de la grammaire, Baudry place celle de la médecine « fille de la grammaire » (9). Elle est faite de boue comme les corps dont elle s'occupe, et il la décrit en une centaine de vers, qui sont un excellent schéma des doctrines et des idées médicales d'alors, schéma d'autant plus précieux que nous manquons totalement de renseignements sur les tendances que suivaient les médecins du XIe siècle.

Quaque suos humeros plerumque supina locabat.

Qua lecti ulterior surgere sponda solet,

Gypsea forma sive grandaevae virginis instar,

A reliquis cujus differat officium.

Nam reliquae cantant, numerant aut sidera spectant ;

Totum metitur altera sola solum;

Disputat, exhorat, declinat jus triviale ;

Haec harum nullum magnificabat opus.

Magnificabat opus quod per se repperit ipsa,

Divinum quiddam cujus opus fuerat.

Nam de corporibus fuerat sibi cura medendis

Atque repellendis invalitudinibus.

Idcirco lutulenta fuit sesidentis imago,

Nam de corporibus sermo sibi luteis.

Haec visu solo poterat praediscere morbos,

Cujuscumque foret quisque coloris homo.

Haec explorabat admoto pollice pulsum,

Sive per urinam nosse malum poterat.

Haec genus humanum si vellet vivere sanum,

Haec genus humanum posse diu faceret;

Morbo vel senio vix quisquam conficeretur,

Sique michi credas, vix moreretur homo.

Ex elementorum numero dicebat inesse

Nigras et rubeas significans coloras.

Et geminas alias humanae conditioni

Quattuor humores id ratione probans ;

Moribus humores superesse superque colori;

Hinc iracundos hinc placidos hamines,

Hinc acres, hebetes, animosos, ingeniosos,

Hinc flavos, ruffos, inde nigros, rubeos.

Pulmonem atque poros, fibras, praecordia, nervos,

Cor, jecur atque pilos noverat et cerebrum;

Cur homo sit calvus, cur non sit femina calva,

Cur quoque gignat homo, femina concipiat;

Cur homo barbatus, imberbis femina cur sit;

Cur non gignat homo, femina sitsterilis;

Quid potius placet matrices; quidve molestet;

Cur mulier neque vir voce sonet gracili;

Quam reliquum corpus cur cor prius effigiatur;

Cur homo fervidior, femina frigidior.

Haec et quæ nequeat calamus meus omnia norat,

Nil intemptatum quandoque transierat.

Omnibus e terris omnes collegerat herbas,

Quarum virtutes pleniter attigerat.

Notitiae dederat cum sollicitudine summa

Quid succus, semen, flos, folium valeat.

Radices siquidem cribrandas usque terebat,

Cribratasque suum conficiebat opus ;

Summa cautela mensurans conficiendis

Mel quoque sive dabat balsama pulveribus.

Qui numerare queat quot ad hoc collegerit herbas ?

Quas si temptarem dicere, deficerem.

Nec confçctarum novi numeros specierum;

Has non officii sit vocitare mei.

Reptilium, volucrum, pecudum pinguisque

ferinae Excoctum abdomen ignibus unierat.

Læsis corporibus varium conflaverat unguen,

Proficeret raultis et sua cura modis.

Antidotis plenas ampullas mille videres,

Atque quibus morbis officerent legeres,

Atque observandas legeres ubicumque dietas,

Quis locus infirmus quisve saluber erat,

Et quæ debilibus membris unguenta valerunt,

Et quæ prodesset potio visceribus.

Sic et aromatibus condendis aula fragrabat,

Ut sola posses vivere odore diu.

Miratus thalamum, pariter miratus odorem,

Miratus dominam quæ thalamo praeerat,

Effigieraque videns opobalsama multa parantem,

Mente retractabam quod puer audieram :

Audieram siquidem Medeam Jasonis herbas

Nosse quibus senium subtraheret senibus,

AEgros curaret, morientes vivificaret,

Et trivisse simul hisque dedisse dies.

Hanc igitur cernens ipsam prius esse putavi,

Donec ab hoc titulus me vocat appositus.

Cura sagax etenim comitissae praecipientis

Hanc vocem super effigiem composuit :

« Hæc est de physica quæ disputat ars medicinae,

 Qua praeeunte magis corpora nostra valent. »

Tales præterea comites adjunxerat iIli

E quibus ediscas cujus erat statua :

 Alter erat comitum Galienus et alter Ypocras;

Ambos visceribus foverat ipsa suis.

Abdita naturae gemini sic exposuere.

Quatinus unierint pene Deis homines ;

Pene suis scriptis humanam perpetuantes

 Naturam, aeternum vivere nos faciunt.

Ainsi, la médecine était comprise dans le programme scolastique de l'abbaye de Bourgueil. Dans un chapitre précédent, nous avons déjà vu quelle était l'importance et la nécessité de cette connaissance pour les clercs appelés à diriger les maisons religieuses. Les vers que nous venons de citer constituent, en quelque sorte, le sommaire d'un cours de médecine, et ce cours nous paraît établi de façon très judicieuse.

Il importe, tout d'abord, de reconnaître les maladies par les moyens d'investigation ordinaires qui sont la vue, nous renseignant sur la couleur des téguments, le pouls et les urines. Il convient ensuite de savoir que ces maladies proviennent le plus souvent du trouble des humeurs au nombre de quatre, et dans quel organe réside le mal.

Des notions de physiologie sont ici indispensables pour distinguer les différences de tempérament entre l'homme et la femme, et aussi pour apprécier les modifications pouvant survenir dans les fonctions physiologiques, tels, par exemple, la stérilité ou la frigidité dans l'un ou l'autre sexe.

Ceci étant acquis, on abordera la thérapeutique : les herbes en constituent la plus grande partie. On peut indifféremment faire usage du suc des plantes, des graines, des fleurs, des feuilles ou des racines. Le miel et les baumes sont d'utile secours. Il est nécessaire de savoir conserver les sim ples et de s'initier à la préparation des médicaments (lui rempliront les flacons ou les bocaux de l'apothicairerie. Enfin, il est de la plus haute importance de pouvoir discerner les indications et les contre-indications de chaque remède et des divers régimes.

Nous aimerions connaître quelques-uns des élèves de Baudry spécialisés dans la médecine. Nous ne possédons aucun renseignement à cet égard.

Le passage de Baudry avait fait la réputation de Bourgueil. Cet homme disparu, l'école ne put se maintenir au niveau où elle s'était élevée, sa décadence fut rapide et complète au bout d'un demi-siècle.


(1) Dom Fonteneau, t. XVIII, p. 121 et Bibliothèque de Tours,Manuscrit 1338, n° 274. Peut-être est-ce ce même Maigandus qui figure en 1051 comme témoin dans la notice de la fondation du prieuré de Saint-André de Mirebeau, avec le titre de puer ; il devait être alors simple élève à l'école de l'abbaye. — Dom Fonteneau, p. 115.

(2) Baudry, pièce inédite, Bibl. de Tours, Manuscrit 1338, n 191. « Ad Avilum ut ad eum veniat. » Traduction de l'abbé Pasquier Baudri. abbé de Bourgueil, archevêque de Dol, p. 141.

(3) Bibliothèque de Tours, Manuscrit 1338, n 320.

(4) Archives d'Indre-et-Loire, H. Z7, 32 et 59. — Dès le XIe siècle, l'infirmier possédait la seigneurie vulgairement appelée l'Infirmerie, alias le Vivier, située à Santenay, paroisse de Saint-Germain de Bourgueil et d'une étendue de 6 arpents. L'infirmier avait le droit de prélever dans la forêt de Bourgueil, trente chartées de gros bois pour leur chauffage et le bois nécessaire pour la réparation des bâtiments de l'infirmerie.

(5) Sur Baudry, de Bourgueil, consulter l'ouvrage de l'abbé Henri Pas qui er Baudri, abbé de Bourgueil, archevêque de Dol, Paris, Thorin, s. d. — On trouvera dans l'Introduction une bibliographie critique de cet auteur jusqu'en 1872.

(6) Baudry naquit en 1046 ; il fut d'abord prieur de l'abbaye de Bourgueil de 1079 environ jusqu'en 1089; il devint, à cette date, abbé et occupa cette fonction jusqu'en 1107. Il fut nommé archevêque de Dol en 1107 et mourut le 5 janvier 1130. (Cf. Pasquier, op. cit, p. 273 : Chronologie de Baudri.)

(7) Ce poème, de 1368 vers, se trouve à l'état manuscrit a la bibliothèque du Vatican, n° 1351 du fond de la reine de Suède. Une copie prise par Salmon existe à la bibliothèque de Tours (Manuscrit 1338). Cet ouvrage a été publié par Léopold Delisle : Mémoires de la Société des antiquaires de Normandie, t., XXYIII, p. 187.

(8) Adèle, fille de Guillaume le Conquérant, épouse d'Etienne, comte de Blois, protectrice de l'abbaye de Bourgueil.

(9) « Haec vero medicine peritia, qua turn Salernum florebat, haud dubie ex arte illa grammatica et poetica. tanquam ex fontibus erat pvofecta. » (Giesbrecht : De litterarum studiis apud Italos primis Medii Mvi seculis. — Berlin, 1845. p. 20.)