Curçay sur Dive, ses églises, son donjon, le pont de la reine Blanche de Castille et Saint Louis

Le donjon, consolidé au XVe siècle, faisait partie d'une forteresse du XIIe dont il ne reste que des ruines.

Le seigneur de Curçay, qui devait tomber en héros à Poitiers, aux pieds de Jean-le-Bon, avec la fleur de la chevalerie poitevine, fit édifier son château « afin  que sa tour et sa forteresse puissent tenir la frontière du pays loudunais à l'encontre des Anglais. » (1)

Curçay sur Dive, ses églises, son donjon, le pont de la reine Blanche de Castille et Saint Louis (1)

Le donjon, consolidé au XVe siècle, faisait partie d'une forteresse du XIIe dont il ne reste que des ruines.

Le seigneur de Curçay, qui devait tomber en héros à Poitiers, aux pieds de Jean-le-Bon, avec la fleur de la chevalerie poitevine, fit édifier son château « afin  que sa tour et sa forteresse puissent tenir la frontière du pays loudunais à l'encontre des Anglais. » (1)

CURÇAY, bâti sur un coteau qui domine la Dive, est un gros bourg qui a été pendant quelques années chef-lieu de canton. De tout temps il a été fort considérable; dès la période gallo-romaine, de riches villas existaient sur le bord de la Dive qui, en cet endroit, était traversée par la voie de Poitiers à Doué; plus tard, à l'époque mérovingienne, des monétaires venaient frapper à Curçay des triens où on lit en légende Curciaco vico, affirmant ainsi l'importance de cette localité.

C'est vraisemblablement vers cette époque que les habitants de ce bourg, menacés perpétuellement par les guerres, quittèrent leurs habitations construites dans le fond de la vallée pour venir s'établir au sommet du coteau.

Dans une donation faite en 844 par Charles le Chauve aux moines de Saint-Philibert, on trouve mentionné Cruciacus, nommé ailleurs Criciacum, Cnlsacum et Curciacum; c'est fort probablement notre Curçay, bien que des documents postérieurs ne mettent pas ce bourg parmi les nombreuses possessions poitevines de ces moines; le chapitre de Saint-Martin de Tours y avait aussi quelques biens qui, usurpés par Savary, vicomte de Thouars, ne lui furent remis que vers 926.

Plusieurs familles qui ont porté ce nom de Curçay ont habité le Poitou; l'une, très puissante, existait en Chatelleraudais; une seconde avait tiré son nom de Curzay, canton de Lusignan; une troisième enfin, éteinte depuis le XIVe siècle, a pour origine notre Curçay; à cette dernière appartenait Geoffroy de Curçay, dont l'existence est constatée à la fin du XIe siècle; mais nous ne saurions dire quels liens de parenté le rattachaient à Girauld de Curçay (1114); Longus de Curçay (1126), Renault de Curçay (1140), Guillaume de Curçay (1194), qui tous sont des personnages loudunais.

Huet de Curçay, seigneur de Curçay, fit construire dans ce lieu, vers 1350, une tour et forteresse pour tenir la frontière du pais de Loudunois, auquel le dict chastel est assis, à l'encontre des Anglois; pour mener à bien cette construction, Huet dut emprunter une certaine somme à Charles d'Artois, seigneur de Bançay. Sa fille Jeanne, dernière du nom, épousa Aymar Odart, seigneur de Verriers, et lui apporta Curçay qui resta dans cette famille pendant deux siècles. (Archives de la famille Odart.)

 

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Le 3 janvier 1438 Guillaume Odart rendit aveu pour Curçay au duc d'Anjou, seigneur de Loudun; il tenait de lui son hostel, tour et forteresse de Cursay, son hôtel de la Gloriette, sa chapelle, les droits sur les bouchers, verriers, marchands de vins, le péage du pont de la Charrière, le banc à vendre vin pendant quarante jours, la prévôté avec le droit de tenir les plaids tous les quinze jours et les assises une fois l'an, les droits de haute, moyenne et basse justice, la présentation de l'aumônerie.

Au mois de septembre 1480, le roi Louis XI étant au Plessis-les-Tours autorisa par des lettres patentes l'incorporation, à la terre de Curçay, des seigneuries de Maulevrier et du moulin de Selles acquises par Jacques Odart, seigneur de ce lieu, et lui confirma l'abandon d'une rente créée au profit de Charles d'Artois par Huet de Cursay, en son vivant seigneur du chastel et chastellenie de Cursay, lequel avoit tenu la ditte frontière contre les dits Anglois, nos anciens ennemys, pour la tincion du dit royauhne oh il avoit faict plusieurs frais et despens en bon et loïal subject et vassal de feu nostre dict seigneur et père et de la couronne et avoit resisté aux dicts Anglois.

Par des alliances successives, Curçay passa dans les familles Petit de la Vauguyon et du Breuil; Jacques du Breuil, baron de Curçay, vendit cette terre à Jeanne de Cossé, veuve en premières noces de Gilbert Gouffier, duc de Rouanois, et en secondes noces d'Antoine de Silly, comte de la Rochepot, qui possédait déjà les seigneuries d'Oyron et de Moncontour.

Le petit-fils de Jeanne de Cossé, Artus Gouffier, ayant embrassé l'état ecclésiastique, abandonna ses biens à son beau-frère François d'Aubusson, duc de la Feuillade, général des armées de terre et de mer, maréchal de France, vice-roi de Sicile. Accablé de dettes, son fils, Louis d'Aubusson, duc de la Feuillade, vendit le 15 avril 1700 les baronnies de Curçay et Moncontour et plusieurs autres seigneuries à Louis-Antoine de Pardaillan de Gondrin, marquis d'Antin, menin de Mgr le Dauphin, lieutenant général de la haute et basse Alsace, maréchal des camps et armées du roi, moyennant 315,600 livres.

 Curçay, dit un mémoire dressé par ordre du duc, « estoit autrefois un chasteau asse, fort par sa situation et par de grosses tours où se retiroient les habitants pendant les guerres civiles....; la grosse tour est en partie détruite ; le territoire contient 1,700 arpents ».

Le 27 juin 1739, la veuve du duc d'Antin et son fils, François de Pardaillan, vendirent les mêmes seigneuries, acquises du duc de la Feuillade, à Gabriel-Louis de Neufville de Villeroy, duc de Villeroy et de Retz, moyennant 5oo,ooo livres; enfin le petit-fils du précédent, Louis-Gabriel de Villeroy, céda la baronnie de Curçay, ensemble les seigneuries de Glenouze, la Roche-Rabasté, le Vivier et Coutances, annexées à ladite baronnie, par acte de Brouard, notaire au Châtelet, du 15 avril 1772, à René-Nicolas-Charles-Augustin de Meaupou, chancelier de France ; la même année des lettres patentes de Louis XV incorporèrent la baronnie de Curçay au marquisat de la Motte Chandeniers appartenant aussi au fameux chancelier, et la mouvance de ces deux seigneuries fut transférée du chàteau de Loudun à la grosse Tour du Louvre.

Saisies par la Révolution, les ruines de Curçay ont été depuis possédées par plusieurs propriétaires; enfin en 1877 elles ont été acquises par M. Odart, comte de Rilly d'Oysonville, descendant des Odart de Curçay, qui a fait restaurer la tour actuelle.

 

Nous ne croyons pas qu'il faille voir dans cette tour l'ancien donjon. Ni par ses dispositions, ni par son importance, elle ne mérite ce nom. A chaque étage existe une seule pièce avec guette privez. La partie supérieure était probablement terminée d'une tout autre façon que celle inventée par l'architecte restaurateur.

A quelques pas du château de Curçay se trouvait la seigneurie de Maulevrier qui au XVIe siècle « estoit une grosse tour fort ancienne qui autrefois servait de frontières pour repousser les courses des Anglois, dedans laquelle et clôture d'icelle y avoit un corps de logis enffermé de fosséz et un portail qui s'appelle Maulevrier et sert d’entrée au chasteau de Curçay ».

Cette tour possédée en 1319 par Guillaume de Maulevrier, en 1447 par François de Montberon, fut vendue le 3 janvier 1476 par Guillaume de Clermont à son oncle Jacques Odart; elle relevait de Berrie à foi et hommage; aussi en 1599 Jacques du Breuil, baron de Curçay, ayant refusé de rendre aveu au seigneur de Berrie, les juges de Loudun, devant qui la contestation fut portée, déclarèrent, en mai 1602, que la seigneurie de Maulevrier était acquise au seigneur de fief, conformément au titre de la coutume des desadveux.

Curçay sur Dive, ses églises, son donjon, le pont de la reine Blanche de Castille et Saint Louis (2)

La baronnie de Curçay le Pauvre comprenait trois paroisses réunies en une seule en 1678; un sénéchal et un procureur de cour y exerçaient la juridiction.

Il y avait autrefois à Curçay deux églises et une aumônerie. L'église Saint-Gervais, qui n'était séparée de l'église Saint-Pierre que par les cimetières, a été détruite en 1754; sa paroisse comprenait seulement 21 feux, tandis que 119 relevaient de Saint-Pierre. Curçay est encore desservi par deux églises : l'une, qui se trouve au milieu du bourg, est dédiée à Sainte-Catherine ; c'était autrefois la chapelle du château; l'autre, la vieille église Saint-Pierre, est presque abandonnée. Elle s'élève isolée au milieu des champs qui renferment les ruines gallo-romaines dont nous avons déjà parlé.

Qu'il nous soit permis, au sujet de l'église Saint-Pierre, de citer l'anecdote suivante : Mgr Pie avait mis cette église en interdit, afin d'obliger les paroissiens à aller exclusivement à l'ancienne chapelle du château, transformée en église. Les paysans ne voulurent pas accepter cette modification à leurs habitudes. Une femme se procura la clef de Saint-Pierre et se mit à dire la messe. Au bout de quelque temps le schisme cessa. Le curé demandait un jour à des paysans comment cette femme s'y prenait pour officier : « Elle faisait tout comme vous, monsieur le curé, sauf qu'elle ne buvait point. »

Le clocher de cette église est fortement inspiré des traditions romaines. Devant l'entrée était un cimetière. On y a trouvé beaucoup de tombes entières, dont plusieurs encore visibles à l'heure actuelle. A droite du dessin ci-contre, auprès du vélocipédiste, on voit une ancienne cuve tombale retournée. On y pose les corps pour les enterrements.

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A droite du porche, une statue d'évêque ; à gauche, une scène composée de trois personnes. L'abside est voûtée en cul-de-four.

Dans la nef, des traces de colonnes sembleraient indiquer que l'église a été voûtée en plein cintre. Nous pensons pourtant que, lors de la construction, elle était couverte par un plafond apparent.

L'aumônerie ou Hôtel-Dieu de Curçay, qui était à la présentation des seigneurs de ce lieu, existait dès l'an 1456; les charges de l'aumônier étaient « de retirer et coucher les pauvres passans et les administrer en leur nécessité pour leur vie » ; la maison de l'aumônerie joignait à la rue tendant du « carrefour de la chapelle de Cursay au carrefour de la terre dudit Cursay » ; elle fut ruinée pendant les guerres de religion.

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Au pied de Curçay et sur les bords de la Dive se trouve l'ancien fief de la Charriére; c'est là qu'en février 1228 saint Louis et la reine Blanche tinrent un parlement pendant environ vingt jours (2).

Lourdine, où on voit encore quelques ruines d'une ancienne maison forte, relevait de Loudun à foi et hommage, au devoir d'une maille d'or; les possesseurs de cette haute justice ont été : les Dercé (1440- 1470), les Martel (1470-1518), Denuseau, le Berger, les Jolly (1617-1754), les Dumoustier. Le fief de Limon, qui se trouve de l'autre côté de la Dive, était aussi compris dans la paroisse de Curçay ; il fut possédé pendant de longues années par la famille de Laspais.

 

 

Pont de la Reine Blanche sur la Dive, d'origine gallo-romaine.

L'ouvrage est constitué de deux arches en rognons de silex que l'on peut encore emprunter de nos jours pour enjamber la Dive. Près du pont, le canal de la Dive, terminé au XIXe siècle, permettait aux péniches tirées par des chevaux de transporter jusqu’à la Loire, via le Thouet, diverses marchandises.

Le pont est inscrit aux monuments historiques depuis 1980.

 

 

De Chinon, Blanche de Castille arrive à Curçay sur Dive le 22 février 1227

 

Inférieur en nombre face aux troupes royales, le duc de Bretagne, le comte de la Marche, le vicomte de Thouars et leurs alliés renoncent aux combats.

Les discussions vont durer trois semaines, les conjurés espérant secrètement l’arrivée de renforts venus d’Angleterre. En vain…

Lasse, la régente somme Pierre Mauclerc et Hugues de Lusignan de venir faire leur soumission au roi à Vendôme sous peine de se voir confisquer leurs fiefs.

 

 

 

Paysages et monuments du Poitou / photographiés par Jules Robuchon

 

 

Chinon 21 février 1227, Blanche de castille reine mère de Louis IX, futur Saint Louis <==.... ....==> Le 16 mars 1227, le traité de Vendôme formalise leur soumission.

==> Sur la Terre de nos ancêtres du Poitou - Aquitania <==

 

 

 

 

 


 

(1)   Curçay, son château, ses seigneurs, Poitiers, Oudin 1893.

(2)   Il y a aux environs de Curçay un chemin qui porte le nom de chemin de la Reine Blanche. Le pont de la reine Blanche a été ainsi baptisé en hommage au passage de Blanche de Castille - reine de France - et de son fils, le futur Saint-Louis, alors âgé de 12 ans.