Voyage dans le temps et l’imaginaire du château de Comper

La forêt de Paimpont, une des plus belles de toute la Bretagne, offre de magnifiques taillis, de remarquables futaies et de nombreux étangs. Dès le XIIe siècle, les trouvères et les romans de chevalerie célébrèrent cette forêt sous le nom de Brocéliande.
Salomon de Bretagne pourrait être l'un des premiers propriétaires du château de Comper. Des alignements de menhirs découverts non loin du château témoignent de l'ancienneté de l'occupation des lieux. Les premières traces écrites du château de Comper datent de 868, lorsqu'il est dit que Salomon, roi de Bretagne habitait le « château de Campie ».

Château de Comper fief des Laval, le comte Guy XIV de Laval

Par la suite, les barons de Gaël-Montfort en revendiquent la possession [Dès le XIIIe siècle, Comper est considéré comme l'une des plus fortes positions de Haute-Bretagne Il est le théâtre de nombreux combats et de sièges, passant aux mains de plusieurs familles et soutenant plus d'un assaut durant la longue guerre qui oppose les maisons de Blois et de Montfor. La première mention historique est de 1301.


En 1370, le château est ravagé par Bertrand Du Guesclin, le « dogue noir de Brocéliande  »

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La guerre était à peine terminée en Normandie, que Du Guesclin était envoyé en Bretagne à la tête des auxiliaires français qui défendaient dans cette province la cause de Charles de Blois et de la France contre Chandos et la fleur de la chevalerie anglaise. En y observant les mouvements du nouveau comte de Longueville, on voit, même sans être homme du métier, combien sa manière de comprendre la guerre contrastait avec les habitudes et le tempérament de la chevalerie de son temps.

En 1370, le château est ravagé par Bertrand Du Guesclin, le « dogue noir de Brocéliande »

Le premier il essaie l’artillerie à feu, dont il pressent la destinée, et il range quelques méchants canons en batterie devant les murs d’un château, sous la risée de l’ennemi, qui vient essuyer avec une serviette blanche les taches que laissent aux murailles quelques boulets mal dirigés. En 1375 ou 1376, on y effectue des réparations et de nouvelles constructions car le château avait souffert tant des armées de Du Guesclin que des guerres de la succession.

Voyage dans le temps et l’imaginaire du château de Comper (1)

1467 : les Usemens et coustumes de la forest de Brécelien...

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Extrait d’un petit manuscrit sur vélin, intitulé les usemens et coustumes de la forêt de Brécilien .ce sont les ordonnances du comte de Laval, écrites de son commandement, au château de Comper, le pénultiesme jour d’aoust, l’an mil quatre cent soixante-sept.

Au début du XVe siècle, il devient le fief des Laval, le comte Guy XIV de Laval y fait rédiger par un certain O. Lorence, son chapelain, la charte des « Usemens et Coustumes de la foret de Brecilien » qui lie la forêt de Paimpont à la mythique forêt de Brocéliande en mentionnant la fontaine de Barenton, divise la forêt en parcelles (ou breils) et indique les droits et obligations des usagers de la forêt dans chacune de ces parcelles Dans Hauts lieux de Brocéliande, Claudine Glot voit dans cette charte la plus ancienne preuve que les terres de Guy de Laval, seigneur de Comper, comprennent les hauts lieux de la légende arthurienne bien avant la vague romantique du XIXe siècle.

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La charte, datée du 30 août 1467, réglemente les droits et devoirs respectifs des seigneurs et usagers de la forêt de Brécilien. Les Usemens sont signés par le comte Guy XIV de Laval, propriétaire de la forêt, en son château de Comper.

 

 10 octobre 1595 Siège par l’armée royale

Château de Comper 10 octobre 1595 Siège par l’armée royale Henri IV fait démanteler le château de Comper

Au XVIe siècle, François de Coligny d’Andelot, frère de l’amiral de Coligny, chef des protestants, fait de Comper le siège d’un prêche huguenot, mais, en 1595, la place forte tombe aux mains de la Ligue.

Le château appartient à l'époque au jeune Guy XX de Laval, qui est sous la tutelle d'Anne d'Alègre, mais est occupé par les hommes de Philippe-Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur et membre de la Ligue bretonne, depuis le début de la guerre

La tenue des Etats, en date du 4 janvier 1593, avait montré au roi que Monfort était du nombre des places où il devait y avoir une garnison.

La garnison de Monfort avait été menacée, en 1591 ; mais, le 6 avril, MM. De Cucé et d’Asserac, ainsi que nombre d’autres gens de guerre, allèrent lui porter secours. L’année suivante, elle fit une sortie et surprit deux châteaux ou furent trouvés les équipages de deux compagnies de chevaux-légers.

Le 12 juin 1593, la communication entre Rennes et Monfort n’étant pas sure, les compagnies du sieur de la Frosse et du capitaine Clou furent envoyée dans le château de Mejusseaume pour tenir le passage plus libre.

Montfort était une place importante pour le parti royaliste. Le sieur de La Tremblaye y fit, en 1594, trois ou quatre cents hommes, pour aller épier les ligueurs qui s’étaient fortifiés dans le château de Comper dont on résolut alors le siège.

Le maréchal d’Aumont fit sortir de Rennes, le 20 juin 1595, les deux gros canons neufs de cette ville, avec des munitions, qui furent transportés le lendemain à Monfort et, de  là, à Comper. Le 2 juillet suivant, Monbarot se rendit au siège. Le maréchal d’Aumont s’avança trop près pour reconnaitre la place et reçut une arquebusade au bras, ce qui le mit hos de combat. On le transporta à Monfort ou se trouvait la comtesse douarière de Laval qui fut fort affligé de cet accident. La blessure du maréchal d’Aumont fit lever le siège ; mais M. d’Andigné de la Châsse s’empara, par ruse, quelque temps après, du château de Comper.

Monfort tint, pendant tout le temps de la Ligue, le parti de Henri IV et empêcha le pillage des environs.

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Le maréchal d’Aumont, qui commandait pour le roi Henri IV en Bretagne, est mort des suites de la blessure.

Jean sire d’AUMONT, comte de Châteauroux, baron d'Estrabonne et de Chappes, maréchal de France, chevalier des ordres du Roy, gentilhomme ordinaire de sa chambre, conseiller en son conseil privé, capitaine de cent hommes d'armés de ses ordonnances, gouverneur de Champagne, de Dauphiné et de Bretagne, blessé aux batailles de Saint-Quentin, de Dreux, de Saint-Denis et de Montcontour en 1557,1562,1567 et 1569, mourut le 19 août 1595, d'un coup d'arquebuse qui lui cassa les deux os du bras. La gravité de sa blessure n'arracha d'autre plainte de sa bouche que ces mots, qu'il dit en recevant le coup : J'en tiens !

En 1598 avec l’Édit de Nantes, Henri IV  fait démanteler le château de Comper : deux tours et une courtine sont abattues tandis que la grosse tour, la “Gaillarde”, est fort endommagée.



En 1790, les révolutionnaires brûlent la moitié ouest du logis central.

En 1790, les révolutionnaires brûlent la moitié ouest du logis central du château de Comper

 

Le 4 août 1789, l’Assemblée constituante abolit les rares droits féodaux pesant sur les personnes, mais elle déclare rachetables les droits beaucoup plus importants et généralisés qui pèsent sur les terres, condition impossible à satisfaire par les paysans. Nombre de ceux-ci, refusant de payer dîmes, devoirs féodaux et capitations une année de plus, attaquent les châteaux de la région pour y détruire les chartes et fondations seigneuriales symboles de l’Ancien régime.

Le 27 janvier 1790, au cours des révoltes agraires qui agitent la région, une troupe d’environ quatre-cents hommes se rend au château de Comper en Concoret pour réclamer une renonciation écrite du seigneur à ses droits féodaux. Par ailleurs, après avoir obtenu les titres de la seigneurie, les émeutiers les brûlent dans la cour, puis se livrent au pillage et mettent le feu au château. L’incendie est éteint le 29 janvier par les habitants de Concoret.

 ==> Arrêtés du 4 aout 1789 relatifs à l'abolition du régime féodal.

Le château de Comper est composé de deux parties : l'enceinte et le manoir. Le registre de l'abbé Guillotin à la fin du 18e siècle décrit la forme quadrangulaire de l'enceinte avec une tour à chaque angle du château ; de cette enceinte, il reste les deux tours encadrant l'entrée, la substructure de la tour sud à côté du pont et une partie de la tour est.  On y remarque une porte d’entrée en cintre brisé, flaquée de meurtrières et offrant les traces d’une herse.

Le manoir a été édifié à l'emplacement de la courtine sud-est après 1620 par Mathurin de Rosmadec ; la terrasse près de l'étang a été réalisée en 1699 ; l'escalier et la partie sud du manoir ont été reconstruits en 1866 par Armand De Charette.

Deux chapelles dédiées à saint Marc sont édifiées à Comper, probablement lors de la construction du château, par les seigneurs de Gaël-Montfort. La première chapelle, extérieure au château, bâtie à l’emplacement du « pâtis Saint-Marc », est celle de la frairie de Comper. Elle est détruite lors des guerres de la Ligue, à la fin du 16e siècle. La seconde, située à l’intérieur de l’enceinte du château, est réservée à l’usage des châtelains.

Éléments protégés MH : l'enceinte, le manoir, la cour, la digue et les douves : inscription par arrêté du 21 mai 1996.

Voyage dans le temps et l’imaginaire du château de Comper (2)

 L'origine des étangs remonte aux premières époques de l'exploitation du fer en Bretagne. (Les filles des forges de Paimpont (Forêt de Brocéliande) Chants et histoire)

En effet, la technique du traitement du minerai fut complè- tement renouvelée en 1435, par l'invention d'une soufflante utilisant la force hydraulique et la question de l'eau devint primordiale. C'est pourquoi l'industrie du fer se localisa dans les parties supérieures des vallées et les anciennes Forges de Paimpont, dont l'origine remonte à 1633, étaient situées à l'extrémité Est de la Forêt du même nom, au bord des étangs de Comper.

Ceux-ci forment actuellement une succession de trois étangs. C'est une importante pièce d'eau de presque 1 km de long, alimentée principalement par un affluent de la Meu et par les eaux de ruissellement du plateau schisteux. Les bords de l'étang sont délimités par des blocs de schistes qui isolent des anses plus ou moins importantes. La largeur de l'étang varie entre. 100 m dans la région la plus resserrée et 200 m dans les parties les plus ouvertes ; ces dernières forment vers le bord de grandes zones découvertes et peu profondes.

Histoire de Montfort et des environs / par F.-L.-E. Oresve,.

Bulletin de la Société scientifique de Bretagne

Bibliothèque nationale de France, département Philosophie, histoire, sciences de l'homme

 https://broceliande.brecilien.org/L-incendie-du-Chateau-de-Comper

 

 

 Le Château de cristal de Merlin et Viviane. Quand les légendes et l’histoire naissent des eaux profondes de Brocéliande <==.... ....==> De la Vendée à la Bretagne, De Charette et l’Arrestation de la Duchesse de Berry le 7 novembre 1832.