RICHELIEU VILLE - Armand Jean du Plessis de Richelieu, dit le cardinal de Richelieu

Des généalogistes complaisants, tels que André du Chesne et le père Anselme, et après eux Mézeray, la font remonter par les femmes à Louis le Gros, et par les hommes aux rois de Léon, de Castille et de Jérusalem (1).

Mais cette illustre origine, découverte à l'époque de la toute-puissance du cardinal, nous semble trop peu désintéressée pour être prise au sérieux. D'ailleurs, André du Chesne à bien soin de déclarer que les titres anciens de la maison du Plessis ont disparu (2).

Nous savons seulement que, lorsque le duc d'Orléans reprochait à Richelieu ses prétentions à une origine royale, celui-ci se bornait à répondre qu'il n'était pas le centième dans le royaume qui fût descendu par les femmes des anciens rois de France (3).

Souvent, en effet, au moyen âge, les rois épousaient les filles des seigneurs français, et ainsi s'explique ce grand nombre de gentilshommes qui pouvaient se vanter d'une parenté quelconque avec leur souverain. Cette question de l'ancienneté de la race nous laisse aujourd'hui un peu indifférents, et nous estimons avec raison que la science des d'Hozier ne peut rien pour la gloire d'un homme tel que Richelieu.

Mais, au XVIIe siècle, on n'en jugeait pas de la sorte, et le grand cardinal, en particulier, tenait autant et plus qu'aucun de ses contemporains aux traditions nobiliaires de sa famille et à l'éclat de son nom (4).

C'est près d'Angles, dans la paroisse de Néons en Poitou, sur les bords de la Creuse, que la famille du Plessis-Richelieu a eu son premier établissement (5). André du Chesne affirme qu'un Laurent du Plessis accompagna en Terre-Sainte Guy de Lusignan, roi de Jérusalem et de Chypre (6).

Il mentionne également un Guillaume du Plessis, seigneur de la Vervolière, de Breux et autres terres, situées en Touraine et en Poitou, qui passa sous la domination de Philippe-Auguste, quand ce prince enleva le Poitou aux Anglais.

Enfin, aux archives de la Vienne, on voit une foule de papiers ou actes de vente, sur lesquels figure, à partir du XIVe siècle, le nom de du Plessis. Ce nom était porté par deux branches distinctes : l'aînée possédait la terre du Plessis ; l'autre, d'où est sorti Richelieu, s'était fixée non loin de là, à la Vervolière.

Le premier des ancêtres du Cardinal, dont on puisse affirmer l'existence avec certitude, est un Geoffroy du Plessis qui mourut en 1484. Il avait épousé, vers 1420, Perrine Clérambault, fille de Jean Clérambault, à qui appartenait la seigneurie de Richelieu, et c'est ainsi que cette terre, dont le nom devait être si illustre, passa, un siècle et demi avant la naissance du Cardinal, dans la maison du Plessis (1).

Le fils et le petit-fils de Geoffroy du Plessis s'appelèrent François. On ne sait rien du premier, sinon qu'il fut écuyer tranchant de la reine Marie d'Anjou, femme de Charles VII, et qu'il survécut peu à son père. Le second eut huit enfants, dont six garçons. L'un fut abbé de la Chaise-Dieu et l'autre, évêque de Luçon. Cet évêché allait rester dans la famille pendant plus d'un demi-siècle pour y être l'unique ressource des cadets.

vitraux de l'église des Lucs sur Boulogne - Armand Jean du Plessis de Richelieu, dit le cardinal de Richelieu

(vitraux de l'église des Lucs sur Boulogne - Armand Jean du Plessis de Richelieu, dit le cardinal de Richelieu)

 

 

Généalogie des seigneurs de Richelieu

Généalogie des seigneurs de Richelieu

Généalogie des seigneurs de Richelieu 2

 

 

==> RICHELIEU (Jean-Armand Du Plessis), le Cardinal qui changea la Destinée de l’Histoire de France.

 

 

 


  ==> Les Chevaliers de Saint-Michel de la province du Poitou, depuis la fondation de l'ordre en 1468 jusqu'à l'ordonnance de 1665

(1) ANDRÉ DU CHESNE, Hist. généalogique de la maison du Plessis de Richelieu, p. 46. Il composa son livre eu 1631, lorsque le Cardinal était déjà un personnage si considérable, lorsque lui-même, client du grand ministre, était comblé de ses bienfaits et honoré de sa bienveillante familiarité,

(2) Id., p. 5.

(3) Richelieu, Mémoires, t. II, p. 326. Édition Michaud et Poujoulat.

(4) On en a la preuve dans le soin qu'il prend, dans ses Mémoires, d'indiquer si les personnages dont il parle sont de bonne ou médiocre noblesse ; et Tallemant est dans le vrai quand il reproche à Richelieu d'avoir eu a trop de faiblesse sur sa noblesse et sur sa naissance ». Tallemant, t. II, p. 2.

(5) AIMÉ MARTlNEAU, Le cardinal de Richelieu, p. 46. Pour tout ce qui se rapporte à la généalogie de Richelieu, nous n'avons fait que résumer le 1er chapitre du livre de M. Martineau, qui a fait une étude très consciencieuse et très exacte des ancêtres du Cardinal. Cf. Bossebœuf, Richelieu, monuments et souvenirs p. 12.

(6) ANDRÉ DU CHESNE, Hist. de la maison du Plessis de Richelieu, p. 7.