SANCTUS MAXIMUS CAINONIS LIBERATOR 446 (Saint-Mexme de Chinon) à la paroisse aux 21 clochers Ste Jeanne d’Arc en Chinonais (5)

Grégoire de Tours, dans son De la gloire des confesseurs, raconte l'installation au Ve siècle de Mexme, disciple de saint Martin, dans un ermitage troglodytique à Chinon, à l'est du castrum romain qui deviendra le château actuel. Saint Mexme aurait fondé là une première église, qui sert de centre à un petit monastère, transformé en collégiale vers l'an Mil. L'église est alors reconstruite sur un plan basilical, puis agrandie dès 1050 par l'adjonction d'un massif occidental comprenant un narthex encadré de deux tours. Au XIIe siècle, la nef est prolongée vers l'ouest, un transept et un chœur à déambulatoire et chapelles rayonnantes achèvent de transformer la collégiale en vaste édifice de pèlerinage

S. Mexme ayant été le disciple de S. Martin, la proximité de Tours, dont celui-ci était évêque que, mit a même ces deux Saints de se visiter quelquefois. Ce prélat, animé du goût de son siècle, fit bâtir sur le côteau de Chinon une chapelle qui dans la suite lui fut dédiée, et dont aujourd'hui on voit encore quelques vestiges. S. Mexme , après un séjour à Lyon au monastère de L'Île-Barbe sur la Saône, dont il avait été abbé, enchérit sur cet exemple, en faisant construire dans cette ville un couvent de moines cloîtrés dont il fut le premier abbé, et une église en l'honneur de la glorieuse Vierge Marie, qui depuis fut mise sous son invocation, et que la Révolution a livrée à la plus grande dégradation.

SANCTUS MAXIMUS CAINONIS LIBERATOR 446

 

 Le pieux cénobite fut un des saints les plus éminents de l'Église de Touraine. Ami et disciple de saint Martin, il eut l'insigne honneur de recevoir de ses mains l'ordre de la prêtrise, et de puiser dans ses doux enseignements la science qui fait les saints ; science grâce à laquelle il sut s'élever au plus haut degré de perfection. Les vertus, les exemples, les prédications de saint Mexme contribuèrent puissamment à la conversion des habitants du pays chinonais. Saint Martin avait jeté dans ces contrées les premières semences de la foi; saint Mexme les cultiva, les fit croître et fructifier avec une vigueur toute nouvelle ; aussi un de ses biographes l'appelle-t-il à juste titre la gloire et la lumière de Chinon, lux et honor cainonum.

 Ce qui fait la grandeur de ces hommes privilégiés que Dieu appelle à la gloire de ses saints, c'est que chez eux se trouvent réunies toutes les vertus, élevées à leur plus haut degré de perfection. Chaque saint toutefois a sa physionomie particulière, si nous pouvons nous exprimer ainsi, chaque saint a son caractère propre qui le distingue des autres saints.

Chacun de ces élus de Dieu a une vertu qui brille d'un plus vif éclat au milieu des autres vertus. Ce qui touche, ce qui émeut chez saint Mexme, c'est cette bonté simple et naïve qui se fait toute à tous ; c'est ce cœur où l'amour du prochain surabonde et se manifeste à toute occasion, que rien n'arrête, et qui ne sait rien refuser ; c'est cette bonté toute aimable qui fait qu'on se sent invinciblement attiré vers lui, qui fait qu'on l'aime comme un ami, comme un père et qu'on le prie avec une confiance pleine d'espoir et de foi. Ce sentiment, nous l'avons éprouvé en écrivant la vie de saint Mexme, nous sommes persuadé qu'il sera partagé par tous ceux qui liront cette vie avec attention.

Saint Mexme a eu plusieurs biographes; le plus illustre est sans contredit saint Grégoire de Tours.

Le grand évêque lui consacre plusieurs pages de son livre De la gloire des Confesseurs. Une autre vie de notre saint nous a été conservée par dom Housseau, qui l'a copiée lui- même dans les archives de la collégiale de Chinon, sur le manuscrit original du xie siècle. Un petit livre imprimé à Chinon en 1658 contient aussi la vie de saint Mexme ; il est intitulé :

Officium proprium sanctorum et sanctarum insignis ecclesiae collegialis, beati maximi Cainonejisis. Enfin le chanoine Maan parle aussi de saint Mexme dans le remarquable ouvrage qui a pour titre : Sancta et Metropolitana ecclesia Turonensis; c'est en nous appuyant sur l'autorité de ces différents auteurs que nous allons essayer de retracer la vie de notre saint confesseur.

 

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Il appartenait à une illustre et opulente famille de l'Aquitaine, qui l'envoya de bonne heure à la cour, pour y poursuivre la carrière si recherchée des honneurs et des dignités. Vraiment grand par son nom et per ses vertus, dit saint Grégoire de Tours, virtutibus et nomine maximus, la pureté de ses mœurs, la noblesse de son caractère, le plaçaient au premier rang de ses jeunes compagnons. Riche des biens de la terre, Mexme cherchait avant tout à s'enrichir de ces biens impérissables que la rouille ne ronge pas, et que les voleurs ne peuvent enleverDieu, qui l'avait marqué du sceau de ses élus, ne tarda pas à lui faire comprendre le néant et la vanité des choses de ce monde en l'appelant plus particulièrement à lui. Gloire, honneurs, richesses, plaisirs, le jeune Mexme quitta tout pour se donner à Celui qui a dit : « Que celui qui veut venir après moi se renonce soi-même, prenne sa croix et me suive. » Libre de tous soins et de toute préoccupation du siècle, il vola avec empressement vers la solitude et la retraite, summa agilitate, ad heremi solitudinem pervolavit.

A peu de distance du château de Chinon, et du côté du levant, s'étendait une vaste plaine traversée par le cours sinueux de la Vienne. Un coteau élevé la bornait au nord. C'est au pied de ce coteau, alors solitaire, que saint Mexme se choisit une retraite, et résolut de fonder un monastère. « On voit encore, dit un manuscrit du XVIIIC siècle, dans un jardin de la vicairie de saint Mexme, les vestiges du logis où le saint a passé une partie de ses jours. » C'est en vain qu'aujourd'hui l'on rechercherait les traces effacées' de saint Mexme et le lieu sanctifié jadis par sa présence: vestiges et souvenirs, la révolution a tout effacé, tout emporté dans sa délirante folie.

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A l'exemple de saint Martin, dont il était le pieux disciple, saint Mexme se voua avec ardeur à tous les travaux, à toutes les austérités de la vie cénobitique.

Mexme avait fui le monde pour vivre pauvre et ignoré, mais le monde vint vers lui, attiré par la renommée de ses vertus et de sa vie mortifiée. Les âmes, à cette époque, avaient soif de la vérité, et se sentaient entraînées irrésistiblement vers elle : car alors les fausses lumières du siècle n'avaient point encore fait les ténèbres dans les régions de l'intelligence. Plusieurs hommes riches et d'une naissance illustre, abandonnant le monde à l'exemple de Mexme, vinrent avec lui se fixer dans la solitude, lui offrant leur fortune et leurs biens pour bâtir son monastère.

- Aidé de leurs pieuses libéralités, Mexme fit construire son abbaye, et éleva plus tard un oratoire qu'il dédia à la très - sainte Vierge, et dont saint Martin fit la dédicace.

Le saint évêque de Tours visitait souvent Candes et Chinon.

Candes était, après Marmoutier, son lieu de prédilection. Il y avait fondé un monastère objet de sa constante sollicitude, et dont la direction l'obligeait à de fréquents voyages.

A Chinon, saint Martin aimait à visiter saint Mexme, à s'entretenir avec lui des grandeurs des choses du ciel et du néant des vanités humaines.

Sa mort vers 463 (d'après Grégoire de Tours.)

Sentant avec bonheur que les liens qui le retenaient à la terre allaient se briser, il se fit coucher sur un lit de cendres, et couvert d’un cilice, les yeux et les mains élevés vers le ciel, il rendit son âme à Dieu. Sa dépouille mortelle fut déposée dans une basilique dédiée alors à la Vierge sous le titre de son Assomption, mais depuis elle a pris le nom de Saint-Mexme qu’elle porta jusqu’à nos jours. Son corps reposait probablement dans la crypte construite sous le grand autel, et qui annonce, suivant La Sauvagère, une grande antiquité, ainsi qu’on nous représente ces anciennes églises des commencements du christianisme.

SANCTUS MAXIMUS CAINONIS LIBERATOR 446 (Saint-Mexme de Chinon) à la paroisse aux 21 clochers Ste Jeanne d’Arc en Chinonais (1)

Une grille garantissait sa tombe et ses reliques du zèle quelques fois indiscret des vieux pèlerins qui venaient en foule implorer le patron vénéré de la ville de Chinon.

Malgré les termes si précis de la charte de 1022, citée par La Sauvagère et par les Bénédictins dans les preuves de l’histoire de Lorraine, tome IV, fol. 339, qui rapportent la donation de reliques de saint Mexme, apportées du pays de Touraine au chapitre de saint-Maxe, dans la ville de Bar-le-Duc, l’hagiographe de saint-Mexme parle toujours du corps du serviteur de Dieu comme existant en entier de son temps, c’est-à-dire au milieu du XIe siècle. Les Bollandistes et D. Ruinart (page 911) disent que ses reliques ont été brulées par les protestant en 1563.

On montre encore aujourd’hui, dans l’église Saint-Etienne de Chinon, une pierre tombale qui fut apporté de l’ancienne basilique de Saint-Mexme. On y voit représenté un personnage nimbé, vêtu d’un habit monastique et le capuchon relevé sur la tête, un ornement en forme de chevron brisé entoure cette statue en demi-bosse et ne permet pas de reculer la date de ce monument au-delà du XIe ou XIIe siècle. On avait cru d’abord y reconnaitre sainte Radegonde, mais le personnage étant barbu, on a voulu en faire un saint Mexme ; attribution aussi fausse, puisque La Sauvagère omet d’en parler dans ses Observations historiques très détaillées, qu’il a publiées sur Saint-Mexme dans le journal de Verdun (année 1753, tome II, pages 296-215).

 

La Paroisse Sainte Jeanne d’Arc

SANCTUS MAXIMUS CAINONIS LIBERATOR 446 (Saint-Mexme de Chinon) à la paroisse aux 21 clochers Ste Jeanne d’Arc en Chinonais (3)

 L’archevêque de Tours –Mgr AUBERTIN – a mis la paroisse sous le patronage de :

« Ste Jeanne d’Arc en Chinonais » le 01 Janvier 2015.

 

La paroisse aux 21 clochers : Anché, Avoine, Beaumont, St Benoit, Huisme, Candes, Cinais, Couziers, Cravant, St Etienne, St Germain, St Maurice, Lerné, Ligré, Marçay, Rivière, Rigny-Ussé, la Roche Clt, Savigny, Seuilly, Thizay.

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Recherches historiques et archéologiques sur les églises romanes en Touraine du VIe au XIe siècle. Texte par M. l'abbé J.-J. Bourassé,.

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