Time Travel Fortification de La Rochelle et construction de la porte Royale après le siège de Richelieu

Le démantèlement complet de La Rochelle donnait toute sécurité au pouvoir royal.

Les habitants, dans une cité « ouverte », ne pouvaient plus songer à reconquérir leur antique indépendance ; mais, par contre, La Rochelle — ce point important du littoral — restait sans défense contre les ennemis du dehors. L'Espagne, l'Angleterre, la Hollande, tenaient tête à Louis XIV et menaçaient d'opérer un débarquement sur nos côtes.

Pour ne pas donner à ces redoutables adversaires l'idée de s'emparer de La Rochelle, Louvois conçut le singulier projet de raser simplement toute la ville et de combler le port.

Heureusement, le maréchal de Lorges, auquel le roi avait confié le commandement des côtes de la Loire à la Gironde, entrava les volontés du ministre de la Guerre, et confia à M. de Ferry, ingénieur général, le soin de relever au plus vite les murailles de la ville.

PROJET DE FROTIFICATION DE LA VILLE DE LA ROCHELLE PAR M DE FERRY EN 1700

Lors de la Révocation de l'Edit de Nantes (Édit de Fontainebleau 1685), nombre de Rochelais refusèrent de se soumettre et préférèrent l'exil à l'abjuration. Ils se retirèrent en grand nombre dans l'Afrique australe, et émigrèrent aux environs du cap de Bonne-Espérance, où ils furent les ancêtres et peut-être la souche véritable des Boers. Les trois frères de Villiers, notamment, qui arrivèrent au Cap en 1689, y firent souche de descendants qui occupèrent une place importante dans les fonctions publiques.

Ce travail fut exécuté avec une rapidité surprenante. En 1689, six mille hommes, bien dirigés, mirent quarante jours à donner une forme appréciable à la ligne que devait suivre la fortification projetée.

Des habitations s'étaient établies en dehors du périmètre des anciennes murailles, si bien qu'elles durent être englobées dans cette nouvelle enceinte qui prit, de ce fait, une étendue plus considérable que les précédentes.

Ce furent les faubourgs de Lafond et de Tasdon qui souffrirent le plus de cette extension. Les maisons abattues servirent à la construction des bastions réédifiés; on y employa également les matériaux provenant de la démolition du Grand-Temple, sur la place d'Armes, qui avait été incendié deux ans auparavant, le 9 février 1687.

 La place du Château fut déblayée des constructions qui l'encombraient, et devint le superbe quadrilatère que nous voyons aujourd'hui.

Après dix ans de travail, vers 1700, les fortifications actuelles étaient complètement terminées. Seul, le front ouest restait en talus de terre, sans revêtement de pierre, tel qu'il existe de nos jours.

La porte Neuve était flanquée d'un corps de garde, aux colonnes doriques, que nous avons vu récemment disparaître. Les talus du front ouest ne devaient être — paraît-il — qu'une défense provisoire.

Masse nous a laissé la description des grands projets de M. de Ferry, qui comptait faire de La Rochelle « une des plus belles places du royaume. » Il avait conçu le dessein d'élever une citadelle à la place du fort Louis, et de comprendre, dans le périmètre des fortifications, tous les terrains depuis la digue de Richelieu jusqu'à Saint-Maurice; le mur d'enceinte devait partir de la tour de la Lanterne, suivre le rivage jusqu'au fort Louis (où eut été placée la porte des Deux-Moulins); de là, rejoindre le lieu- dit la Trompette et venir se souder au bastion de la porte Dauphine.

M. Le Pelletier de Souzy, intendant des fortifications de France, donna son adhésion à ce vaste projet, mais malheureusement, la mort, en 1700, ne permit pas à M. de Ferry de réaliser le plan qu'il avait conçu. Vauban qui, d'après Masse, jalousait son collègue, s'opposa à l'établissement d'une enceinte aussi étendue.

 Les travaux furent alors menés avec une extrême lenteur ; le front ouest resta inachevé et la dépense totale de nos fortifications actuelles s'éleva à treize cent mille livres.

S'il eut été donné suite à la vaste conception de M. de Ferry, la ville eut pris une extension double de celle qu'elle occupe aujourd'hui. Le front ouest nivelé, les habitations eussent rapidement couvert toute cette énorme superficie, enclose et soudée à la vieille ville, et nous ne pouvons soupçonner les conséquences qui eussent pu résulter, pour La Rochelle, de la réalisation d'une entreprise aussi gigantesque.

C'est encore à M. de Ferry qu'on doit le plan de la porte Dauphine qu'on nommait, au moment où elle fut construite : la porte du Landa. « Lorsqu'on y passa pour la première fois, le 9 mars 1698, elle fit l'admiration de nos concitoyens », — dit Brunzen de la Martiniére. — Il n'y avait vraiment pas de quoi !

Les deux corps de caserne qui se trouvent à droite et à gauche de la porte Dauphine, furent construits de 1702 à 1710. On peut se faire une idée, par la description qu'en donne Masse, de ce qu'était à cette époque la vie du soldat.

« Il existait, dans les deux bâtiments à trois étages, 96 chambres, et chacune d'elles contenait 6 lits à trois soldats par lit. Ce qui permettait de coucher 1728 soldats. A quoi on joignait encore 48 lits dans les greniers dans un des corps.

Ce qui fait qu'on pouvait loger commodément 1872 hommes, ou trois bataillons complets. »

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Enfin, la porte Royale est d'une époque plus récente.

Elle fut commencée en 1700.

On y travailla à diverses reprises et elle était encore inachevée en 1718.

Le projet consistait à faire, au-dessus des voûtes du corps de garde, un logement pour l'aide-major, et à y installer d'autres services. La façade intérieure devait être dans toutes les règles de l'ordre toscan ; les colonnes sont restées à mi-hauteur. Mais le lieutenant-général du royaume ordonna de cesser ce travail et fit couvrir les voûtes simplement avec des tuiles.

Pierre Bullet, architecte du roi, est chargé de concevoir la Porte Royale. Cet architecte avait déjà réalisé la Porte Saint-Martin à Paris et il est admirateur inconditionnel de l'Arc de Titus à Rome. C'est en s'inspirant de ces deux monuments que Pierre Bullet a dessiné la Porte Royale de La Rochelle.

La construction, démarrée en 1706, resta inachevée en 1724. Aujourd'hui, la Porte Royale demeure l'une des plus belles portes conservées de places fortes du XVIIIe siècle. Elle est classée au titre des monuments historiques.

 

 Sous la première Révolution, le Conseil municipal décida que, sur chaque porte de ville figurerait l'inscription suivante : la Convention on la mort! Exprimant ainsi : « le vœu que tout bon citoyen doit former. »

La ville est restée jusqu'à nos jours astreinte, d'une manière rigoureuse, à tous les règlements militaires d'une place forte. Mais, il y a quelques années, la suppression des zones les plus reculées eut pour résultat de dégrever de leurs servitudes des terrains sur lesquels il était interdit d'élever aucune construction.

Alors, — suivant cette règle étrange et inexpliquée et cependant indéniable, qui veut que les villes aient toutes une tendance à s'agrandir du côté de l'ouest, comme si elles voulaient bénéficier plus longtemps encore des derniers rayons du soleil

 — La Rochelle vit, au couchant de ses murailles, sur des plaines arides et des marais fangeux, surgir de nombreuses habitations; et, sur les coteaux dénudés qui dominent la mer, s'élever au milieu de la verdure, de charmantes villas et de superbes résidences.

 

 

La Rochelle dans les entrailles de la Porte Royale

 

https://la-porte-royale.fr/

La Rochelle disparue / texte, eaux-fortes et illustrations par E. Couneau

https://www.fondation-patrimoine.org/les-projets/porte-royale-de-la-rochelle

 À la France : sites et monuments. Angoumois et Saintonge (Charente, Charente-Inférieure) / [notices de Onésime Reclus]

 

 

 

Siège de La Rochelle, les fortifications du Maire Jean Guiton seront razez rez-pied, rez de terre sur ordre de Richelieu ! <==.... ....==> Projet 1753 - Fortifications Vauban du système défensif des cotes de l’Atlantique au cours de la guerre de la Ligue d’Augsbourg.

....==> Archéologie: découverte des vestiges du siège de Richelieu à la Rochelle et d'une ferme datant du Néolithique

 

 


 

 

Les troupes de l'Empereur Napoléon envahissent La Rochelle.

 

A l'occasion des journées du patrimoine à la Porte Royale les 21 et 22 septembre dernier à La Rochelle, les habitants ont replongé pour un moment dans l'univers de l'Empire Napoléonien grâce à l'association Napoléonienne charentaise Le garde Chauvin. A travers plusieurs reconstitutions de campements comme celui des marins du garde Chauvin ou encore celui des Hussards à cheval du 2e régiment, les visiteurs et amateurs de Napoléon ont découvert ou redécouvert la vie quotidienne et militaire sous l'Empire. Deux jours dans la grande Histoire qui ont été l'occasion de voir d'un peu plus près des combats à pieds et à cheval, l'artillerie ou d'assister aux défilés. Un reportage de Pierre Le Droumaguet

 ==> 1808, Napoléon sur Rochefort pour inspecter le réseau de défense l’embouchure de la Charente et l’Arsenal