Le prieuré de Mouzeuil saint Martin (Time Travel)

La route de Fontenay à Luçon s'échelonne par Mouzeuil, Nalliers, Ste.-Gemme-de-la-Plaine.

Prioratus et ecclesia parochialis S. S. Trinitatis de Mozolio, de Mosolio, Mouseil, Mouzeuil.

Ce bénéfice dépendait de l'abbaye de Maillezais, et le titulaire était sacristain de l'abbaye. A certaines fêtes, il devait balayer lui-même l'église abbatiale.

Le prieuré de Mouzeuil fut fondé vers 1050. La chronique populaire attribue cette fondation à Mélusine ou Mélisande, femme d'un prétendu prince de Talmond, qui aurait sa sépulture dans l'église même. C'est encore une autre version de l'histoire fabuleuse de Mélusine.

La première mention de cette localité se trouve dans une charte de 1010. Il y est question de son château, apparemment fort élevé, puisque, au dire de la Chronique du Langon, de la vieille Tour de Mouzeuil l'on voyait le château de Mareuil, distant de vingt-deux kilomètres et séparé de la première par mille accidents de terrain.

Le château de Mouzeuil, qui paraît avoir appartenu à cette époque-là à Hugues de Lusignan, fut incendié, cette même année 1010. On voit encore à Mouzeuil les ruines d'un vieux château nommé La Tour, qui aurait été détruit en 1011, si on en croit la tradition populaire.

TIME TRAVEL 1232 Geoffroye de Lusignan ( la Grand'Dent) incendie le prieuré de Mouzeuil saint Martin

( Geoffroy la Grand'Dent fils de la fée Mélusine)

 En 1050, Mélusine, épouse de Guillaume, prince de Curzon et de Talmont, en possédait les restes et faisait cession d'une partie des terres qui l'entouraient à l'abbaye de Maillezais pour y bâtir un prieuré et une église. La lettre de fondation de l'église et du prieuré indique bien que c'était une possession de cette abbaye.

On en trouve d'autres preuves dans la mention qui en est faite dans une bulle du pape Célestin, adressée aux religieux du monastère de Maillezais, et dans certains actes du XIIIe siècle, où les prieurs de Mouzeuil sont qualifiés de sacristains de l'église de Maillezais.

La construction primitive de cet édifice, commencée en 1050, semble n'avoir été terminée qu'en 1158, si l'on en croit le millésime trouvé en 1862 au-dessous d'une des dernières arcades de la nef, lors de l'établissement de nouveaux contreforts.

C’est durant le voyage que Guillaume X, duc d’Aquitaine et comte du Poitou se trouvant dans la forteresse de Fontenay le Comte en Bas-Poitou fit comparaitre devant lui Pierre Tronel.

Sous l’abbé Thibault, Pierre de Tronelle ayant enlevé à l'église de Maillezais une partie de Mouzeuil, il fut excommunié par l’évêque de Poitiers. L'affaire n'en resta pas là, et vers 1135 le duc d'Aquitaine, Wilhelm, et l'évêque de Poitiers, Guillaume II, se rendirent à Fontenay.

Les deux parties y vinrent aussi, et le jugement commencé, l'abbé Thibault prit la parole devant son évêque et son souverain. Son discours fut si habile, que son adversaire ne put lui répondre alors, pour éviter l’arrêt qui le menaçait, Pierre de Tronelle chercha un faux-fuyant, et proposa de traiter, quant au fond; mais il ne fut point écouté, et l'abbé de Maillezais fut admis à rentrer dans ses droits, et la possession de Mouzeuil, libre et tranquille, lui fut assurée pour toujours (Besly, p.404).

 (Parking Aire de stationnement pour camping-car de L'église Sainte Trinité et du Prieuré de Mouzeuil saint Martin - Visite Virtuelle)

 

Du prieuré, détruit en 1232 par Geoffroy la Grand'Dent seigneur de Mervent et Vouvant, persécuteur des abbés de l’abbaye de Maillezais.

Au début du 16ème siècle, Mouzeuil devient le lieu de la résidence d’été de Geoffroy d’Estissac, évêque de Maillezais.

 Il fait reconstruire dans les années 1523-1526 le Prieuré, détruit à la fin du 12ème siècle.

 

Saccagé à deux reprises (1562 et 1567) par les calvinistes lors des Guerres de Religion.

 « les papistes », nous disent les Chroniques Fontenaisiennes (4), « ayant, au mois de juillet 1570, fait grand dommage au prieuré, où ils tuèrent M. de Jazeneil, qui disait avoir acheté des princes ledit prieuré. »

Mouzeuil, au dire de ces mêmes Chroniques (5), fut encore témoin, quelques années plus tard, de tragiques événements :

« Le dimanche, 26 février 1576, sortirent de Marans environ vingt-cinq soldats allant vers Mouzeuil, qui sortirent vers le cours de la Touche et vers les Linauds, parce que les eaux étaient grandes à merveille. Or ces soldats, dont était conducteur un qui se faisait appeler Guise, qui avait un corps de cuirasse et commandait à Marans, en l'absence d'un capitaine, s'adressèrent a Mouzeuil.

Les habitants de ce lieu, qui savaient que ces hommes venaient pour piller et picorer, s'assemblèrent, et avec eux, douze soldats huguenots retirés là par le bénéfice de la Trêve. Plus que cela, ils furent au-devant des agresseurs, et Guise, voyant cette contrariété et que la commune était contre lui et les siens, se mit à crier : Tuer, tuer! Aussitôt furent tirés plusieurs coups de part et d'autre; Guise fut tué, et de ceux de Marans il en aurait été tué davantage, si M. de la Rivière Saint-Martin n'était arrivé pour apaiser le tuement. »

Le prieuré fut restauré en 1758. On y remarque une assez belle descente de croix peinte en 1685 et signée Q. Besnard. Le vicomte Zénobe Frottier de Bagneux fait installer la grande cheminée du prieuré dans le grand salon du château de la Pélissonnière, au Boupère.

la grande cheminée du prieuré de Mouzeuil dans le grand salon du château de la Pélissonnière, au Boupère

Le monument est un des plus représentatifs de la première renaissance de l’ouest et se situe rue du Prieuré. Le prieuré a été réhabilité entièrement et financé par le département. Il abritera une bibliothèque – cédéthèque.

 

 

SAINT-MARTIN-SUR-MOUZEUIL

Cette bourgade n'était en 1743 qu'un village dépendant de Nalliers. Une ordonnance royale en a fait une commune.

Des ruines gallo-romaines y furent mises à jour à une époque déjà ancienne. En même temps on y découvrit un dépôt de monnaies romaines appartenant aux deux premiers tiers du IIIe siècle, et qui paraît avoir été confié à la terre sous Tetricus.

Le logis de la Rivière, qui fait partie de cette commune, rappelle un sanglant événement dont fut témoin en 1738 la forêt de l'Herbergement.

Nous voulons parler de l'assassinat de René-Gabriel des Nouhes, comte de Beaumont-Pally, par Barrault des Granges, seigneur de la Rivière, assassinat inspiré par un sentiment de jalousie auquel ne fut pas étrangère la jolie châtelaine de la Roche-Gueffier, damoiselle de Béjarry.

Paysages et monuments du Poitou / photographiés par Jules Robuchon

 

 

 

 ==> L'Hermenault, Château épiscopal des évêques Maillezais (Time Travel)

 

 


 

 

(1) Au Congrès archéologique de France, tenu à Fontenay en 1864, M. Charron a lu un rapport sur ce souterrain. L'auteur y exprime l'opinion que ce refuge fut créé pendant l'invasion des Normands ou pendant la guerre que les seigneurs de Coulonges et de la Motte d'Ardin firent aux habitants de Pétosse et autres bourgs voisins, en 1033 et années suivantes.

(2) Chroniques Aillery. (Arch. de l'Evêché de Luçon.)

(3) La curieuse cheminée Renaissance du château de la Pelissonnière, dont nos livraisons de Pouzauges donnent la reproduction, vient de ce prieuré.

(4) P. 15o.

(5) P. 193 et 194.