Croisade de Guillaume IX le troubadour, grand-père d’Aliénor d’Aquitaine et premier poète connu en langue occitane

Guillaume IX (Ducs d' Aquitaine et Comtes de Poitou et plus) naquit en 1071, et fut, à quinze ans, maître de la Gascogne, de la  moitié de l'Aquitaine, de l'Auvergne, du Limousin, du Berry et du Poitou

La Poésie médiévale du XIeme et XIV eme siècle est la période de l'amour courtois ou fin' amor (amour parfait) d'après l'occitan (les poètes provençaux la nomme " verai'amor " amour véritable). C’est une expression du Moyen Âge, désignant la façon d'aimer avec courtoisie, respect et honnêteté, sa ou son partenaire, dans le but commun d'atteindre la joie et le bonheur (joï en occitan) en tentant de séduire par ses compositions musicales.

 

Les héros du moyen-âge les plus célèbres cultivaient aussi la poésie. Parmi eux, Vendatour, Archambaud I er, Vicomte de Comborn et de Vendatour. Il y eut aussi quelques femmes que l’on nommait trobairitz parmi lesquelles Azalaïs d’Altier et Almucs de Castelnou.

La frontière linguistique de la Loire forme la différence  entre le terme Troubadour et Trouvère

Au sud règne la langue d’oc des troubadours, au nord c’est le domaine de la langue d’oïl des trouvères 

Guillaume IX d'Aquitaine : Farai un vers pos mi sonelh

Guillaume IX invita à sa cour à Poitiers, son ami le barde Gallois Blédri ap Davidor, un  Cercamon (cherche monde) qui fit renaître l'akasha ( Lectures de vies – Cohérence en soi) de Tristan et Yseult et la réintroduisit. Il écrit en occitan toutes ses œuvres (poèmes mis en musique)  et s’inspire des textes de Saint Fortunat (VIe) conservés dans l’abbaye Sainte Croix de Poitiers.

 

Départ pour la première croisade de Jérusalem

 

Guillaume avait donné rendez-vous, à Limoges, au printemps de 1101, à tous ceux qui voulaient ou devaient le suivre à la croisade :

Herbert II, vicomte de Thouars et Geoffroy III de Thouars, seigneur de Tiffauges partent dans le cadre de la croisade, Ebbon seigneur de Parthenay  rapporta un morceau de la vraie croix qui fit donner le nom de Sainte-Croix à l'église.)

 Ils s'y trouvèrent tous, et il vint les y joindre. La réunion fut nombreuse et brillante; elle se composait de trente mille combattants, Français, Allemands et Italiens, sans compter la foule de pèlerins sans armes. Guillaume, avant de partir, fil ses adieux à son pays et à son fils aîné, âgé de trois à quatre ans.

Voici la traduction du commencement de ses vers : « Désir m'a pris de chanter et je-chanterai de ce qui m'attriste : je vais quitter le commandement du Limousin et du Poitou.... C'est pour moi chose dure d'abandonner ma seigneurie, et je mets ma terre et mon fils sous la garde de Foulques d'Anjou. Je fus preux, je fus vaillant, »

 Les traditions biographiques des troubadours recueillies au XIII siècle, et d'un caractère, tout à fait historique, représentent le comte de Poitiers « comme un des hommes les plus courtois, les plus séducteurs. Bon chevalier d'armes, donnant largement, il sut bien trouver (trobar, inventer, trouver, mot employé par lui dans les deux sens), bien chanter, et courut longtemps le monde pour plaire aux dames ».

il rejoint la Croisade avec ses frères, Eustache et Beaudoin;

Guillaume IX le troubadour chanson de croisade lo coms de peitieus pos de chantar mes pres talenz

Chant composé à l’ occasion de la 1ére Croisade par Guillaume IX, comte de Poitiers

J’ai la volonté de faire un chant, et je choisirai le sujet qui cause ma peine. Je ne serai plus attaché au Poitou ni au Limousin.

J’ m’en irai en exil outre-mer ; je laisserai mon fils en guerre, en grande crainte et en péril, et ses voisins l’inquièteront.

Mon éloignement de la seigneurie du Poitou m’est très-pénible ; je laisse à la garde de Foulques d’Anjou ma terre et son cousin.

Si Foulque d’Anjou et le Roi, de qui je relève, ne lui prêtent assistance, la plupart des seigneurs qui verront un faible jouvenceau ne manqueront pas de lui nuire.

S’il n’est très sage et vaillant, les traîtres Gascons et les Angevins l’auront bientôt renversé quand je serai éloigné de vous.

Fidèle à l’honneur et à la bravoure, je me sépare de vous ; je vais outre-mer aux lieux ou les pèlerins implorent leur pardon.

Adieu brillant tournois, adieu grandeur et magnificence, et tout ce qui attachait mon cœur ; rien ne l’arrête, je vais aux champs ou Dieu promet la rémission des péchés.

Pardonnez-moi, vous tous, mes compagnons, si je vous ai offensés ; j’implore mon pardon ; j’offre mon repentir à Jésus, maitre du ciel ; je lui adresse à la fois ma prière et en roman et en latin.

Trop longtemps je me suis abandonné aux distractions mondaines, mas la voix du Seigneur se fait entendre ; il faut comparaître à son tribunal ; je succombe sous le poids de mes iniquités.

O mes amis ! Quand je serai en présence de la mort, venez tous auprès de moi, accordez-moi vos regrets et vos encouragements. Hélas ! J’aimai toujours la joie et les plaisirs, soit quand j’étais chez moi, soit quand j’en étais éloigné.

J’abandonne donc joie et plaisirs, le vair, le gris et le sembellin (habillement des barons)

- 15 juillet : prise de Jérusalem ;

- 6 décembre : Guillaume IX prend la croix ;

Hugues VI de Lusignan prit la croix pour la première croisade, avec ses frères Raymond et Bérenger-Raymond. Il participa également à la croisade de secours en 1101 au côté Guillaume IX, duc de Guyenne et comte de Poitiers.


- 5 septembre 1101 : l'armée poitevine est écrasé au Taurus ; il réchappe à une tragique croisade. 60 000 hommes sont massacrés par des cavaliers turcs dans le désert anatolien.


Il rentre à Poitiers le 29/10/1102


Guillaume composa un poème, qui est perdu, sur la croisade d'Aquitaine.

Orderic Vital nous dit qu'au retour de sa croisade, il se plaisait à raconter  devant les princes, les grands et les assemblées chrétiennes, en vers rythmiques, avec de joyeuses modulations, les misères de sa captivité. «Qu'eu port d'aicel mestier la flor».

Onze de ses poèmes ont été conservés,  « Chansons d'amour et de Joy de Guillaume de Poitiers, IXe duc d'Aquitaine. » Précédées de "la Vie tumultueuse de ce troubadour"

 

Ses autres ouvrages furent écrits probablement de 1090 à 1110.

 

 

Bernard de Ventadour et d'Aliénor d'Aquitaine

d’Aliénor d’Aquitaine et les premiers Troubadours

Bernard de Ventadour (Bernat de Ventadorn en ancien occitan), né vers 1125 (XIIe siècle) à Ventadour dans le département de la Corrèze.

Bernard de Ventadour,  comblé par la nature de ses dons les plus rares, de la grâce des manières jointe à la beauté de la personne, des talents du-poète, d'une imagination vive et délicate, d'une oreille exquise et d'une voix agréable (car les troubadours faisaient la musique de leurs vers, et les chantaient eux-mêmes);

Bernard de Ventadour - Quan l'erba fresca e'l folha par (Gérard Zuchetto, Troubadours Art Ensemble)

Bernard, élevé à la cour d'Ebles III, vicomte de Ventadour, fut amoureux de la vicomtesse Azalaïs, à qui il adressa ses vers sous le nom de Belvezer, belle à voir.

Ebles le chassa de sa cour. Il quitta le Limousin, et se rendit près d'Aliénor d'Aquitaine, petite-fille de Guillaume IX, femme de Louis VII dit le Jeune, et plus tard de Henry II le Vieux, roi d'Angleterre.

Aliénor avait coutume de, bien accueillir les jongleurs et les troubadours; elle dut bien recevoir le plus célèbre de tous, elle qui était belle et jeune ; et qui s'entendait à merveille en prix, en honneur et en beaux dits de louanges, c'est-à-dire en poésie. Bernard s'enhardit à, la prendre pour le sujet de ses nouveaux chants. Aliénor en fut charmée, plus qu'il n'était permis peut-être au troubadour de l'espérer : « Il resta longtemps, dit un vieux biographe, à sa cour, devint amoureux d'elle, et elle de lui, et il en fit beaucoup de bonnes chansons ».

Peut-être ce gentil et aimable troubadour limousin connu et chéri d'Aliénor, fut-il, par la jalousie qu'il inspira, la cause du divorce du roi de France et des longues guerres qui s'ensuivirent, comme des mauvais traitements qu'Aliénor eut à souffrir de son second mari. Henry Plantagenet, comte d'Anjou et roi d'Angleterre, à qui elle avait porté en dot de si riches provinces.

Bernard alla même en Angleterre dès 1165 ou 1166, et y répandit chez les Anglo-Normands les premières notions de la poésie limousine. Il fut probablement éloigné de cette cour, et s'en fut à Toulouse, à celle du comte Raymond IV, qu'il ne quitta plus, sauf pendant quelques excursions en Limousin, en Italie et en Espagne; il vint, en dernier pèlerinage, mourir à la chartreuse de Dalon: son séjour à Toulouse a peut-être autorisé les écrivains provençaux à le regarder comme appartenant à la Provence : son nom seul de Ventadour devait détruire cette prétention.

 

 

 

1101, vers le 13 mars. Les contingents de l'Aquitaine et de la Gascogne, sous la conduite de Guillaume, comte de Poitiers, d'Herbert et de Godefroi, vicomtes de Thouars, se mettent en marche pour Jérusalem. (543)

Sources Albert d'Aix, VIII, xxxiv (voy. n° 565). Orderic Vital (éd. Le Prévost, IV, 118) « Anno itaque dominicae incarnationis MCI, Guillelmus, Pictaviensium dux, ingentem exercitum de Aquitania et Guasconia contraxit, sanctaeque peregrinationis iter alacris iniit. …Fertur CCC armatorum milia vexillum eius secuta fuisse, quando egressus fuerit de finibus Aquitaniae ». -Foucher de Chartres (Hist. occid. d. crois., III, 398 A) « Quum Francorum exercitus ingens Jherusalem tenderet, aderant in illa multitudine simul Guilelmus, Pictavensium comes….. ; cum his etiam Hugo magnus erat, qui, post Antiochiam captam, in Gallias repedaverat. » Lisiard de Tours (ibid., III, 562 A). Geoffroy, prieur du Châlard, Dictamen de primordiis ecclesiae Castaliensis (ibid., V, 348 F). Hist. Nicaena vel Antiochena (ibid., V. 179 B). Narratio Floriacensis (ibid., V, 360 G)

« Pictavensium comes Willelmus….., volens et ipse suas ostentare vires et extendere famam, collecta multitudine earum quibus dominatur gentium, associatis etiam sibi multis, quorum plures erant comites, aut populosarum urbium seu castrorum primores, Hierosolymam tendit. »

Chronica prioratus de Casa vicecomitis (dans Marchegay, Chroniques des églises d'Anjou, p. 340) « Anno incarnationis dom. MCI°, in na hebdomada quadragesimae, Herbertus, Toarcensium vicecomes, et frater eius Gauffridus cum Guillelmo comite Pictavorum, atque incredibilis multitudo omnium fere gentium, Ierosolimitanam peregrinationem arripuerunt. »

Chronicon S. Maxentii Pictavensis (Marchegay, Chron. d. églises d'Anjou, 421) « MCI. Willelmus dux et ceteri principes abierunt in viam Jerusalem, ut devoverant. »

 Gesta Ambasiensium dominorum (D'Achery, Spicilegium, 111, 279) « Anno tertio post captam Jerusalem, Guillelmus, cornes Pictavensis, iter sanctae peregrinationis arripuit, Goffridus Burellus cum uxore sua Corba ei adiunctus. » – Wilhelm. Malmesbur., Gesta regum REV. Dg L'OR. LATIN. T. IX. 27 Anglorum (éd. Hardy, II, 592) « Eo Septembri cuius VII Idus praedictum fuit, Willielmus, comes Pictavensis, Ierosolymam perrexit, multa secum ducens agmina, ut aestimarentur 60 nulia militum et multo plura peditum ». Guillaume de Tyr., 1. X, c. xi. Richard de Cluny, Chronicon (Muratori, Ant. ital., IV, 1092 E).

Commentaire Voy. Besly, Hisl. des comtes de Poitou (Paris, 1647), 112; Hist. de Languedoc, II, 334; Haken, Gemselda d. Kreuss., II, 121 « mit dem Anfange des Jahres 1101 ». Wilken, II, 142; Brinckmeier, Die provenzalischen Troubadours (Halle, 1844), 132, 133; Sporrchil, Gesch. d. Kreusi., 157; Damberger, Synchron. Gesch., VII, 436;

Arbellot, Les chevaliers limousins, 57 « Guillaume, comte de Poitiers, partit pour la croisade au mois d'avril 1101 ». Riant, dans Hist. occid. d. crois., V, 349, n 2 « Wilhelmus, dux Aquitaniae, ad bellum sacrum mense Aprili 1101 profectus est ».

Guillaume comte de Poitou suivit vraisemblablement la route de l'Allemagne du sud, en longeant le Danube. Il y fut rejoint par les contingents allemands, sous les ordres du duc Guelfe, de l'archevêque Thiémon et d'autres.

Toute cette bande prit son chemin par la Hongrie. Quand bien même nous n'aurions aucune indication précise sur l'époque où les Aquitains et Gascons se mirent en route, le fait que les contingents allemands les rejoignirent à la fin de mars ou au début d'avril nous permettrait de reporter trois semaines environ au-delà l'époque où les Gascons et Poitevins quittèrent leurs foyers avec le comte Guillaume.

Guillaume de Malmesbury se trompe certainement en assignant leur départ au mois de septembre [1101]. Il n'a certainement pas en vue l'année 1100, car quelques lignes plus haut il mentionne la bataille de Rama livrée le 7 septembre 1101 (voy. ci-dessous, n° 605), et c'est au même mois que se rapportent ensuite les mots « eo Septembri », relatifs au départ de Guillaume de Poitou.

D'ailleurs, il est certain que Guillaume ne partit pas en septembre 1100, puisqu'il assistait le 18 novembre de la même année au concile de Limoges, dans lequel il prit la croix.

Depuis lors, il dut bien consacrer au moins trois mois à ses préparatifs; par conséquent il ne put partir avant mars 1101.

Ce n'est pas non plus en avril 1101 qu'il se mit en route, comme l'ont supposé l'abbé Arbellot et Riant. En effet, les Allemands le rejoignirent à la fin de mars ou au début d'avril (voy. n°548). Il avait dû par conséquent quitter ses états quelques semaines auparavant.

La date exacte de son départ nous est fournie par la Chronique du prieuré de La Chaise-le-Vicomte : « II" hebdomada quadragesimae ».

Le mercredi des cendres, en 1101, tomba le 5 mars; la seconde semaine de carême commença donc le 12 ou 13 mars. Telle est par conséquent la date du départ des Aquitains, Poitevins et Gascons.

 

1101, fin de mars et début d'avril. Départ des contingents allemands pour l'Orient. Parmi eux étaient, entre autres le duc Welf de Bavière, le comte Henri I de Ratisbonne, le comte Othon de Scheyern, Conrad, maréchal de l'empereur Henri IV, l'archevêque Thiémon de Salzbourg, l'évêque Ulrich de Passau, l'abbé Gislebert d'Admont, deux chanoines du nom de Bruno, le moine Ekkehard, plus tard abbé d'Aura, et la margrave Ida d'Autriche.

Ils rejoignent les contingents venus d'Aquitaine sous le commandement du comte Guillaume de Poitou, et se dirigent avec eux vers la Hongrie. (548)

 

 

 

1101, vers le 6 mai. Les contingents du Poitou et les Allemands, au nombre desquels se trouvait le chroniqueur Ekkehard, entrent en Bulgarie. (565)

Source Albert d'Aix, VIII, xxxiv « Willehelmus comes et princeps Pictavensium, de sanguine Henrici IV imp. Rom., pacifice transito regno Ungarorum cum duce Bawariorum Welfone et cum comitissa nobili, nomine Ida, de marchia Oisterrich, in ingenti manu equitum et peditum et feminei sexus supra CLX milia, in apparatu copioso terramBulgarorum estingressus».

Commentaire Voy. ci dessous, n° 571. D'après Ekkehard (voy. ci dessous, n° 572), les bandes de Guillaume de Poitou et de Welf arrivèrent vers le 1er juin à Constantinople, où elles se trouvèrent toutes réunies 14 jours après l'arrivée des premières d'entre elles.

On peut donc admettre qu'elles atteignirent successivement Constantinople du 26 mai au 8 juin. D'autre part, Ekhehard nous apprend que, depuis leur entrée en Bulgarie, jusqu'à leur arrivée sous les murs de Constantinople, elles furent escortées 20 jours durant par les Petchênègues. Ce fut donc vers le 6 mai qu'elles pénétrèrent en Bulgarie.

 

1101, vers le 25 mai. Les croisés de Guillaume d'Aquitaine étant arrivés près d'Andrinople, un prince ou chef des Bulgares nommé Guzh, avec ses Pétchénègues, s'efforce de leur barrer le passage d'un pont, afin de les empêcher d'entrer dans la ville.

Les Aquitains culbutent son armée, mettent le feu aux faubourgs d'Andrinople, font prisonnier le chef bulgare et se fraient, en combattant, un chemin vers Constantinople. (571)

 

 Les croisés, sous la conduite de Guillaume d'Aquitaine et de Welf, duc de Bavière, arrivèrent à à Constantinople vers le 1er juin 1101 et jours suivants (cf. ci-dessous, n° 572).

Leur marche à travers la Bulgarie dura vingt jours; ils y étaient donc entrés le 10 mai. D'Andrinople à Constantinople, la longueur de la route peut être évaluée au quart de la distance franchie par eux en Bulgarie. Ils purent donc mettre environ cinq jours à la parcourir et arriver ainsi vers le 25 mai à Constantinople.

Ces renseignements chronologiques nous sont fournis par Ekkehard seul. Murait se trompe complètement en assignant à l'année 1102 les combats entre les croisés et les Petchénègues.

 

1101, vers le 26 mai-8 juin. Les croisés poitevins et allemands, parmi lesquels Ekkehard, arrivent à Constantinople. Ils n'y trouvent plus les Lombards qui avaient déjà passé en Asie-Mineure. (572)

 A la même époque, le grand comte frank de Poitou, à la tête d'une armée de 300,000 cavaliers, travers le pays des Romains et des Grecs et parvint avec ses forces devant Constantinople. Il parla avec une souveraine hauteur à Alexis. Il effraya Alexis et tous les Grecs. L'empereur se rendit au camp du comte de Poitou, avec les grands de sa cour et, à force d'instances, l'amena dans la ville. Il lui fit une magnifique réception, lui donna d'immenses trésors et de splendides festins. »

« Avant la Pentecôte (15 mai 1102), arrivent encore 200,000 autres croisés, femmes et enfants, moines et vieillards. »

Kkkehard nous apprend que les Français, sous les ordreb de Guillaume de Poitou, et les Allemands, conduits par Welf de Bavière, atteignirent vers le 1er juin Constantinople, où les divers contingents des croisés parvinrent successivement dans l'espace de 15 jours.

 Leur arrivée sous les murs de Constantinople eut donc lieu probablement du 26 mai au 8 juin. C'est à tort que Murait les y fait arriver avant la Pentecôte, c'est-à-dire avant le 25 mai, 1102.

 

1101, vers le 3 juin. Une bande de croisés quitte Nicomédie et poursuit sa marche à travers l'Asie-Mineure dans la direction d'Angora.

 Elle se composait d'environ 2,000 Allemands commandés par Conrad, maréchal de l'empereur Henri IV, et d'un grand nombre de Français, parmi lesquels Étienne de Blois, Étienne de Bourgogne, Milon de Bray, Gui de Rochefort, Hugues et Bartolf de Broyes, Engelhard, évêque de Laon, Reinold, évêque de Soissons, Baudouin de Grantpré, Dudon de Clermont, Gauthier, châtelain de Laon, qui, arrivés à Constantinople dans le courant de mai, s'étaient ensuite rendus à Nicomédie, et y avaient rejoint les Lombards.

Alexis Comnène leur fournit un renfort de 500 Turcopoles, et Raimond de Toulouse qui, depuis l'été ou l'automne de 1100, se trouvait à Constantinople reprend avec eux la route de Jérusalem. (573)

 

1101, vers le 12 juillet. Guillaume d'Aquitaine, We!f de Bavière et la comtesse Ida, après avoir séjourné cinq semaines à Constantinople, poursuivent leur marche à travers l'Asie Mineure. (584)

 D'une part, Albert d'Aix nous apprend que les Français, conduits par Guillaume d'Aquitaine, et les Allemands, sous le commandement de Welf de Bavière, séjournèrent cinq semaines à Constantinople, puis se remirent en marche vers le milieu de juillet (« messis tempore imminente »).

 D'autre part, nous savons par le témoignage d'Ekkehard que les diverses bandes des croisés arrivèrent successivement à Constantinople aux environs dn 1er juin, donc, approximativement, dn 26 mai au 8 juin. En combinant ces deux témoignages, nous pouvons assigner au 12 juillet environ la date du départ de Constantinople. Besly, dans son Hist. d. comtes de Poitou dit que ce départ eut lieu au mois d'août. C'est ainsi qu'il a traduit l'expression « messis tempore imminente d'Albert d'Aix. Mais les autres indications chronologiques fournies par Albert d'Atx et Ekkehard nous obligent à considérer comme inexacte cette interprétation.

 

 1101, vers le 10 août. – Les Poitevins et les Allemands, sous la conduite de Guillaume de Poitou et de Welf de Bavière, pillent Philomelium. (592)

Albert d'Aix est seul à parler du pillage de Philomelium et de Salamia par les Poitevins et les Allemands. Il n'y a pas de raison toutefois de douter de l'exactitude de ce renseignement. Les objections de Sybel ont été réfutées par Kugler; et Riezier, qui conteste lui aussi la véracité d'Albert sur ce point, ne donne aucune raison pour justifier son opinion.

 L'armée des Poitevins et des Allemands mit 56 jours environ, soit du 12 juillet au 5 septembre (cf. ci-dessous, n° 603), à parcourir la distance qui sépare Constantinople d'Eregli, et qui, à vol d'oiseau, est d'environ 620 kilom.; d'Eregli à Philomelium, il y a environ 360 kilom. Pour franchir ces 360 kilom., les Poitevins et Allemands durent donc employer environ 32 jours. Leur arrivée à Philomelium peut par conséquent être placée aux alentours du 10 août. Sur le pillage de Salamia, cf. ci-dessous à la date du 26 août.

 

1101, vers le 26 août. Les Poitevins et les Allemands, sous la conduite de Guillaume de Nevers et de Welfde Bavière, pillent Salamia (Ismil). (597)

 La distance de Philomelium à Salamia est de 180 kilom., celle de Salamia à Eregli de 90 k)lom. Les croisés, ayant quitté Philomelium vers le 10 août (voy. ci-dessus, n° 592) et étant arrivés vers le 5 septembre à Eregli (voy. ci-dessous, n° 603), ont dû atteindre Salamia dans les environs du 26 août.

 

 

 

Préparatifs des seigneurs de Tiffauges et de Thouars pour accompagner en terre sainte Guillaume IX, duc d'Aquitaine <==

==> Ducs d' Aquitaine et Comtes de Poitou et plus

==> GUILHEM DE POITIERS (Guillaume IX) Le premier troubadour

==> Qu'est-ce qu'un troubadour, Qu'est-ce qu'un trouvère ?

==> Poème Pos vezem de novel florir de Guillaume IX d’Aquitaine (L’idéal courtois des troubadours : la fin’amor)

==> La vie d’Aliénor d’Aquitaine