Carte de la Gatine du Poitou comprenant ses anciennes circonscriptions jusqu'en 1789 a1_stitch

Carte de la Gatine du Poitou comprenant ses anciennes circonscriptions jusqu'en 1789 a1Carte de la Gatine du Poitou comprenant ses anciennes circonscriptions jusqu'en 1789- a2

Carte de la Gatine du Poitou comprenant ses anciennes circonscriptions jusqu'en 1789 a3Carte de la Gatine du Poitou comprenant ses anciennes circonscriptions jusqu'en 1789 a4

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Parthenay (1) était la capitale de la Gâtine au Moyen-âge. Ville forte entre toutes les villes de l'Ouest, Parthenay avait une muraille continue percée de quatre portes et défendue par vingt tours. Au centre de la ville se dressait une citadelle du douzième siècle, réputée imprenable, au dire de Juvénal des Ursins.

Les paroisses de la Gâtine.

— La Gâtine avait plus de soixante paroisses réparties sur un territoire large de quinze lieues, long de dix lieues, comprenant tout l'arrondissement de Parthenay, une partie de celui de Bressuire, une partie de celui de Niort et des villes de la Saintonge. Dos domaines des sires de Parthenay dépendaient quatre baronnies ou châtellenies, à savoir Parthenay, Secondigny et Béceleuf, relevant du comté de Poitiers, et Coudray-Salbart, relevant de Saint-Maixent.

 

(1) Nous empruntons la plupart de ces détails au livre de M. Bèlisaire Ledain.

 

La baronnie de Parthenay.

— La baronnie de Parthenay, la plus vaste et la plus importante comprenait parmi les fiefs qui en relevaient à hommage lige les châtellenies de Champdeniers, d'Hérisson, de Villiers-en-Gâtine et de Châteauneuf, près de Largeasse ; les seigneuries de Gourgé, Larochefaton, La Chapelle-Bertrand, Aubigny, Saint-Marc-la-Lande, Ardin, Germon, Le Fonteniou de Vernou, Tennessus, La Bretonnière, Laigné, Paré, Laubertière, Le Plessis-Viette, Le Plessis-d'Alonne, Sunay-en-Châtillon, Saint-Pardoux, Sauray, Mauvergne, La Croslay, La Meilleraye et, en dehors de la Gâtine, Vouvent, Mervent, Taillebourg, Châtelaillon, Moncontour.

==>L'Organisation administrative du Comté de Poitou au Xe siècle et l'avènement des Châtelains et des Châtellenies

Voies romaines.

— Deux voies conduisaient à Parthenay ; la première, allant de Poitiers (Limonum) à Nantes (Portus Nannetum), traversait le lieu appelé la Sigourie, où des historiens ont placé la célèbre Segora ; la seconde, moins importante, était une voie intermédiaire entre la première et la voie qui conduisait de Poitiers à Saintes ; elle partait de Rom, traversait la Gâtine et se dirigeait vers l'Océan. Divers tronçons de cette voie sont restés vers Exoudun et l'Absie ; on donne au principal d'entre eux le nom de Chemin des Chaussées.

Eglise Maint-Jean.

— La première mention qui soit faite de Parthenay se trouve dans une charte de donation de Pépin II, roi d'Aquitaine, en faveur de l'abbaye de Saint-Maixent, en 848. Parthenay-le-Vieux (moins ancien malgré son titre) fût fondé en 1092 par les seigneurs de Parthenay, Gelduin et Ebbon.

==> 1092 - Histoire et légendes de la Fondation de l’église de Parthenay le Vieux (Mélusine et les seigneurs de Parthenay)

Le duc d'Aquitaine était suzerain des comtes de Parthenay, desquels dépendaient les viguiers de Thénezay, d'Ardin, de Mervent. Mais, dès 1091, les comtes de Parthenay se sont débarrassés de la tutelle des ducs d'Aquitaine ; ils sont les favoris des papes dont l'un, Jean XIX, met, en 1031, sous leur protection, l'abbaye de Saint-Jean d'Angély.

La Gâtine, au onzième siècle, est défrichée ; elle prospère rapidement, se couvre de bourgades nouvelles, devient célèbre par son industrie naissante des gros draps. Les comtes de Parthenay ne s'occupent pas seulement des intérêts matériels du pays ; ils encouragent la construction d'églises nouvelles autour desquelles les populations, encouragées par des exemptions d'impôts et des privilèges, viennent se grouper. Les bourgs de Secondigny et de la Ferrière sont fondés à cette époque. L'église de Parthenay-le-Vieux date aussi de cette époque. Elle fut fondée en 1092 en expiation d'un crime involontaire, l'écrasement d'un enfant par le seigneur de Parthenay, qui n'avait pu retenir son cheval. C'est cette scène qui est figurée sur la façade de l'église.

La conquête de l'Angleterre. — Guillaume Ier, le Conquérant, ayant promis « une forte somme et le pillage de l'Angleterre à tout homme robuste qui voudrait le servir de l'épée, de la lance ou de l'arbalète, » Simon, vidame de Parthenay, s'allie à Aimery III, vicomte de Thouars, qui a quatre mille hommes, constitue avec lui un petit corps d'armée et combat vaillamment Hastings. Il revint fort riche, après la conquête, mais mourut bientôt. Un de ses successeurs, Ebbon, prit part à la première croisade et rapporta un morceau de la vraie croix qui fit donner le nom de Sainte-Croix à l'église. Cette tradition n'est point confirmée absolument. A la mort de Simon, le comte de Poitou prend Parthenay (1122), mais le rend l'année suivante à Guillaume Larchevêque, pour prix de son alliance, que Guillaume abandonne bientôt pour passer au comte d'Anjou.

==> 14 octobre 1066 - Les Chevaliers du Poitou à la conquête de l’Angleterre avec Guillaume le Conquérant.

 

Saint Bernard à Parthenay. — Vers cette époque se produisit un fait curieux qui donne une idée exacte des moeurs du temps.

En 1135, saint Bernard provoqua à Parthenay une entrevue avec Guillaume IX, comte de Poitou, duc d'Aquitaine, qui avait embrassé la cause de l'anti-pape Anaclet. Cette entrevue n'ayant pas réussi au gré de saint Bernard, celui-ci consigna le duc d'Aquitaine et ses adhérents à la porte de l'église, puis, devant le peuple assemblé, il sortit tout à coup de l'église, portant l'hostie sur la patène, et s'adressant à Guillaume :

« Nous t'avons prié, lui dit-il, de donner la paix à l'Eglise et tu as méprisé nos prières. Voici le fils de la Vierge, le chef de l'Eglise que tu persécutes ; il s'avance vers toi pour te supplier à son tour. Devant toi est ton juge au nom duquel tout genou fléchit dans le ciel, sur la terre et dans les enfers ; ton juge entre les mains duquel tombera ton âme. Oseras-tu le repousser comme ses serviteurs ? » Guillaume tomba la face contre terre, comme frappé d'épilepsie. Saint Bernard alors lui commanda de se relever et de donner le baiser de paix à l'évêque de Poitiers qu'il avait offensé, mais il ne se remit jamais de cette épreuve et mourut bientôt après, en pèlerinage à Saint-Jacques de Compostelle (1137). Ses successeurs, pendant toute la fin du siècle, firent de riches donations aux abbayes de l'Absie, des Châtelliers, de Saint-Maixent, au prieuré de Parthenay-le-Vieux.....

Histoire des Deux-Sèvres / Antonin Lévrier

 

==> Les monuments religieux, militaires et civils du Poitou

==> Patrimoine, Recherches critiques sur Trois Architectes Poitevin de la fin du XIe siècle.

==> Les Sires de Parthenay et la Gâtine pendant la première période de la Guerre de cent ans (Time Travel)

==> JUSTICE DE POITOU. L'ancienne sénéchaussée de Poitou