Histoire du Donjon de Bazoges-en-Pareds, Jardin médiéval et musée

Le bourg de Bazoges, dont les maisons sont amoureusement blotties au pied de l'antique église et du puissant donjon, nous apparaît comme une fidèle image du village féodal. Dans ces temps de désordre et d'invasions, où les faibles avaient besoin d'appui, les cabanes des serfs, les maisons des colons libres et des artisans s'étaient groupées comme à l'abri et sous la protection du château. Ces groupes d'habitations avaient été d'abord de petits hameaux, puis le hameau était devenu village et paroisse après la construction d'une église.

 

L’église Notre-Dame a été donnée à l’abbaye de Maillezais par Thibault Laneau et ses frères  seigneur de Bazoges en 1056.

La première mention écrite de ce prieuré date de 1200, lorsqu'il reçoit la visite de l'évêque de Poitiers.

C'est lui également qui reçoit, en 1305, la visite de Bertrand de Goth, alors archevêque de Bordeaux devenu quelques années plus tard pape sous le nom de Clément V.

On ne sait pas exactement où se trouvait ce prieuré, mais il est probable qu'il se situait autour de l'actuelle place du Marché.

 La présence du cimetière juste derrière la place (l'église étant incluse dans le périmètre fortifié, il n'y avait pas de place autour pour y établir un cimetière), au moins depuis le XVè siècle, incite en tout cas à le croire.

D'ailleurs, jusqu'au XIXè siècle, cette place s'appelle « aire dimière », du nom de cet ancien impôt dû à l'Église.

On connaît peu de noms de prieurs de Notre-Dame de Bazoges : les deux comptes-rendus de visites paroissiales (1534 et 1778) mentionnent leur présence mais ne donnent pas leurs noms.

On estime[style à revoir] qu'aux XVIIe et XVIIIe siècles, entre 5 et 6 moines occupaient le prieuré, auxquels il faut ajouter au moins le prêtre-curé, son vicaire, un diacre.

Nous connaissons également les armes du prieuré Notre-Dame de Bazoges :

d'azur à une croix écartelée d'or et de gueules.

 Selon l'abbé Aillery, un agrandissement du cimetière en 1840 aurait mis au jour des fondations, assimilées par le prélat à celles de la chapelle du prieuré.

 

 

1253 Don de plusieurs droits faits à l'abbaye de Maillezais et au prieuré de Bazoges, par Hugue l'Archevêque, seigneur de Partenay, de Vouvant et de Mairvent, et par Valence, sa femme; lesquels droits avoient autrefois appartenu à feu Geoffroi de Lusignan, seigneur de Vouvent et de Mairvent.

Universis presentes litteras inspecturis Hugo archiepiscopi dominus Partiniaci, Volventi et Maireventi, et Valentia ejus uxor eorumdem locorum domina salutem in omnium salvatore.

A tous présenter les lettres de l'inspecteur Hugues l'archevêque seigneur de Partenay, Vouvant et Mairvent, et Valence sa femme, dame des mêmes lieux, salutations dans le Sauveur de tous.

Notum sit omnibus quod nos, propter Deum et instituitu pietatis, et pro remedio animarum nostrarum, parentum et amicorum nostrorum damus et concedimus Deo, abbati et conventui Malleacensi, priori et prioratui de Basogiis in puram et perpetuam elemosynam septem sextaria bladi mediatuis seu per medietatem frumenti et siliginis, quæ consuevimus annuatim percipere et habere in areâ decimariâ de Basogiis, et quatuor sextaria in medituria Pellevicinorum, et tres minochias siliginis in areâ Forestarii in decimâ domini de Pascuis, quæ prior de Basogiis in dictis locis solebat percipere annuatim; quæ omnia olim nobili viro Gaufrido de Lezigniaco defuncto quondam domino Volventi et Maireventi per prædictos abbatem et conventum assignati fuerant ratione compositionis factæ et habitæ inter dictum nobilem Gaufridum ex unâ parte, et religiosos suprà nominatos ex alterâ, super contentionibus quas dicti religiosi habuerant contrà nobilem memoratum, et in curâ sedis apostolicæ coram domino papâ et fratribus finitæ fuerunt per concordiam et sopitæ.

Qu'il soit connu de tous que nous, pour l'amour de Dieu et l'institution de la piété, et pour le remède de nos âmes, nos parents et amis, donnons et accordons à Dieu, à l'abbé et au couvent de Maillezais, au prieur et prieuré de Bazoge, en aumône pure et perpétuelle, sept pintes de blé coupé en deux ou moitié de blé et de seigle, que nous avions l'habitude de recueillir et d'avoir annuellement dans la région de Bazoge, une décimarie de Bazoge, et quatre pintes au milieu des Pellevicini, et trois minochia de seigle dans la région des Forestari dans la dîme du seigneur des Pascuis, que le prieur de Bazoge avait l'habitude de collecter annuellement dans lesdits lieux; le tout ayant été jadis attribué au noble Geoffroy de Lusignan, jadis seigneur Vouvent et Mairevent, décédé, par lesdits abbé et couvent, conformément à l'arrangement conclu et tenu entre ledit noble Geoffroy d'une part, et le sus-nommés religieux d'autre part, sur les querelles que ledit religieux avait eues contre ledit noble, et dans la cure du siège apostolique devant le seigneur le pape et les frères ils étaient liés par convention et dormaient.

 Quod bladum prædictum haberi volumus, teneri et possideri quietè, liberè et pacificè in perpetuum à prioratu de Basogiis, et à priore qui pro tempore fuerit in ipso prioratu; remittentes et quittantes dictis abbati et conventui, ac priori et prioratui antè dicto, vel in perceptione ipsius. Promittentes, etc.

Nous voulons que ladite lame soit tenue et possédée tranquillement, librement et paisiblement pour toujours par le prieuré des Basogii, et par le prieur qui pour le moment était dans le prieuré lui-même ; remise et départ desdits abbé et couvent, et des susdits prieur et prieuré, ou dans la perception de ceux-ci. Prometteur, etc...

  Nos Hugo et Valentia supradicti tactis sacrosanctis Evangeliis, corporalia prestitimus juramenta spontanes non coacti, et ad observantiam prædictorum nos et omnia bona nostra, heredes et successores nostros obligamus, et volumus in perpetuum obligari. In cujus rei testimonium sigilla nostra præsentibus litteris duximus apponenda ad æternam memoriam et rei perpetuam firmitatem.

Datum mense septembris anno Domini millesimo ducentesimo quinquagesimo tertio.

Nous, les susdits Hugues et Valencea, en contact avec les Évangiles sacrés, prêtons nos serments corporels, non forcés, et nous engageons nous-mêmes et tous nos biens, nos héritiers et successeurs, à l'observance de ce qui précède, et nous souhaitons être liés pour toujours.

En foi de quoi nous avons mis nos sceaux dans la présente lettre pour être apposés à la mémoire éternelle et à la fermeté perpétuelle de la matière.

Donné au mois de septembre de l'année du Seigneur mil deux cent cinquante-trois.

 

Manuscrits de dom Fonteneau, vol. 25, fol. 215.

 

Détruite lors des Guerres de Vendée en 1794, elle est restaurée en 1823 et 1960. (2)

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Le château de Bazoges a été primitivement édifié en 1200, comme le constate une inscription qui a survécu à sa ruine.

Son donjon quadrangulaire, qui élève encore fièrement aujourd'hui vers le ciel ses épaisses murailles noircies par le temps date aussi du XIIIe siècle, mais il a été remanié dans sa partie supérieure à la fin du XIVe. Il subsiste encore quelques pans de murailles de l'enceinte et des débris des tours distribuées de distance en distance pour la protéger. Au pied de ces murailles régnaient des douves profondes qui ont été incomplètement comblées.

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La ruine de ce château, commencée pendant les guerres de religion, et surtout à l'instigation de Richelieu, fut à peu près achevée pendant la Révolution par les troupes républicaines. Le donjon seul a échappé au vandalisme de ces diverses époques, et son état de conservation actuel est plus particulièrement dû à M. le baron Pervinquière qui, de son vivant, a maintes fois témoigné de son goût éclairé pour les beaux-arts. On y voit encore d'assez curieuses cheminées dont les manteaux armoriés ont été reproduits dans Poitou et Vendée par le burin habile de M. O. de Rochebrune.

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Plusieurs des seigneurs de Bazoges nous sont connus: Thibaud Lunel (1056) (2), Hugues Luneau (1244), vers 1380, il a été Fortifié pendant la guerre de cent ans, par le chevalier et seigneur Jehan Girard de Bazoges, Regnault Girard (1440) (3), Charles Poussard (1602) (4), Louis Barnabé de Beaudéan-Parabère (1765).

Ce dernier vendit, le 2 juin de cette même année, la terre de Bazoges à Messire François-Charles Carré, écuyer, seigneur de Candé, président trésorier de France au bureau des finances de la généralité de La Rochelle, pour la somme de cent huit mille six cents livres.

Le domaine de Bazoges fut porté plus tard dans la famille de Moussac par le mariage de Mlle Marie-Françoise- Estelle Carré de Candé avec M. Paul-Laurent Augier de Moussac. Enfin, le 1 er février 1859, M. de Moussac le céda à M. Henri Pervinquière.

Voyage dans le temps médiéval au donjon de Bazoges-en-Pareds

(Patrick Proust Musiques Anciennes médiévale, renaissance, baroque)

Au pied du château serpentent entre deux rives pittoresquement ombragées les eaux poissonneuses de l'Arkanson, qui prend sa source à Bouildroux et va se jeter après un parcours d'une dizaine de kilomètres dans le Loing d'abord, et un peu plus bas dans le grand Lay. Le long de ce ruisseau l'époque celtique avait semé de nombreux monuments de pierre (5). Beaucoup ont disparu et parmi eux le groupe de Pulteau (6). D'autres ont survécu au vandalisme moderne, et de ce nombre le menhir des Landes et les dolmens de Pierre-Levée et des Pierres folles.

 

(Musée d'art et de tradition populaire. Une maison du XVIIIe siècle abrite le musée d'Art et de tradition populaire. Ouvert au public en 1992, il présente la vie quotidienne d'une ferme du bocage entre 1850 et 1950 avec du mobilier et des milliers d'objets....https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/bazoges-en-pareds-85390)

 Suivant la légende, les Pierres folles auraient été élevées par les fées dans les conditions suivantes.

Douze d'entre elles, chargées chacune d'un gros monolithe, qu'elles portaient dans leur dorne, s'acheminaient à des distances diverses, vers la Pierre-Levée pour contribuer à sa construction, lorsque tout à coup parut la Vierge, qui jeta l'épouvante dans leurs rangs. A sa vue, elles laissèrent choir leur fardeau au lieu et place où elles étaient et quittèrent ce lieu en chantant pour n'y plus revenir. En mémoire de cet événement, le menhir qui avoisine le dolmen prit le nom de la Vierge ( 7 ).

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C'est à Velaudin, près de Bazoges-en-Pareds, que mourut, le 1er mai 1832, François Bouron, ancien député à l'Assemblée constituante et ancien président du tribunal criminel de la Vendée.

 

 

Paysages et monuments du Poitou / photographiés par Jules Robuchon.... Tome X, [Vendée] Fontenay-le-Comte, Coulonges et Terre-Neuve / par MM. René Valllette et O. de Rochebrune. La Chataigneraie, Saint-Hilaire des-Loges, Vouvent et la forêt / par M. René Vallette. Nieul-sur-l'Autise, Oulmes et Bouillé-Courdault / par MM. Jos. Berthelé et l'abbé Drochon. Maillezais et Benet / par MM. Edgar Bourloton et René Vallette

Visite du Jardin Médiéval de Bazoges en Pareds 360°

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Jardin constitué de 16 carrés avec en son centre un cadran solaire. Chaque carré est délimité par des fascines de châtaignier où l'on retrouve un potager, des plantes aromatique, médicinales et de sorcellerie. Un triangle de fleurs et le verger complètent ce jardin.

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La visite comprend aussi un donjon restauré et meublé du XIVème siècle ainsi qu'un musée d'art et de tradition populaire (Fin XIXème - Début XXème) avec un fournil et une forge.

 

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Patrimoine, à visiter en Vendée- Carte des Châteaux <==.... ....==> Le seigneur de Bazoges-en-Pareds ambassadeur auprès de Jacques Ier Stuart d'Écosse pour le mariage de Marguerite et de Louis XI

 Sur la Terre de nos ancêtres du Poitou - Aquitania <==


 

 

(1) Voir l'article sur Xanton-Chassenon du canton de Saint-Hilaire-des-Loges.

(2) Parmi les dons faits à l'abbaye de Maillezais par Thibaud Lunel, figurait un verger situé près de Bazoges... « Simili ratione concedo viridiarium meum totum quod est plantation apud Basilgias... » D. F. — Quelques années plus tard, le même seigneur fit don à l'abbaye de Maillezais de l'église de Bazoges, avec tous ses droits et dépendances. Cette église, ancienne chapelle du château, était naguère renfermée dans son enceinte et ajoutait encore à ses moyens de défense.

(3) Au xvie siècle, la seigneurie de Bazoges était encore possédée par un des descendants de la branche aînée de l'ancienne et illustre maison des Girard. Lorsqu'éclata la guerre religieuse, il mit son épée au service du roi pour la défense du catholicisme, augmenta les fortifications de son château et s'entendit avec son voisin, le seigneur des Roches-Baritaud, resté catholique comme lui, pour mettre à l'abri des incursions des protestants la vaste et riche plaine qui s'étend de Chantonnay à la Caillère.

Notre regretté ami, M. Alexis des Nouhes, a fait revivre dans de charmantes pages (Revue de Bretagne et Vendée, an. 1873) un curieux épisode des guerres du xvi° siècle dont le seigneur de Bazoges fut le héros.

(4) Les archives départementales de la Vendée possèdent un dénombrement rendu à Catherine de Gonzague de Clèves, duchesse de Longueville et de Bouteville, baronne de Parthenay, Vouvent et Mervent, veuve de Henri d'Orléans, tutrice de ses enfants, par Charles Poussart, chevalier de l'Ordre, gentilhomme de la Chambre du Roi, seigneur du chastel fort et forteresse de Bazoges-en- Pareds, pour le chastel, place forte et forteresse, terre et seigneurie de Bazoges et la capitainerie d'icelle, etc.

La seigneurie de Bazoges avait alors pour vassaux un grand nombre de personnes des premières familles du pays. Aussi le nombre des articles mentionnés dans ce registre s'élève-t-il au chiffre de 4394.

(5) Le cadastre est plein de souvenirs de cette lointaine époque : le' Chaillou, les Pierres Rousses, la Pierre Braud ; la Game, le Champ des Dames et le Patis des murailles.

(6) C'est dans la cour du château de Pulteau qu'une colonne républicaine, se rendant en 1793 de La Châtaigneraie à La Caillère. massacra plusieurs habitants des villages environnants qui y étaient venus chercher asile et protection. Le même château évoque le souvenir du docteur Loyau, ancien député, qui y fit les premiers essais de culture du topinambour, du maïs-fourrage et du trèfle incarnat.

(7) L'abbé Baudry. Antiquités celtiques de la Vendée. Annuaire de la Société d'Em. de la Vendée. 1872, p. 116 et 117.