Fouras ou le château de César

En face de l’île d’Aix et un peu au Nord-Est se dresse la blanche falaise calcaire de Châtelaillon. A 3 kilomètres au Nord de la pointe, le gros bourg moderne qui porte le même nom est devenu depuis quelques années une station balnéaire très fréquentée. La bras de mer qui sépare l’île d’Aix de la presqu’île de Châtelaillon a près de 7 kilomètres de profondeur ; le groupe rocheux des Mannes émerge au milieu de ce détroit, et on sait qu’au moyen âge on allait à pied de l’île au cap avancé du continent que les vagues attaquent sans cesse.

Deux véritables villes existaient alors sur cette langue de terre, noyée aujourd’hui, Montmeillan et le castrum Allionis (Châtelaillon). Toutes deux ont disparu et se sont effondrées dans les eaux, comme Anchoisne et Antioche, et très certainement sous l’action des mêmes causes.

En ce qui concerne la conquête romaine, le surnom de château de César conservé à la forteresse de Fouras et à celle de Châtelaillon avec la légende de la ville blanche (la cité des mannes ou Montmeillan) est bien significatif.

D'après une tradition, il aurait existé entre Aix, Fouras et Châtelaillon une ville (Montmeillan) dont la résistance aux légions de César aurait été telle et dura si longtemps que ce dernier accourut pour diriger l'attaque. Après la victoire, due à la jalousie d'une femme qui introduisit les Romains dans la place au milieu d'un orage, César fut impitoyable. Il fit démanteler les remparts et martyriser les défenseurs faits prisonniers.

Le nom d'Enet, îlot à 1.800 mètres de Fouras, indique une station vénète.

Dans la notice sur les pays des Santones, l'abbé Lacurie indique, dans le pays des Santones, une voie militaire allant de Saintes à Muron.

Les Santones luttèrent héroïquement contre la domination de Rome. Des révoltes sanglantes furent réprimées trente-sept ans avant Jésus-Christ, sous le triumvirat d'Antoine, Octave et Lépide.

 

La première est mentionnée dans un procès-verbal authentique daté de l’an 1430, cité par un annaliste de la Rochelle du XVIe siècle : « Montmeillan, dit ce procès-verbal, étoit situé entre Châtelaillon et l’île d’Aix, à la quelle cité et à la dite isle on pouvoit aller par terre et à pied sec en basses mers, selon ce que rapportent des anciens et avons veu gens qui y avoient passé  » Quant à la seconde, elle existait peut-être déjà à l’époque romaine, mais elle a très certainement été fortifiée par Charlemagne ;

Géographie du Golfe du Castrum Alionis devenu la cité engloutie de Châtel-aillon

et on sait qu’au XIIe siècle, la baronnie de Châtelaillon (castrum Allionis), qui avait presque le rang et la valeur d’une principauté, était l’une des plus importantes forteresses de la côte de l’Aunis et que son autorité s’étendait même sur la Rochelle. La ville était entourée de fossés et d’une enceinte continue et tourelée, et sous les remparts s’étendait un petit havre qui pouvait recevoir les plus gros navires de l’époque.

Tout s’est écroulé avec la falaise et a été englouti.

En 1660, il existait encore sept tours de l’enceinte du côté de la terre ; elles n’ont pas tardé à être aussi emportées. Le petit fortin qu’on avait établi, pendant les guerres de l’empire, un peu en arrière sur la côte même, a été entamé à son tour ; on n’en trouve plus aujourd’hui sous l’eau que d’informes débris au pied de la falaise ébranlée. Depuis près de quatre siècles, l’île d’Aix est isolée du continent.

La Revue scientifique du Limousin- Société botanique du Limousin

Côtes et ports français de l'océan Charles Lenthéric

 

 La légende de Châtelaillon (Mélusine) - L’ancienne cité, appelée Chastel-Aillon <==.... ....==> Géographie du Golfe du Castrum Alionis devenu la cité engloutie de Châtel-aillon


 

une Charte faite à la cité de Chastel-Aillon (Actum est hoc apud Castrum Allionis.)

Quod Eblo conteinnens facere, a papa maledictus discessit. Postea vero Eblo et uxor sua Jueta [Jveta, Judith] contra Deum et Vindocinense cœnobium se male gessisse recognoscentes, ad hanc amicitiam et concordiam devenerunt, quod quidquid juris in praedicta terra reclamaverant vel reclamabant, quicquid catumnise ibi fecerant seu faciebant, totum Deo et Goffrido abbati Vindocinensi, ejusque successoribus in perpetuum, seposita omni occasione, omni querela, omni retractatione in manu nostra re!iquerunt, sicque ab excommunicatione, qua detinebantur, absoluti fuerunt; sed ut inter prœdictos fratres et Eblonem et uxorem suam, eorumque successores pax et amicitia omnibus diebus firmius, seposito omni rancore, haberetur, Eblo et uxor sua ab abbate et a monachis centum quinquaginta libras Pictavensis monetae gratantes acceperunt. Quod eorum filius et filia Willelmus Bertrannus et Marguarita, qui presentes affuerunt, libenter concesserunt. Actum est hoc apud Castrum Allionis, in ecclesià beati Joannis, die festi sancti Ferreoli martyris, quarto decimo kalendas octobris quod multi viderunt et audierunt, quorum nomina hic subscribi fecimus. Ego Ramnulfus Sanctonensis episcopus subscripsi et hujus scripti violatores perpetuo anathemate excommunicavi. Haec sunt nomina testium. [Petrus archidiaconus(1). Ramnulfus archipresbyter (2). Petrus diaconus clericus episcopi. S. Petri archidiaconi. S. Ramnulfi archipresbiteri. Gaufridus prepositus Oleronis. Willelmus Corbellus (3). Reginaldus Castandus.

 

1. Un archidiacre de Saintes, nommé Pierre, souscrit dans un titre de l'abbaye de Noaillé du 17 mars 1095. Un Pierre, archidiacre d'Aunis, souscrit dans un autre de l'abbaye de Saint-Jean d'Angély de 1096, et un Pierre, archidiacre de Saintes, dans un de la même abbaye daté de l'an 1104.

2. Un archiprêtre de ce nom souscrit dans des titres de la même abbaye de Saint-Jean d'Angély depuis 1096 jusqu'en 1106.

3. Guillaume Corbeau souscrit dans un titre de la même abbaye de l'an 1106.