Jeanne de Belleville Olivier de Clisson château Montaigu Claire Biteau-Guillemain Enluminures

(Olivier de Clisson et Jeanne de Belleville Parcours d’interprétation du patrimoine de la vieille ville de Montaigu, en Vendée. http://enlumine.org/blog/tag/jeanne-de-belleville/ )

L’histoire de Jeanne de Belleville se déroule en pleine guerre de Cent Ans (1337-1453)

Jeanne-Louise de Belleville, dite la Tigresse bretonne, Lionne bretonne comme les Anglais (The Lion’s Britany), la Veuve Clisson, la Tigresse sanglante, malgré ses origines poitevines, née vers 1300 dans le Poitou, est devenue corsaire au XIVe siècle par vengeance.

Née en 1304 à Belleville sur Vie (Vendée), elle avait hérité de nombreux domaines dans les pays de Retz et de Garnache.

Elle est la fille de Maurice V de Montaigu, Seigneur de Belleville,  Seigneur de Montaigu, de la Garnache, de Châteaumur, de Palluau et de Beauvoit-sur-Mer, Commequiers

et de Létice de Parthenay (1276 - ?) (Parents Guillaume VI L'ARCHEVÊQUE, seigneur de Châtelaillon 1250/-1316 et de Marguerite de THOUARS)

jeanne de belleville Coat_of_Arms_Clisson_Family

Elle est d'abord l'épouse de Geoffroy VIII de CHATEAUBRIAND) (1293-1326), seigneur de Châteaubriant

Mort de Geoffroy VIII de Châteaubriant (mort à la bataille de La Roche-Derrien) Baron de Châteaubriant, Seigneur de Vioreau (44), de Candé, de Challain et des Huguetières

Dans une période où l’Ile d’Yeu était passée du diocèse de Poitiers à celui de Luçon.

En 1320, Maurice V de Belleville était mort sans descendance.  C’est sa soeur, Jeanne de Belleville, veuve de Geoffroy de Chateaubriand, qui  était devenue la nouvelle propriétaire et seigneuresse de l'Ile d'Yeu. Le vieux-château de l'Ile d'Yeu,  a été le lieu de nombreux événements au cours de l'histoire depuis sa construction par Jeanne de Belleville.

 

Tous deux décident alors de la construction d’un château plus résistant pour mieux protéger l'île sur les fondations d'un ancien Chatelier en bois, qui protégeait l'île jusqu'alors.

En 1328, elle s'était mariée avec Olivier IV de Clisson à qui elle donne l'Ile d'Yeu en dot.

de cette union sont nés cinq enfants :

•             Maurice de Clisson

•             Guillaume de Clisson

•             Olivier V (23 Avril 1336 – 22 avril 1407), son successeur et  connétable de France

•             Isabeau (morte en 1343), épouse de Jean Ier de Rieux et donc mère de Jean II de Rieux

•             Jeanne, qui épousera Jean Harpedane, seigneur de Montendre

Jeanne-Louise de Belleville, dite la Tigresse bretonne, Lionne bretonne comme les Anglais (The Lion’s Britany), la Veuve Clisson, la Tigresse sanglante

(Enluminure de style gothique XVème siècle sur Jeanne de Belleville, au format 21x30cm (30x40 hors tout) exécutée sur un parchemin de chèvre. La feuille d'or véritable exalte de multiples reflets. La peinture est constituée de pigments liés avec une détrempe médiévale à base d'ingrédients naturels. Les gestes sont effectués selon les techniques d'époques (dégradés, motifs...) et à main levée. Le thème est celui de l'histoire de Jeanne de Belleville, femme corsaire du XIVème siècle. Une belle call Artiste : Elsa Millet http://elsa-millet.com/?page_id=177 )

Les couronnes de France et d’Angleterre se disputent la Bretagne.

 Une lutte ouverte éclate, Olivier prend part au combat pour la France, lors du siège de Vannes par les Anglais il est fait prisonnier et sera conduit en Angleterre.

Libéré contre une somme relativement peu élevée, le Roi de France Philippe VI de Valois  soupçonne Olivier IV de Clisson de vouloir aider les anglais à conquérir la ville de Nantes.

Olivier IV est alors attiré dans un piège à Paris au motif d'un tournoi de chevalerie mais il y est arrêté pour son soutien à Jean de Montfort contre Charles de Blois, neveu du roi de France, Philippe VI, et prétendant au trône ducal

il est arrêté, emprisonné, et condamné en 1343 à la décapitation pour félonie par le Roi de France, Philippe VI. Son exécution a lieu aux Halles à Paris, et sa tête est envoyée à Nantes où elle fut, pour certain auteur, exposée durant plusieurs jours au bout d'une lance du haut d'un créneau du château du Bouffay (ancien château aujourd'hui disparu construit à Nantes, dans le quartier Bouffay (centre-ville), à la fin du Xe siècle par Conan Ier le Tort)

Female-Pirate-Jeanne-Lioness-of-Brittany-Execution-Olivier-de-Clisson

C'est de là que sa femme, Jeanne de Belleville, jura de se venger. Le Roi en profita pour s'octroyer tous les domaines qu'Olivier IV de Clisson possédait en Poitou et en Bretagne.

En décembre 1343, Jeanne est condamnée au bannissement du royaume et à la confiscation de ses biens.

Jeanne ne peut pardonner au roi sa cruauté, et à Charles de Blois d'avoir trempé dans ce qu'elle regardait comme un assassinat.

Considérant que le roi a agi par traîtrise, elle achète, pour se venger, trois bateaux avec ses biens pour faire la guerre de course contre les navires de commerce français.

Jeanne-Louise de Belleville, dite la Tigresse bretonne, Lionne bretonne comme les Anglais (The Lion’s Britany), la Veuve Clisson, la Tigresse sanglante (2)

Elle baptisera son navire amiral « Ma Vengeance » qu’elle peint en noir et qui arborent des voiles rouge sang. Elle recrute des corsaires comptant parmi les plus sanguinaires de l’époque.

Utilisant ces navires pour patrouiller dans la Manche, chassant les navires français pour massacrer plusieurs de leurs équipages, laissant seulement quelques survivants pour dire au roi français des attaques.

Ces attaques lui ont valu le surnom de "La Lionne de Bretagne". Pendant la bataille de Crecy, Jeanne utilisa ses navires pour ravitailler les forces anglaises.

 

Après quelques années de combats navals pendant lesquelles elle inflige de sérieuses pertes aux Français, elle perd son navire dans un naufrage. Son plus jeune fils Guillaume meurt durant ce naufrage.

Réfugiée en Angleterre avec son fils Olivier, futur connétable de France, elle épouse Walter Bentley, lieutenant du roi Édouard III d'Angleterre en Bretagne et capitaine des troupes anglaises qui combattent pour Jean de Montfort contre Charles de Blois.

Alliée positive de l'Angleterre, le pape Clément VI, sur requête du roi de France, intervient auprès du roi Édouard III pour qu'il mette un terme aux agissements de cette « tigresse ».

Enfin lasse, épuisée par cette vie si mouvementée, elle se retira à Hennebont, près de la comtesse et du jeune comte de Montfort. Blain lui était fermée, Blain ne lui appartenait plus ; le château avait été saisi avec tous ses biens et donné à Louis de Poitiers, ainsi qu'une maison au faubourg de Nantes.

L'un de ses 5 fils, le futur Olivier V de Clisson, bien qu'élevé à la cour d'Angleterre, servira Charles V et Charles VI et deviendra connétable de France.

Elle meurt en 1359, probablement en Angleterre.   

 

Le serment de Jeanne de Belleville et de ses fils.

« Si Dieu ne trompe point demain mon espérance,

Demain se lèvera le jour de la vengeance.

Pardonne mon retard, pauvre époux adoré ;

Tu le sais, mon seul crime est d'avoir ignoré.

Mais le retard n'a fait qu'accumuler ma haine

Tremblez, lâches, tremblez, car la mesure est pleine :

Le châtiment sur vous est enfin suspendu.

Et vous ne perdrez rien pour l'avoir attendu.

Clisson vous a maudits sur l'échafaud infâme :

Eh bien je vous maudis à son tour, moi sa femme.

Délateurs de Clisson, Philippe de Valois, Vous juges, vous bourreaux , et toi Charles de Blois, Tout ce qui sur la terre a pris part au supplice , Comme auteur, comme acteur, instrument ou complice, Ceux qui s'assocîront à ce que l'on a fait, Ceux qui m'empêcheront de venger le forfait : Soyez maudits, au nom de toute la nature, Maudits par Dieu, maudits par chaque créature; Maudits dans tous les lieux où vous vous trouverez , A la ville, à l'armée, aux champs où vous fuirez; Maudits dans vos maisons et maudits à l'église ; Maudits par l'ouragan et maudits par la brise, Par les astres des nuits comme par le soleil ; Maudits pendant le jour, maudits dans le sommeil ; Maudits dans vos plaisirs, maudits sur votre couche, Maudits dans les baisers cueillis par votre bouche, Maudits dans vos enfants, maudits dans vos amours; Maudits dans tous vos biens, maudits, maudits toujours; De la plante des pieds au sommet de vos têtes; Dans tout ce qu'ici-bas vous rêvez ou vous faites ; Maudits dans votre soif, maudits dans votre faim, Maudits, maudits partout. Que vous dirai-je enfin?

Maudits dans votre corps et maudits dans votre âme !

Que rien n'y reste sain, que tout y soit infâme; Que votre nom à tous soit un objet d'horreur; Que pour vous prier Dieu devienne une terreur ; Et, quand sur votre front luira l'heure dernière, Qu'aucun prêtre pour vous ne dise de prière; Que vos corps, repoussés loin, bien loin des chrétiens, Aillent pourrir à l'air où pourrissent les chiens ; Puis, quand vous monterez vers le juge suprême, Que, dans sa majesté, Jésus, Jésus lui-même!

Se lève contre vous et vous plonge à l'instant Dans les feux éternels, où Judas vous attend ! »

Lorsque Jeanne se tut, haletante et brisée, Sa coupe de fureur n'était pas épuisée ; Elle avait encor soif de malédictions : Le volcan préparait d'autres explosions.

Jeanne était à la fois effrayante et sublime : On eût dit Némésis foulant aux pieds le crime.

Sa joue était en feu , ses yeux étincelaient Et sur son front crispé ses veines se gonflaient.

Elle allait et venait à grands pas sur la place, Et son silence même exhalait la menace.

 

Emile Péhant, Jeanne de Belleville, Tome II

Auteur : Péhant, Émile (1813-1876)

Éditeur : V. Forest et Grimaud (Nantes)

Éditeur : A. Aubry (Paris)

Date d'édition : 1868

Breviarium ad usum fratrum Predicatorum, dit Bréviaire de Belleville

Breviarium ad usum fratrum Predicatorum, dit Bréviaire de Belleville.

Le Bréviaire de Belleville, conservé à la Bibliothèque nationale de France, est un manuscrit enluminé dont les peintures furent réalisées par Jean Pucelle et son entourage vers le premier quart du XIVe siècle. Il doit son nom à sa probable destinatrice, Jeanne de Belleville, qui le reçut peut-être en cadeau pour ses noces avec Olivier de Clisson, seigneur breton dont les biens furent confisqués par Charles V en 1343

 

Breviarium ad usum fratrum Predicatorum, dit Bréviaire de Belleville. Bréviaire de Belleville, vol. II (partie été)

Breviarium ad usum fratrum Predicatorum, dit Bréviaire de Belleville. Bréviaire de Belleville, vol. II (partie été) -- 1323-1326 -- manuscrits

http://gallica.bnf.fr

 

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