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Martinus Vertavensis  Saint Martin de Vertou (527 à Nantes - 601 à Vertou)

Originaire du diocèse de Nantes, le diacre Martin fut envoyé par son évêque saint Félix pour évangéliser les populations du sud de la Loire. A cette époque, la Bretagne et le nord du Poitou étaient encore païens.

Martinus Vertavensis, en latin ainsi nom­mé du monastère de Vertou, dont il fut le premier abbé et le fondateur, connu aussi sous le nom de Saint Martin le Seul, naquit en 527, d'une des premières familles de Nan­tes. Il alla terminer ses études à Tours, et se trouvait dans cette ville, âgé de 32 ans, lors d'un voyage qu'y fit saint Félix, évêque de Nantes. Ce prélat, s'étant assuré de la vocation reli­gieuse de Martin, accéda à sa de­mande d'embrasser l'état ecclésiasti­que. Il lui conféra les ordres, le fit chanoine et archidiacre de son église; et, connaissant son talent pour la pré­dication, le chargea de travailler à la conversion des peuples qui habitaient les environs de Nantes. Les obstacles que sa mission évangélique dut éprou­ver, fournirent aux légendaires l’his­toire de la submersion d'une pré­tendue ville d'Herbauge, résidence d'idolâtres. Le récit de cette catas­trophe est calqué sur celui de la des­truction de Sodome, au point que le nom de la cité de Sichor ou de Ségor, voisine de Gomorrhe et de Sodome, se trouve appliqué, dans la légende, à un lieu situé près d'Herbauge, et qui est actuellement le bourg de Raisé. Mais nous laissons ces détail: fabuleux, reproduits par Albert-le­Grand, et victorieusement réfutés , par D. Lobineau, dans sa Notice sur saint Martin.

 Selon quelques légen­daires, Martin de Vertou fit ensuite un pèlerinage à Rome, mais peut-être l'a-t-on confondu avec de saints per­sonnages du même nom. -L'un d'eux, grand voyageur, fonda le monastère de Dumes, près de Brague, en Portu­gal. -Un autre habita le Mont-Cassin, avant saint Benoît, le lui céda, et se retira dans une grotte du mont Marsique.- Un troisième enfin, disci­ple de saint Martin de Tours, et dont Grégoire de Tours parle dans sa Gloire des Confesseurs, fonda un mo­nastère à Saintes. Il est vraisemblable que les auteurs des actes de saint Martin de Vertou, qui n'ont écrit qu'a­près l'invasion des Normands, et qui n'indiquent pas des sources antérieures à cette invasion, ont pris indistinc­tement dans les actes des divers Saints du même nom, et surtout dans ceux  de Martin de Dumes, ce qu'ils ont jugé de plus propre à glorifier leur Saint.

Une certaine conformité entre le nom du lieu où Martin, le voya­geur, fonda son monastère, et celui que choisit Martin de Vertou, n'a pas peu contribué à cette confusion; nul doute en effet, que le Dumes de Portugal aura semblé le même Lieu que la forêt de Dumen, qui , du temps de saint Martin, se trouvait près de Nantes, et dont Vertou faisait partie. Après avoir travaillé à déraciner les restes de l'idolâtrie, Martin, considé­rant sa mission comme accomplie, retira dans cette forêt de Dumen, où il se construisit une petite hutte, faite de branches d'arbres entrelacées d' o­sier, ne vivant que d'herbes, de ra­cines et d'eau. Il se proposait de ter­miner ses jours dans cette solitude, où la prière et la contemplation l'ab­sorbaient, quand Dieu Lui inspira le désir de s'établir à Vertou, pour travailler de nouveau au salut du prochain.

D'abondantes aumônes le mirent à même d'élever une église et un monastère, qu'il dédia à saint Jean-Baptiste. Selon le propre de Nantes, Martin ne se borna pas à la construction de cette maison, et l'affluence des moines qui vinrent se ranger sous son obéissance, l'obligea de fonder plusieurs autres monastères. Butler lui en attribue deux, l'un pour les hommes, l'autre pour les femmes. Tous deux étaient détruits du temps de cet hagiographe, et il n'en restait que le prieuré de Saint-Georges de Montaigu (Durivum),  dépendant de l'abbaye de Saint-Jouin-sur-Marne,

Quant à celui de Vertou, longtemps célèbre par la régularité qui s'y observait, et qui de­vint plus tard un simple prieuré, dé­pendant aussi de Saint-Jouin, Albert -­le-Grand en fixe la fondation à l'an 575; mais d'autres la reculent à l'an 595, ou même encore plus tard, par la raison que Grégoire de Tours n'en a pas dit un mot, et que, bien certai­nement, il en aurait parlé, ainsi que de saint Martin, si ce dernier eût été, de son temps, abbé de Vertou, et su­périeur, comme on I' assure, de 300 re­ligieux. Saint Martin étant tombé ma­lade, dans le cours d'une de ses missions, au monastère de Durin, qu'il avait aussi fondé, y mourut le 24 oc­tobre 601.

Son corps est ramené dans l'abbatiale de Vertou, mais, au milieu du IXe siècle, les moines de Vertou fuyant devant les Normands l'emportent jusqu'à Saint-Jouin-de-Marnes. Les restes du saint abbé furent dispersés au moment des guerres de religion.

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La légende raconte que saint Martin de Vertou planta son bâton de pèlerin au milieu de la cour de l'abbaye et que celui-ci prit racine, devenant un if qui apparaît sur le blason de la commune de Vertou.

 ==> La légende Bretonne d’ Herdabilla, la capitale du pays d’Herbauge engloutie dans les eaux du lac de Grand-Lieu