Le Château féodal de Clérembaud, de Saint Pompain - Bertrand Du Guesclin à la conquête du Bas-Poitou

M. Lièvre  signale la voie gallo-romaine de Rom à la mer par la Villedieu, Saint-Maxire, Pompain, Fontenay le Comte où elle recevait la voie venant de Limonum (Poitiers) ; de là, par Petosse, Mareuil, la Motte-Achard, la voie se dirigeait sur Saint-Gilles-sur-Vie où elle disparaît aujourd'hui en mer.

Bertrand du Guesclin, le vainqueur des Anglais est passé à Saint-Pompain, avec les ducs du Berry, de Bourgogne, le comte de la Marche et la chevalerie française ; après la prise du château de Saint-Maixent, il se dirigea sur Fontenay dont il s’empara également.

Villiers en Plaine, Saint Pompain - Le chemin chevalet voie romaine de l’Autize

Le château de Saint-Pompain ( Pompin ) relevait de Vouvant

Ce château, peut-être élevé par Guillaume de Clérembauld au XIIIe siècle, a connu bien des vicissitudes. Si les caves voutées datent de la construction initiale, la guerre de Cent Ans, puis les Guerres de Religion ont beaucoup endommagé tout le reste, y compris le corps de garde et le pavillon ajoutés au XVe siècle.

 L'actuel château a été édifié dans la deuxième moitié du XVIe siècle, mais inhabité à partir de 1681, il n'est plus à la fin du XIXe siècle qu'une bâtisse flanquée à l'ouest d'un étroit pavillon avec, à l'angle de la façade nord, une échauguette soutenue par des corbelets faisant office de mâchicoulis et, à l'opposé, une entrée encadrée de deux piliers élevés en 1836.

Au début du XVIe siècle, il appartenait à Pierre du Plessis-Cherchemon.

En 1681, il passe aux Reynaud de Pons et après la Révolution aux Tourzel et ensuite au duc de Lorges qui le cède en 1858 à Amaury de Liniers, qui le vend en détail en 1882.

Malgré l’état de simple ferme auquel il a été depuis réduit il inspire encore aux habitants qui l’entourent quelque chose comme du respect pour l’autorité. Ses épaisses murailles brunies par le temps,  sa petite tourelle avec ses mâchicoulis, sa situation imposante, les noms qu’il rappelle, forment un contraste frappant avec les prétentions des égalitaires.


Le vieux manoir n’a jamais été achevé. Il ne dût être tout d’abord qu’un corps de bâtiment auquel un pavillon fut ajouté vers le XV ème  siècle.

Au midi, et en regard du bourg, il était défendu par une enceinte de douves sèches, un pont-levis donnait entrée dans la cour,  et  de l’intérieur un petit escalier conduisait à un petit plateau établi au-dessus des herses pour parlementer.

Ce n’est que vers 1840 que ce curieux portail a été remplacé par deux maigres piliers dans le goût du jour. Le côté nord repose  sur un rocher à pic et domine à une grande élévation l’immense bassin où coule l’Autize qui, après avoir  promené ses eaux au milieu des vastes prairies de la Torange, se rapproche dans une courbe gracieuse jusqu’au pied du  noble châtel comme pour lui rendre foi et hommage, et va reprendre en s’arrondissant la ligne de son cours. L’élévation de son assise d’où la vue s’étend à plusieurs lieues sur le bocage, des coteaux abrupts couronnés de bois, des accidents de terrains aux vastes proportions, la jolie route qui gravit comme un serpent pour arriver au plateau du bourg, font, sans contredit, de cette position, un des plus beaux sites du pays.


Les anciens seigneurs de Saint-Pompin avaient juridiction de haute, moyenne et basse justice. Leurs droits seigneuriaux s’étendaient sur une quarantaine de petits fiefs environnants ; ils confinaient avec les Rohan et les Jourdain de Villiers, les Lusigem, de Benet, les Vivonnes, d’Oulmes, la commanderie de Cenan, l’abbaye de Nieul, la châtellenie des Moulières, les Destissac et les Vognolles Lahire, de Coulonges les Royaux.

 (Notice Historique sur le château Renaissance de Coulonges sur l’Autize du Bas- Poitou)

 Ils eurent à soutenir au sujet du tiers des lots et ventes de la seigneurie un procès, curieux à étudier, qui dura de 1518 à 1789, contre les rivaux qui se succédèrent dans la châtellenie des Moulières ; les Chabot, les Prévost, les Parabère, les Pompadour, le marquis de la  Carte, gouverneur militaire du Bas Poitou, le dernier des acquéreurs de 1764, en préparaient la reprise lorsqu’enfin la Révolution vint prononcer un jugement sans appel.


Les seigneurs de Saint-Pompin furent de tout temps les avoués de l’Eglise et sur tous leurs dénombrements ils inscrivirent au premier rang de leurs prérogatives le droit de fondation première et de patronage dans l’église paroissiale. On peut y voir encore, sous des couches de chaux, la litre  seigneuriale avec des armoiries au champ d’argent, à une face de gueule, à la bordure de sable besanté d’or.

 

Ils payaient de temps immémorial à l’Abbaye de Nieul, dont Saint-Hilaire de Saint-Pompin ne fut longtemps qu’une celle, une rente annuelle de soixante boisseaux de froment en retour apparemment des services religieux que les PP. Augustins rendirent jusqu’au XVIII ème siècle.

Les propriétaires actuels ont restauré avec beaucoup de goût les deux étages de la tour nord et fait revivre un château dont l'abandon avait alimenté bien des légendes.

château de Saint Pompain 79160 Saint Pompain, propriété privée, ne se visite pas, vestiges.

 

Le Château de Villiers en Plaine dans le temps, le Camp de Bertrand<==.... ....==> Guerre de Cent-ans dans le Bas-Poitou, prise de Fontenay le Comte par Bertrand du Guesclin (Time Travel 12 Oct 1372)

 

 

 Légendes du Poitou : Les Hantises du Château féodal de Saint- Pompain (Deux-Sèvres) <==....

 


CLÉREMBAUD, CLERBAUD ou Clairambault

 

— Famille de noblesse féodale que l'on trouve dès le XIIe siècle dans les environs de Saint-Maixent et de Vouvent.

 Ce nom est écrit souvent Clarebaudus et Clerbaud, Clérembaud (Hugues et Guillaume), frères, donnent en 1103, à l'abbaye de St-Maixent, quelques droits qu'ils avaient à Marçay, dans le fief des abbés. (D. F. 15.)

Clérembaud (Guillaume), le même que ci-dessus ? fut témoin d'une donation faite à Fontevrault par Empère, veuve de Simon de Parthenay, de la moitié des moulins de Secondigny, vers 1150. (Cart. Fontevrault, 178.)

Willelmus Clarebaudus fut aussi témoin d'une donation faite à l'Absie par Thibaud Chabot, vers 1150.

Clérembaud (N.), Clarebaudus junior, fut témoin de la fondation de l'abbaye de St. Vincent de Nieul-sur-l'Autize, vers 1160. (Gallia Christ. II.)

Clérembaud (Guillaume), Chev., fut témoin d'un échange fait en 1221 entre Geoffroy de Lusignan, sgr de Vouvent, et Giraud du Bois, de Nemore. (D. F. 25.) Il fut aussi témoin en 1234 d'un accord conclu entre les abbayes de Maillezais et de Sully. (Ibid.)

C'est lui sans doute qui est le G. Clarebaudus, sgr de St-Pompain, qui fit don à l'abbaye de l'Absie en 1239. (Arch. D.-S. H.14, Absie.)

 Clérembaud (Geoffroy), Chev., sgr de St Pompain (D.-S.), fit un accord en 1228 avec l'abbaye de Fontevrault, au sujet des vignes près St-Pompain qui dépendaient du prieuré de la Lande de Chalais. (Cart. Fontevrault, Bibl. Nat., Latin, 54802, 44.)

Clérembaud (Hugues). Chev., sgr de St Pompain, donna en 1235 à Aynor la Mercière et à son fils les droits qu'il avait sur une maison à St-Pompain. (Arch. D.-S. E. 5S )

Hugo Clerbauz, miles, arrenta des terres, le dimanche avant St-Martin 1255, chargées de redevances envers l'Absie. (N mis à tort à Clervaux. Sur le dos de la pièce il y a Absie 1118, St-Pompain.)

Clérembaud (Guillaume), Chev., sgr de St Pompain, et sa femme Isabelle donnèrent en janv. 1274 à Raoul, abbé de Maillezais, diverses rentes qu'ils avaient dans le fief de Pierre de Veluire. (D. F. 25.) Ils eurent, croyons-nous, pour fille ISABELLE, D° de St- Pompain, mariée, vers 1300, à Pierre Cherchemont, Chev.

Clérembaud ou Clerbaud (Asseline) épousa Guillaume Jousserand, Chev., sgr de Biarroue (Juscorps, D.-S .). Ils firent une vente à l'abbaye de Maillezais en 1296. (D. F. 38, 154.)

A cette famille pourraient se rattacher les personnages suivants, mentionnés dans les archives de la Barre (II, 248).

Clerbaud pour Clérembaud (Marie) possédait en 1499 divers fiefs à la Mosnerie, la Prunerie, Trey (D.-S.), relevant de la seigneurie de la Barre-Pouvreau; elle eut pour héritier son neveu, Jean Clerbaud.

Clerbaud ou Clérembaud (Jean), Chev., qui, après le décès de sa tante, fit présenter en 1404 un gant blanc pour le devoir de son hommage, aux assises de la Barre-Pouvreau.

— Famille noble de Bretagne, qui a eu des alliances avec des familles du Bas-Poitou.

Blason. : de…. à 3 fasces et 3 besants en chef. (Sceau de 1380.) (Arch. Nat. J. 242.)

Clérembaud ou Clerbaud (Sylvestre), Chev., signa un traité fait à Guérande en 1380, et le scella de son sceau. (Arch. Nat.)

Clérembaud (Sylvestre), Ec., sgr de la Cardaire ? marié vers 1400 à Jacquette DU PUY-DU-FOU, eut pour fille CATHERINE, mariée le 1er juil. 1438 à Gilles de Sesmaisons, Ec., sgr de la Sauzinière, qui était déjà veuf.

CLÉREMBAULT, — Cette famille qui a donné un maréchal de France et un évêque au diocèse de Poitiers, est, selon l'opinion la plus commune, originaire de l'Anjou où se trouve le Plessis-Clérembault (psse St-Remy en Mauges).

Elle a possédé plusieurs fiefs importants en Poitou. Dans son travail sur Palluau et les Clérembault, paru dans la Revue du Bas-Poitou (t. IV, p. 275, etc.), M l'abbé H. Boutin relate, d'après le P. Anselme, en 1117 un Guillaume Clérembault, sgr du Plessis, qu'il croit être le Plessis, commune d'Aizenay (Vendée), et il ajoute : « C'est là vraisemblablement que cette famille a pris naissance ». Nous pensons plutôt que ce Plessis était en Anjou.

Blason : fascé ou burelé d'argent et de sable de 10 pièces. (P. Anselme, Arm. d'Anjou, etç.)

Clérembault (Antoine), sgr de Chantebuzain?

(qui pourraît être fils puîné d'Antoine, rapporté au 7° degré de la filiation suivie), épousa Catherine DE LA ROCHE-QUÉRYE ? don il eut une fille, mariée le 18 fév. 1540 à Michel de Lesval. Elle lui porta le fief de la Perrotière (Psse de Grande-Lande, Vendée). (Dict. Noblesse, ancienne édition, 8, 653.)

Clérembault (Antoine), Ec. de la compagnie du maréchal de Cossé, acheta à Fontenay en 1518 un cheval bai pour 110 écus. (Hist. Fontenay, 172.)

Clérembault (Louise) épousa au XVIe siècle Pierre Foucher, Ec., fils puîné de Jacques, Ec., sgr du Brandeau. (Franç. 20228, 80.)

Clérembault (Louis), Ec., sgr de Maurepart et de Rilazay (près Airvault ?), fit emprunt le 13 juil.

1580 à Louis du Breuil, Ec., sgr de Fon-de-Chien, et Marie de Gaulle, sa femme. (Arch. la Barre.) Ce Louis appartenait à une branche cadette des Clérembault d'Anjou.

 

 

Généalogie de Jacques de Liniers

ARMOIRIES : «D argent à la fasce de gueules et à la bordure de sable chargée de 8 besans d or».

Après ses victoires contre les anglais, Jacques de Liniers, pourra leur adjoindre les quatre drapeaux pris aux anglais.

 RESUME GENEALOGIQUE : La Maison de Liniers, compte parmi les plus anciennes et les plus illustres familles du Poitou ; elle est d’origine chevaleresque et est citée dès le XIème siècle.

Sa filiation suivie remonte au XIIIème siècle à Guy né vers 1250 et allié vers 1270 à Méauce Chénin. «Le mercredy avant la fête de Saint-Etienne 1362, Louis, vicomte de Thouars, seigneur de Talmont a ottroyé haute, moyenne et basse justice sur sa terre de Liniers à notre bien aymé escuyer Charles de Liniers».

Quelque temps auparavant, «à la bataille de Poitiers donnée le lundi 19 septembre 1356 a été tué messire Guillaume de Liniers», il est enterré chez les frères mineurs de cette ville. Vers la même époque, «Florie de Liniers, veuve de feue Maurice Manninet, Chevalier, épouse Jean le Meingre, sire de Bouricault, mareschal de France» ( ).

 Pendant l’occupation anglaise, le Prince de Galles a trouvé dans cette famille un de ses plus fervents soutiens avec Guiard dit Maubruny de Liniers, sgr de la Meilleraye (fils du précédent tué à la bataille de Poitiers).

Sept Liniers ont porté le cordon de chevalier de Saint-Jean de Jérusalem.

En 1390, Amaury de Liniers, arrière- petit-fils de Guy, épouse Marie de Chausseroye, dame d Airvault, et devient seigneur du Lieu.

Son fils Jean, dit Maubruny, forme la branche ainée.

Au XVème siècle, le roi Charles VII autorise Jean de Liniers (fils d'amaury), son conseiller et chambellan, seigneur d'airvault, à fortifier le bourg et le doter de murs, tours, fossés, portes et pont-levis. La construction de ce puissant système défensif irrita fort la duchesse de Thouars, Marie Rieux

Avec 1500 soldats, elle attaqua Airvault, en 1439, abattit, renversa et détruisit les fortifications. Les efforts dirigés contre le château qui résista, s'étant révélés inutiles, la fougueuse duchesse fit jeter tant de flèches, de pierres et autres projectiles à l'intérieur de la demeure que l'épouse du seigneur, Sybille de Liniers, dût abandonner son appartement. Jean de Liniers en appela à la justice du roi. Il obtint gain de cause et fut autorisé à faire relever les fortifications de la cité. Il s'éteignit en 1422, âgé de près de cent ans.

Ses descendants conservèrent le domaine, érigé en baronnie vers 1528, jusqu'à l’extinction de la branche ainée par le mariage de Louise de Liniers avec Jean Ysoré.

 

 

 

 

 

 

 

Dictionnaire historique et généalogique des familles du Poitou. Tome deuxième, Brisson-Cyr