Time Travel Saint-Philbert-de-Grand-Lieu D’ Herdabilla à la naissance du monastère de Déas

Il paraît important de savoir si Deas était desservie par quelques voies antiques, et si ces voies la mettaient en communication avec des localités plus ou moins rapprochées, dans lesquelles on aurait rencontré des restes de civilisation Romaine. J'ai cru ne pouvoir mieux faire, pour être sûrement renseigné sur cette question, que de consulter les écrits de M.L. Maître qui, je ne puis en douter, s'est entouré de tous les documents nécessaires à la confection de ses Villes disparues de la Loire-Inférieure et à celle des nombreuses publications qu'il a consacrées à Deas. – Voici donc comment il s'exprimait à ce sujet, en 1896, dans le Bulletin de la Société Archéologique de nantes

 « Déas était traversé au moins par une voie romaine de premier ordre » (p 65). – Cette voie  se décomposait à sa sortie de Deas en plusieurs branches qui conduisaient: L'une à la station  romaine de Saint-Lumine l'autre à Machecoul par Saint-Symphorien, car Machecoul est une vieille station romaine et mérovingienne ; ltroisième à Beauvoir par « Paulx;, la Varenne et l'Ampan,…… une quatrième branche devait se diriger vers le sud….. La convergence de toutes ces routes vers Déas implique l'existence d'un pont, ou d'un bac, au lieu même où la ville s'est développée » (p. 68).

Il paraît également intéressant de savoir s'il existait, dans la région où se trouve Deas, des localités occupées à l'époque Romaine autres que celles desservies par les voies romaines et qui viennent d'être mentionnées. C'est encore aux écrits de M. Maître que j'emprunte les renseignements qui vont suivre.

Il nous dit: d'abord, dans le Bulletin de la Société Archéologique de Nantes, 1898, p. 107 « La banlieue de Deas avait elle-même des vestiges de villas somptueuses dont la présence est révélée par  « Ermentaire » et ensuite,  au t. II des Villes disparues de la Loire –Inférieure : 1° Qu'au village de la Gohellière sur la rive de Saint-Mars, existent les démolitions d'un atelier de terres cuites dont on avait recouvert les fourneaux au moyen de tuiles et de briques 2° Qu'à la Pohérie, à l'Ouest du Lac, il a été rencontré de la céramique Gallo- Romaine commune et fine qui semble avoir été fabriquée sur place; 3°Qu'on a reconnu à Saint-Lumine-de-Coutais, à l'Ouest du lac, les restes d'une station de plaisir Gallo-Romaine, qui occupait une superficie de terrain d'environ dix hectares 4° Qu'en faisant, de 1854 à 1857, le chemin de Saint-Lumine aux Jamonnières, M. Orieux a trouvé un cimetière Gallo-romain (pp. 66-69); 5 que les bateaux des négociants de la Loire étaient forcés de passer sous les murs de Vue, ancienne cite Gauloise, pour se rendre à Deas, à Passay ou à Saint-Lumine, et il ajoute: « Qui doutera que cette cité ait été occupée aussi par les Romains? » (p. 78); 6° Qu'en faisant des terrassements à Vue on a rencontré des morceaux d'amphores ainsi que de grandes jarres en terre rouge et noire de l'époque Gallo-Romaine, et qu'il existe un triens Mérovingien sur lequel se lit VIDVA VICO FIT (p. 65).

De ces dernières observations il résulte que la villa de Deas avait, à l'époque Gallo-Romaine, des voies et des chemins qui la mettaient en communication avec un certain nombre de localités, dans lesquelles les conquérants de la Gaule avaient implanté leur civilisation.

Déas était certainement une villa en 677, et que les diverses modifications qui auraient été apportées s’expliquent facilement. Qu’on peut considérer comme extrêmement probable que cette villa aurait eu son origine à l’époque où les romains étaient maitres des Gaules, et qu’elle aurait, alors, occupé une partie du bourg actuel.

 

De l’an 580 et l'engloutissement d'Herbadilla dans les eaux du lac de Grand-Lieu à la construction du monastère

Cet important édifice avait été construit en 815 et agrandi en 836 –  ces dates se trouvaient, accompagnées de quelques détails intéressants, dans le récit authentique de la translation et des miracles de saint Filibert – que ce récit était d'Ermentaire, moine du monastère de Noirmoutier, et qu'il avait été publié dans les Acta Sanctorum, de Mabillon et, dans les Acta Sanctorum des Bollandistes.

 

Les anciens documents qui se rapportent à Déas et à sa vieille église

Il existe fort heureusement quelques documents anciens et authentiques qui, se rapportant il notre vieil édifice, sont de nature à jeter un peu de lumière sur ses principales transformations. Ils sont au nombre de six :

1° L'acte de la fondation du monastère de Heri. Aujourd’hui Noirmoutier, fait le 1er juillet 677, par Ansoald, évêque de Poitiers, en faveur de son ami Filibert, entouré depuis par les honneurs de la sainteté. Dans cet acte figure la donation de quatre villas et d'une partie d'une autre villa, destinées à assurer l'existence du monastère; et la seconde de ces villa, celle qui nous intéresse, y est ainsi désignée: «. simile ratione, alia villa quae vocatur  Deas posita super amnem Vedoniam (1)……»

(Traduction) «. pour la même raison, (je donne) la villa, appelée Deas (actuellement Saint-Philibert), qui se trouve sur la rivière la Boulogne. »

2° Une charte de Louis le Pieux, du 16 mars 819; elle fait connaître l'époque à laquelle les moines de Heri transformèrent la villa de Deas en monastère. J'en extrais le passage suivant

«. Notum sit omnium fidelium nostrorum,  praesentium scilicet et futurorum,sagacitali, qualiter vir venerabilis Araulfus Abbas ex monasterio sancti Filiberti,  quod est situm in insuld quae dicitur Œri, propter incursiones barbarorum qui frequenter ipsum monasterium depopulantur,  foras in pago qui dicitur erbadellicus, in loco cujus vocabulum est Deas, per nostrum consensum atque adjutorium, nocum monasterium aedificasse, et ob commoditatem ejusdem monasterii, et congregatione ubidem degenti, ex flucio qui dicitur Bedoniam, aquam ibi relle perducere

Traduction ! Sachent tous nos sujets, présents et à venir, que le vénérable Arnould, abbé du monastère de Saint-Filibert qui est situé dans l'île qui s'appelle OEri, à  cause des fréquentes  incursions des  barbares qui dépeuplent le monastère, a, par pour notre consentement, et avec notre aide, édifié un nouveau monastère, loin (de Heri), dans le lieu dont le nom est Deas, qui fait, partie du pagus appelé Erbauge, et pour la commodité de ce monastère et de la congrégation qui y vit, a voulu y amener l'eau du fleuve qui se nomme la Boulogue …..»

De ce texte il ressort qu'avant le 16 mars 819 Arnould abbé de Heri avait, commence la construction d'un monastère à Deas, avec l'autorisation el le concours de Louis le Pieux mais la date initiale de ces constructions n'y est pas indiquée. La transformation de la villa de Deas en monastère n'a pu vraisemblablement être commencée qu'après 814 et qu'avant 819 et puisqu'aucune charte ne fait connaître d'une manière précise l'année pendant laquelle cette transformation fui commencée, je me servirai, dans le cours de cette Etude, de la date de 819 afin d'en faciliter la rédaction, – Quant à l'expression « novum monasterium », « nouveau monastère», je la considère comme signifiant, nouveau monastère des moines de Heri, parce qu'on le construisit, ainsi que l'indique la charte, afin de remplacer le monastère de Heri, qui pouvait d'un moment à l'autre tomber entre les mains des Normands.

Un passage, extrait du 1er Livre des translations et des miracles de saint Filibert, par Ermentaire, concernant le monastère de Deas il etl ainsi conçu « Et hoc qualitate temporis exigente, aestiro quippe tempore, quo navigandi arridet temperies, Deas monasterium quod on hoc fuerat constructum petentes, hiemis tantummodo tempore Herum insulam repetebant. »

Traduction :  « Comme la situation l'exigeait, alors que la période estivale rendait facile la navigation, ils (les moines] se rendaient dans le monastère de Deas qui avait été construit pour cela, et regagnaient Heri (Noirmoutier) seulement dans la saison d'hiver. »

D'après les quelques lignes qui précèdent ce texte, les Normands faisaient de fréquentes incursions dans le port de l'île, se livraient à des dévastations, et les habitants préféraient fuir que d'être exterminés. C'est ce qui explique pourquoi les religieux du monastère allèrent passer, pendant les années qui précédèrent 834, les printemps, les étés et les automnes dans leur nouveau prieuré de Deas.

- Quelques mots, qui font connaître la forme de l'église en 836, se trouvent, dans un récit d'Ermentaire en voici le texte « Igitur cum monasterium ingressi fuissemus, atque in medio ecclesiae, quae instar crucis constructa est, scalum cum sacro tumulo in quo sanctissimum corpus habebatur, deposuissemus…..

Traduction : Et puis, lorsque nous fûmes entrés dans le monastère et dans le milieu de l’église est construite comme une croix, que nous eûmes déposé le brancard avec son saint tombeau dans lequel le très saint corps se trouvait……

-          Un autre texte qui, dans un autre récit d’Ermentaire, indique l’emplacement affecté dans l’église au sarcophage et à son brancard ; voici le titre : «  Qualiter de scala tumulus deponitur, in dextro cornu ecclesiae collocatur usque dum locus preparetur.

Traduction : De quelle manière le tombeau est déposé du brancard et placé dans la corne droite de l’église jusqu’à ce que le lieu soit préparé. Puis, voici le texte : Interdum venerandum sepulchrum cum sacratissimo pignore de scala deponitur et in dextro cornu ecclesiae quae, sicut diximus, in modum crucis constructa est, collocatur, atque in sinistro latere ecclesiae scala ipsa appenditur. Non ad sepulturam capiendam fundamenta ipsius ecclesiae enim adprime jacta fuerant, sed postea à predicto Holbodo venerabili abbate pariete prime frontis disjecto, et quicquid altitudinis est cruces funditus est transvolutus, tribus perinde absidis circumcirca adjectis.

Traduction : Pendans que le vénérable sépulcre avec sa très sainte relique est déposé du brancard et (placé) dans la corne droite de l’église, qui est construite en forme de croix, on append au côté gauche de l’église le brancard. Car les fondements de cette église n’avaient pas été primitivement jetés pour recevoir la sépulture, mais ensuite, par le vénérable abbé Hilbod, déjà cité, la face su premier front ayant été détruite, et tout ce qui est de la partie supérieure de la croix ayant été complétement renversé, grandement augmenté, et le lieu de la sépulture admirablement voûté, on y ajouta également autour trois absides.

-          Les premières lignes du miracle LXXI du même livre, ou il est question d’un consommateur de vin peu honnête, nous apprennent qu’il se tenait, à cette époque, des foires à Deas ; en voici la teneur : « Accessu vero feminarum prohibito, figitur crux signum longiusculè à forinseca monasterri porta, quousque uterque sexus admitti debeat, causà scilicet negotii, quia ibidem nundinae exercentur…..

Traduction : Comme l’accès (du monastère) est interdit aux femmes, une croix est placée un peu plus loin de la porte extérieure du monastère (indiquant) jusqu’ou l’un et l’autre sexe devaient être admis, à savoir à cause des affaires, parce que là même avaient lieu des foires.

Tous les renseignements qui viennent d'être cités, à part cependant, ceux que j'ai de l'acte de donation d'Ansoald daté de677, et de la charte de 819 signée par Louis le Pieux, ont été empruntés à des écrits d'Ermentaire.

Quelques mots sur Ermentaire me paraissent ici nécessaires pour bien préciser la haute valeur de son témoignage.

Ermentaire était moine dans l'abbaye de Heri sous l'abbatial de Hilbod. Il assista au transfert des reliques de saint Filibert de Heri à Deas en 836 ; il a certainement suivi, peut-être porté le sarcophage du Saint, nous dit son dernier historien.

Il dédia son œuvre à l’abbé Hilduin qui tient, nous dit-il, le second rang dans le royaume après le roi Charles. On a voulu voir dans cet Hilduin le célèbre abbé de Saint-Denis, et l'on a placé en conséquence la rédaction de cette œuvre vers l'an 840 (Juénin, p. 32), à la fin de 837 ou au commencement de838 (Poupardin,p.XXXIII), pendant le séjour de la communauté filibertienne à Deas, mais il semble qu'on peut identifier notre Hilduin avec l'archichapelain de Charles le Chauve, abbé de Saint-Germain des Prés : on serait alors conduit à une date indéterminée entre 830 et 853 et la dédicace de cette œuvre au puissant ministre du roi vers 853.

 Les reliques du saint, étant demeurées à Deas pendant que la communauté fuyait devant l'invasion normande et se réfugiait à Cunaud, furent transportées dans cette résidence en 858, puis en 862 à Messay, sous l'abbatial d'Axène qui meurt peu après et à qui Ermentaire succéda comme chef de la communauté de 862-863 à 867-868.

Après la translation à Messay, et probablement avant sa promotion à l’abbatial, par conséquent vers la fin de 862, Ermentaire composa son second livre des miracles.

 Ce sont donc des renseignements d'un témoin oculaire que nous trouvons dans l'œuvre d'Ermentaire,

Les passages extraits du premier livre des récits d'Ermentaire, que j'ai cités parce qu'ils se rapportent à notre monument, sont, ainsi qu'on l'aura sans doute remarqué, bien peu nombreux, surtout fort incomplets et même parfois rédigés sans précision; il ne faut pas s'en donner car ce chroniqueur, qui a été témoin de tout ce qu'il a écrit dans ses relations des translations et des miracles de saint Filibert, n'a eu pour but que de narrer, ainsi qu'il le dit dans sa préface, les prodiges qui se sont opérés pendant et après les translations du cercueil du saint, autour de ses restes vénérés, et qu'il n'a donné de renseignements pouvant faciliter l'étude de l'église de Deas, que ceux dont il avait besoin pour rendre lucides et intéressantes ses narrations.

Je leur accorde cependant une certaine importance, car grâce à eux, ainsi qu'aux fouilles et aux sondages que j'ai opérés dans l'édifice, il me sera, je pense, facile d'indiquer, d'abord, la forme qu'avait cet édifice en 819, ensuite les modifications qui y furent apportées en 836.

 

 

Les principales dates qui se rapportent à Saint Philibert, à ses monastères et à ses reliques

L'aridité des sujets qui seront traités dans les Chapitres suivants m'engage à résumer ici les dates des faits principaux qui se rattachent à saint Filibert, à ses monastères, ainsi qu'à ses reliques je pense, en effet, que les archéologues, passionnés pour leurs études, y trouveront quelques renseignements utiles, et que les autres lecteurs seront certainement heureux de connaître l'enchaînement de ces faits nombreux et intéressants car le souvenir de cet illustre saint s'est perpétué jusqu'à nos jours, tant par l'édifice dont la valeur historique et architecturale augmente le renom de la commune que par la présence du précieux sarcophage pour lequel la crypte a été spécialement confectionnée.

677. – Ansoald, évêque de Poitiers, fonda, en 677, le monastère de Heri (Noirmoutier) en faveur de son ami Filibert, qui avait lui-même fondé, en 654, et dirigé le monastère de Jumièges (Seine-Inférieure), et compléta cette donation au moyen de plusieurs villas, parmi lesquelles se trouvait celle de Deas (Grand-Lieu).

684. – Filibert mourut, un peu après 685, dans ce monastère de Heri qu'il avait dirigé depuis sa fondation. Son corps fut déposé dans un sarcophage en marbre, que l'on plaça dans la crypte de l'église, et il y demeura pendant 152 ans, c'est-à-dire jusqu'en 836, époque à laquelle les religieux de Deas vinrent l'enlever pour le mettre dans l'église de leur nouveau monastère.

Les successeurs de ce saint fondateur ne nous sont pas connus jusqu'à Arnould qui figure, comme abbé du monastère de Heri, dans le concile tenu à Aix-la-Chapelle en 817. On sait seulement que cette abbaye, ravagée par les Sarrazins, en 732, fut rebâtie, qu'en 814 elle était florissante.

814-819. – L'abbé Arnould, qui gouvernait le monastère de Heri, craignant de le voir dévasté par les Normands, sollicita de la bienveillance de l'empereur Louis le Pieux l'autorisation d'aménager Deas, propriété du monastère depuis 677, de manière à pouvoir y loger sa communauté. Cette autorisation lui fut accordée par une charte datée du 16 mars 819 et c'est ainsi que les moines de Heri purent, comme nous le dit Ermentaire, habiter Deas, chaque année pendant quelques mois, sans doute, depuis le moment où les aménagements indispensables furent terminés, jusqu'en 834, époque à laquelle ils abandonnèrent complètement Heri, pour résider dans leur nouveau monastère.

819-825. L'abbé Arnould demanda vraisemblablement aussi à l'empereur Louis le Pieux un diplôme d'immunité ; l'empereur, faisant droit à cette requête, accorde au monastère le privilège de l'immunité, fait abandon des droits du fisc, concède aux moines le droit d'élire leur abbé, et étend, par une clause spéciale, l'immunité aux biens que possédera l'abbaye.

825. L'abbé Arnould mourut en 824-825, et eut pour successeur l'abbé Hilbod.

826. Pépin 1er, roi d'Aquitaine, par une charte datée du 18 mai 826, accorde à l'abbé Hilbod, pour le service du monastère, de faire circuler librement et en franchise six bateaux sur les fleuves et les rivières.

834. « L'abbé Hilbod, nous dit Juénin, tâcha de se mettre à couvert des courses des Normands, dans l’Isle de Noirmoutier, en y bâtissant; un château dont Pépin lui confia la défense. Mais ce fut en vain car les forces de ces barbares augmentant toujours de plus en  plus, et répandant l'effroi de toutes parts, toute la communauté de Noirmoutier crût devoir abandonner l’Isle, au mois de Juin de l’an 831. On y laissa néanmoins encore pendant deux ans le corps de saint Filibert…… » Le même Juénin nous dit aussi qu'Hilbod et sa communauté obtinrent en 836, du roi Pépin, l'autorisation de retirer de Noirmoutier le corps de saint Filibert, pour le transporter à Deas; puis il ajoute :

836- Le 7 juin 836, on tira de terre, en chantant, et en cérémonie, le corps du saint, avec son cercueil; et on le mit dans un navire, qui, à l'aide d'un vent favorable, arriva bientôt en terre ferme, au port on l'on a voulait aller, et qui ne nous est pas bien connu.

De là des prêtres, des diacres, et des religieux portèrent, sur «leurs épaules, le saint corps dans son cercueil, jusque dans l'église d'un village (Ampennum) qui dépendent de l'abbaye de Noirmoutier. Apres y avoir séjourne trois jours, on se remit en marche le 11l avec pompe, et en chantant. On en fit de même le 12; et le 13 on arriva à Dée (Deas) »

845. – L'abbé Hilbod, inquiet de la présence des Normands à Nantes, et redoutant leurs incursions sur le prieuré de Deas, demanda et obtint l'autorisation du roi Charles le Chauve, de quitter Deas et de s'installer au prieuré de Cunaud (Maine-et-Loire), que venait de lui céder le comte Vivien. Voici comment s'exprime Juénin à ce sujet:

« Ainsi l'abbé Hilbod n'eut pas plutôt obtenu le Prieuré de Cunaud en Anjou, qu'il s'y retira aussitôt avec sa communauté; laissant néanmoins le corps de Sainl-Filibert enterré à Dée, avec quelques moines, qui au premier bruit d'une descente pouvaient abandonner le monastère, et se sauver aisément ailleurs »

846. – Au mois de juillet, les Normands brûlèrent le monastère de Héri.

847. – Le 30 mars, les Normands brûlèrent Deas.

854-856. – « L'abbé Hilbod et ses religieux », peu en sécurité à Cunaud, eurent encore recours à l'Empereur Charles le Chauve, qui était à Orléans, et le supplièrent, avec larmes, de leur accorder une autre retraite plus assurée contre les barbares. Ce prince leur donna, au moins en partie, quelques villages avec des églises dans le Poitou; entre autres celui de Messay sur la Dive, à une lieue au-dessus de Moncontour, avec sa chapelle et les dîmes qui en dépendaient. « La charte est du 19 janvier 854. » Il leur donna aussi, par acte du 10 février 806, le prieuré de Bussogilum situé dans le Maine.

838. –L'abbé Axène, désireux de remettre la communauté de Cunaud. qu'il dirigeait, en possession du corps de son saint Patron dont elle était privée depuis longtemps, le fit retirer secrètement du monastère de Deas, et transporter à celui de Cunaud, dans le dessein de l'en retirer encore, quand la nécessité l'exigerait: c'est pourquoi il ne fut pas enterré comme il l'avait été à Deas.

Cette translation eut lieu, d'après Ermentaire, la fin de 857, ou en 858. Comme on le voit, l'abbé Axéne n'enleva de la crypte de l'église du prieuré de Deas que le corps du Saint, et il y laissa le sarcophage, vraiment difficile à transporter, surtout en ces temps troubles; mais j'ajouterai que ce volumineux, mais précieux objet avait alors été caché avec tout le soin possible: en 1865, après avoir péniblement retrouvé la porte de la crypte, murée, sans doute, après l'enlèvement du corps saint, on découvrit le sarcophage noyé au milieu des remblais dont la crypte était entièrement remplie.

862. – L'abbé Axène et sa communauté, fatigués des pénibles déplacements qu'ils avaient sans cesse à effectuer, à cause des incursions normande, décidèrent de quitter définitivement le prieuré de Cunaud et de se rendre, accompagnés des restes précieux de leur saint fondateur, à Messay (Vienne), que le roi Charles leur avait donné, par un acte daté du 19 janvier 854.

Ils se mirent donc en roule le 1er mai 862 – passèrent la nuit à Forges, village près de Doué; – gagnèrent, le 2, Taisé, autre village; – et arrivèrent le 3, dimanche, à Messay pour y chanter la messe. Ce fut, ce semble, peu après leur arrivée qu'Axène mourut, et eut comme successeur Ermentaire.

 863-868. – L'abbé Ermenlaire mourut à Messay entre mai 867 et août 868; il eut comme successeur Bernon, qui, étant mort en 870, fut remplacé par l'abbé Geilon.

 871. – L'abbé Geilon, accompagné de sa communauté ainsi que des saintes reliques, abandonna Messay, et se rendit à l'abbaye de Saint-Pourçain (Auvergne), distante de Messay de 45 lieues, aussitôt après la donation qui lui en fut faite par un acte de Charles le Chauve en date du 31 octobre 871.

875. – L'abbé Geilon, mis en possession de l'abbaye de Tournus, en Bourgogne, par un diplôme de Charles le Chauve, daté du 19 mars 875, quitta l'abbaye de Saint-Pourçain avec sa communauté, et s'installa, le 14 mai 875, dans son nouveau monastère, ayant eu soin d'emporter les reliques de saint Filibert.

C'est ainsi que ce précieux trésor se trouva amené dans cet antique monastère, où, de nos jours encore, il est l'objet de la plus grande vénération. L'abbé Geilon quitta l'abbaye en 880, alors qu'il fut élevé sur le siège épiscopal de Langres, et mourut en 887.

Il résulte de ce qui vient d'être dit, au sujet des diverses translations des restes de saint Filibert, qu'ils séjournèrent 152 ans à Noirmoutier (de 684 à 836); – 22 ans à Deas (de 836 à 858) ; 4 ans à Cunaud (de 858 à 862) ; 9 ans à Messay (de 862 à 875 ); 4 ans à Saint-Pourçain (de 871 à 875); à Tournus, depuis 875 jusqu'à nos jours.

 

 

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