Histoire de Fontenay le Comte Les Mauléon, Geoffroy la Grand'dent de Lusignan – Mélusine et l’Hôtel Gobin

Avant que le système féodal pût régulièrement fonctionner, il s'écoula plus de cent années depuis ses débuts, et ce ne fut guère que dans la seconde moitié du Xe siècle qu'il fut en plein exercice, encore reçut-il plus d'une modification par la suite.

Son premier résultat fut de fondre en un seul corps les diverses agglomérations de maisons rangées autour de la forteresse, et de faire de Fontenay un tout plus compact, enceint de fossés et de palissades, en dehors desquels se trouva le quartier de l'ancienne église Saint-Pierre, qui prit de sa nouvelle situation le nom de Marchoux. Cette position défavorable fut le motif réel de l'abandon, par le doyen, de sa résidence primitive. Il laissa tomber l'édifice en ruines et n'eut plus d'église particulièrement affectée à son service. Une simple chapelle de Notre-Dame, dédiée à saint Pierre, lui échut en partage.

Hôtel Gobin, Vestige des fortifications de la ville médiévale de Fontenay le Comte

La ville proprement dite fut ainsi créée, et passa d'abord à l'état de Castellum, qualification que lui donnent les chartes de la fin du Xe siècle, tandis que les documents des premières années du XIe lui attribuent celle de Castrum, d'où il ressort que ses fortifications furent augmentées aussitôt après l'an 1000.

Le donjon, qui était de forme carrée et avait soixante pieds de haut, datait de ce temps. Il s'élevait au-dessus de la Fontaine. On lui fit éprouver un grand nombre de remaniements par la suite. L'un des côtés fut rebâti au milieu du XIIIe siècle ; au XVIe, on y ajouta un escalier formant tour extérieure.

 Réduit, sous Louis XV, à l'état de carrière, ses derniers vestiges ont disparu il y a une soixantaine d'années. A la même époque remontent les restes de la chapelle du château, restaurée sous Philippe le Bel, pour être dédiée à saint Louis, et la crypte de Notre-Dame.

 (Paysages et monuments du Poitou - Église Notre-Dame de Fontenay-le-Comte, sa crypte et son clocher)

 Cette crypte (est un curieux spécimen de l'architecture romane primitive du Poitou. L'art est dans un moment de crise. On sent que, sans rompre avec la tradition romaine, il va entrer dans une voie nouvelle. Ce type de construction fut commun à une partie du Bas-Poitou, ainsi que le prouve la crypte de Curzon, bourg situé à dix lieues de distance de Fontenay.

Quelques années s'étaient à peine écoulées, qu'un progrès considérable s'était opéré, et que les architectes pouvaient construire des édifices tels que le beau clocher englobé dans le château de Talmond.

 (Voyage dans le Temps des Chevaliers du Poitou ; DESCRIPTION DE LA VILLE DE TALMONT SES CHATEAUX)

 Nous avons vu que Notre-Dame était un prieuré fondé au Xe siècle, ou peut-être plus anciennement, par les religieux de l'abbaye de Luçon. Deux inscriptions tumulaires, relevées, avant la Révolution, par Prézeau, ancien juge de paix de Maillezais, nous feraient pencher cependant vers la première opinion. Elles étaient encastrées dans le mur de l'autel latéral du côté de l'Évangile, où on les avait employées comme simples matériaux, au XVe siècle.

Sur la plus ancienne, qui n'était qu'un fragment, on lisait :

Poitou_et_Vendée_Fillon_Benjamin_

La forme des caractères est celle usitée vers le milieu du xe siècle. (Pl. Ire, n° 1.) Cet Hecfred était assurément un abbé de Luçon, mort en ce lieu; peut-être le fondateur du prieuré.

La seconde portait :

Poitou_et_Vendée_Fillon_Benjamin_2

Elle nous paraît être de la première moitié du XIe siècle. (Pl. Ire, n° 2.)

C'est par mégarde que, sur notre planche, ces deux inscriptions ont été données comme provenant de Gaillardon.

La reconstruction de Notre-Dame coïncida avec le moment où elle devint le centre d'une paroisse, sans cesser de servir de chapelle au petit monastère. Derrière son abside, les moines de Maillezais possédaient le prieuré Saint-Hilaire, à eux donné par le comte Guillaume le Grand, et qui avait pour chapelle celle de ce qu'on appelait alors le petit domaine rural de Fontenay (Capella de rusculino fonteniacensi; rusculinum diminutif de rusculum), c'est-à-dire de Theodebertiacum, tombé à cet état misérable, depuis sa ruine totale par les pirates du Nord (1).

Guillaume le Grand ou son successeur se dessaisirent de Fontenay, en faveur des vicomtes de Thouars, par suite d'une transaction dont le texte et la date n'ont pas été conservés. Au milieu du XIe siècle, il appartenait à Savary, frère du vicomte Amaury III, qui contribua, en 1066, à la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Bâtard.==> 14 octobre 1066 - Les Chevaliers du Poitou à la conquête de l’Angleterre avec Guillaume le Conquérant.

Les comtes de Poitou y conservèrent toutefois quelques propriétés, puisque ce fut sur deux d'entre elles que Guillaume X fonda l'Hôtel-Dieu et rebâtit l'église Saint-Thomas, donnée plus tard à l'ordre de Saint-Lazare.

La châtellenie leur avait peut-être fait retour, quelques années après avoir été détachée de leur domaine.

Sceau de Savary de Mauléon

 Sceau de Savary de Mauléon.

Nous faisons remonter vers ces mêmes temps certaines dénominations de quartiers, maisons et ténements de la ville et de ses environs, telles que celles de la Tuée, appliquée à la vallée où fut bâti le quartier du Reclus (2), appelé depuis Bédouard, et que conserve encore une ruelle grimpant le long du coteau; des Horts, dont l'étymologie est incertaine, car on ne peut décider si elle vient du latin hortus, jardin, ou du hort, hourd, de la langue d'oil, signifiant enceinte fermée de planches ; du Fief-Ranconnais, sis sur les limites de la paroisse de Charzay, baptisée au XIIe siècle par la famille de Rancon, qui posséda une partie de Fontenay; de la Courpe, à la sortie du pont Saint-Nicolas, où se faisaient les exécutions, avant que le gibet eut été transporté dans la campagne, sur le chemin de Niort; de Jéricho, apportée de Palestine par quelque croisé; du Four-du-Comte-Guillaume, près du pont des Sardines, que l'on croit avoir été construit par Guillaume IX, autre preuve à l'appui du retour de Fontenay entre les mains des comtes de Poitou.

 

 

Quoi qu'il en soit, la ville passa aux Mauléon, dans le dernier tiers du XIIe siècle.

Elle eut successivement pour seigneurs trois membres de cette puissante maison : Raoul, Guillaume et Savary, l'un des hommes les plus marquants de son époque. Pendant les guerres qui éclatèrent entre Philippe-Auguste et Jean sans Terre, Guillaume prit parti pour le roi de France, tandis que Savary figura dans les rangs anglais.

 

Le plus ancien titre connu est une donation faite par Raoul (3) aux habitants de Fontenay, en 119.., des amendes qui se payaient « pour les furs, larrecins, domages et aultres choses faits ès prez, vignes, terres, et aultres héritaiges du dict Fontenay et environs, et de son droit de mettre des coursiers ès dits prez, dès Pasques, jusques que les fains fussent cueilliz (4).

Etaient présents au don, Guillaume de Mauléon et Savary.

Quelques années après, il concéda, aux confrères de la Confrérie de Saint-Sauveur (de Notre-Dame), un herbergement situé à l'entrée des Boucheries, franc et quitte de toute coutume. Il affranchit en même temps les Vergiers de Vauvert de tout devoir, à la condition que les possesseurs en paieraient le cens aux dits confrères, et que ceux-ci logeraient les pauvres forains dans l'herbergement qu'il leur donnait (5).

 

Guillaume, frère de Raoul, lui succéda dans la possession de Fontenay, d'après le mode d'hérédité établi chez les familles alliées à celle de Thouars et dans une partie du Poitou (6).

 Ce seigneur accorda aux confrères de la Conception (Notre-Dame) les droits qui se percevaient sur la foire, tenue le dimanche d'après les octaves de la fête de Notre-Dame (Conception) (7).

Pendant les guerres qui s'élevèrent entre Philippe-Auguste et Jean-sans-Terre, Guillaume de Mauléon prit parti pour la France, tandis que son neveu Savary embrassa celui du roi d'Angleterre.

 Lors du siège de Niort, la noblesse du Poitou, presque tout entière, se déclara contre ce dernier, et dans ses rangs figurait Guillaume.

Fontenay ne reçut donc point les Anglais.

Sa mort, arrivée le 16 octobre 1213 (8), changea la tournure des choses, et, dès l'année suivante, le roi Jean fut hébergé à Fontenay, le 1er et le 2 mai, par Savary, son partisan, qui venait d'hériter de la seigneurie.

 

M. de la Fontenelle, dans sa Revue Anglo-Française, 1843, p. 377, dit, il est vrai, qu'il est plus que probable que ce n'est pas dans notre ville que ce séjour eut lieu, mais à Frontenay, aujourd'hui Rohan-Rohan (département des Deux-Sèvres (9), Cependant, quelques lignes plus bas, il revient sur ce qu'il avance, et ajoute qu'étant à Niort, Jean pouvait se rendre à Fontenay.

 

Obitus abbatum et aliarum personarum

Proquibus tenetur Aquarius religiosis facere pitanciam.

JANUARIUS, — IV die, Eustachia, pitanciam dupi, — XXVIII die, dominus Guillelmus, abbas.

FEBRUARIUS. — II die, dominus Guillelmus, — XI die, dominus Dasfredus. — XVII die, Radulphus, princeps. - XX die, Guillelmus, quondam abbas, nichil pro isto. — Penultima die Guillelmus, princeps.

MARTIUS. — VIIl die, dominus Petrus, - XVII die, dominus Aimerycus. — XXIII die, Radulphus, princeps.

APRILlS, — VII die, dominus Iohannes.

JUNIUS, — XVIII die, dominus Alexander.

JULIUS. — Antepenultima die, Savaricus, princeps.

AUGUSTUS. — III die, dominus Simon, - IIII die, dominus Gualdus (Geraldus?). — v die, dominus Dionysius. — IX die, dominus Iohannes. — X die, Gadelo, princeps. — XI die, Iohannes, abbas. - XII die, Bemardus, abbas.

SEPTEMBER. - IV die, Bertrandus, abbas. - - XXII die, Euvrardus (Ennardus?), abbas.

OCTOBER. - VIII die, Petrus, abbas. — XVI die, GUILLELMUS, princeps, pitanciam dupl. — XX die, Girardus, abbas.

— XXVIII die, Iohannes, abbas.

NOVEMBER. - X die, Rodulphus, abbas. — XI die, Iohannes, abbas, Billaud. — XII die, Iohannes Curzay, abbas. —

XVIII die, Guillelmus, abbas. - XVII die, Bartholomeus, abbas. — Facat-ultima die, Iohannes Pizon, nuper abbas. Nichil pro isto.

(Ext. de l'Obituaire de l'abb. de Sainte-Croix de Talmond, copie en papier, faite sur l'original du 3 mai 1366. -Arch. de Bourbon-Vendée.)

 

L'Inventaire des Titres de Notre-Dame me fournit l'extrait d'une charte bien précieuse, dans laquelle Savary prend le titre de seigneur de Fontenay.

Voici ce résumé : « Item, une aultre lectre comme Savary de Mauléon, SEIGNEUR DE FONTENAY, donna es vassaulx de la dicte chastellenie du dict Fontenay (et les dicts vassaulx aussi à leurs hommes) , les plez de mortemain à lui et aus dietz vassaulx dehuz en la dicte chastellenie; de date du moys de juillet, l'an mil ijc xxij, et scellée des sceaux du dict de Mauléon, de Guillaume, lors évêque de Poitiers, du seigneur dOulmes et de messire Pierre de Volvire, seigneur du dict lieu (10). »

Je citerai encore le passage suivant du n° 2032 des manuscrits de la Bibl. Roy. (Supplément Français) : « Savarics de Mauleon si fo us ries baros de Peitieu, fils d'en Reols de Maleon. Seigner fo de Mauleon e de Talamom e de FONTENAI e de Castel Aillon et de Boet et de Benaon et de Saint Miquel en l'Ertz e de la isla de Riers et de l’Isola Nives et de Nestrine et d Engolius et d'autres mainz bons locs, etc. »

 

 

Du temps des Mauléon datait une grosse tour ronde, placée dans le château, qui fut démolie tout à fait au commencement du XVIIIe siècle.

Le guerrier troubadour ayant terminé ses jours, le 29 juillet 1233 (11), de nombreuses contestations s'élevèrent, au sujet de sa succession, entre Raoul de Mauléon, fils qu'il avait eu d'un problématique mariage avec Amabilie Du Bois, et Geoffroy de Lusignan, possesseur de plusieurs fiefs dans Fontenay et ses environs, du chef de Bourgogne de Rancon, son ayeule, et d'Eustache Chabot, sa mère (12).,

Cet enfant avait cependant été légitimé par le roi d'Angleterre, et, d'après les ordres du Pape, par l'archevêque de Bordeaux, en 1232.

Les habitudes de violence de Geoffroy sont trop bien connues, pour qu'il ne soit pas permis de supposer que la force mit fin au procès, dans un moment surtout où sa famille était toute puissante en Poitou et dans les provinces voisines.

Geoffroy devint la terreur du pays et la bête noire des paysans et des moines, qui, sous le surnom de Grand'Dent, en ont fait le héros de plusieurs de leurs légendes les plus émouvantes. La mémoire d'Eustache Chabot, sa mère, n'a pas été davantage épargnée, et la tradition populaire la confond volontiers avec Mélusine, la fée protectrice des Lusignan.

Il faut avouer que le seigneur de Fontenay mérita sa réputation, et que ce ne fut pas sans motif qu'on le voua ainsi à l'exécration de la postérité.

 Louis IX délivra le pays en 1242, après s'être emparé par la force du château de Fontenay et de celui de Vouvent, pour le punir d'avoir pris part à la rébellion de son proche parent, le comte de la Marche, auquel il avait transporté l'hommage de ses fiefs, les séparant ainsi, de gré ou de force, de la juridiction de la tour du Palais de Poitiers (13).

 Les Mauléon, déshérités de leur seigneurie, ne conservèrent que quelques propriétés dans l'intérieur de la ville et dans les alentours, auxquelles Raoul renonça, en 1245,  en faveur d'Alfonse, frère de Louis IX.

Le seul souvenir, existant aujourd'hui à Fontenay de cette vaillante race, est la Grange- Mauléon, petite borderie, sise entre la Pommeraie et le cimetière Saint-Jean.

 

 

La prise de Fontenay par saint Louis a servi de thème à l'une des légendes  recueillie par Biaille-Germon, maire de la ville sous la République.

Là, Geoffroy de Lusignan apparaît avec son cortège d'êtres fantastiques et merveilleux que la tradition se plaît à lui donner.

« Le Borgne de Py-Chabot, l'àme damnée de la Grand'Dent, a enlevé la fille de Thibaut- le-Manchot, vieillard privé du bras droit, perdu à la guerre, ce qui le met hors d'état de tirer vengeance d'un tel affront.

Dans sa détresse, l'infortuné père implore le secours du Roi, occupé alors à rosser les Anglais dans le voisinage. Le Roi accourt sans plus tarder; mais le Borgne trouve asile, avec sa proie, dans le château de Fontenay, dont le siège est immédiatement entrepris et poussé avec tant de vigueur, que le chevalier manchot, à la tête de mille bons compagnons, pénètre le troisième jour dans la forteresse.

Déjà les cris de victoire se font entendre, déjà la porte du donjon cède sous les efforts des assaillants, lorsqu'à leurs yeux étonnés s'élève dans les airs la Mrelusine, à califourchon sur une acouette (manche à balai), emportant en croupe son terrible fils, Py-Chabot, et sa captive, les 799 gibiers de potence qui défendaient la place, et son gros matou noir, fort occupé à ressouner (dîner) d'un moineau venu trop près de sa griffe.

» L'acouette, rapide comme l'éloise, franchit coteaux, bois et ravines, et va déposer sa charge sur la motte de Vouvent, où Mrelusine se hâte de ramasser, dans son devanteau de mousseline, une dornée de pierres, dont elle bâtit plus bas, « en virant la main, la grosse tour, pr'y caller, sans bourder, tot le drigail qu'a traînait dare lé. »

» A peine la porte s'est-elle fermée sur le dernier payen, ayant le chat à ses trousses, qu'on voit arriver le Roi à bride abattue. Mieux édifié cette fois sur l'espèce d'ennemis qu'il a à combattre, il fait signe à l'armée de s'arrêter. Suivi d'un seul moine avec un bénitier, il s'avance à portée du trait, saisit le goupillon, et sa forte main lance une telle quantité d'eau bénite, qu'elle retombe en pluie furieuse sur la tour, qui s'écroule incontinent et laisse à sa merci hommes et choses, armes et bagages, y compris l'endiablé matou.

Quant à la fée, dans sa frayeur des brûlures de l'eau bénite, elle entr'ouvre du talon la terre, et va sortir à la Fumerie-de-Jazeneuil, à treize lieues de là, sous la chaise de Catuche-la-Revêche, qui dormait en triant des mogettes au nez de son voisin Micha.

 Le choc est si rude, qu'il envoie la vieille, avant de retomber à la même place à côté de son jadeau, passer par- dessus la lune, où elle laisse échapper de sa main, dans un champ labouré, quatre mogettes, qui fournissent l'espèce à ce pays, réduit jusqu'alors à la gesse de Saintonge et au pois limousin, dont se nourrissent les gorets maigres et les habitants de Bourneau.

» Le Borgne, moins bien avisé, est pendu au chêne de la Grand-Rhée, comme s'il était Jacques Bonhommet, le meunier de Pilorge ; le chat noir est brûlé vif devant l'église de Vouvent; les 799 payens sont livrés aux grolles; et la Grand'Dent, que sa qualité de cousin du Roi protège, se met en route, sous l'habit de moine, pour Jérusalem, afin d'y demander à Dieu pardon de ses méfaits.

» La légende n'apprend pas si la jeune beauté, cause première de tant de bruit et de combats, se trouva heureuse d'échapper aux mains de son ravisseur; elle dit seulement qu'elle épousa, le lendemain, Gilles Mussaprès, le plus beau garçon du Poitou.

» Depuis cette mésaventure, Mrelusine a cessé de hanter ses anciens domaines, et Mervent, Vouvent et Lusignan, privés de leur fée, s'en sont allés en devallant. »

 M. Port, archiviste de la préfecture de Maine-et-Loire, nous a communiqué une empreinte du sceau de Geoffroy, que nous avons fait graver. Il est représenté à cheval, sonnant de l'oliphant, avec un chien sur la croupe de son coursier, qu'il caresse de la main gauche. Il va partir pour chasser dans sa forêt de Mervent.

1280px-Sceau_Geoffroy_de_Lusignan_-_XIIIè_siècle

Le contre-sceau porte les armes de la maison de Lusignan : Burelé d'argent et d'azur, au lion de gueules, brochant sur le tout.

La numismatique apprend que la branche aînée, celle des comtes d'Angoulême et de la Marche, portait simplement : Burelé d'argent et d'azur. (Poey d'Avant, pl. LVI.)

 

Le passage de cette illustre famille a laissé dans notre ville quelques traces qui subsistent encore.

Une grange, située près de la barrière de Parthenay et du cimetière de Saint-Jean, a conservé leur nom. C'était dans ce lieu que se déposaient, peu de temps avant la révolution, des redevances seigneuriales.

Plusieurs familles avaient des fiefs dans Fontenay ou aux environs. Deux, surtout, en possédaient de très-considérables, indiqués dès le XIIIe siècle : les Chasteigner et les Chabot, dont les noms illustres se rencontrent à chaque page de notre histoire poitevine.

 

 En 1230, Thibault Chabot, seigneur de Roche-Servière, donna à l'abbaye de Saint-Maixent douze deniers tournois, qu'il percevait dans l'île de Saint-Maixent, située, dit la charte, dans les près, près Fontenay. (14)

 Le même Thibault figure encore dans l'hommage rendu, en 1259, à Alphonse, pour la moitié du fief des Deux-Seigneurs ou de Crissais, et du bourg Saint-Martin, qu'il possédait par indivis avec Thibault Chasteigner.(15)

 

Ce dernier avait aussi en sa possession les domaines du Pâtis et de la Motte-de-Fontenay ou Château-Gaillard seigneurie enclavée dans la ville, et posée sur l'emplacement actuel de la maison de M. Pichard, rue du Pont-aux-Chèvres. (16)

Les propriétaires de ces fiefs devaient six mois d'estage à Fontenay, c'est-à-dire, qu'ils étaient tenus d'y demeurer la moitié de l'année, afin de le garder en cas d'attaque, et rachapt à merci ou volonté de leur seigneur.

Jusqu'au commencement du XIIIe siècle, on n'avait eu à Fontenay que des moines d'un seul Ordre (Bénédictins) : le prieuré de Saint-Hilaire.

Ce monastère, dépendant de celui de Maillezais, avait d'assez riches domaines, et conservait en quelque sorte le privilège de recevoir les grands seigneurs qui venaient visiter la ville.

 Un grand nombre de chartes, passées dans ses murs, en sont la preuve.

 

En 1230 ou 1232, Le couvent des Dominicains, les Frères Prêcheurs ou Jacobins fondèrent une maison rivale. Ils s'établirent de l'autre côté de la rivière, sur le côteau qui regardait Fontenay. Philippe, évêque de Poitiers, les installa, et le nouveau couvent devint si considérable, qu'il prit le surnom des Cent-Frères. Cette fondation ayant eu lieu à la suite de l'atroce guerre des Albigeois, à laquelle Savary prit part, elle eut vraisemblablement pour but d'extirper quelque hérésie, dont-Fontenay et ses alentours se trouvaient atteints, ou d'en préserver le pays .

Les Jacobins fortifièrent leur demeure, pour la mettre à l'abri d'un coup de main, et bâtirent une chapelle. Ce dernier édifice fut refait au XVe siècle et subsiste encore en partie.

Cette prospérité ne dura pas toujours; fortement ébranlée par les Anglais et par les guerres de religion, elle diminua peu à peu, et lorsque la révolution supprima les maisons religieuses, il ne restait plus que quelques moines, vivant tranquillement d'un assez mince revenu (17).

 (Fontenay le Comte – Terrasse du parc Baron - Panoramique du Temps - Alphonse de Poitiers maître du Poitou)

 

Lorsque Louis IX réunit Fontenay aux autres domaines d'Alfonse, qu'il avait fait, en 1241, comte de Poitiers.

Ce changement de maître donna à la ville une importance qu'elle avait été loin jusque- là d'atteindre. Seule place un peu forte des possessions privées du frère du Roi dans cette partie du Poitou, elle devint, par cela même, le centre féodal de la contrée.

Aussi sépara-t-on de la mouvance de la tour de Maubergeon, pour les joindre à la sienne, Talmond, Olonne, Curzon, Champagné, Luçon, le Petit-Chàteau de Vouvent et Coulonges-les-Royaux. On y établit un sénéchal, ayant droit de juridiction supérieure sur tous ces fiefs, et elle s'appela désormais Fontenay-le-Comte (Fontiniacum comitis).

 

Ici se faisait la jonction de l’ensemble castral et des fortifications urbaines : la poterne dite «  Porte aux Canes » permettait alors d’entrer dans la ville fortifiée, près de la Fontaine. Près de la tour, la ligne de sol pavé rappelle la présence de la muraille disparue.

Histoire de Fontenay le Comte Les Mauléon, Geoffroy la Grand'dent de Lusignan – Mélusine et l’Hôtel Gobin

Hôtel Gobin, Vestige des fortifications de la ville médiévale de Fontenay le Comte.

 

Dit « la Sénéchaussée » Hôtel du Gouverneur est donc un hôtel particulier, érigé sur l'emplacement d'un logis précédent, ruiné en 1574 lors d'un siège du château.

En 1595, Jacques Gobin, receveur de Tailles (percepteur) fait construire cette vaste demeure (nommée la « Sénéchaussée » par erreur depuis le 19e siècle) près du rempart. La tour d’escalier lui donne cet air de petit château. L’architecture simple est agrémentée par le décor sculpté de la Renaissance.

L’édifice sert de demeure noble, on peut penser qu'il abrita, entre 1621 et 1627, le duc de la Rochefoucault, gouverneur du Poitou. En 1684, l'hôtel reçoit l'hôpital général et pendant la Révolution, il sert d’hôpital, de prison.

la cheminée aux Griffons

En 1850, Octave de Rochebrune achète son plus bel ornement : la cheminée aux Griffons parmi les riches décorations de la hotte, on retrouve également, une Mélusine, visible aujourd'hui au château de Terre-Neuve.

La Ville achète le bâtiment en 1980, le restaure pour lui donner une nouvelle destination, celle de Trésor public, à partir du 21 avril 1997. L'édifice abrite les Services financiers et RH de la Communauté de Communes depuis 2015

 Du bâtiment originel subsistent donc la tourelle avec, au fronton de la fenêtre du deuxième étage, une Mélusine, notre fée poitevine, lissant ses longs cheveux. Et les caves voûtées dont les nervures retombent en corolles sur des piliers octogonaux.

 

Poitou et Vendée  Fillon, Benjamin

Recherches historiques et archéologiques sur Fontenay, par Benjamin Fillon

 

 

 Sur la Terre de nos ancêtres du Poitou - Aquitania (LES GRANDES DATES DE L'HISTOIRE DU POITOU )<==.... ....==> SAVARY DE MAULÉON, LE POITOU A SON ÉPOQUE et Maintenant

 ==> Chronologie Historique des Comtes de la MARCHE - Liste des comtes de la Marche

 ==> JUSTICE DE POITOU. L'ancienne sénéchaussée de Poitou

 

 


 

(1) Besly, Histoire des comtes de Poitou, p. 307.

Nous avions cru d'abord reconnaître dans cette chapelle celle du château; mais nous nous trompions certainement, puisque les moines de Maillezais n'ayant jamais possédé, dans Fontenay, qu'un seul domaine, celui où se trouvait la chapelle en question, il faut bien en conclure qu'il ne faisait qu'un avec le prieuré Saint-Hilaire, dont la situation à côté de Notre-Dame n'est l'objet d'aucune incertitude. La copie de Besly porte ruscunilo pour rusculino.

(2) Il y avait en ce lieu une de ces logettes murées où s'était enfermé quelque dévot exalté.

(3) Raoul était marié avec Aliette de Rhé, mère de Savary.

(4) Extrait de l’Inv. des titres de Notre-Dame de Fontenay, fait en 1467.

— Cet inventaire ne donne que des résumés des chartes originales.

(5) Extrait de L’Inv. des titres de Notre-Dame de Fontenay, f°, v° 3.

— Les anciennes boucheries étaient alors sous les halles. — Les Vauverts étaient ainsi nommés à cause de leur situation dans un vallon et de la belle végétation qui le couvrait.

Raoul et Guillaume firent divers dons, pendant qu'ils séjournaient à Fontenay.

—Une charte de l'abbaye de la Grénetière, par laquelle ils donnent à ce monastère X sols, à l'abbaye de Saint-Michel-en-l'Herm, se termine ainsi : Hoc donum factum est apud monachos Sancti Ylarii de Fontiniaco in manu Willelmi ejusdem loci abbatis.

Au nombre des témoins ligure un Berart, de Fontenay. (D. FONTENEAU, t. IX, p. 225.)

 — Une autre charte de la même abbaye se termine encore de cette manière : Post modum vero in presentia mea apud Fonteneium donum istud concessit sicut feceram Karissimus nepos meus, Savaricus, filius nobili viri Radulphi de Mauleonio, fratris mei. ( D. FONTENEAU, t. IX, p. 185 )

(6) Voy. le Travail de M. le conseiller Filleau, et la Notice de M. Marchegay sur la famille Parthenay-l'Archevêque.

(7) Inv. J f° 3. Présents à l'acte : Raoul Symon, prieur de Notre-Dame; Hilaire, curé de ladite église; Guillaume Caradox, prieur de l'Aumosnerie.

(8) La charte suivante et le document qui vient après serviront à fixer la date de la mort de Guillaume, qui arriva bien le 16 octobre, et non le 27 février, comme on pourrait le croire, si des chartes nombreuses de 1213 ne prouvaient qu'il vivait postérieurement à cette seconde époque :

Notum sit presentibus et futuris quod ego Beatrix, domina de Rupe super oionem, ob remedium anime domini Guillelmi de Malleone sponsi mei nuper defuncti et anime mee et parentum meorum, dedi et concessi deo et ecclesie beati Petri de Luco, ad luminare ipsius ecelesie, videlicet ad duos cereos missis omnibus illuminandos, quidquid percipiebam in hominibus prioris de Luco , tam in taletis bestiarum quam in branno et exactionibus omnibus et consuetudinibus aliis quiete et pacifice perpetuo habendum et possidendum; eosdem homines ab omnibus consuetudinibus et exaetionibus et taletis ad dominium pertinentibus liberos et immunes volens et statuens inperpetuum permanere.

Actum publiée in manu et protectione domini R. de Perata tunc abbatis de Thalemundo, anno ab incarnatione domini M : CC : X : III, istis videntibus P. Meschinot, milite; Reginello, senescalto meo de Rupe, clerico, priore de Borgenest ; Willelmo, clerico; P. Clerico, dicti abbatis de Thalemundo diacono, et multis aliis; et ut ista donacio firmitatem obtineat inconcussam, presentem cartulam feci et volui sigilli mei munimine roborari.

( Cart. de Talmond, n° 437. — Arch. de Bourbon-Vendée. )

(9) Le roi Jean était à Niort, le 25 et le 26 avril 1214; du 27 au 30, à Fontenay ; le 1er et le 2 mai, dans le même lieu; le 3, à Niort.

 Une charte du 2 mai, se termine ainsi : DATA PER MAN. RODULPHI DE NEVILL. APUD FONTENAY, II DIE MAII, ANNO REG. XV (Rotuli chartar. in turri Lundinensi asservati) t. 1, p. 196).

(10)  Inv. de Notre-Dame, f° v° 2.

(11) Dreux du Radier, 1.1, p. 342. — Biographie de Savary de Mauléon, par M. de la Fontenelle, Revue Anglo-Française, 1843, p. 309. —

Essai sur les Monnaies du Poitou, par M. Lecointre-Dupont, p. 101.

Savary de Mauléon obtint de Jean-sans-Terre le droit de battre monnaie. Peut-être que quelques-unes ont été frappées à Fontenay.

(12) La charte qui va suivre prouverait qu'Amable fut femme légitime de Savary, si l'on n'était pas autorisé à croire que cette pièce a été fabriquée lors du procès des héritiers de Raoul avec Alphonse :

«  Universis présentes litteras inspecturis, Savaricus de Malo Leone salutem in domino, universitati vestre notifico quod ego cum domina Amabile de Bosco CELEBRANS MATRIMONIUM apud sanctum Nicholaum de Trancha, coram H. divina permissione venerabile abbate sancti Iohannis de Orbisterio et pluribus aliis, unde volo et precipio omnibus hominibus meis tam militibus quam servientibus atque burgensibus et aliis subditis meis ut si contigerit me ……extremum vel aliquod aliud infortunium michi acciderit, quod absit, quod heredes quos habere contigerit michi de predicta domina Amabile de Bosco dominium terre mee habeant et pro hereditate possideant et precipue istud volo de Raolino filio meo et suo ut dominium terre mee habeat et possideat si predicto modo contigerit ; et ad majorem hujus rei certitudinern presentes litteras predicte domine A. de Bosco dedi in testimonium veritatis sigilli nostri munimine roboratas.

Actum apud castrum Olone, anno gracie M : CC : XX:VII. »

(Cart. d'Orbestier, n° 313. — Arch, de Bourbon-Vendée,)

 Amable du Bois, habitait encore Fontenay en 1258

(13) Geoffroy était petit-fils de Hugues XIII de Lusignan et, dès lors, cousin germain de Hugues X, comte de la Marche, que sa femme Isabelle d’Angoulême, veuve du roi Jean sans Terre, poussa à la révolte.

(14) Thibault V. Chabot, mari d’Aenor de Brosse, dame des Essarts, fille de Bernard III, vicomte de Brosse, d'une branche cadette de Limoges.

— La charte citée fait partie des archives de la Société des Antiquaires de l'Ouest. Elle a été reproduite par M. Bauchet-Filleau, dans son Dictionnaire historiette des familles du Poitou. Art. Chabot.

(15) On trouve dans la généalogie des Chasteigner, par André Duchesne, p. 5 (preuves), l'extrait d'un ancien registre du trésor du roi, coté xxv, contenant les hommages rendus à Alphonse, comte de Poitou, pendant les années 1259 et 1260.

« Homagia Domini comitis debita ratione castellaniœ de Fontiniaco.

« Hoc est feodum Domini Theobaldi Chastenier, quod tenet in ligentia Domini comitis Pictaviensis in suo proprio. IIerbergamentum suum de MOTA apud Fonteniacum, et medietatem feodi di Griçai, et medietatem de hominibus BEATI MARTINI, qui partent medietatem per medietatem cum Domino Theobaldo Chaboz : de quibus debet apud Fontiniacuin dimidium annum de stagio, et placium in merci. »

(16) L'hôtel de la Motte-de-Fontenay s'appelait vulgairement Château-Gaillard. Ce fief resta dans la maison de Chasteigner jusqu'au mariage de Marie Chasteigner avec Savary de Vivonne, au commencement du IVe siècle. Cette union le porta dans cette dernière maison, ainsi que Grissais et le Pâtis. - Je donnerai ici les noms des différentes familles qui les possédèrent jusqu'à la révolution.

Château-Gaillard (haute, moyenne et basse justice). — De la maison de Vivonne, Château-Gaillard passa aux Thibaud, famille bourgeoise de Fontenay.

 Le 28 janvier 1489, Jacques Thibaud, eschevin, rendit hommage au roi. Le même possédait les fiefs des Deux-Seigneurs, de Fraigneau et de la Forêt-Niseau ou Nedeau.

A la fin du XVIe siècle, il appartenait aux Bastard de la Cressonnière, et au commencement du XVIIe, à Jacques Helye, mari de Jeanne de la Cressonnière; en 1643, à Jeanne Pougnard, et enfin, dans les dernières années du XVIIe, à la famille Moriceau de Cheusse, qui le conserva jusqu'à la révolution. (Ext, du Grand-Gaulthier du bureau des finances, arch. de Poitiers, et des titres originaux que je possède.) Grissais.

 — Ce fief, appelé autrefois des Deux-Seigneurs, parce qu'il appartenait par indivis aux Chabot et aux Chasteigner, relevait du château de Fontenay, et avait haute justice

. Après avoir longtemps été possédé par les mêmes familles que le Château-Gaillard, il passa en partie aux Chenin.

En 1442, il était entre les mains de François Chenin, écuyer, seigneur de Millescu ( Preuves de l'Hist. de la maison de Chasteigner, p. 21).

Au XVIe siècle, entre celles des Gallier. Suzanne Gallier, veuve de Jean Garnier, conseiller au parlement de Bretagne, rendit hommage, le 19 août 1644.

 En 1663, Christophe Maynard, écuyer, seigneur de la Vergne de Péault, en était propriétaire; enfin, de cette famille, Grissais arriva à celle des Grimouard, en 1702. (Extrait des archives de la préfecture de Poitiers.)

Pâtis.—Le roi confisqua le Patis sur les Vivonne, au milieu du XVe siècle.

Il fit partie du domaine royal assez longtemps.

Au commencement du XVIe siècle, il appartenait à Félix de Chources, seigneur de Malicorne, qui rendit hommage, le 2 février 1542, comme héritier de son oncle, Magdelon de Chources. — Jehan du Boulay, seigneur de Galleran, l'acheta, le 27 août 1557, moyennant 4,700 livres, dudit Félix de Chources; puis il passa successivement aux Richard (1681),aux Courtin (1716), et enfin, le 11 décembre 1733 , à Pierre Rochard de Landebergère, mari de Marguerite Courtin, fille unique de Marguerite Pichard et de Jean Courtin, conseiller honoraire au siège royal et sénéchaussée de Fontenay.

Le Pâtis relevait du château de Fontenay, et avait haute justice. (Extrait des archives de la préfecture de Poitiers.)

Du Pâtis relevait l'hôtel de la Perate, assis à Fontenay (grande rue, maison sculptée, tout près de la rue du Puy-Lavaud). Cette seigneurie avait haute justice. Elle appartenait, en 1400, à Jehan Bouyn, écuyer, seigneur des Bouynières; en 1463, à Jacques du Puy du Fou (cette famille habitait souvent cet hôtel ) ; en 1572 , aux mêmes seigneurs ; en 1602, à Macé Morienne, élu; en 1697, à Marie Morienne, veuve de François d'Audebert, seigneur de Longeville.

 L'hôtel de la Perate (Peyratte) renferme une cheminée sculptée assez remarquable.

  Le manoir du Pâtis, siège de la seigneurie du Pâtis, a vraisemblablement été édifié au cours de la deuxième moitié du XVIe siècle pour Jean ou Jacques du Boullay, en gardant quelques éléments de la construction antérieure comme la tour circulaire aujourd'hui à l'état de ruine. L'aveu rendu en 1580 par Jacques du Boullay fait mention de l'hôtel noble du Pâtis.

 Une importante restauration est entreprise en 1653, suite au marché passé par Jacques du Boullay avec le maître maçon fontenaisien Jean Jannaud, ceci explique la mention de maison neuve du Pasty dans un document daté de 1654.

Au cours de la deuxième moitié du XVIIIe siècle, plusieurs cheminées sont refaites. Au XIXe ou au XXe siècle, les façades sont reprises, les ouvertures en particulier; on peut notamment observer la base de pilastres de part et d'autre de la porte d'entrée, laissant supposer un traitement plus important à l'origine. Une visite détaillée du manoir, en 1676, donne une description précise des divers bâtiments.

manoir du Pâtis 85200 Fontenay-le-Comte, propriété privée, ne se visite pas.

(17) Derrière le couvent des Jacobins, au point où se réunissaient le Chemin-Vert et celui des Sauniers, était le cimetière sacré, vieux lieu de sépultures, où se trouvent des auges en pierre remontant à la période comprise entre les IXe et XIIIe siècles. On y a rencontré des pièces de Charles le Chauve et des deniers angevins contemporains de Philippe-Auguste.

Les Jacobins avaient été fondés, en 1216, par saint Dominique.

Ce nom leur venait de ce que le premier couvent fut établi à Paris dans la rue Saint-Jacques. — Pour la fondation du couvent de Fontenay, Voy. la Gallia Christiana, t. n, p. 1184.