LA CHATELLENIE DE FOURAS ET SES SEIGNEURS, DE L'AN MIL

Patrimoine des sires de Rochefort, Fouras semble englobé, jusqu'en 1300, dans un seul grand fief dont les limites étaient les deux bras de la Gère; l'un se jette dans l'anse de Fouras, entre Yves et Champon, et l'autre à Fichemort, entre Tonnay-Charente et Mouillepied.

Du XIVe siècle au XVIIe siècle, cette châtellenie comprenait toute l'île de Fouras et de Saint-Laurent de La Prée avec Alance, Liron et Moins ; ses bornes étaient donc: au nord, l’Océan, le canal d’Yves, une partie de celui de Charras et celui que les moines de Vendôme creusèrent en 1080; à l'est le canal de Ciré; au sud, la Charente; à l'ouest, l'Océan avec l'île d'Enet.

Cette haute seigneurie fut divisée le 3 juillet 1675, à la mort de Louis de Polignac: la fille Marie, épouse de Josias Chesnel, fut dame de Fouras et les héritiers de sa sœur Anne, épouse de Joachim de Sainte-Hermine, se partagèrent Saint-Laurent de La Prée.

Au temps de la féodalité, le sire de Fouras était un véritable petit roi, qui avait haute, moyenne et basse justice. Ses collecteurs d'impôts percevaient les droits de navigation sur les vaisseaux chargés de vin, remontant ou descendant la Charente jusqu'à Champdolent, confluent de la Boutonne, 200 livres par an; les droits de cens, 50 liv. de rentes et amendes; les coutumes, 12 livres tournois ou 45 chapons; le droit de baisage (1), 10 livres tournois; de pêcherie d'Yves, 60 sols par an; étang de Fouras, 7 livres; droits de pacage, 25 livres de ferme pour la dîme des agneaux et des laines: prairies douces de Charras et Saint-Laurent, 6 livres; rentes de blé, 15 à 16 tonneaux de froment, 5 tonneaux de gros blé; droits de complanta, 12 tonneaux de vin; rentes de blé, à Saint-Laurent, 5 pipes de froment; rentes de fours à Fouras, à Chevallier , etc. : un tonneau de froment et 10 livres ; dime sur certains fiefs de Fouras, 2 tonneaux de vin; sur le prieur d'Agère, 40 sol et un dîner; en outre, 15 livres de ferme de la juridiction; les corvées, 100 sols ; moulin à vent de Fouras, 10 livres, etc.

 

Pendant 40 jours nul ne pouvait vendre de vin à détail sans qu'il soit vendu par les soins du seigneur qui pouvait augmenter le prix du vin de 2 deniers par pinte.

Dans les garennes, on chassait les bêtes de toute sorte et, sur la côte, toute épave était la propriété du seigneur de Fouras: droit de naufrage. (Extrait des aveux de 1410, 1507, 1667.)

Ces contributions foncières, personnelles, directes et indirectes devaient rapporter au seigneur-châtelain une moyenne de 570 à 650 livres de rentes annuelles. Aujourd’hui, le seul principal des quatre contributions directes produit à l'Etat un revenu de 18.409 fr. 12 c. ! Il est juste de dire qu'en 1237 on avait un beau cheval noir pour 12 livres ou deux cents-vingt sous.

Le sire de Fouras, chevalier, miles, avait sous ses ordres les seigneurs écuyers du Treuil-Dussac  (livres de rentes), de Saint-Marc, de  Touchelonge, de Charras, de La Roche, de La Barre ( ?), de L'Hommée, du Fief-Jolain, le prieur dAgère et les frères aumôniers de Saint-Barthomé de La Rochelle (100 livres de rentes), établis à Saint-Laurent de La Pré depuis XIIIe siècle. Vassal lui-même, il devait l’hommage et le serment de fidélité au comte d'Anjou, duc d'Aquitaine, puis aux rois d'Angleterre et de France « en montrant simplement le châtel de Fouras ».

En 1470, à la convocation des nobles du comté de Poitou, le sire de Fouras, Jean de Drosse, seigneur de l'Aigle, était un des premiers capitaines avec les sires de Soubise, de Bressuire, de Jarnac, de Rochechouart.

Il avait sous ses ordres 55 hommes d'armes, 25 archers, 225 à 230 brigandiniers ou soldats couverts de cottes de mailles. C'est lui qui fit bâtir le donjon actuel de 1480-1490.

 

Il est difficile de dire comment les sires de Rochefort possédèrent légitimement Fouras: sous Charlemagne, ce fief devait former une châtellerie distincte et nullement dépendante de Rochefort.

Cependant, ces quelques chartes de I'abbaye de Saint-Maixent indiquent bien Fouras comme une propriété, au XIe siècle, d'Hugues et de Geoffroy de Rochefort.

 Cet essai de généalogie n'est pas superflu pour montrer la filiation de ces puissants seigneurs:

Hugo de Sancto Maxentio ou Hugues, sans  doute le même que Hugo, dominus Rocafortis, 1049, époux de Papie ou Papia vivante en 1074.

WOFFREDUS, GAUZFRIDUS ou Geoffroy I vivant en 1049, etc., et 1074. Epoux: 1 d'OXILE dont 1 fils;2° d'Osirie, dont 5 fils.

GOFFRIDUS ou Geoffroy Rebochet qui fait à I'abbé de Saint-Maixent des donations au nom de ses neveux, 1113.

Hugon, fils d’ooxile, 1080.

1° Ebulo ou Eble, fils d'Ausirie, infirme, moine, ne vivait plus en 1096.

2° GEOFFROY moine.

Guillaume de Mauzé ; 4 Maurice ; 5 Gislebert.

Sans parler de ses dons de l'église de Fouras en 1074, 1088, etc., Geoffroy de Rochefort, Gosfridus de Rupeforti, fut chargé par Gui-Geoffroy, duc d'Aquitaine, de régler avec l'archevêque Archambaud , Archembaldus archiepiscopus de S. Maxentio, le différend qui s'était élevé, à l'occasion de la terre de

Saint-Aignan, entre un des prévôts du duc et l'abbé de la Trinité de Vendôme, 1068; en 1044 et 1049, il avait signé deux autres pièces avec l'abbé Archambaud. (Faye, Bulletin de la société des Antiquaires de l'ouest, p. 328, 1849.)

Il suffit de lire Arcère pour être convaincu qu'on n'a pas exagéré l'anarchie féodale, religieuse du XIe siècle:

Aquitains et Poitevins étaient en luttes continuelle dans la contrée. Profitant de ces troubles, Eble de Châtelaillon reprit, dans l'île d’Oléron, ses donations aux moines ... Il fut aussitôt, lui et sa femme Yvette, quatre fois excommunié par Urbain II (1095- 1096) et la même année Guillaume IX, duc d'Aquitaine: vint dévaster le pays et la ville de Châtelaillon.

En 1127 ou 1117, Guillaume X d'Aquitaine, héritier de la colère de son père et du pape, revint saccager Châtelaillon, Castrum  Julii, et déposséder Isambert le Pacifique, fils d’Eble, époux d'Ameline, après un siège d'un an dans la forteresse de l’Ileau, près Muron.

Après la mort du sire de Châtelaillon et de son vainqueur, le duc d'Aquitaine (1137), Geoffroy de Rochefort et Eble de Mauléon réclamèrent, comme cousins, la baronnie d’Isambert IV, mais les habitants refusèrent de payer les rentes et autres redevances.

 Alors les chevaliers dévastèrent encore le pays jusqu'à ce que le roi, Louis de France, qui avait épousé Eléonore d'Aquitaine, consentît à une restitution. Il y eut traité de paix: pour jouir du pays d'Aunis, Rochefort et Mauléon cédèrent au roi les fortifications de Châtelaillon et la moitié des revenus de La Rochelle. (Arcère, t. 1, p. 178.)

Il est probable que ce Geoffroy de Rochefort descendait d'Hugues de Saint-Maixent.

En 1109, un chevalier Humbert de Forum, sans  doute descendant des premiers seigneurs de Fouras, signe avec Ebulo et Chalon de Rochefort, comme témoin à la charte des privilèges accordés aux habitants d'Oléron par Aliénor ou Eléonore, duchesse de Normandie et d'Aquitaine, reine d'Angleterre et comtesse d'Anjou.

A cette époque, les fonctions judiciaires étaient mises en ferme: en 1259, la terre de Fouras, classée parmi les bailliages et les prévôtés de Saintonge, était affermée 22 livres. (2)

Il semblerait que Fouras fût abandonné pour La Rochelle par les descendants de ses premiers seigneurs:

De 1271 à 1276, Jean de Forras, bourgeois de La Rochelle, achète avec sa femme, Jeanne Bienvenue, des marais et plusieurs droits de cens sur le grand fief d'Aunis: «le quart d'un buef et cinc oiseau. noers et tres fromages chascun à la veille de Naau, et la meite de treis meis de poisson à tres chevalers  en se ment chacun an, le jeudi de la Cène, et la meit d'une maigre, antressi chascun an, la veille Roneisons » pour le prix de 30 livres tournois. (3)

En 1297, ses fils, Nicholas et Guillaume de Forras, vendent aux échevins et au maire de La Rochelle, messire Guillaume Euvrard, cinq maisons et des jardins situés rue de la Pierre pour 900 livres ou 30 livres de cens. Il y avait encore, dans cette vente, un treuil avec auberge à Lafond, terres, vignes blanches et vermeilles. (4)

L'invasion de Loys de France, dit le Lyon (1224), sous Kalo de Rochefort, eut son contre-coup fâcheux sur ce rivage. (Siège de Niort, de La Rochelle, résistance de Savary de Mauléon ; 1226, insurrection des seigneurs de l'Aunis.)

En 1230, les soldats de Savary de Mauléon pillent tout le pays depuis la Sèvre jusqu'à la Charente. (4) Eble de Rochefort, chevalier, miles, signe parmi les chevaliers garants de la trêve entre les Anglais et les Français ( 1236). (La Voie des Plantagenêts - la route historique des Rois d'Angleterre)

 

Son cachet portait: un aigle éployé, chargé d'un lambel de quatre pendants, surmonté en chef de deux croissants. Il était allié au duc d'Aquitaine et aux vicomtes  de Thouars.

En 1242, invasion de saint Loys : prise du château de Thors, appartenant à Eble de Rochefort; bataille de Taillebourg, 22-24 juillet 1242.

Par le traité du 1er août 1243, saint Louis devient le suzerain des sires de Rochefort et de Fouras. Eble et Charles de Rochefort signent comme garants et arbitres de la trêve entre la France et l'Angleterre, Dictatores et emendatores treujae. (6)

 

1243. - Lettres de Marguerite de Rochefort, veuve de Geoffroy, sire de Rochefort, promettant au comte de Poitiers de lui rendre le châtel de Rochefort, toutes fois et quand elle en sera par lui requise, et constitue, pour pleigces, Bernard Chabot, chevalier, et Aymeri Chabot, prévôt de Voutron. (Arcère, t. II, p. 702.)

1271. - Geoffroy de Rochefort sert, en qualité de chevalier, Philippe le Hardi, dans la guerre contre le comte de Foix. Geoffroy, accompagné de trois écuyers ou vassaux, doit au roi quarante jours de service. (Arcère, t. 11 p. 116 et page 220.)

En 1271, il servit à Pamiers.

De 1293.à 1297, luttes continuelles entre marins saintongeais, normands, bretons, anglais ou aunisiens.

 1294 : Descente de John de Bretagne.

De son mariage avec Isabelle de Maillebois. Geoffroy de Rochefort avait eu 5 enfants; ses deux fils, Aimery et Gisbert, ne vivaient plus en 1303; la châtellerie de Fouras (Foras) devint la propriété de Jeanne, veuve en 1300 de Brien Le Buef, chevalier.

Alix de Rochefort avait épousé Hugues Mégou ou Maingot, seigneur de Surgères. Comme celui-ci ne vivait plus en 1300, ses héritiers vendirent pour, 4,000 livres sa part de châtellenie avec l'hébergement de Loire, etc., à. Guillaume L'Archevêque, chevalier, seigneur de Parthenay, Vouvent et Taillebourg. (6)

 

attaque du donjon de Fouras

Maingot eut un fils, Guillaume de Surgères; Alix se remaria à Guillaume de Mareuil.

 La 3me fille de Geoffroy de Rochefort, Yolande, était femme de Pierre Bouchard, chevalier, sire de Corneffou.

Avec sa mère, Jeanne de Rochefort, dame de Fouras, possédait des forêts jusqu'à Senonches près Dreux, dans l'Eure-et-Loir; elle en vendit 620 arpents à Charles de Vallay (Valois) pour 775 livres tournois, pendant son séjour à Verneuil, en septembre 1300.

 

La quittance de cette somme, (7)

 sur parchemin, est scellée aux armes d’Ysabel de Maillebois et de sa fille Jeanne de Rochefort. Le sceau de cette seconde dame, celui q ui nous intéresse, n° 3422, est un des plus beaux de la collection des sceaux de France: il est ogival, en cire verte, et mesure 50 millimètres de hauteur; la queue est en soie rouge. En voici le dessin d'après nature, juillet 1889.

La dame de Fouras est debout, vue de face, vêtue d'un surcot, coiffée d'un bonnet à 2 cornes;  elle tient un oiseau sur le poing gauche et son bras droit s'appuie sur un écu chargé de six fleurs de lis, 3, 2. 1.

Dans le champ, des arbustes décoratifs avec cette légende S’IOHANNE DE ROCHEFORT DAME DE FORRAS. Le contre-sceau porte le même écu à six fleurs de lis:  S. DV SEC. IOHANNA D. ROCHEFORT; scel du secret Johana de Rochefort.

Le roi Philippe le Bel eut-il, 366 ans avant Colbert, l'idée de reconstituer le port des Santons à l'embouchure de la Charente en fondant à Rochefort un port militaire? Les historiens ne le disent pas, mais les conseillers devaient instruire le monarque de l’importance stratégique des donjons de Fouras et de Rochefort, car, pendant cinq ans, sa politique fut de racheter aux divers héritiers de Geoffroy de Rochefort les deux châtellenies pour la somme total de 6,400 livres.

Le dernier acte de vente à Pierre de Bailheus, sénéchal de Saintonge, agissant au nom du roi, est daté du vendredi avant la  fête de la chaire de saint Pierre 1305; c'était une rente annuelle de 80 livres de corvées et 160 livres de rentes sur la châtellenie de Fouras, faisant partie du douaire d'Ysabeau , dame de Maillebois, veuve de Geoffroy de Rochefort. (7)

On ignore comment finit cette famille de seigneurs!

1305-1315. - PHILIPPE LE BEL, roi de France, représenté par Pierre de Bailheus, chevalier, sénéchal de Saintonge. (Archives historiques de la Saintonge et de l'Aunis, XII  1884, pages 208 à 213.)

1315, 29 décembre. – Guillaume de Maumont, sire de Tonnay-Boutonne et de Fouras. (Archives hist. du Poitou, t. XI, p. 213) Cette dernière châtellenie fut donnée par Louis X, dit le Hutin, en compensation des terres cédées à Philippe, comte de Poitiers.

Charles le Bel confirma cette donation en avril 1323. Archives nat., Registres de la Chancellerie, J 61, n° 307, fol. 135.)

1346. Aymard de Maumont (Malomonte), époux de Marie, fille de Jehan L'Archevêque de Parthenay. Sceau : écu portant deux fasces à la bordure, dans un tri lobe : S. AIMARD MAYMO  1319.

1365. – Guérard de Maumont, vassal du roi d'Angleterre, prince d'Aquitaine et de Galles. (8)

Sceau : écu portant deux fasces à la bordure, penché, timbré d'un heaume cimé d'un oiseau à la tête humaine, dans un vol, supporté par deux oiseaux à tête humaine. Dans le champ, deux banderoles sur chacune desquelles est écrit : NON AUTRE : 1387i. (Inventaire des sceaux de la collection Clairambault, par Demay, t. Ier, 1885, in-4°.)

JEAN DE MAUMONT, fils de Guérard et d'Anne de Thouars, eut 4 enfants: 1° Bernard, seigneur de Tonnay-Boutonne et de Sai nt-Crépin, marié en 1432 à Agnès de Rochechouart, mort deux ans après son mariage, laissant un fils, Jean.

Tonnay-Boutonne resta le fief de cette famille jusqu'à Anne de Maumont qui porta cette première baronnie de Saintonge, en 1538, à Jean de La Cassaigne, son mari

2° Guillaume; 3° Jean, chevalier de Saint-Jean de Jérusalem, commandeur de Couvrances ; 4° Anne, femme de Hector du Bouchet, seigneur de Sainte-Gemme.

les médiévales de Fouras

En 1375, les seigneurs vassaux du Treuil-Bussac et de Saint-Marc  font leur hommage au roi de France. (9)

1410. – Guy La Personne, vicomte d’Acy, écuyer d'honneur de Charles VII. Aveu à Charles Vl de France, le 1er mars 1410. (Archives nationales, P 570) Cette famille était très puissante au XVe siècle : un Jehan La Personne était vicomte d'Aunay, châtelain de Didonne (16 septembre1376), l’un des plus connus chevaliers du parti français. Il avait épousé Marguerite de Mortagne, veuve du maréchal de Clermont, tué à la bataille de Poitiers. (Bulletin, 1887, p. 49)

 En 1386, un Jehan La Personne, vicomte d’Acy, chevalier, peut-être le père de Guy, était capitaine de la Bastille.

Une Jaquette La Personne avait épousé Johan de Saumur, maire de Saint-Jean d’Angély en 1379 et 1383; celui-ci se rendit au camp du connétable Du Guesclin devant Surgères et reçut, en récompense de ses services, les revenus du minage, confisqués sur Guichard d’Angles et Florimond de Lespare. (Communication de M. Paul Guérin, Archiv. du Poitou).

L'écu de La Personne portait trois pattes de lion en pal; il était penché,  timbré d'un heaume cimé d'une tête de lion entre deux pattes de lion, champ réticulé. (Bulletin, 1887, 275.)

1461. – Le conte d’Angoulême,  Jean le Bon, 139?-1467, 2me fils de Louis d'Orléans et de Valentine Visconti: petit-fils de Charles V et de Jeanne de Bourbon, époux de Marguerite de Rohan; fut déterré par les Huguenots. Aveu, au roi Louis XI, de la châtellenie de Fouras, le 1;3 février 1461, à Saint-Jean d'Angély. (Archiv. nat., P 5541, CLXI.)

 

Fouras de la Charente depuis la domination Romaine jusqu’à l’An Mil- Les voies antiques. L’invasion normande <==.... ....==> Le fort de Fouras détruit avant 1351, le donjon est reconstruit par Jean II de Brosse, Maréchal de France, vers 1480.