les compagnons de Jeanne d Arc - Etienne de VIGNOLES dit La Hire

(Photo Secret de la lance Puy du Fou)

Etienne de VIGNOLES dit La Hire; Ses armes : trois grappes de vigne d'argent surmontées chacune d'une feuille

"Un pillage sans incendie, c'est comme une andouillette sans moutarde"

 

Fidèle compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, il participa grandement au rétablissement de Chârles VII sut le trône de France

La Hire! D'où vient ce surnom ? De Ire : la colère ; de Hyr : le grognement du chien comme l'affirmaient ses ennemis les Anglo-Bourguignons, ou de La Hitte, nom du château de Préchacq qui figure sur la carte de Guyenne dessinée par Belleyme ?

 

Le valet de coeur dans le jeu de cartes porte son surnom. Les valets, qui apparaissent après les rois et les reines étaient des dignitaires considérés. Le coeur est quant à lui l'emblème de l'amour, du courage, de la bravoure.

 

Portrait_of_Etienne_de_Vignolles_aka_La_Hire,_by_Louis-Félix_Amiel,_1835

Etienne de Vignoles est fils cadet de Johan de Vignoles, seigneur de Préchacq dans les Landes. On lui connaît trois frères qui ont combattu à ses côtés : Amador, seigneur de Vignoles, Arnaud-Guillaume ou Renaud Guillaume, Pierre-Renaud, dit le Bourg de Vignoles, frère adultérin, et une soeur Catherine qui épouse en 1442 le vicomte Arnaud de Julliac.

 

L'histoire de La Hire est conforme à celle des hommes de guerre de son époque, d'instinct belliqueux et vaillant chef de bande, il détestait les Anglais qui dévastaient les Landes et avaient chassé les barons de Vignoles de leurs terres. C'est un farouche et féroce capitaine qui se distingue pat la rapidité de ses coups de main, il est efficace, observateur, rusé, énergique, audacieux, opiniâtre. Enguérand de Monstrelet, très favorable à la maison de Bourgogne, dit de lui dans sa chronique : « La Hire avec ceux qu'on appelle écorcheurs. »

Si Edouard III, en Angleterre, avait organisé une véritable armée nationale avec recrutement régulier, revues et conseils de révision, en France on en était encore à l'armée féodale, les capitaines n'avaient pas de solde fixe et devaient souvent entretenir leur compagnie à leurs frais, ils pillaient « Si Dieu était homme d'armes, disait La Hire, se ferait pillard. »et rançonnaient pour vivre et pout s'enrichir. La rançon des prisonniers était une des grandes motivations du service militaire, elle permettait parfois d'acquérir de grandes richesses. Plus tard, Charles VII constituera une armée régulière.

La Hire fit ses premières armes avec les sires d'Albret, des aventuriers et des brigands qui levaient des troupes sur leurs terres, pillant les campagnes, rançonnant les villes et les voyageurs. Ils se battaient, selon leur avantage, pour le roi de France ou celui d'Angleterre.

 En 1368 ils se rallièrent à Charles V.

Pour suivre le duc d'Orléans venu combattre les Anglais en Guyenne avec le comte d'Armagnac et le sire d'Albret, il quitte son pays vers 1406. Avec Jean-Poton de Xaintrailles, originaire des Landes lui aussi, ils forment une petite troupe de Gascons et combattent avec les Armagnacs. C'étaient de bons soldats. Brantôme, né en Dordogne en 1535, rapporte : « Tout soldat français, mais qu'il fût vaillant on le tenoit pour Gascon. »

En 1418, avec d'autres capitaines, il rejoint le dauphin Charles réfugié à Melun et lui offre ses services, il est nommé « capitaine général de là de la rivière de Seine es païs de l'Isle de France, Picardie, Bauvoisis, Laonnois et Soissonnois et bailly de Vermandois. Créés par Philippe Auguste, les baillis avaient la garde et la tutelle des peuples avec pouvoir sur la justice, les armes et les finances.

Les Compagnons de Jeanne d’ Arc - Etienne de VIGNOLES dit La Hire au château de Chinon (2)

On le retrouve capitaine de Coucy-le-Château et de Crépy-en-Laonnois en 1419. Au cours du siège de Coucy, des partisans du duc de Bourgogne avaient été faits prisonniers et enfermés au château. Ils s'évadèrent avec la complicité d'une femme de chambre et tuèrent le capitaine Pierre de Xaintrailles qui avait la garde du château. La Hire tenta de lui porter secours mais en vain. Il reviendra en 1420 avec son ami Poton de Xaintrailles pour venger la mort de Pierre. Il est présent à la bataille de Veil-Baugé le 22 mars 1421 et contribue à la victoire. En 1421 il combat à Crespy, il est fait prisonnier à Château-Thierry par les Bourguignons et doit payer rançon.

 

La Hire n'était certainement pas un inconnu pour Jeanne d'Arc. En effet, en 1422 le cardinal de Bar l'engage pour protéger son duché des garnisons Anglo-Bourguignones qui occupaient les forteresses du pays et rançonnaient les paysans, dans la région même de Dom Rémy. Au cours d'un combat il fait prisonnier le comte de Vaudémont, parent de Jeanne de Joinville, dame de Dom Rémy.

Dans le barrois, il fera certainement connaissance avec le sire de Baudricourt, capitaine de Vaucouleurs, qui était en relation avec René d'Anjou, neveu du cardinal et futur duc de Bar. Par ailleurs un de ses lieutenants, Geoffroy de Saint-Blin, seigneur de Bologne était le gendre de Robert de Baudricourt.

En 1423 il s'empare de Compiègne, fait prisonnier Mansart d'Esme, gouverneur de Vitry-en-Perthois, et prend la ville et le château. Il sera nommé bailli royal, capitaine et gouverneur du château de Vitry-en-Perthois en 1424.

« En cest an, dit Monstrelet, fut prins Mansart d'Esme par La Hire tenant du parti du dauphin comme faisoit ledit Mansart, et non obstant que par si long temps ils eussent esté amis ensemble par  semblant, si fut ledict Mansart desseuré de tous ses biens, de sa forteresse et avec ce fut mis à rançon à très grant somme de deniers, et si fut par longtemps tenu prisonnier bien destroitement. » De qui Mansart était-il vraiment l'ami ? On peut se poser la question car les Bourguignons attaquèrent la forteresse et La Hire fut contraint de la rendre à Jehan de Neufchâtel, seigneur de Montagu. Dans la chronique de Monstrelet on peut lire : « En ce temps fut traicté fait entre le seigneur de Montagu, tenant le parti du duc de Bourgogne d'une part et Estienne de Vignoles dit La Hire d'autre part. Est assavoir que ledict de Montaigu deubt avoir l'obeyssance de Vitry en Pertois et dedans le premier dimanche de quaresme ensuivant, en cas qu'il n'aurait secours du roi Charles audict jour, lequel secour ne lui fut poin envoyé, et pour ce, ainsi que promins l'avoit, bailla audit seigneur de Montagu, l'obeyssance des dessus dictes ville et forteresse qu'il tenait en Champagne. »

Pendant ce temps les Dauphinois au service de Charles VII prenaient Saint-Dizier. Jean de Vergy, seigneur de cette ville, était au service du duc de Bourgogne, la duchesse douairière de Bourgogne lui envoie 2000 livres afin d'assurer la protection de ses autres possessions, Vignory et Sexfontaine. Jean de Vergy et son frère Antoine accourent vers Saint-Dizier, La Hire se porte au secours des troupes de Charles VII mais il est battu par le seigneur du lieu. En Champagne sa combativité demeura légendaire.

 

La même année il est à la bataille de Verneuil remportée par le duc de Bedford.

 

En 1426 il est nommé écuyer de l'écurie du roi Charles VII.

En 1427 Montargis est assiégée par les comtes de Warwick et Suffolk. Un conseil se tient à Jargeau avec le comte de Richemont et quelques autres seigneurs pour décider du secours à porter à cette ville. L'expédition fut confiée au bâtard d'Orléans et à La Hire qui s'empressèrent de déloger les Anglais. C'est là que La Hire, demandant l'absolution à un chapelain, dit à ce dernier : «Je n'ai pas le loisir de me confesser mais j'ai fait ce que les gens de guerre ont accoutumé de faire ! » Le chapelain lui donna l'absolution, il s'écria alors :

« Sire Dieu, je te prie de faire pour La Hire ce que La Hire ferait pour toi s'il était Dieu et que tu fusses La Hire. »

 

Depuis la mort d'Henri V, les Anglais n'avaient guère avancé dans leur conquête de la France, ils décidèrent alors d'attaquer les provinces qui étaient restées fidèles à Charles VII, pour cela, il fallait d'abord s'emparer d'Orléans. La tâche fut confiée à Salisbury. Charles VII était dans la misère :

 

« Un jour que la Hire et Poton

Vinrent le voir pour festoiement N'avait

qu'une queue de mouton

Et deux poulets tant seulement. »

 

Afin d'obtenir les ressources nécessaires pour s'opposer aux Anglais, il décida de convoquer, à  chinon, les états généraux de toutes les provinces qui lui étaient soumises. Les débats durèrent six semaines et une aide de cinq cent mille livres fut votée pat les représentants des provinces qui siégeaient encore quand des messagers apportèrent la nouvelle : depuis le 13 octobre 1428, les Anglais tenaient le siège devant Orléans. Les habitants suppliaient Charles VII de leur fournir les secours dont ils avaient besoin. Les Français ne négligèrent aucun préparatif pour préserver la ville, Jean, bâtard d'Orléans, demi-frère du duc Charles, prisonnier en Angleterre, est nommé lieutenant général du roi sur le fait de la guerre pour l'Orléanais. Il a avec lui 800 hommes, La Hire et Culan lui en amènent 400 de plus. La garnison reçut des combattants, des munitions et des vivres, des canons furent disposés sur les murs, la poudre était alors connue et utilisée pour défendre ou attaquer les villes. Charles VII avait fait ériger de grands magasins à Blois pour ravitailler les assiégés. Il envoya en octobre un canonnier nommé Jean de Montseclere qui venait d'Angers et un peu plus tard, un de ses chirurgiens nommé Jean Jodoine « pour aller appareiller les blessés »

Régulièrement des messagers se succédèrent pour demander des secours, tenir le roi informé de la situation et transmettre ses ordres. Charles leur faisait remettre à chacun des sommes plus ou moins considérables pour les dépenses du voyage et pour subvenir aux besoins des assiégés.

Les Compagnons de Jeanne d’ Arc - Etienne de VIGNOLES dit La Hire au château de Chinon (6)

 

 

En novembre c'est La Hire qui arrive à Chinon, il reçoit cent écus d'or pour le séjour à Chinon et le voyage aller et retour, «pour deffrayer luy et auscuns autres gentilhommes qu'il avait amenez en sa compagnie de la ville d'Orléans audict lieu de Chinon. » ainsi que l'argent nécessaire pour payer les gens de guerre.

 

Les Compagnons de Jeanne d’ Arc - Etienne de VIGNOLES dit La Hire au château de Chinon (4)

Au début du carême, Falstaff quitte Paris avec 1500 hommes pour convoyer des vivres et des munitions afin de soutenir le siège, les Français affamés décident alors de soustraire aux Anglais le ravitaillement annoncé et s'avancent au devant de l'ennemi. La Hire et Xaintrailles, arrivés les premiers avec la garnison de la ville, voulaient s'emparer des vivres en coupant le convoi. Mais le comte de Clermont, qui suivait avec une année de 5000 hommes, avait donné ordre de ne pas intervenir avant qu'il ne soit là. On était au milieu de la nuit et pendant deux heures encore l'attaque fut retardée par des discussions entre les chefs français. Cela donna le temps à Falstaff de préparer un piège qui fonctionna à merveille. Jean Stuatt, connétable des Ecossais, son frère Guillaume, le sire de Rochechouart et Guillaume d'Albret furent tués et le bâtard d'Orléans grièvement blessé. Les chariots contenaient des poissons salés qui furent répandus sur le champ de bataille, c'est la fameuse journée des harengs.

La situation était désespérée, c'est alors qu'on apprit qu'une jeune fille, qui se disait pucelle, avait passé la Loire à Gien et se dirigeait vers Chinon pour y rencontrer le roi. Elle disait qu'elle allait lever le siège. Aussitôt le bâtard d'Orléans envoya des hommes à Chinon pour en savoir plus.

 

« En cest saison de douleur

Vint au roi une bergerette

Qu'on nommait Jeanne la Pucelle

Gentil roi, je vous mèneray

Couronner à Reims, qui que veuille

Et siège d'Orléans lèveray. »

Martial d'Auvergne.

 

Depuis cette funeste journée du 12 février 1429, la bataille des Harengs, des renforts étaient arrivés aux Anglais et plus aucune nourriture ne pouvait entrer dans la ville assiégée, des messagers furent envoyés au roi, on délibéra pour savoir de quelle manière on pourrait y faire entrer du blé et d'autres victuailles. « Par mon martin, dit la pucelle, je leur ferai mener des vivres. » Rendez-vous est pris à Blois avec l'année qui conduira les charrettes vers Orléans et au jour dit arrivent Gilles de Rais, La Hire, Gaucourt, Poton de Xaintrailles et d'autres capitaines.

C'est là que La Hire rencontre Jeanne d'Arc. Il a en elle une confiance immédiate, influencé peut-être par la recommandation de Robert de Baudricourt, il lui sera à jamais fidèle. « Je jure de vous suivre, Jeanne, moi et toute ma compagnie, là où vous voudrez nous mener. »

Jeanne avait promis la victoire aux soldats pourvu que leur âme soit en bon état. La Hire se confessa. Comme il jurait beaucoup, Jeanne se fâcha : « La Hire ! La Pucelle te défend de jurer, sous peine d'enfer ! » Il prit la résolution de dire à l'avenir « par mon Martin » c’est-à-dire par mon bâton. Il ne quittera plus Jeanne d'Arc et participera à la levée du siège d'Orléans, à la campagne de Loire, au couronnement de Charles VII à Reims. Il sera à Paris avec elle, à Compiègne et sera fait prisonnier par les Anglais en tentant de la délivrer à Rouen. Dans le Journal d'un bourgeois de Paris, dont on sait que le rédacteur était partisan du duc de Bourgogne, on peut lire : « Le 30 mai Jeanne fut prêchée à Rouen Dans la même semaine, le plus tyrannique, le moins pitoyable de tous les capitaines armagnacs, celui qui était nommé La Hire à cause de sa méchanceté fut pris par de pauvres compagnons et enfermé au château de Dourban. » Le voilà prisonnier et mis à rançon. Il était classique à cette époque de laisser un ou plusieurs otages à sa place pour aller réunir la somme demandée. « Laquelle somme ne du mien ne aussi de celui de mes parens et amis charnelz, je ne savoye bonnement paier sans l'aide et secours du Roy... lequel combien qu'il ait très bonne voulenté de me délivrer de prison... m'a respondu que de présent na pas si largement finence. Mais de bonne grâce ma octroyé et a sa requeste mesme de demander en chascuns des pays et villes de son obéissance aide d'argent pour aider à payer ma rançon.»

Les Compagnons de Jeanne d’ Arc - Etienne de VIGNOLES dit La Hire au château de Chinon (5)

Le 27 janvier 1432 il est à Chinon et, suivant les conseils du roi, il écrit aux habitants de Lyon et leur demande de l'aider à payer sa rançon. Tant que les transactions n'étaient pas terminées, le prisonnier ne pouvait pas reprendre les armes et le grand capitaine était plus utile à combattre les ennemis du royaume qu'à écrire des missives aux bonnes villes de France. Le roi se chargea de réunir l'argent et paya la rançon : « lui mesmes a chascune ville et pays en escript et envoyé de ses gens et officiers pour ceste cause. » Et La Hire reprit son combat contre les Anglais. On le verra à Lagny en 1432, à Breteuil en 1435, à Gisots et Soissons en 1436, à Meaux en 1439, à Harfleur en 1440, à Créteil et Pontoise en 1441 et enfin à Saint-Sévère et à Dax en 1442 où il participait à la reconquête de la Guyenne avec le toi.

Il meurt entouré de ses compagnons d'armes le 7 janvier 1443 à Montauban, d'après une épitaphe aujourd'hui disparue, où l'armée s'était repliée pour passer l'hiver, le roi qui était présent dit : «Je perds aujourd'hui le plus grand en armes que j'ai onques vu et verrai. » Sa valeur était reconnue par toute l'armée qui le regretta.

En 1463, parmi l'inventaire de l'artillerie de Louis XI se trouve un canon de fer d'une pièce qui est appelée : La Hire.

 

Les Compagnons de Jeanne d’ Arc - Etienne de VIGNOLES dit La Hire au château de Chinon (3)

Reconnaissant, Charles VII se devait de récompenser ses meilleurs serviteurs. Mais, par manque de finance, il aliénait des fiefs. Le 17 janvier 1436, il donne à La Hire « à toujours pour lui et ses hoirs mâles, les terres, seigneuries, rentes, revenus, appartenances et dépendances de Montmorillon en Poitou « étant en cens, censives, rentes, terres, prés, bois, vignes, fours et moulins » et Castella en Languedoc, l'autorisant, s'il se mariait, à bailler en douaire à sa femme, et autrement à les engager pour une somme de 10 000 écus d'or, dans le cas où il décéderait sans enfant il pourrait en disposer par testament pour une même somme. »

 

Etienne de Vignoles s'engageait à assurer les réparations et l'entretien du château et de sa garnison. Peu de temps après il épousait Marguerite de David, fille unique de Henri seigneur de Longueval et de Jeanne de Lissac, et lui constituait un douaire équivalent à la somme de 6000 écus sur la terre de Montmorillon. Mais l'ordonnance de 1356 interdisait toute aliénation du domaine royal, le parlement et la chambre des comptes veillaient à l'intérêt du royaume, le procureur général contesta les ordres du roi et fit opposition à ces donations le 30 avril 1437. Le 1er mai 1437 Etienne de Vignoles renonçait à disposer de ces terres par testament au cas où il n'aurait pas d'enfant et reconnaissait qu'après le décès de sa femme, le roi ou son successeur retournerait de plein droit en possession et saisine des dites terres et seigneuries de Montmorillon et Castella, en payant à ses héritiers et ayants droits la somme stipulée de 10 000 écus d'or.

Marguerite, qui n'avait pas eu d'enfant, épouse en 1444 Jean de Courtenay, seigneur de Saint-Brisson et moyennant la somme convenue de 6000 écus remet à André de Villequier, chambellan et favori du roi, la terre de Montmorillon. Le roi ratifia cet arrangement au mois de juillet 1445.

Etienne Vignoles est enterré à Montmorillon dans le choeur de l'église du prieuré de la Maison-Dieu dédiée à Saint-Laurent. Son gisant le représentait revêtu de son armure, les mains jointes, la tête appuyée sur un coussin de pierre, un chien à ses pieds. Gravés dans la pierre, on pouvait lire ces mots : « Cy gist le corps de Estienne de Vignoles dit La Hire en son vivant chevalier. »

 Le 8 octobre 1562, les huguenots pillent le monastère et saccagent le gisant, sans toutefois le profaner.

Les Compagnons de Jeanne d’ Arc - Etienne de VIGNOLES dit La Hire au château de Chinon (1)

Quand les Augustins prirent possession de la Maison-Dieu, prétendant que le monument les gênait pour célébrer les offices, ils le déplacèrent vers le milieu de l'église, sous la chair du prédicateur. Il y resta jusqu'au milieu du XVIIIe siècle puis il fut enfermé dans l'embrasure d'une porte masquée par une boiserie. A la révolution les Augustins furent chassés de la Maison-Dieu, dans l'église on brisa les boiseries et l'on redécouvrit le tombeau de La Hire. De la statue il ne restait que le buste. Montmorillon eut un moment le projet d'orner la société populaire de statues de la liberté, on pensa utiliser le buste de La Hire comme modèle et pour cela il fut transporté vers l'atelier du statuaire, mais le projet fut abandonné ainsi que le buste de notre héros. Après la parution d'un article de M. Nouveau dans le bulletin de la société des antiquaires de l'Ouest, on décida de faire ériger une plaque rappelant le souvenir de l'héroïque capitaine, le ministre de l'intérieur de l'époque fut averti et accepta de prendre la dépense à sa charge.

 

 

C'est ainsi, qu'en août 1839, on fit dresser une pierre tombale qu'on peut voir encore aujourd'hui dans la première travée de l'église, à gauche en entrant.

Anne-Marie Salichon

 


Jeanne-d-Arc Anne-Marie Salichon (Auteur)

Chaque ville johannique a très tôt souhaité commémorer la présence de Jeanne d'Arc dans ses murs : aussi, de nombreuses séries de cartes postales ont-elles vu le jour pour retracer à la fois l'épopée de cette héroïne nationale et les événements qui ont suivi sa mort, de sa réhabilitation à l'institution de sa fête.

 

 

Anne-Marie Salichon, responsable du musée Jeanne d'Arc de Chinon et présidente par intérim de l'association Connaissance de Jeanne d'Arc, a choisi de retracer l'histoire de la Pucelle à partir de la collection de cartes postales de cette association, en insistant, bien entendu, sur le passage de Jeanne à Chinon et en Touraine

 


 

Son corps repose dans la chapelle Saint-Laurent et sa figure orne les jeux de cartes du monde entier. La Hire guidera les touristes à Montmorillon

carte Etienne de VIGNOLES dit La Hire

 

 

 

Comment s'est-il retrouvé sur le jeu de cartes ?

« Lorsque le jeu a été inventé, il fallait quatre valets et Étienne de Vignolles a été choisi en raison de sa notoriété comme valet de cœur de Jeanne d'Arc. Les joueurs de belote ne se doutent pas que La Hire est à Montmorillon ! On se rend d'ailleurs compte que peu de Montmorillonnais connaissent cette histoire. »

https://www.lanouvellerepublique.fr/actu/future-icone-touristique-la-hire-le-valait-bien


 

gisant Etienne de VIGNOLES dit La Hire

Etienne Vignoles est enterré à Montmorillon dans le choeur de l'église du prieuré de la Maison-Dieu dédiée à Saint-Laurent. Son gisant le représentait revêtu de son armure, les mains jointes, la tête appuyée sur un coussin de pierre, un chien à ses pieds. Gravés dans la pierre, on pouvait lire ces mots : « Cy gist le corps de Estienne de Vignoles dit La Hire en son vivant chevalier. »

La Chapelle Saint Laurent https://www.tourisme-montmorillon.fr/monuments.php