Mélusine, légende populaire du pays d'Aunis et saintonge

C'est à Mélusine que la tradition attribue la construction du dolmen de La Jarne (La Pierre Levée est un dolmen situé à La Jarne, dans le département de la Charente-Maritime). Voici la légende telle qu'elle s'est conservée dans la tradition populaire.

 Aux soirées d'hiver, les vieilles gens du pays d'Aunis racontent qu'il y a de cela bien longtemps, par une nuit de tempête, la fée Mélusine, cette création si populaire de nos contrées, cette grande redresseuse des torts et des injustices, vint demander l'hospitalité au seigneur de Châtelaillon. La tempête soufflait en rafales sur le sommet du promontoire dont la mer battait les flancs ; sous les traits d'une vieille femme, la fée grelottait aux atteintes de la tempête et du froid pénétrant de l'embrun. Les châtelains furent impitoyables, toutes les portes se fermèrent.

Aussi, reprenant sa première forme, Mélusine se redresse en face de la cité inhospitalière et lui annonce au milieu des éclats de l'ouragan, qui ne justifiait que trop sa sinistre prédiction, que Châtelaillon s'en irait pierre par pierre sous les coups de l'Océan, et qu'il périrait tous les jours d'un sou et d'un denier.

Les vieilles gens ajoutent que, pendant bien longtemps, on vit la fée revenir aux mêmes lieux ; elle emportait dans les plis de sa robe (sa dorne) les pierres du vieux castrum pour élever la magnifique abbatiale de Maillezais.

Un jour, cependant la charge était trop lourde, et une pierre tombée du tablier de la fée est restée près de la Jarne, faisant, sous le nom de pierre levée.

C'est encore Mélusine qui a construit la tour de la Rochelle à laquelle elle a laissé son nom, la tour de Mélusine ou Saint-Nicolas.

Les Fades se sont amusées à élever dans une seule nuit le fanal d'Ebéon.

Une corrélation existe entre les légendes de Mélusine et de la Sirène. Nous savons tous que la forme serpente était l’une des formes de Mélusine ; or la fée poitevine apparait dans l’autre légende pour venir, en punition de la dureté des seigneurs et des habitants.

Nous retrouvons encore la sirène aux portes de la Rochelle, à la Repentie.

D’après une légende populaire, qui aurait été racontée à M.Cassagneaud par M.Guerry, préparateur au musée Lafaille, le nom de Repentie aurait été donné à ce point de la côte de chef-de-bois, par la suite de la circonstance suivante :

Un riche habitant de cette côte, qui y avait une belle propriété et était père de plusieurs enfants, étant à la pêche avec sa femme, prit dans ses filets une sirène. Celle-ci supplia de lui rendre la liberté, le mari y était disposé, mais la femme insista pour garder la curieuse capture qu’ils venaient de faire, et pour la transporter dans leur demeure.

La sirène la menaça de l’en faire repentir. Mais malgré ses pleurs et ses menaces, elle fut conduite dans la maison des capteurs.

Quelques temps après, la mer envahit le rivage et détruisit leur propriété, en enlevant le mari et ses enfants avec la sirène qui laissa ainsi veuve, ruinée et repentie la malheureuse femme, principal auteur de la captivité de ce fantasque habitant de l’océan.

 

Légendes du Poitou et le royaume de la fée Mélusine. <==.... ....==> Une corrélation existe entre les légendes de Mélusine et de la Sirène (anguille) de Pons.