L’origine céleste de la Sainte Ampoule de Saint Remi

(Reliquaire de la Sainte-Ampoule conservé au trésor du palais du Tau à Reims)

L’origine céleste de la Sainte Ampoule a été attaquée et défendue avec chaleur ; le célèbre Pluche, et Jean Chifflet dans son ouvrage de Ampulla Remensi, regardent ce miracle comme une fable. Anquetil, dans son histoire de Reims, évite avec soin de traiter cette question délicate. Cependant des écrivains estimés, savoir : Dom Marlot Dorigny, dans sa Vie de saint Remi, et le savant abbé de Vertot, ont réfuté victorieusement leurs adversaires, en leur prouvant que ce miracle, reçu généralement par les anciens, n’a été nié que par les hérétiques du seizième siècle, qui se sont, dit-il, « efforcés d’en détruire la créance à dessein de rendre l’onction des rois indifférente, etc. »

Marlot répond habilement aux injonctions faites par plusieurs écrivains, et il pense que le silence de Grégoire de Tours ne peut en aucune manière infirmer la sainteté de l’Ampoule ; d’abord, parce que cet évêque n’a pas voulu traiter de tout ce qui avait rapport à la conversion de Clovis, puisqu’il existait déjà un ouvrage ou toutes ces particularités étaient décrites fort amplement. Parce que l’Histoire ecclésiastique et profane  de ce prélat a paru tronquée à quelques personnes qui l’ont examinée avec la plus scrupuleuse attention. Enfin, parce que des faits importants qui regardent St. Remi, ont été oubliés par cet historien, et que ces faits ont toujours été crus, sans la moindre contestation. Ce bénédictins va plus loin ; il rapporte l’épitaphe de Clovis, qui se voyait anciennement dans l’église de Ste-Genevieve de Paris, et que nous transcrivons ici :

Ici est inhumé le très-illustre roy Louis ; appelé CLOVIS avant son Batême, cinquième roy des Français, mais vray chrétien, lequel fut créé consul et nommé AUGUSTE par l’empereur Anastase ; Saint Remy le batisa, un ange apporta une fiole remplie d’une sainte liqueur pour son batême.

Hincmar, qui vivait 300 ans après ce fait, est à la vérité, le premier qui en parle ; mais aussi il est impossible de croitre que ce prélat ait eu la témérité et l’imprudence d’en imposer sans que personne réclamât, quand, sur le point de sacrer Charles-le-Chauve dans la ville de Metz, en présence des évêques et seigneurs français, il déclara que ce prince descendait de Clovis, ce roi fameux converti avec toute sa nation, baptisé par saint Remi, et sacré d’une huile sainte envoyée du Ciel telle que nous l’avons aujourd’hui : Coelitus sumpto chrismate, undè adhuc habemus peruncti, et in regem sacrati

Sacre sainte Ampoule Saint Remi 2

La Sainte – Ampoule était une petite fiole de cristal de dix-huit lignes de hauteur, remplie aux deux tiers d’un baume brun foncé, congelé à ses parois ; elle était enchassée dans une large rose de vermeil richement ornée ; le couvercle était de cristal, et laissait voir la relique placée dans le dos d’une colombe d’or ; il y avait à côté une aiguille aussi d’or, avec laquelle on détachait du baume qu’on mettait avec le Saint-Chrême au moment de la cérémonie du sacre.

L’abbé de Saint-Remi, ou le grand-prieur à sa place, avait seul le droit de porter la Sainte-Ampoule le jour du sacre. Voici l’ordre que l’on suivait :

L’abbé, ayant suspendu la sainte relique à son cou, montait sur un cheval blanc, dit haquenée, et venait sous un dait magnifique, accompagné des chevaliers de la Sainte-Ampoule et d’un grand nombre de seigneurs, jusqu’au pied du grand autel, ou, il remettait la fiole entre les mains de l’archevêque, en lui faisant prêter serment de la lui remettre après la cérémonie.

l'histoire de la Cathédrale de reims, la Sainte Ampoule de Saint Remi

La Sainte-Ampoule, échappée au pillage des Normands et à l’incendie de 1774, se conservait encore soigneusement dans le tombeau de saint Remi en 1793, quand les ennemis du trône et de l’autel, voulant anéantir tout ce qui leur rappelait la royauté, la Convention députa à Reims Ruhl, digne ministre de ses sinistres projets, et le chargea de détruire la Sainte-Ampoule. Le fougeux proconsul arrivé à Reims, convoque le conseil de ville, et ordonne que le lendemain la relique lui sera livrée pour être brisée sur la place de la Nation devant le peuple assemblé. Le lendemain fut un jour de deuil ; les magistrats, trop faibles contre les régicides, remirent la Sainte-Ampoule entre les mains de Ruhl, qui la brisa sur le piédestal de la statue de Louis XV, et la fit voler en éclats.

Les Rémois crurent avoir perdu pour jamais leur précieuse relique ; et quand la divine Providence ramena le petit-fils d’Henri-le-Grand sur le trône de ses pères, rien n’égala leur douleur de se voir privés pour toujours de l’honneur de recevoir dans leurs murs le souverain légitime, quand, par une espèce de miracle, on apprit que le curé de Saint-Remi et plusieurs personnes avaient entre leurs mains des parcelles soustraites de la Sainte-Ampoule, avant qu’elle fut livrée à l’agent de la Convention. Par les soins de Mgr. De Coucy, alors archevêque de Reims, ces précieuses parcelles furent réunies et replacées dans le tombeau de saint Remi, avec les procès-verbaux constatant leur authenticité.

 

 

 Procession du Cortège du Roy, 1429, Sacre de Charles VII (Gilles de Laval - Les Otages de la Sainte Ampoule) <==.... ....==>Reims : VIOLATION, INHUMATION, EXHUMATION Des Reliques de saint Remi pendant de la révolution de 1793

 

 


 

Le dais (du latin discus, « disque, plateau circulaire ») est un ouvrage d'architecture et de sculpture en pierre, en métal, de bois sculpté ou de tissus, qui sert à couvrir un trône, un autel, une chaire, un catafalque, une statue, une œuvre d'église ou la place où siègent, dans les occasions solennelles, certains personnages.