Virtual Tour Saint-Maixent Histoire et fouilles archéologiques dans la crypte de l’ancienne église de Saint Léger

(la Crypte de Saint Leger à Saint-Maixent, le Plus ancien édifice du département des Deux-Sèvres)

Quand on compte les nombreuses propriétés qui couvraient le sol du Poitou et de l'Aunis, et qu'on se rappelle la splendeur et la puissance des abbés de Saint-Maixent, il est facile de se convaincre des ressources que présentent les chartes qui les consacrent.

Plus on remonte à une époque reculée, plus leur importance est grande. Cette assertion porte surtout sur les siècles qui ont été remplis par la domination anglaise.

Mais ce ne sont pas encore là tous les documents historiques que nous avons dû consulter; nous avons trouvé encore d'utiles renseignements dans une notice publiée, en 1846, par A.-D. de la Fontenelle de Vaudoré, auteur de plusieurs ouvrages justement estimés, notice imprimée à la suite du journal de Guillaume et de Michel le Riche, avocats du roi à Saint-Maixent.

A l'aide des matériaux authentiques dont nous nous sommes entourés, nous pensons que nos recherches permettront à l'antiquaire de pénétrer au sein de l'un des plus importants établissements monastiques du moyen-âge, d'assister à sa fondation, à son administration spirituelle et temporelle, à ces luttes sanglantes que soutinrent les religieux, lorsque apparurent dans le Poitou les sectateurs de Calvin ; enfin aux divers évènements qui déterminèrent la présence à Saint-Maixent de Clovis Ier, de Pépin, roi d'Aquitaine, de Charles VII, ainsi que celle de la reine de Navarre, Marguerite d'Angoulême, protectrice des doctrines de Luther, et de Catherine de Médicis, dont la politique et l'administration furent si désastreuses pour la France.

 

 

L'église de Saint-Léger fut construite en 683 et 684, pour contenir les restes de saint Léger, évêque d'Autun, martyrisé dans la forêt de Sarcing, le 2 octobre 678.

Saint Léger, né en 616, avait été abbé du monastère de Saint-Maixent, de 651 à 657.

Ses dépouilles mortelles furent ramenées dans notre pays, en 683, par l'abbé Audulphe, un de ses successeurs. La construction de l'église était terminée le 3 des calendes de novembre de l'année suivante.

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Cet édifice fut incendié par les Normands en 846 (==> Nous étions Vikings... l'histoire des Vikings dans le Poitou )

En 898, les moines de Saint-Maixent, qui fuient l’invasion des Normands, trouvent refuge à Redon en Bretagne, où ils restent une trentaine d'années.

Les Normands envahissant alors la Bretagne, les reliques de saint Léger d'Autun furent alors emportées par les moines, jusqu'en Auvergne, à Ebreuil-sur-la-Sioule, où le roi Charles le Simple les autorise à fonder un monastère. Ils s'installent en mars 906.

A la mort du saint de Saint-Maixent (500-5??), son corps avait été inhumé dans l'église de Saint-Saturnin ; mais on ne tarda pas à l'en retirer pour le placer dans une nouvelle église, fondée spécialement à son intention, touchant à la cellule où il avait vécu en reclus et où il s'était illustré.

Telle est du moins l'opinion admise aujourd'hui, notamment par notre savant compatriote, M. Alfred Richard , qui se base sur un passage du poème Vita metrica S. Leodegarii episcopi et martyris, composé par un anonyme vers le IXe siècle, d'après lequel, dès la venue du corps de saint Léger, c'est-à-dire vers 683, et lors de la construction de l'édifice dédié à ce dernier saint, les deux églises de Saint-Léger et de Saint-Maixent auraient été reliées par un portique ouvert.

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D'après le Gallia Christiana au contraire, le corps de saint Maixent n'aurait été transféré dans une nouvelle église que beaucoup plus tard et sous le pontificat de l'abbé Ebles.

Pour concilier ces deux interprétations, il faudrait admettre que la primitive basilique de Saint-Maixent ayant été absolument détruite par les Normands, les restes du saint, à leur retour de Bretagne, durent être confiés à l'église de Saint-Saturnin, avant leur translation définitive dans l'église conventuelle.

Les moines s'en allèrent sans doute peu avant 866, date à laquelle ils se trouvaient à Saint-Sauveur de Redon. Selon la Chronique de Saint-Maixent Adémar était abbé en 903. Aucune charte ne permet de contrôler cette assertion. (==> La chronique de Maillezais du MONASTERE DE ST-MAIXENT, EN POITOU.

Entre 898 et 903 Arnoul aurait dirigé l'abbaye pendant qu'une partie des moines se trouvait en Bretagne. Ebles, abbé de Saint-Maixent de 936 à 963, restaura le monastère et l'entoura de fortifications.Ebles, évêque de Limoges, frère de Guillaume, comte de Poitou, fit entièrement rétablir l’abbaye ; il fit construire une nouvelle église ou on transféra les reliques du Saint, qui étaient toujours restées dans celle de saint-Saturnin. Ebles avait accumulé des bénéfices considérables par la faveur du comte son frère ;  il était en même temps évêque de Limoges, abbés de Saint-Maixent, de Saint-Hilaire de Poitiers et de Saint-Michel-en-L’Herm. Il gouvernait ces monastères par des abbés réguliers qui lui avaient subordonnés Guillaume, dit Tête-d’Etoupe, comte de Poitiers, prit l’Habit religieux dans l’abbaye de Saint-Maixent. (Guillaume III de Poitiers, dit Guillaume Tête d'Étoupe, né en 910 - mort le 3 avril 963 à Saint-Maixent), comte de Poitiers sous le nom de Guillaume Ier à partir de 934, et duc d'Aquitaine sous celui de Guillaume III. Il succède à son père Ebles Manzer. ==> Ducs d' Aquitaine et Comtes de Poitou et plus)

Quoi qu'il en soit, cette nouvelle église, réédifiée par l'abbé Ebles, porta quelques temps le nom de Saint-Sauveur. Ebles lui-même se qualifiait d'abbé de Saint-Sauveur. Mais cette dénomination ne prévalut pas et ne survécut guère à son inventeur.

Ebles,  fit déposer les restes de saint Léger dans la nouvelle église abbatiale, fondée par lui, église désignée en ces termes dans une charte d'avril 967 : basilica que est constructa in onore sancti almique Maxencii sive sancti Leodegarii.

En 1059, le corps de saint Maixent fut exposé à la vénération des fidèles et un nouveau tombeau, consacré le sixième jour des nones d'octobre (2 octobre), lui fut édifié par Archembaud, archevêque de Bordeaux et abbé de Saint-Maixent.

 

Malgré l'incendie allumé par les Normands, l'église de Saint-Léger existait certainement au onzième siècle. Il y avait même un chapitre dans cette église, ainsi que le témoigne un don, fait le 19 avril 1070, à l'abbaye de Saint-Maixent, par un prêtre nommé Arbert (Arbertus), de la prévôté de l'église canoniale de Saint-Léger et des droits curiaux qui lui appartenaient (3). Ce chapitre subsistait encore au XIIe siècle.

En 1080, sous l'abbé Ansegise, la construction de l'entrée du monastère était terminée. Mais, alors, survinrent de nombreuses calamités. Deux ans après, la nuit qui suivit la fête de saint Urbain (du 25 au 26 mai 1082), un incendie ravagea la ville de Saint- Maixent; l'abbaye fut complètement détruite.

En 1088, l'abbé Adam remit l'église de Saint-Léger sous la puissance de l'abbaye, après la mort de quatre clercs séculiers qui s'étaient fort mal acquittés d'y célébrer le service divin.

L'église paroissiale de Saint-Léger (ecclesia sancti Leodegarii) est citée dans la bulle du pape Pascal II, du 27 avril 1110, énumérant les possessions de l'abbaye de Saint-Maixent.

En l'année 1093, l'édifice fut repris par la base et reconstruit sur un plus beau plan, dans un meilleur style. En 1116, nouvel incendie. Enfin, Geoffroy, abbé de 1107 à 1134, refit encore une fois le monastère qu'un dernier incendie avait détruit de son temps.

L'église que nous possédons date donc, pour ses parties les plus anciennes, des XIe et XIIe siècles.

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En 1135, il y eut des difficultés entre les religieux de Saint-Maixent et Pierre de la Chaise (Petrus de Casa), curé schismatique de Saint-Léger. Celui-ci n'avait droit qu'à une cloche dans son église ; il en fit poser une deuxième et édifia un autel. Les moines détruisirent cloche et autel. Le débat fut porté devant le légat du pape, qui assigna à comparaître devant lui, moines et prêtres séculiers, pour le dimanche d'Oculi; mais l'abbé étant mort sur ces entrefaites, le légat s'éloigna et les choses restèrent en l'état.

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Dans le courant des XIe, XIIe et XIIIe siècles, il y eut forcément, en l'église de Saint-Léger, de nombreuses réparations successives, sur le détail desquelles nous manquons de renseignements.

L'édifice fut peut-être reconstruit entièrement, au XVe siècle. Il subsiste encore actuellement une partie du collatéral nord datant de cette époque.

Il existait autrefois, dans l'église de Saint-Léger, de nombreuses chapelles et chapellenies. C'étaient des fondations pieuses, faites généralement par des bourgeois riches ou des personnes de la noblesse, qui léguaient une certaine somme, du produit de laquelle bénéficiait le prêtre titulaire de la chapellenie. ……

 

  Le tombeau de saint Léger y existe encore, côte à côte avec celui de saint Maixent, et gît dans la même crypte.

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La surprise de Saint-Maixent par les Anglais du comte de Derby, qui mirent le feu à une rue de la ville, par dépit de ne pouvoir s'emparer du château, endommagea peut-être l'abbaye. Toujours est-il que Guillaume de Vezançay, abbé de 1363 à 1381, fit opérer des restaurations dans l'église ; ce qui le démontre, ce sont les armes de cet abbé, « de gueules, à 3 cigognes d'argent », que l'on voit sculptées sur la tour du clocher.

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Guillaume de Vezançay fut inhumé devant l'autel de Notre-Dame, entre deux piliers.

L'abbé Jean Chevalier (1440-1460) continua la réfection de l'église. Ses armes, «de gueules, à 3 clés d'or mises en pal, 2 et 1 », sont sculptées à la tour du clocher et dans l'intérieur de l'église, à l'arcade du transept de gauche, de même qu'au mur terminal du transept de droite, où il fut inhumé, ainsi que l'abbé Jacques Chevalier, son neveu et successeur.

Au mois de septembre 1875, une découverte archéologique (une importance considérable, fut faite à Saint-Maixent (3), par notre savant confrère et ami M. Alfred Richard, archiviste du département. de la Vienne.

L’ancienne église Saint-Léger, devenue temple protestant au lendemain de la révolution (4), s’étant en partie écroulée, et sa démolition complète ayant été décidée, M. Alfred Richard, qui étudie depuis longtemps l'histoire de Saint-Maixent, songea profiter de la circonstance pour rechercher la crypte que les textes anciens lui signalaient sous cette église. Le succès couronna sa tentative, et le sanctuaire souterrain, obstrué depuis la fin du XVIIe ou le commencement du XVIIIe siècle, put être exploré assez en détail (5).

Quelques mois après cette découverte, l'ancien temple protestant et sa crypte étaient mis en vente. Feu M. le curé-doyen T. de Béchillon s'en rendit acquéreur (29 avril 1877; et en fit don à la fabrique de Saint-Maixent.

Deux ans plus tard (4 juin 1879), une décision ministérielle classait la crypte de Saint-Léger au nombre des monuments historiques.

La générosité d'un Saint-Maixentais pieux étant venue remplacer la subvention attendue en vain du Ministère des Beaux-Arts, le monument a pu être restauré. L'opération a été faite sous la direction de M. l'architecte Loué, qui a remis les choses à neuf aussi radicalement que possible.

Les opinions qui semblaient les plus autorisées ont longtemps placé la crypte de Saint-Léger au xi° siècle. Tout au plus concédait-on que l'on avait pu, à cette époque, réemployer des matériaux de date antérieure, provenant de l'église construite, ainsi que nous rapprennent les textes, dans la seconde moitié du VIIe siècle, vers les années 683 ou 684.

Il y a des parties du XIe siècle, dans la crypte de Saint-Léger, mais il y en a d'autres plus anciennes, qui nous sont parvenues à peu près dans leur intégrité première.

 

 

RAPPORT SUR LA DÉCOUVERTE D'UNE CRYPTE DANS L'ÉGLISE SAINT LÉGER DE SAINT-MAIXENT

Saint Léger, évéque d'Autun, mis à mort par ordre d'Ebroin, le 2 octobre 678, avait été enseveli au lieu- dit Sarcing, dans le pays d'Artois. Trois ans après, lorsque Ebroin fut à son tour décédé, le corps du saint, tiré de sa sépulture, devint un objet de contestation entre les évoques d'Arras, d'Autun et de Poitiers.

Le sort favorisa ce dernier qui chargea Audulphe, abbé du monastère de Saint-Maixent, poste occupé jadis par saint Léger avant son élévation sur le siège d'Autun, de rapporter en Poitou les restes précieux de son prédécesseur. L'enthousiasme fut grand lorsqu'arrivèrent les dépouilles du martyr au lieu où elles devaient reposer pour toujours; aussi, les abondantes aumônes des fidèles permirent-elles bientôt d'élever en l'honneur du saint évêque, un édifice dont la construction affectait des formes tout à fait nouvelles, disent les auteurs de la translation. Les travaux marchèrent rapidement, car le 3 des calendes de novembre de l'année suivante, l'église, entièrement terminée, était consacrée avec solennité.

Que reste-t-il de ce sanctuaire? Le seul édifice, placé sous le vocable de saint Léger, qui ait jamais existé dans la ville de Saint-Maixent, ne présente aucun des caractères d'originalité signalés dans les textes.

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En plan, c'est un grand carré long, divisé en trois nefs par des piliers rectangulaires. Le vaisseau central, terminé par une abside à chevet également carré, mesure 29m20 de longueur, tandis que les collatéraux donnent 24m30 seulement. Enfin la largeur dans œuvre, est de 14m50. Les murs ont à la hauteur des fenêtres de 0m75 à 0m80 d'épaisseur, mais celle-ci doit être plus considérable au ras du sol.

Ruinée à diverses reprises par les incendies ou les guerres et, en dernier lieu, en 1562, par les protestants, cette église fut réédifiée tant bien que mal de 1628 à 1638. L'extrémité de la nef septentrionale a conservé deux travées du XVe siècle, et on peut remarquer partout sur les piliers des arrachements de voûtes de même époque, remplacées au XVIIe siècle par un plafond en bois. L'extérieur n'offre aucun caractère particulier le clocher a été détruit, la façade refaite, et les murs portent la trace d'une reprise à environ 1m50 du sol.

Abandonnée pendant quelques années, lors de la Révolution, l’église Saint-Léger fut rachetée, au rétablissement du culte, par la communauté protestante, à laquelle elle servit de temple jusqu'en 1874. A cette époque, le mauvais état de la toiture la fit interdire par l'administration départementale et, au mois de septembre 1875, toute la première travée de la grande nef s'écroula, ainsi qu'une portion de la tribune en bois qui garnit la nef méridionale. Bien que, nous l'avons vu, rien ne rappelât aux yeux de l'archéologue l'antiquité de cet édifice, nous n'avions jamais perdu l'espoir de retrouver quelques vestiges de l'église construite sous l'abbé Audulphe.

Dans les chartes de l'abbaye de Saint-Maixent, en effet, il est souvent fait mention d'une chapelle située sous l'église de Saint-Léger, dans laquelle, disent les obituaires, trois abbés avaient été ensevelis. En outre, deux religieux bénédictins, D. Boniface Devallée, en 1663, D. Chazal, en 1718, dans leurs histoires encore manuscrites, donnaient sur notre sanctuaire quelques détails, dont les rares lecteurs des écrits de nos bénédictins pouvaient seuls avoir connaissance.

D. Devallée avait pénétré dans la chapelle souterraine et relevé l'inscription gravée sur un tombeau, que nous donnons plus loin; quant à D. Chazal, il n'avait pu, dit-il, rien visiter, par suite de réparations exécutées dans l'église supérieure, qui avaient amené presque l'entière obstruction de la crypte.

Depuis, quelques ouvriers occupés à refaire le dallage, à la faveur d'un éboulement qui s'était produit au chevet du collatéral de droite, ont bien pu pénétrer dans l'église inférieure, et, de plus, un voisin a longtemps utilisé une des travées, transformée en cave par la construction d'un petit mur destiné à boucher les arcades; mais le secret de ces visites, qui remontent au commencement de ce siècle, fut si bien gardé, que l'on ignorait totalement l'emplacement de la chapelle souterraine, lorsque des circonstances particulières nous engagèrent à en tenter la recherche (6).

En septembre 1875, après l'accident que nous avons rapporté plus haut, l'église, déjà condamnée, allait être démolie et les matériaux affectés à la construction d'un nouveau temple protestant, lorsque, dans la crainte de voir nos projets peut-être pour toujours arrêtés, nous résolûmes d'entreprendre des fouilles que M. Brothier, architecte-voyer de la ville, voulut bien se charger de diriger (7).

Suivant nos indications, le samedi 28 septembre, on commença par creuser à l'entrée de l'abside, du côté du nord, à l'endroit indiqué A sur le plan. Là, après avoir traversé environ deux mètres de terre fortement remuée et une sorte de charnier rempli d'ossements noyés dans un lit de chaux, à deux heures de l'après-midi, les ouvriers mirent à nu l'arc-doubleau de la nef principale, que nous primes d'abord pour la partie supérieure d'un mur. Force fut donc alors de nous reporter plus au centre et de multiplier les sondages jusqu'à ce que nous ayons rencontré une voûte en douelles, facile à percer. Un air chaud s'échappa du trou que nous venions d'ouvrir, et des pierres lancées dans le vide, par le temps qu'elles mirent à atteindre le sol, nous firent un instant croire à l'existence d'un puits, comme on en trouve dans les vieilles basiliques. Avec les plus grandes précautions, on élargit l'orifice, ce qui permit, à la lueur d'une bougie, d'apercevoir une continuité de voûte; en même temps, notre lumière, ne s'éteignant pas, nous garantit la salubrité de l'excavation. Un sondage fut alors opéré, et comme la profondeur ne dépassait pas la hauteur d'une échelle ordinaire, à six heures, nous pûmes opérer notre descente.

La première impression fut un sentiment d'admiration, nous ne craignons pas de l'avouer. Imparfaitement éclairée par les bougies que chacun tenait à la main, la voûte élevée sous laquelle nous nous trouvions, présentait un caractère de grandeur que rendait encore plus remarquable la série d'arcades sombres et pleines de mystère, ouvertes de tous côtes.

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Le sol, parfaitement uni, mais sans dallage, présentait seulement, du côté droit, des traces d'humidité causées par l'infiltration des terres supérieures. Du reste, pas le moindre jour n'apparaissait, et l'air, qui se renouvelait nous ne savons trop comment, était lourd sans être méphytique.

La soirée fut uniquement consacrée à une première exploration. Si le chœur et les deux dernières travées du collatéral de droite étaient dans leur état primitif, à gauche d'énormes remblais s'élevaient jusqu'aux trois quarts de la hauteur de la nef, quand ils n'atteignaient pas les voûtes, comme nous pûmes le constater en certains endroits. Il en était de même à partir de la troisième travée à droite. De ce côté, un trou (B), au-dessus de la fenêtre du chevet, laissait apercevoir le dallage de l'église supérieure. Enfin la fermeture des arcades (C) formait une sorte de caveau auquel on devait arriver par la porte extérieure (D), ouverte sur les terrains du jardin voisin.

 Le lundi suivant, les travaux furent repris et poursuivis durant toute la semaine. Notre but, la chapelle souterraine retrouvée, était de s'assurer si nous étions en présence de la construction d'Audulphe et de rechercher si le corps de saint Léger avait été inhumé en cet endroit. Le sol de la crypte, partout où les remblais ne le recouvraient pas, a donc été fouillé dans presque son entier là où la terre n'a pas été enlevée, les sondages ont fait rencontrer le tuf, autrement le rocher primitif, sous une épaisseur de terre, à peu près partout égale, de 50 centimètres.

On commença par l'extrémité du collatéral de droite. Celui-ci était fermé du côté de la nef principale par une pierre tombale en dos d'âne, d'environ deux mètres de longueur, qui occupait presque toute la largeur de l'arcade (E). Elle portait l'inscription suivante sur une seule ligne

Nous fîmes retourner cette énorme masse, et, au-dessus, on découvrit une large dalle sans aucune inscription. Cette dernière, également soulevée, nous laissa voir un cercueil de pierre en forme d'auge, plus étroit aux pieds qu'à la tête, remplissant en entier une cavité creusée pour lui dans le rocher.

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Il renfermait des ossements appartenant à deux personnes. Mais tandis que les restes de l'un des défunts occupent encore leur place normale et n'avaient pas été dérangés depuis le jour de son inhumation, ceux de l'autre, rapportés là à une date que devait peut-être nous fournir l'inscription ci-dessus, avaient été ainsi disposés la tête sur l'estomac du premier habitant du cercueil, les gros os des bras et des jambes à sa gauche, près de la tête, et au-dessus de celle-ci, les petits os du bras placés en croix. Tel est le spectacle curieux qui s'offrit à nous. Sans rien déranger, nous procédâmes à un examen attentif de la sépulture, dans laquelle de la terre et des graviers avaient pénétré antérieurement à notre exploration. Nous n'y avons découvert aucun objet de quelque matière que ce fût, et l'on en est réduit, sur la question de la personnalité des deux défunts, à des conjectures que l'indication d'inhumation d'abbés de Saint-Maixent dans cette crypte peut à peine éclairer d'un certain jour. Seulement, l'on peut essayer de déterminer auquel des deux abbés Benoît que Saint-Maixent a compté à sa tête, appartient l'inscription incomplète donnée plus haut. Le premier a gouverné du 3 octobre 1070 au 14 février 1080; le second de 1208 à 1222 environ. Or, il y a assez peu de différence entre les caractères épigraphiques de ces deux époques, où l'onciale est volontiers mélangée avec la capitale mais si l'on compare la régularité de l'écriture de cette inscription avec celle des deux tombeaux de saint Léger et de saint Maixent dans l'église de l'abbaye, qui datent de 1089 et où l'on remarque une si grande quantité d'enchevêtrements et de petites lettres, on ne peut hésiter à attribuer la nôtre à Benoît II, c'est-à-dire au commencement du XIIIe siècle.

Nous continuâmes notre exploration par le sondage du mur extérieur de ce collatéral, qui offrait de nombreuses reprises, brèches grossièrement refermées, comme nous le vîmes bientôt. La même opération fut faite dans les murs qui clôturent en F et en G les deux arcades de la nef centrale ces derniers, qui n'avaient pas les apparences de solidité des autres constructions, comme nous pûmes nous en convaincre bientôt, ne présentaient qu'un simple parement cachant derrière lui le rocher.

Bien qu'une masse considérable de terre et de débris rocheux s'élevât presque jusqu'au sommet du collatéral de droite, nous avons pu opérer un déblaiement partiel à l'entrée de la dernière arcade et constater qu'il ne s'y trouvait pas de tombe pour faire pendant à celle que nous avions retrouvée en face.

Nous arrivâmes enfin le long du mur du chevet au point de départ de la grande arcade là, cinq ou six quartiers de grosses pierres, mises debout, indiquaient la place de l'autel et contre elles était appuyée une dalle de 1m24 de longueur sur 80 centimètres de largeur, évidemment l'ancienne table d'autel sa face supérieure était marquée de six petites croisettes. En la déplaçant pour opérer notre fouille, elle a été malheureusement brisée en deux et cela par suite de son extrême friabilité, occasionnée par l'humidité du sol sur lequel elle reposait.

Une maçonnerie délimitait l'emplacement de l'autel, séparé du mur par un intervalle de 50 centimètres mais ni dans cet endroit, où souvent ont été placés les restes des saints patrons, ni sous l'autel, dont le massif était appuyé sur le sol naturel, nous n'avons rencontré aucune trace de reliques. Après cela, nous reconnûmes une nouvelle sépulture qui consistait, comme la précédente, en un cercueil de pierre, d'une largeur partout égale, et dont la tête s'appuyait sur 1er pilier central de la crypte. Non-seulement une fosse avait été creusée dans le rocher pour l'y installer, mais encore il avait été assez descendu au-dessous du niveau de la surface de celui-ci pour que le couvercle du sépulcre vint l'effleurer. Ce dernier consistait en une dalle de deux mètres de longueur sur un mètre de largeur, encochée avec soin en dedans, de façon à encastrer exactement le cercueil dont la grandeur insolite et la situation au milieu de l'édifice, faisaient espérer la solution du problème qui nous tourmentait. Aussi fut-ce avec une vive émotion et un soin tout particulier que nous fimes l'ouverture du monument, ou plutôt que nous procédâmes au bris du couvercle, masse toute nue, sans dessin ni inscription, que nous nous trouvions dans l'impossibilité de soulever, faute d'avoir un point d'appui. Lorsqu'elle eut été divisée en trois parties à peu près égales, nous soulevâmes la plus extérieure, ce qui permit de faire glisser les autres facilement dans la rainure. Une assistance assez nombreuse se trouvait pour le moment réunie autour de nous. Lorsque la lumière pénétra dans l'intérieur de la tombe, chacun y jeta un regard à la fois anxieux et recueilli, qui révéla de suite l'inanité des recherches. Le monument renfermait la sépulture d'une seule personne de taille assez élevée, dont les ossements n'avaient pu résister soit au temps destructeur, soit à l'humidité du sol et à la nature calcaire du tombeau.

Une ligne brune indiquait à peu près seule la place du cadavre et, à l'exception d'une infime partie, tous les gros os des jambes et du crâne s'étaient totalement effrités. Le fond du cercueil était parfaitement uni il n'y avait pas de ressauts de chaque côté de la tête, et là, non plus que dans l'autre sépulture, ne se trouvaient ni vases funéraires, ni plaques de plomb ou objets d'ornements pouvant servir à fixer une date. Les morts avaient été ensevelis totalement dépouillés de souvenirs terrestres.

Après quelques instants d'examen, les parties séparées de la dalle furent rapprochées et la terre formant l'aire de la crypte remise dans l'état où elle se trouvait avant notre exploration.

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Nos recherches dans l'intérieur de la crypte étaient terminées mais avant de continuer notre rapport, nous devons signaler ce fait extraordinaire que, dans toutes ces fouilles, nous n'avons rencontré quoi que ce soit qui pût fournir une indication sur les constructeurs du monument ou les personnes qui l'avaient fréquenté pas la plus minime pièce de monnaie, pas le moindre objet de toilette, rien.

Et pourtant, dans la ville, pendant ce temps, les bruits les plus étranges couraient à notre sujet. Par crainte des dangers que pouvait offrir notre travail souterrain et pour ne pas gêner les ouvriers, nous avions dû, autant que possible, interdire l'approche de la crypte au public l'air était si raréfié les premiers jours, qu'il fallut renoncer à l'emploi de lampes et se contenter d'un petit nombre de bougies, à la lueur desquelles tous les travaux ont été exécutés.

On affirmait que nous avions trouvé un autel enrichi d'or et de pierres précieuses; que la grande tombe renfermait le corps d'un personnage recouvert d'objets de grand prix; en un mot, que nous cherchions des trésors et que nous en avions rencontré.

Le trésor que nous cherchions, qui nous faisait interroger avec tant de soin les mottes de terre que soulevait le pic de nos travailleurs, ou jeter des regards anxieux dans les tombes découvertes, c'était une mince lame de cuivre ou de plomb, recouverte de quelques caractères, quelques cubes de mosaïque, ou quelque infime pièce de mauvais argent qui auraient peut-être permis de résoudre la question historique qui nous était posée cette satisfaction ne nous a pas été accordée.

La surface libre de la crypte ayant été ainsi totalement explorée, nous avons voulu nous rendre un compte exact de sa configuration et de ses issues à l'extérieur. La travée du collatéral de droite, dans laquelle donne l'ouverture à plein cintre que nous avons signalée (D), fut totalement déblayée, et l'on y retrouva le massif d'un escalier et même quelques marches encore en place nul doute qu'en poursuivant la tranchée dans les terres du jardin, on n'arriverait à reconnaître le passage ancien signalé par D. Chazal, qui faisait communiquer à ciel ouvert la crypte avec la porte nord de l'église de l'abbaye, dont une dizaine de mètres à peine la séparent.

Puis, comme il ne pouvait être question de songer à déblayer les deux nefs collatérales tant que nous n'aurions d'autre moyen d'accès dans la crypte que l'ouverture faite dans sa voûte, nous fîmes poursuivre les recherches dans l'église supérieure. On attaqua le sol dans chacun des bas-côtés, au point exact où les remblais de l'église inférieure venaient joindre le cerveau de la voûte; de plus, une section pratiquée dans la nef principale, en partant du bas des degrés qui passent sous le clocher, vint relier entre elles les deux tranchées.

Le résultat n'a nullement répondu à la longueur et à la difficulté des travaux. On a seulement pu constater que la crypte se prolongeait sous toute l'église supérieure, mais que les voûtes en avaient disparu, soit par accident, soit par l'effet des excavations pratiquées dans le sol pour y ensevelir les morts, à partir du point où nous les avions perdues en bas. L'extrémité antérieure du collatéral de droite, le seul qui ait été totalement découvert, offre des restes de constructions d'une date assez récente, qui peuvent donner matière à toutes sortes de suppositions. Le mur ancien, dans la partie antérieure, s'arrête en B,. et à partir de ce point est remplacé par un autre mur beaucoup plus moderne qui le sépare de la nef.

Sous cette dernière, nous avons pu constater l'existence d'un espace vide partant du mur extérieur et allant rejoindre le massif naturel dont nous avons parlé; toutefois, notre tranchée n'a pas atteint le rocher lui-même, par crainte du danger qu'offraient les travaux dans un sol peu résistant, qu'il fallait partout étayer, et sous une toiture à moitié effondrée qui pouvait à chaque instant s'abîmer sur la tête des travailleurs.

C'est dans le collatéral de gauche que nous avons rencontré le plus de traces de l'ancien édifice. Sur les parois du mur extérieur se continue le cordon en entablement que-nous avions constaté dans le chœur de la crypte. Des portions de ce même ornement se montrent dans un mur moderne, élevé dans le but de séparer ce collatéral de la nef, où ils sont employés comme matériaux. Chaque pierre a 1m 20 de longueur.

Ici s'arrête le récit de nos explorations; il ne nous reste plus qu'à présenter de notre édifice une description aussi complète que peuvent nous le permettre les données dont nous venons de faire connaître l'origine. Grâce aux plans dressés pour nous par M. Brothier, tant de l'église supérieure que de celle qui se trouve au-dessous, il est facile de suivre et même de compléter nos explications.

Bien que la crypte ne soit qu'incomplétement dégagée, il est facile de comprendre que son plan reproduit celui de l'édifice supérieur; seulement, les murs ont plus d'épaisseur, les piliers sont plus massifs, l'espace vide moins étendu. Il est présumable que la crypte et l'église ont vu le jour en même temps, et que l'une est la conséquence de l'autre. On prit sur place les matériaux nécessaires à la construction de l'église; par suite il se produisit un vide que l'on se garda bien de combler et qui se trouva former la crypte.

Des deux côtés nous trouvons une nef flanquée de latéraux, le tout terminé rectangulairement. Pas de transepts (celui qui semble exister à gauche dans l'église supérieure n'est qu'une addition du XVe siècle). La seule différence consiste dans la conservation d'une masse de tuf qui occupe dans la crypte une partie de la nef principale.

Enfin le chœur de celle-ci, au lieu de communiquer librement avec la nef, en est séparé par un pilier d'où part un arc-doubleau en grand appareil, qui va rejoindre le mur du chevet entre les deux fenêtres. Cet arc, de 6m72 de longueur, est coupé vers son milieu par un autre d'un peu moins d'étendue. Par suite, ce choeur comporte deux voûtes parallèles appuyées sur un entablement fort simple, mais différent des deux côtés.

Les piliers carrés, en pierres de taille énormes, ont lm 35 en tous sens; ils sont surmontés d'une moulure composée d'un bandeau, d'une baguette, d'une doucine et d'un listel, qui repose sur un fort lit de chaux dans lequel on remarque parfois des briques, dont une même semble à rebords.

Le chœur de la crypte a dans sa partie la plus large 6m 69, sur 6m72 de profondeur; la largeur des allées latérales est de 2m15.

A toute ouverture de l'église supérieure en correspond une de la crypte. Les fenêtres du fond sont carrées, et il semble qu'elles devaient communiquer avec l'air extérieur de petits degrés garnissent une portion de leur profondeur, qui est de deux mètres.

Les voûtes sont à plein cintre, établies avec des douelles en tuf, recouvertes d'un épais ciment décoré de peintures dont il reste surtout des traces dans la partie droite du chœur ce sont des courants de feuillages avec fruits en forme de raisins ou de mures. La muraille elle-même, édifiée en pierres de taille à grand appareil irrégulier, a été aussi peinte, et l'on remarque encore les décorations suivantes à droite de l'autel, près de l'ouverture de la fenêtre, était représenté, uniquement avec des couleurs rouges et bleues, un évêque ou abbé bénissant et tenant de la main gauche un bâton pastoral, terminé en forme de croc et peint en rouge. La figure du personnage a disparu par suite d'un coup de pic donné probablement au XVIe siècle par une main protestante, et qui a fait sauter un large éclat de la pierre. La frise au-dessus est ornée d'un quadrillé rouge, dont l'intérieur est garni de croisettes bleues. En face, à la naissance de l'arc-doubleau, est représenté un aigle dont les traits noirs accusent fortement les formes.

Une singularité nous a frappé dans l'examen des voûtes des collatéraux, qui sont divisés en travées, marquées par des arcs-doubleaux. Or, chaque travée, en partant du choeur et en remontant vers l'entrée, est plus élevée que celle qui la précède. Peut-être cette disposition avait-elle pour but de faciliter l'entrée de la crypte, dans laquelle on aurait pénétré non-seulement par l'extérieur, du côté de l'abbaye, mais aussi de l'intérieur de l'église par une pente douce. Ce fait nous explique aussi comment ces voûtes ont été détruites à leur extrémité, leur distance du sol de l'église s'amoindrissait de plus en plus, et par suite elles étaient exposées à être plus promptement percées par la pioche des fossoyeurs.

Nous arrêtons ici notre description de l'édifice; il ne nous reste plus qu'à chercher quelle date on peut assigner à sa construction.

Est-ce celui que l'abbé Audulphe fit élever à la fin du VIIe siècle, et dont, entre autres, le moine de Saint-Gall fait, au XIIIe siècle, une description enthousiaste, quoique un peu obscure? Il rapporte que les ossements du saint furent renfermés dans un magnifique tombeau; que l'extérieur de l'église se signale par son ornementation; qu'elle comporte plusieurs nefs; que l'abside est décorée avec art; qu'au- dessous, une crypte contient un autel consacré; que des portes supérieures on y parvient par des degrés, et que l'on en sort par un escalier pour remonter à la surface, où se trouve un autel orné d'or, lequel renferme les vénérables restes du saint; enfin, que tout à côté repose saint Maixent dans un édifice uni au précédent par un portique ouvert.

Où trouverons-nous des traces d'une construction si remarquable? L'édifice que nous venons de décrire, tant supérieur qu'inférieur, est grossier dans sa construction, sans aucune décoration sculpturale il n'a qu'une étendue médiocre, vingt-neuf mètres, et n'était pas même aussi vaste que la primitive église du monastère de Saint~ Maixent, dédiée à saint Saturnin, et aujourd'hui détruite; dans toute sa structure, il porte les caractères d'une œuvre du XIe siècle, et au plus du Xe, et pourrait alors avoir été édifié à la suite du retour des reliques de saint Maixent et de saint Léger, après les invasions normandes. Mais si l'on regarde à côté de soi, on trouve la magnifique abbatiale, longue dans œuvre de soixante-quinze mètres, et qui, malgré ses reconstructions multiples, a toujours été rétablie sur ses fondations primitives. De plus, dans sa crypte, ouverte à tous les regards, à côté du tombeau de saint Maixent, est placé celui de saint Léger, portant une inscription du XIe siècle, qui débute ainsi

« Hic quondam requievit Leodegarius, là reposa autrefois Léger; » ne pourrait-on point inférer de ces quelques mots que ce fut dans ce tombeau, ou au moins dans le lieu où il est placé, qu'antérieurement se trouvait le corps du saint?

Tant qu'une exploration complète de l'église Saint-Léger n'aura pas été faite et que nous ne pourrons pas affirmer que ni elle ni sa crypte ne renferment quelque portion de construction pouvant remonter au VIIe siècle, nous nous abstiendrons de nous prononcer; mais si le résultat de nos recherches aboutissait à la négative, nous reprendrions la suite de l'idée dont nous venons de poser le jalon.

Ces quelques mots disent suffisamment que nous ne considérons pas notre besogne comme terminée. En effet, celle-ci fut entreprise dans les mauvaises conditions que l'on connaît, sous la menace de voir une démolition, telle que l'administration municipale l'avait en vue, rendre toute recherche impossible; mais une décision ministérielle est venue arrêter les travaux commencés, pour la facilité desquels une partie de nos tranchées avait été comblée. Depuis, la situation est toujours la même, la toiture s'effondre de plus en plus, et dans la crainte de voir cet état se perpétuer encore longtemps, nous nous décidons à publier le premier résultat de nos investigations; nous attendrons, pour y ajouter une suite, que de nouveaux éléments puissent être recueillis sans danger pour les explorateurs.

Une confrontation des données menant à une nouvelle compréhension des vestiges

 

D’après la Passio I, Gesta et Passio Sancti Leudegarii Episcopi et Martyris, l’église Saint-Léger aurait été consacrée le 30 octobre 684. La crypte est mentionnée pour la première fois dans la Vita quarta metrica S. Leodegarii episcopi et martyris, relayée par Dom Pitra en 1846 à la fin de son Histoire de saint Léger.Selon ce texte, daté de la fin du viiie siècle, la crypte contient un autel et on y accède depuis le niveau supérieur par des escaliers. La fonction liturgique du monument est donc attestée, mais le texte interroge sur l’accès à la crypte. Alfred Richard a effectué des sondages dans le sol et dans le mur ouest de l’espace central : l’édifice a été creusé directement dans la roche et l’accès à la crypte n’a jamais été central……

https://journals.openedition.org/cem/14586

Anciennes églises de Saint-Maixent : paroisses, abbayes, couvents et monastères, chapelles, fondations pieuses et charitables, écoles / Louis Lévesque

Recherches pour servir à l'histoire des arts en Poitou / par Jos. Berthelé,...

 

 

 

 

LE MONACHISME EN POITOU AU Xe SIÈCLE  <==.... ....==> L’histoire de l’Abbatiale bénédictine Saint-Maixent de Saint-Maixent- l'École

 


 

 

Campo Vogladise 507 : Clovis, Alaric, la Bataille de Vouillé - la vallée aux morts (Voyage virtuel dans le temps)

Voici comment la grande bataille a pu se dérouler : Le roi des Francs part de ses Etats avec son armée pour faire la guerre de religion qu'il déclare aux Wisigoths. Clovis peut attaquer Alaric ; par l'Episcopat il est sûr des populations gallo-romaines qu'il va traverser au-delà de la Loire......

 

(1) A. RICHARD. Arch. hist. du Poitou. XVI. p. 137.

(2) A RICHARD. Arch. hist. du Poitou. XVI p. 332

Cf. JOS. BERTHELÉ, Architecture mérovingienne, la Date de la Crypte de Saint-Leger à Saint-Maixent apud Bulletin monumental, 1884, p. 89 à 112 (tiré à 1881 et n Note lue à la séance la Société des Antiquaires de l'Ouest du 7 août Poitiers1884 et seulement dans le procès-verbal communiqué aux journaux Poitiers. - Le Plus ancien édifice du département des Deux-Sèvres, la Crypte de Saint Leger à Saint-Maixent, apud le journal le Mémorial des Deux-Sèvres, du 13 avril 1887.

 (3) ALFRED RICHARD, Rapport sur la découverte d'une crypte dans l'église de Saint-Léger  Saint-Maixent (Deux-Sèvres), apud Bulletin monumental, 1876, P- , 845 à 862, avec 4 planches hors texte et 3 fig. dans le texte ; tiré à part.

(4)  L'ancienne Saint-Léger est située il, côté de l'église paroissiale actuelle, à gauche. Les anciens bâtiments de l'abbaye, aujourd'hui transformés en caserne, se trouvent à droite. L'église paroissiale (autrefois abbatiale) contient elle aussi une crypte, intéressante à divers titres, mais moins ancienne que celle de Saint-Léger.

(5) La Société française d'archéologie, « dont le zélé directeur, M. Léon Palustre, apportait à cette œuvre le double intérêt du patriote et de l'archéologue » [M. Léon Palustre est originaire des environs de Saint-Maixent], couvrit tes frais de la fouille par une allocation de cent francs.

Cette découverte fut signalée dans le Bulletin de la Société des Antiquaires de l'Ouest, 4e trimestre de 1875. p. 279. — La Société de Statistique, Sciences. Lettres et Arts des Deux-Sèvres, s'en désintéressa à peu près complètement.

(6) Les frais nécessités pour cette exploration ont été couverts par une allocation de 400 francs, qui nous a été gracieusement accordée par la Société française d'Archéologie, dont le zélé directeur, M. Léon Palustre, apportait à cette œuvre le double intérêt du patriote et de l'archéologue.

(7) Outre M. Brothier, dont les connaissances techniques nous ont été d'un très-grand secours, nous avons été assisté dans nos recherches par M. Georges Richard, adjoint au maire de Saint-Maixent, dont l'entremise a grandement facilité l'exécution de notre entreprise, par M. Emmeran Richard, notre frère, juge à Parthenay, par M. Beaudet, membre de la Société des archives historiques du Poitou, et quelques autres personnes; que toutes en reçoivent ici nos plus vifs remerciements.