L’église Notre Dame, construite dans la vaste enceinte du château de Surgères

Le château de Surgères a été fondé à l'époque des invasions Normandes. Dans son état actuel, il conserve une vaste enceinte elliptique.

C'est à Hugues et Pétronille Maingot, seigneurs de Surgères au nom du comte de Poitiers, que l'on attribue traditionnellement la fondation de l'église Notre-Dame

Située à l'intérieur de l'enceinte féodale qui lui fait écrin, l'église Notre-Dame s'impose par l'ampleur de sa façade de 23 mètres de longueur. Cet étonnant frontispice est constitué de lignes horizontales, marquées par deux corniches qui se prolongent jusque sur les contreforts constitués de faisceaux de colonnes impressionnants.

L’église Notre Dame, construite dans la vaste enceinte du château de Surgères

L'église romane du 12e siècle comportait à l'origine une abside en hémicycle, un choeur, un transept et une nef couverte en berceau. Une crypte a été creusée sous le choeur.  

A l'intérieur de l'église le Docteur J. Texier nous relate la construction de cet édifice, confiée aux moines de l'abbaye de Vendôme, entre 1070 et 1080.

« A Melle, à Aulnay, à Sainte-Hérie, nous avons remarqué que » la façade, par les dispositions de son portail central flanqué de deux » arcatures indiquait la disposition d'une église à trois nefs.

« Ici, le maître d'oeuvres s'est livré à plus de fantaisies et le portail central est flanqué de trois arcatures qui correspondent si peu » au plan de l'église qu'une des colonnes intérieures se trouve placée » au milieu d'une arcature. Ce manque de logique chez les bâtisseurs » du Moyen-âge où toujours un ornement est un membre d'architecture qui a son utilité, est tellement rare qu'il convient d'être signalé,

Au lieu d'une tour carrée à toit plat, comme à Varaize et à Haimps et qui est la formule habituelle des clochers de Saintonge,  nous voyons ici une tour octogonale percée de deux fenêtres sur » chaque face. Je ne sais si cette tour à jamais eu sa couverture, mais je suppose qu'elle était destinée à recevoir une mitre byzantine, en pierre, dans le genre de celle de l'abbaye des Dames à Saintes.

La décoration de la façade est dans la tradition romane. Pas de grand thème iconographique comme à Aulnay, Fenioux, Melle, Angoulême.

L’église Notre Dame, construite dans la vaste enceinte du château de Surgères

Un cavalier comme à Melle, foulant à pieds l'hérésie, c'est toujours Constantin; mais un autre cavalier est plus difficile  à identifier. Le roi Salomon assis sur un lion, représente la justice  appuyée sur la force. A gauche, Jésus enseigne la divine doctrine.

 

 Trois nefs sont séparées par des piliers rectangulaires aux angles abattus et sont composées de quatre travées qui, depuis les XVe – XVIe siècles, remplacent les six travées de style roman d'origine correspondant aux fenêtres latérales.

Parmi les chapiteaux, on remarque des musiciens, des sirènes, un dromadaire comme à Ouïmes, des éléphants comme à Aulnay. La source d'inspiration vient toujours de l'Orient lumineux.

A l'intérieur, l'église a beaucoup souffert.

Durant la guerre de Cent ans, le clocher ainsi que la nef sont détruits. Les piles actuelles datent du 15e siècle. La nef est à nouveau saccagée vers 1472 et une nouvelle charpente est construite à la fin du 16e siècle. Le transept fut modifié après la guerre de cent ans. En 1570, l'édifice fut incendié par les Huguenots. Les piles, les colonnes et les voûtes s'écroulèrent. Il n'y a donc pas à tenir compte des piliers quadrangulaires dus à des réparations trop hâtives et maladroites. Mais il reste à admirer l'abside avec l'harmonieuse disposition de ses fenêtres et la richesse de leur décoration.

 A la Révolution, saccage du caveau des seigneurs de Surgère qui se trouvait sous la crypte. L’ancien tombeau des seigneurs de Surgères est remarquable par son pilier central, son autel du XIIe siècle, ses peintures murales.

La cloche fut refondue en 1787.

L'église Notre-Dame est classée au titre des monuments historiques en 1862.

En 1899 la foudre ébranle le clocher qui est reconstruit plus haut qu'à l'origine.

 

 

Bulletin / Société d'archéologie de Saint-Jean d'Angély et de sa région

 

 

 

Le château médiéval de Surgères (Visite Historique dans le Temps) <==


 

 

L’église Notre Dame, construite dans la vaste enceinte du château de Surgères

(Mélusine protrectrice de la famille Lusignan)

L'église Saint-Pierre de Surgères.

Au -delà de la Gère, sur la paroisse Saint-Pierre, située à 200 mètres du château, fut construite une église, peu de temps après celle que les Maingot firent élever à l'intérieur de leur château.

L'église Saint-Pierre était une église collégiale et séculière.

Elle comptait un prieur et huit chanoines.

Le titre d'archiprêtre de Surgères était attaché à cette église, et non pas à celle du château.

On trouve au bas d'un acte daté de 1159 la signature de l'archiprêtre de Surgères accompagnée de son sceau : « Ego, Willelmus, canonicus et archipresbyter de Surgeris ».

L'archiprêtré s'étendait sur les paroisses des doyennés de Surgères, d'Aigrefeuille, la partie nord du doyenné de Loulay, sur Saint-Félix, Dœuil, Migré, Vrigné, Coivert, Croix-Comtesse, Villeneuve, Muron, Saint-Christophe, Anais, Réaux, Priaire, Torigny, Prissé.

La division écclésiastique était calquée sur la division civile. Le langage, le costume, jusqu'en ces dernières années, la physionomie locale de cette région étaient demeurés identiques. C'est aujourd'hui encore un groupe de 30.000 âmes, mais qui tend à perdre son originalité.

L'église Saint-Pierre fut démolie en 1840.

Une nouvelle route traversa l'ancien cimetière attenant à l'église. Il reste, toute proche, une petite maison basse que la tradition locale dit avoir été la demeure de l'ancien prieur de Saint-Pierre.