en 1025 Foulques Nerra s'empare de la forteresse du Diable de Saumurois

Un des faits les plus importants de l'histoire d'Anjou a été la prise de Saumur par Foulques III, Nerra.

Cette place appartenait, avant l’année 1025, aux comtes de Blois. Elle était leur avant-poste en Anjou, comme Amboise (1) était celui des Angevins en Touraine. De cette position respective il résultait une sorte d'équilibre entre deux puissances nécessairement rivales par leur voisinage, et dont l’une ne pouvait manquer d'être engloutie par l’autre. La réduction de Saumur ne changea pas seulement l’état de la question. Elle fit aussi pressentir le triomphe complet des fils d'Ingelger, sur ceux de Thibaut le Tricheur (2).

 Sans nous arrêter aux divers résultats de cette conquête, nous nous bornerons à rappeler qu'elle rendit les moines de Saint-Florent sujets des comtes d'Anjou.

Saumur arrive aux mains d’Eudes II de Blois et Chartres (1005-1037), arrière-petit-fils de Thibaud le Tricheur.

 

 

Château de Saumur Thibault le Tricheur

Eudes devenu plus puissant, tourna ses regards vers la Touraine et résolut d'en expulser définitivement le comte d'Anjou.

Eudes, par une marche rapide, s'était porté de Blois sur Montboyau et avait posé ses tentes en face de cette position, sur les bords de la Loire et de la Choisille, s'il en faut croire les Gestes des seigneurs d'Amboise.

Cette ville était alors inféodée au Normand Geldouin le Danois, rude jouteur, que les Angevins appelaient le diable de Saumur.....

le château de Saumur arrive aux mains d’Eudes II de Blois et Chartres

Les églises ont joué, au moyen-âge, un rôle trop important pour qu'on ne soit pas obligé de parler. En Anjou, plus que dans toute autre contrée, l'histoire de la province entière est liée à celle des abbayes qu'elle contenait.

Le célèbre monastère de Saint-Florent ne pouvait donc pas changer de suzerain, sans qu'il en résultat quelque fait curieux et instructif.

On sait que chassés du Mont-Glonne par l'arrivée des Normans, les moines s'étaient réfugiés à Tournus, en Bourgogne, chez les religieux de Saint-Philibert. Ils avaient repris avec empressement le chemin de leur patrie, dès que le départ des farouches envahisseurs eut rendu le repos à la France entière.

A leur passage à Saumur, les moines de Saint-Florent furent accueillis avec la plus grande vénération par le comte de Blois. Thibaut le Tricheur les décida à se fixer dans ses domaines. Il les établit même dans le château de Saumur. En leur conférant de vastes propriétés et de riches revenus, Thibaut avait de plus aidé les moines à reconquérir celles de leurs anciennes possessions qui avaient été envahies pendant leur séjour en Bourgogne,

Grâce aux comtes de Blois, le monastère était entré dans une ère de prospérité que chaque jour augmentait encore. Par eux, Saint-Florent était devenu l'égal de la puissante abbaye de Marmoutier, et il dépassait, pour ainsi dire, de toute la tête (3) les autres monastères de la France. Il était donc naturel que la reconnaissance des religieux les attachât à la famille de leurs bienfaiteurs.

A la grande édification du dixième siècle, Saint-Florent avait déjà acquitté lui-même la dette de sa communauté envers Thibaut le Tricheur, en sauvant l'âme de ce prince des peines que lui faisaient endurer les esprits malins(4). A l'égard de ses successeurs les moines ne pouvaient tenir une conduite plus digne d'éloges qu'en regardant comme leurs propres ennemis tous ceux qui levaient leur étendard contre celui des comtes de Blois.

De tous ces ennemis le plus voisin comme le plus terrible était, au onzième siècle, le comte d'Anjou. Foulques Nerra convoitait Saumur depuis longtemps (5).

Plusieurs fois il avait tenté de s'en emparer tantôt par la ruse, tantôt par la force; mais Gelduin le Jeune (6), à qui la garde du château était confiée, avait toujours déjoué les entreprises des Angevins. Ce seigneur avait même su inspirer à son ennemi une terreur telle que lorsque, dans une chasse ou dans une expédition de l'autre côté de la Loire, on disait à Foulques Nerra qu'il venait de s'engager dans le Saumurais, il tournait bride en toute hâte en s'écriant : « Fuyons le diable de Saumur! Il me semble que je le vois toujours à mes trousses (7) »

Malheureusement pour lui et pour son suzerain, Eudes de Blois, Gelduin ne veilla pas toujours à la garde de Saumur.

délibération des moines au château de Saumur an mil

En l'année 1025 il alla avec la fleur de ses chevaliers grossir l'armée qu'Eudes venait de réunir pour s'emparer d'une forteresse (8);  construite par l'ambitieux comte d'Anjou, au coeur même de la Touraine.

Eudes, par une marche rapide, s'était porté de Blois sur Montboyau et avait posé ses tentes en face de cette position, sur les bords de la Loire et de la Choisille, s'il en faut croire les Gestes des seigneurs d'Amboise.

 Eudes (Odo) était en train de faire le siège de Montbudel,  place que Foulques-Nerra  s'était appropriée dans la Touraine, et il avait eu la malencontreuse pensée de rappeler Geldouin et une partie de ses hommes d'armes de Saumur et de Chinon.

L'infériorité des forces dont Foulques disposait et la certitude que le roi de France s'était prononcé en faveur du comte de Blois, ne pouvaient faire espérer aux Angevins une victoire assurée. Toutefois Nerra se décide à marcher au secours des guerriers qui tenaient garnison dans son château.

Foulques, parti d'Angers avec Eveille-chien, comte du Maine, pour aller au secours de Montbudel, parvenu le soir avec son armée ad Villam Brenoldem, qui est Brain-sur-Allonne (villa brenoldis 9), apprend que Gelduin le Diable est passé avec la plus grande partie de ses troupes ; alors il se décide sur-le-champ à retourner sur ses pas, et, dit un historien, traversant à gué la Loire et la Vienne, et arrive devant Saumur avant même que les Français et les Tourangeaux eussent appris qu'il avait changé de route.  (10)

La hardiesse de cette marche et le nombre formidable des Angevins ne causa cependant pas aux habitants de Saumur une assez grande terreur pour qu'ils se rendissent sans coup férir.

Foulques Nerra incendie le Château de Saumur- an mil (2)

 Il y avait dès cette époque rivalité entre leur ville et celle d'Angers. Chacune d'elles aspirait à la domination de la province entière. Cette prétention était déjà assez profondément enracinée pour qu'on puisse voir dans les guerres entre les comtes de Blois et d'Angers le point de départ de la lutte, tantôt ouverte, tantôt secrète, qui a existé entre les deux cités à toutes les époques de notre histoire.

D'ailleurs les Saumurois étaient pour le comte de Blois, une population privilégiée en raison de l'importance de leur ville. L'autorité du suzerain s'y exerçait d'une manière douce et paternelle. Sous l'empire de Foulques, Saumur devait perdre tous ces avantages. L'avarice et la cruauté bien connues du comte d'Anjou menaçaient d'avance les habitants dans leurs biens et dans leurs personnes.

Aussi firent-ils de courageux efforts pour sauver leur indépendance et pour conserver à leur légitime souverain une forteresse qui était la clef de la Touraine (11).

Néanmoins tous ces efforts furent impuissants, la ville fut emportée sans difficulté ; mais il restait le château où s'étaient réfugiés les moines de Saint-Florent.

Obligés d'abandonner aux Angevins les maisons qui composaient la ville proprement dite, les chevaliers et les bourgeois en état de porter les armes se réfugièrent dans le château.

Ils espéraient y tenir assez longtemps pour recevoir les secours que Gelduin ne manquerait pas de leur amener dès qu'il connaîtrait leur position. Le petit nombre des assiégés et les assauts formidables qu'ils avaient à repousser rendaient impossible une résistance aussi prolongée.

 

Foulques Nerra incendie le Château de Saumur- an mil (1)

Dans le château on délibéra. Les moines ouvrirent une opinion fort curieuse et qui fut adoptée; ils proposèrent de confier la défense du château aux reliques de saint Doucelin qui avaient une vogue très-populaire dans ce moment-là. (priscorum more ; les murailles renferment les reliques du bienheureux Saint-Florent et Saint Doucelin disciple de Saint-Martin de Tours, Saint Doucelin est patron d'Allonnes et de Varrains).

 

Les reliques sont en effet transportées en grande cérémonie à la porte orientale. Suivant les idées du siècle, elles doivent préserver de toute invasion le passage que l’on place ainsi sous la sauvegarde du bienheureux martyr.

La châsse qui les contenait fut amenée en effet. On la plaça derrière la porte orientale attaquée et suivant les idées du siècle, on l'entoura de cierges comme de mystiques gardiens, et tout le monde se retira à l'extrémité opposée.

 Une nouvelle attaque se préparait plus acharnée encore que les précédentes. Foulques se mit en mesure de livrer assaut à l'antique forteresse de Thibault le Tricheur

S'ils avaient eu à combattre sur un seul point, les Saumurois auraient peut-être pu résister grâce à leur courage héroïque.

En se divisant, afin de défendre à la fois les deux portes de la citadelle, ils n'offraient plus qu'une poignée d'hommes à peine suffisante pour la garder des attaques de quelque seigneur voisin, et par conséquent incapable d'arrêter l'armée du comte d'Anjou. On ne doit donc pas être surpris que dans cette extrémité ils aient accueilli avec empressement (12) la proposition que leur firent les moines de Saint-Florent pour sauver le château

 

Foulque Nerra Château de Saumur - Les moines de St-Florent (2)

Moines et chevaliers, femmes, enfants et vieillards, tout le monde y compte dans le château. Tous semblent maintenant attendre avec impatience une attaque dont ils se jouent. Confiance aveugle et absurde et qui devait être cruellement détruite. Les reliques étaient en effet à peine installées à leur poste que les béliers et les balistes des Angevins commencèrent à assaillir la porte de l'Orient.

Malgré les prières des religieux en faveur du comte de Blois, malgré leurs imprécations contre Foulques Nerra, la porte cède et tombe devant la châsse de saint Doucelin et devant ceux qui sont agenouillés autour d'elle.

Aussitôt les assiégeants se précipitent par le passage qu'ils viennent de s'ouvrir, dispersent les moines, renversent et brisent le reliquaire et s'emparent du château. (13)

La résistance désespérée des chevaliers qui gardaient la porte de l'Ouest ne servit qu'à augmenter encore l'impatience et la férocité des vainqueurs.

 Foulques enfonça la porte; il vit les reliques du saint, il se félicita sans doute de n'avoir pas d'autres adversaires et passa outre.

 

Foulque Nerra Château de Saumur - Les moines de St-Florent (1)

Aux horreurs du pillage et du massacre vient bientôt se joindre un nouveau sujet de désolation. Les armées entraînent toujours à leur suite des bandes d'individus vivant dans l'ombre et dans la boue, mais qui se produisent au grand jour dès que le renversement des lois et le relâchement des liens sociaux leur promet l'impunité.

Ces brigands, au nombre d'une soixantaine, se répandent dans le château de Saumur et y mettent le feu sur plusieurs points afin de se livrer plus aisément au pillage à la faveur de l'épouvantable désordre qu'ils viennent d'augmenter encore. Cependant le comte d'Anjou reste insensible à l'aspect de toutes les calamités qui accablent sa malheureuse conquête. Dans sa haine pour tout ce qui est Saumurois, il ne veut même pas que l'église de Saint-Florent soit épargnée.

Les moines de St-Florent se hâtent aussitôt d'enlever le corps de leur bienheureux patron et les saintes reliques de leur église.

Ils les chargent sur leurs épaules, et sortent du château en flammes, nous dit le chroniqueur, comme Loth sortit de Sodôme, et Abraham de la ville d'Ur, en Chaldée.

 

le nouveau monastère de Saumur (1)

Non content d'empêcher qu'on arrêtât les flammes (14) lorsqu'il en était encore temps, Foulques Nerra semblait se plaindre de ce qu'elles ne marchaient pas assez vite : « Saint Florent! Saint Florent! s'écriait-il, laisse brûler ton monastère? je t'en élèverai à Angers un autre cent fois plus magnifique! »

Toutefois les moines de St-Florent  ne se laissèrent pas gagner par d'aussi belles promesses. Il persista à préférer le Saumurois, où il régnait en souverain maître, à la ville d'Angers dans laquelle Saint-Aubin, Saint-Serge et Saint-Nicolas (15) se trouvaient déjà très resserrés et avaient beaucoup de peine à vivre en paix.

Foulques, maitre de Saumur, éloigna du château les moines de Saint-Florent, suspect de sympathie pour le comte de Blois.

Il les fit partir, eux et leurs reliques, pour Angers, où il leur promit un établissement convenable et plus riche que celui qu’ils quittaient.

le nouveau monastère de Saumur Salmurum

 Mais il se fit un miracle sur la Loire ; la barque qui portait la châsse de Saint-Florent s’arrêta tout à coup au milieu du courant et refusa de descendre, quelques efforts qu’on fit.

Foulques eut beau interpeller saint Florent lui-même en lui disant qu'il était un impie et un rustre (16) puisqu'il refusait tout le bien qui lui était promis. Les injures et les menaces furent aussi impuissantes que la violence l'avait été, et le comte se vit contraint de laisser les bienheureuses reliques sur la rive gauche de la Loire.

Cette participation, du reste peu efficace, des moines de Saint-Florent à la défense du château de Saumur et la part qu'on ne pouvait manquer de leur attribuer dans l'antipathie du saint pour le séjour d'Angers n'étaient pas de nature à leur concilier la bienveillance du vainqueur. Ils ne furent pas, il est vrai, traités comme les chevaliers de Saumur auxquels le comte crevait lui-même les yeux (17) ou qu'il envoyait, chargés de fers, périr dans les cachots de Doué et sur les gibets dressés dans la capitale de ses états.

Les religieux furent seulement dépouillés de quelques-uns de leurs domaines. C'était là du reste une persécution qui aux yeux des moines du moyen-âge pouvait se comparer à celles qu'avaient souffertes les premiers chrétiens.

Le comte permit  aux moines de rester à Saumur, non pas ou ils étaient, mais sur la rive gauche du Thouet, dans l'église St-Hilaire-des-Grottes, appelée depuis St-Hilaire-des-Cryptes, près de Saumur.  

L'année d'après, par les soins de l'abbé Frédéric, un nouveau monastère s'élevait sur les bords du Thouet, dans un lieu couvert d'épines (campum spinosum) qui avait été dénoté pour cela par une colonne de feu, nous dit D. Huynes, après la Chronique de St-Florent.

C’est à ce moment qu’il repeupla le MontGlonne en y envoyant une colonie prise parmi eux.  (le prieur et sept moines)

 « Cum gravi exercitu insperate castellum (Salmuri) obsidens, vi accepit, et a castro ruinam incendii funditus perpesso, reverendam Patris Florentii glebam extraxit (Fulco). Abbas autem Fredericus et monachi gravem considerantes exercitum, gravius metuentes flammarum incendium, assumto corpore sancti Patroni et Sanctorum Reliquiis, exierunt. » (Bolland.)

le nouveau monastère de Saumur (2)

Lorsque Foulque Nerra brûla l’abbaye de Saint-Florent de Saumur, les moines emportèrent trois de leurs cloches qu’ils sauvèrent de l’incendie :

1° celle nommée Vox Domini ; 2° celle qu’ils tenaient de la générosité de Gelduin 1er, seigneur de Maillé, d’Ussé, de Pont-Leroy, Châtelain de Saumur ; 3° cloche qui était presque entièrement d’argent.

Les vertus que la superstition attachait autrefois aux cloches étaient sans doute la cause qui engageait les anciens à se charger de ce meuble peu portatif lors de la destruction des villes.

Après la prise de Saumur, ils vinrent à Chinon, où ils firent traverser à leur armée la rivière sur un pont de bateaux. Au lieu d’aller droit à leur ennemi, ils mirent le siège devant Montbazon, qui appartenait à Eudes, comte de Blois et de Champagne. (Les Fortifications de Chinon dans le temps, les trois châteaux.)

La conduite des comtes d'Anjou envers l'abbaye de Saint Florent en cette circonstance nous a valu, de la part des chroniqueurs du monastère, des renseignements passionnés, mais très curieux sur le caractère de leurs suzerains (18).

Le comte de Blois voulut reprendre Saumur ; il l'assiégea deux fois sans réussir.

 Enfin, une transaction intervint: Montbudel, qui s'était bien défendu, fut abandonné et démoli, et Foulques conserva Saumur et son territoire, qui  furent ainsi réunis à l’Anjou.

Foulques donna Saumur à Geoffroy-Martel, son fils et son héritier, qui eut ainsi la charge de le garder. Il arrêta aussi les plans d’un nouveau château qui fut commencé de son vivant, ou tou au moins peu de temps après sa mort, continué avec ou sans modifications  jusqu’e vers le milieu du XIIIe siècle, et qui s’appela Donjon. Saumur restera désormais dans le patrimoine des Plantagenêts jusqu'en 1203.

le nouveau monastère de Saumur (6)

Lorsque Saumur fut tombé entre les mains de Foulques-Nerra, que devint Gelduin ?

Gilduin ou Guédoin ou Guelduin ou Gelduin II de Saumur dit le Diable de Saumurois (975-1040), Comte de Saumur

Les historiens ont gardé le silence sur ce fait, et il existe une lacune qu’on ne peut remplir que par des conjonctures assez vraisemblables.

Gelduin-le-Danois, après la prise de Saumur, recut-il le gouvernement de Doué du comte de Blois et y fut-il maintenu par Foulques après la réunion de cette ville à l’Anjou ?- Gleduin abandonna t’il la cause des comtes de Blois ?- il est certain seulement que les Gelduin, danois d’origine, possédèrent d’abord en gouvernement ou vicariat la ville de Doué, et plus tard en fief héréditaire. Cette famille s’éteignit dans le XIVe siècle et passa dans celle de l’Ile-Bouchard. Elle eut des alliances avec les Bellay, et donna naissance à la maison d’Aubigné

le nouveau monastère de Saumur (4)

le nouveau monastère de Saumur (5)

 

Foulques Nerra fait une Trève avec Gelduin le Danois, chef viking à la solde du comte de Blois et construit un château  <==.... ....==>1034 Histoire de l’abbaye de Notre dame de Pontlevoy diocèse de Blois par Gelduin seigneur de Saumur, Ansbert, premier abbé.

 

 

 

Portrait de Foulques NERRA (Motte Castrale du Faucon Noir au Mont Glonne) <==.... ....==> Ordalie ou le jugement de Dieu au moyen-Age (Abbaye Saint-Florent de Saumur sous Foulques Nerra et Geoffroy Martel)

 

 Les tribulations de Saint Florent du Mont-Glonne (fuyant l'invasion des Normands vers le Berry) <==.... .

 

VOYAGE DANS LE TEMPS DE CHINON ET DE NOTRE HISTOIRE<==

 

 


 

 

An Mil - Carte des Châteaux de l' Anjou sous Foulques Nerra
Le temps des Carolingiens s'achève. Le grand empire de Charlemagne n'existe plus. En Francie occidentale, le dernier souverain carolingien meurt et Hugues Capet devient roi des Francs. C'est le début d'une nouvelle ère, celle des Capétiens.

 

11 mars 1068 : L'abbé Eudes présent à Foulques Nerra les Chartes poitevines de l'abbaye de Saint-Florent, près Saumur

La critique a peu de choses à relever sur le règne de Foulques Nerra. Nous arrivons avec lui sur le terrain historique et nous sortons du royaume des chimères chevaleresques. Cependant tout n'est pas d'une valeur absolue dans les récits de l'abbé Eudes et de ses continuateurs.

 

 

(1) comte d'Anjou possédait encore en Touraine, dès l'année 1010, Loches, Villantrois, La Haye et Langeais. Ce dernier château venait d'être construit par Foulques Nerra. II avait pris son nom du ruisseau au bord duquel il était situé : Lenniacum quia Lennoe flurio super jacet vocitatum. V. Chron. de S.-Florent, Livre Rouge, f. 55.

(2)La soumission de la Touraine fut complétée par la prise du comte Thibault, fils d'Eudes, et par la reddition de Tours, 21 et 22aout 1011.  Chron. de S.-Aubin et obituaire de S.Serge d'Angers.   Gaufridus Martellus uomine vieit in bello Theobaldum comitem Blesensem et eum cepit et pro ejus redentptione habuit urbem Turonis, et Cainonem et Lengiacum. Nam comes Andegavorum vexillum beati Martini in illo bello, sicut consuetudo est, habebat. Quod videntes inimici ejus fugerunt, per miraculum videntes alios, ex parte comitis Andegavorum, vestitos caudidisstmis iudumentis. V. Chron. de Tours.

(3) Quotidianis facultatum augmentationibas jam Majori-Monasterio impar minime videbatur, jam quasi caput aliorum coenobiorum excreverat sublimius. Chron.de Saint Florent.

(4) Denique defunctus larvis est quam cito raptus ; Quod fictum minime, sed verum dicitur esse.

Le récit de cette délivrance se trouve dans le titre Rouge, fol. 50 v°. Il se compose de 65 vers hexamètre.

(5) Tanlum enint inter memoratos duces emersit bellum ut Odo, ob Fulconis metum, a suis parentibus Salmurum Salmurorum ambitu jam munitum, amplius muniret et victualium et armorum munimentis firmaret et inde securus regnum suum defeuderet. Chr. de Saint.-Florent.

(6) Fils de Gelduin le Vieux, qui était saxon d'origine, et de Gerberge. V. Gesta consulumAndegav,

(7) Metu conterritus airbat : «Fugiamus Salmurense demonium ; nam semper eum mihi videor ante meum videre conspectum. » Chr. de St.- Florent. 

(8) In Montis-Buelli vertice, versos urbem Turonicam, Fulco comes castrum firmissimum fecit. Ibid et Chr. De S.-Aubin d’Angers.

(9) Cumque Fulco jam villam Brenodem attigisset, odvium quemdam habuit qui Francos multipliciores et multo numerosiores numeravit. Tum Fulco, Salmurum vacuum esse solum cogitans, retrogressum dirigit, Ligerique ac Vigennâ transvadatis, cum gravi exercitu insperatè castellum obsidens vi accepit, et à castro ruinam incendii funditus perpessuro reverendam patris Florentis glebam extraxit.

Chron. de S.-Florent Collection des Hist. De France p265

(10) Nous nous bornons à traduire la Chronique de Saint-Florent de Saumur sans prendre parti pour ou contre les auteurs qui prétendent que le confluent de la Vienne et de la Loire a toujours été à Candes et non pas aux Ponts-de-Cé. — V. ci-devant, Cartulaire de Saint-Maur, n° XXIII, XLVIII, LXIII, LXIV.

 (11) Quoique les historiens d'Anjou aient parlé avec détail du siège de Saumur, nous avons cru pouvoir revenir sur ce fait parce qu'il se lie intimement au procès entre le comte et les moines de Saint-Florent. Nous nous sommes d'ailleurs appliqués à faire ressortir les circonstances que les auteurs cites plus haut pouvaient avoir omises dans leur récit.-.

(12) In hujus perturbations miseria ubique pallidi desperatique erratice discurrentes, bealissimi Docellini corpus, frequentissimum virtutibus, oppidani ac monachi conclamando, priscorum more, ad portam orientalem opponunt ;  paucisque qui remanserant occidentalem valide defendenlibus, irruentes per orientalem adversarii sanctit corpus auferunt. Chr.de Saint-Florent.

(13) D'après les chroniques et chartes de Saint-Florent, la prise de Saumur eut lieu en 1025. Cette date est confirmée par les chronique-, de la Trinité de Vendôme et de Maillezais dans lesquelles on trouve beaucoup de faits relatifs à l'histoire d'Anjou.

Celles de Saint-Aubin d'Angers et du Mont-Saint-Michel la rapportent à l'année 1026. Nous avons dû préférer le témoignage des premières. V. ces chroniques dans la Nova  Bibliotheca  Manuscriptorum du P. Labbe.

(14) Ignem oppido admorerunt comite saepius clamante: «Sancte Florenti, sine te concremari ? meliorem enim Andegavis tibi habilalionem extruam. » Char. de Saint Florent,

(15) Les monastères de Saint-Aubin et de Saint-Serge remontaient aux rois de la première race. Celui de Saint-Nicola venait d'être fondé, le 1er décembre 1020, par Foulques Nerra lui-même. Des chartes du XIe siècle prouvent que les moines de Saint-Aubin et de Saint-Serge mirent deux fois leurs champions en champ clos pour amener la décision de procès survenus entre les deux abbayes.

 (16)  Simul ac dux cum reliquiis nulla indictione posse progredi nec sanclum a suo (populo) separari velle agnovit, impium et rusticum illum vocans nullumque bonum sibi velle fîeri, spreta votisui Andegavis honoris tumulatione, continuo ras deseruit et absque haud admiratione recessit. Chr. de Saint-Florent.

(17) Quorum quidam vassus magnus et validus, Gastho nomine,... ïctu gravi a Fulcone percussus oculum amisit. Castri vero praepositum, Aimericum cognomento Pirum, viginti quatuor, filios fratres germanos, habentem, Doado incarcéravit... liliaque ejus nonnulli cum eo capti, nam plures cum Gelduino exierant, Andegavis poenis attriti sunt. Ibid.

(18) hii duo, pater (Fulco Nerra) et filins (Gaufredus Martellus), ut natura dictabat feritate, viribus, crudetitalc feris pene fileront infertores... Contra quos, nec inusitando, reniti summis etiam sacerdotibus fas erat, quia durum et avarum cor eorum nullius ordinis vel tenuem auditum impunium….praeleribat... Nant ecclesia nostre sub ipsorum non dominio sed tyrannide coinstitutae... per praedictos tyrannos alienis ecclesiarrim ministris potius sunt venditae quam donatae. Ibid.