PLAN DU CHATEAU ET PARTIE DU BOURG DE BENON CLAUDE MASSE

La majeure partie du IXe siècle a été pour le Poitou une ère d'anarchie et de calamités. A la mort de Pépin Ier, roi d'Aquitaine, en 839, une guerre inexpiable s'engagea pour la possession du duché entre son fils Pépin II, à qui il devait normalement échoir, et Charles, fils de Louis le Pieux, en faveur duquel ce dernier en avait disposé.

Le Poitou fut l'un des principaux-théâtres des hostilités avec lesquelles se conjuguèrent les incursions des normands. Les pays d'Herbauge et de Tiffauge furent réduits à l'état de solitude. Poitiers fut successivement pillé, rançonné et incendié par les pirates. De nombreux vici, comme Melle dont l'atelier monétaire fut dévasté, subirent un sort analogue. Suivant la chronique de Saint-Maixent, tous les monastères, à l'exception de Saint-Savin, muni d'une enceinte fortifiée, auraient été anéantis (1). Le Comte ne tient plus d'assises judiciaires comme à la fin du VIIIe ou au début du IXe siècle ; du moins aucun document n'en a conservé le souvenir (2).

A la lumière de ces événements, le Xe siècle apparait aux yeux de l'historien, comme une ère de stabilisation et de paix relative et même, à certains égards, de restauration. Si les normands s'attardent encore dans le Bas-Poitou où ils feront irruption, à intervalles plus ou moins éloignés, jusque vers le premier tiers du XIe siècle, le Haut- Poitou ne les reverra plus (3). Des monastères se relèvent de leurs ruines. D'autres se fondent. A la faveur de la faiblesse du pouvoir central, le pouvoir comtal se consolide. La constitution du principat poitevin et aquitain, dans le cadre régional et sur le .plan politique, est l'événement fondamental de cette époque.

Dès le début du Xe siècle, les comtes de Poitou commencent à devenir de grands seigneurs indépendants. Eble-Menzer (902-935), petits-fils de Renoul 1er (839-866), le premier de la dynastie, est un personnage considérable, qui s'intitule comte par la grâce de Dieu (4).

Il ne manque pas d'outrecuidance pour employer cette formule à l'imitation des rois francs. Malgré l'hérédité des fonctions publiques et des bénéfices, entrée en vigueur et reconnue législativement par le capitulaire de Kiersy-sur-Oise (877), les prérogatives de la royauté ne sont pas, en effet, anéanties. Les Carolingiens disposent encore, théoriquement du moins, de certains comtés à la mort du titulaire, au préjudice de l'héritier présomptif ou -même après l'entrée en possession de ce dernier. Quand deux maisons rivales se disputent l'un de ces bénéfices « la concession royale apparait comme une justification de leurs prétentions » (5), mais elle est en fait inopérante.

Les ducs de France, Hugues-le-Grand, puis Hugues Capet, se prévaudront vainement d'une telle faveur pour enlever le Poitou à la dynastie comtale fondée par Renoul. L'insuccès final de leurs tentatives témoigne de l'effondrement du pouvoir central qui permet aux comtes de Poitiers de faire figure de véritables souverains (6). Le Tribunal qu'ils président, l'ancien mallus franc, a pris l'aspect d'une cour féodale (7). On pourrait imaginer a priori que l'entrée en vigueur du régime féodal en droit public a coïncidé avec l'avènement du principat ; qu'en d'autres termes des particuliers, surtout de grands propriétaires fonciers, ont profité de cette circonstance pour usurper à leur tour et à leur profit comme les comtes,, les prérogatives de l'Etat et les ont exercées sous le nom de seigneurie, avec ou sans l'agrément de ces derniers. La réalité est tout autre.

Ce n'est que beaucoup plus tard, vers le début du XIe siècle et surtout après, qu'apparaissent les premiers châtelains et les châteaux qui deviendront le siège de leur principauté locale ; en d'autres termes, une organisation politique nouvelle sur les ruines du cadre administratif carolingien.

 

A la Grâce de Dieu Abbaye Guillaume Aliénor Aquitaine Benon

(A la Grâce de Dieu Abbaye Guillaume Aliénor Aquitaine Benon)

Au 12ème siècle, la Duchesse Aliénor d’Aquitaine donne la seigneurie de Benon à Raoul de Mauléon en échange de La Rochelle :

Partant de Fontevraud pour entreprendre un voyage en Aquitaine, Aliénor d’Aquitaine venait de s’arrêter au château de Loudun le 27 avril 1199. Ce fut au château de Loudun que le redoutable et peu scrupuleux Raoul de Mauléon, un des plus puissants seigneurs du Poitou, vint lui offrir son épée. Par un traité passé entre eux, Raoul promit fidélité et reçut le Talmondais, le château de Benon et une rente de 50 sous d’or. Les témoins de cet accord furent Aimery, vicomte de Thouars, Hugues de Châtellerault, Hugues et Raymond de Thouars, Ebles de Rochefort, Guillaume de l’Etang et quelques autres seigneurs.

Après la mort de Richard Cœur de Lion en 1199, Raoul de Mauléon jugea le moment favorablement  arrivé pour rentrer en possession de Talmond et de La Rochelle, ou les Plantagenets n’avaient pu se dispenser d’implanter fortement leur pouvoir aux dépens des droits des Mauléon. La reine Aliénor n’eut garde de repousser la demande de ce fidèle serviteur. En vertu d’un traité d’échange passé à Loudun, elle restitua à Raoul le château de Talmond et lui concéda le château de Benon avec une rente de 50 sous en échange de la Rochelle. Le roi Jean –Sans-Terre s’empressa de ratifier cet arrangement le 30 septembre 1199. Il confirma solennellement Raoul de Mauléon, son fils Savary et son frère Guillaume dans la possession du Talmondais, des Moutiers-les-Maufaits, de Courzon, de la châtellenie de Benon, et il y ajouta une rente de 10,000 sous poitevins sur la prévôté de la Rochelle. En retour de ces concessions, les Mauléon renoncèrent à tous leurs droits sur la Rochelle.

 

Le Château de Benon est construit vers 1096 et fortifié contre les Normands sur l'ordre de Guillaume IX, dit Le Troubadour

 

 

 

 

 les Normands (Vikings) envahissent la Vendée, Pillent les églises et les monastères <== .... ....==>La tour Duguesclin. Vestige du château médiéval de Benon (Time Travel 1372- 1578) Démolitions du château de Benon

Ducs d' Aquitaine et Comtes de Poitou et plus <==.... ....==> Sur la Terre de nos ancêtres du Poitou

 


 

(1) Voir sur ces événements, Garaud ()I.). Les Incursions de.s Normands en Poitou et leurs conséquences (Rev. hist. t. CLXXX, 1937).

(2) Garaud (M.). Essai sur les Institutions judiciaires du Poitou sous le gouvernement des comtes indépendants (902-1137), Poitiers, 1910.

(3) Garaud, Et. c.

(4) Plaid d'avril 907 (Nouaillé, n° 31. Arch. hist. Poitou XLIX, p. 55).

(5) Auzias (L.). L'Aquitaine Carolingienne. (778-987).

(6) Voir sur tous ces points et pour les détails : Richard (A) Hist. des Comtes de Poitou, 2 vol. 1904, I. p. 44 et suiv. et Auzias (L.), ouv. c.

(7) Garaud, Les Inst. jud. du Poitou. p.p. 37 et suiv. — Dès le début du Xe siècle, le comte rend la justice avec le concours de ses vassaux parmi lesquels figurent encore, rappelant le souvenir de l'organisation judiciaire carolingienne, un ou deux scabins.

(Ganshof. Origines des cours féodales en France (ixe-xne siècles). Rev. hist. de dr. 1937, p. 426 et suiv.