D'Artagnan Capitaine des mousquetaires du roi (Charles Samaran)

S'il est un illustre Gascon qui a marqué sa place dans l'imagerie populaire, c'est bien ce mousquetaire dont les exploits sont passés de l'histoire à la légende à travers le prisme quelque peu déformant de la verve littéraire d'Alexandre Dumas. D’Artagnan devient connu par des millions de lecteurs et sa renommée fait le tour du monde… tout au moins un certain d’Artagnan, premier héros de cape et d’épée.

La vie de Charles de Batz de Castelmore, dit d’Artagnan, se déroule au XVIIe siècle.
Ce Capitaine-Lieutenant des Mousquetaires du Roi, cadet de Gascogne, meurt au champ de bataille en 1673. Il a environ soixante ans et a bien connu Mazarin, Anne d’Autriche et Louis XIV qu’il a successivement servi avec fidélité et courage.

Il faut cependant attendre 1912, pour que d’Artagnan trouve enfin son premier biographe en la personne de Charles Samaran. Ce Gascon, Directeur des Archives de France, entreprend un travail de recherche approfondi qui permet de retracer la vraie vie de ce Capitaine des mousquetaires, que le flamboyant héros de légende avait commencé à effacer des mémoires.

À la lumière de ces investigations et écritures, Charles de Batz de Castelmore revient peu à peu à la vie, sa vraie vie.

L’auteur:
Gersois (1879-1902),
Archiviste paléographe (1901), Charles Samaran devient directeur d'études à l'École pratique des hautes études en 1927 (chaire de paléographie) puis professeur de bibliographie et d'archivistique à l'École nationale des chartes (1933).
Il est élu à l'Académie des inscriptions et belles-lettres en 1941 et nommé directeur général des Archives de France. Il demeure à ce poste jusqu'en 1948. Il fut président du Comité des travaux historiques et scientifiques (CTHS) de 1960 à 1982. Il est l’auteur de nombreuses publications.

 

 

D'Artagnan, Capitaine des mousquetaires du Roi Charles Samaran

Dumas se sert de l' histoire comme décor et y ajoute un ingrédient: l'intrigue politique.

Il faut donc, sans plus tarder, les prévenir qu'Alexandre Dumas a un peu abusé de leur complaisance quand il leur a montré le jeune d'Artagnan se taillant sa part — et quelle part! — dans ces subtiles intrigues et ces mirifiques exploits.

C'est d'une quinzaine d'années, ni plus ni moins, que le romancier s'est permis d'avancer les débuts de son héros,car le récit des Trois mousquetaires évolue entre 1623 et 1628

— la capitulation de la Rochelle est du 28 octobre et d'Artagnan ne put arriver à Paris que longtemps plus tard, aux environs de 1640.

De plus, quand on lit après le roman moderne les Mémoires de M. d'Artagnan, on s'aperçoit que Dumas, loin de suivre pas à pas son devancier, ne fait guère que s'inspirer de ce récit plus ou moins historique.

Le bourg de Meung près d'Orléans remplace celui de Saint-Dyé près de Blois ; M. de Rosnai se transforme en M. de Rochefort; Porthos devient, aux lieu et place de Besmaux, le héros ridicule de l'histoire du baudrier; et on a quelque peine à reconnaître dans la jolie madame Bonacieux l'hôtesse parisienne de d'Artagnan. Quant à Milady, personnage tout à fait épisodique dans le récit de Courtils de Sandras, elle acquiert avec Dumas une importance singulière. Il faut noter aussi que dans les Mémoires de M. d'Artagnan il n'est nullement question que Milady soit marquée d'une fleur de lis sur l'épaule.

C'est dans les Mémoires du Comte de Rochefort que Dumas a pris ce détail dont il a tiré un si grand parti.

 

On voit par là avec quelle liberté le romancier populaire a puisé dans ces fameux Mémoires.

Le lecteur est donc averti une fois pour toutes qu'on s'efforcera de commenter, non pas le récit, trop peu fidèle, de Dumas, mais celui de Cour-

tils de Sandras, en disant ce qui doit en être retenu ou rejeté quant à l'histoire véridique de d'Artagnan.

 

Il faut renoncer à considérer comme rigoureusement exacts les débuts de d'Artagnan tels que Gourtils de Sandras les rapporte longuement dans les Mémoires

 La Légende de d'Artagnan <==.... ....==>L'origine de la légende de D'Artagnan et des trois Mousquetaires (Courtilz)