la Mesnie d’Augerolles, de Villers-Cotterêts Église Saint-Pierre de Chauvigny (2)

En sortant du château d'Harcourt, l'on aperçoit, sur la droite, le clocher et le chevet de l'église Saint-Pierre, véritable merveille architecturale qui ne peut manquer d'arracher à tout archéologue un cri d'admiration. « Rien n'égale la richesse et la variété des ornements qui décorent l'extérieur de l'abside et des chapelles ; les chapiteaux sont sculptés avec un soin prodigieux et les admirables détails qui ornent les archivoltes offrent aux regards étonnés cette variété de formes qui caractérise l'art roman parvenu à son dernier degré de perfection (1). »

Visite Virtuelle Église Saint-Pierre de Chauvigny

la Mesnie d’Augerolles, de Villers-Cotterêts Église Saint-Pierre de Chauvigny (3)

Le clocher, qui nous paraît dater du début du XIIIe siècle, est décoré de baies et arcades, les unes en plein cintre, les autres en arc brisé. La petite tourelle qui contient l'escalier est au contraire purement romane.

Avec son toit conique et l'ornementation de ses baies, elle ressemble aux clochetons qui encadrent la façade de Notre-Dame de Poitiers.

(Archéologie - Cartes des vestiges poitevins : Numérisation des archives du père de La Croix)

 Les murs latéraux, les transepts et la façade sont de décoration plus sobre.

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Le chapitre de Saint-Pierre - communauté des chanoines - apparaît déjà dans les textes vers 1025.

Bâtie en trois étapes principales : chœur et transept (vers 1100), nef (vers 1150), clocher (après 1200).  La construction de l'édifice dut commencer par le sanctuaire et les parties qui l'entourent; cette partie est du roman le plus pur. Dans la nef, l'ogive s'accuse progressivement aux arcs de la voûte, à mesure que l'on approche de la façade. L'œuvre, entreprise au XIe siècle, semble avoir été terminée vers la fin du XIIe.

Les chapiteaux des colonnes du sanctuaire sont remarquables. Avec M. de Caumont nous en rappellerons les principaux sujets (2). Sur le premier chapiteau du côté droit, on remarque deux hommes dévorés par des oiseaux de proie au long bec et aux fortes serres. Sur le second chapiteau est représenté l'ange Gabriel, les ailes étendues. Dans l'auréole qui entoure sa tête, on lit en caractères qui paraissent du XIIe ou du XIe siècle :

Gabriel Angelus, et audessus des ailes : Dixit gloria in excelsis deo.

Sur une autre face du même chapiteau, l'archange saint Michel pèse les âmes : le bassin de la balance placé du côté de l'archange est le plus lourd, malgré les efforts du démon, qui apparaît sous la forme d'un animal hideux, au-dessus duquel on lit : Ecce diabolus. Sur le troisième chapiteau, on voit de grands sphinx à deux corps et à une seule tête. Le sculpteur a placé son nom sur le quatrième chapiteau, qui se trouve au centre de la courbure de l'abside. On y lit : Gofridus me fecit.

La face principale représentel'adoration des Mages; sur les autres faces on voit l'Annonciation, Siméon recevant Notre-Seigneur, et la Tentation dans le désert.

Les trois autres chapiteaux sont ornés de sculptures symboliques. On y voit des oiseaux portant des têtes humaines, des hommes à deux corps et à une seule tête, et plusieurs autres figures d'un grand relief.

Sur une petite console engagée dans un des piliers de droite, à l'entrée du sanctuaire sont sculptées les armes d'Hugues de Combarel, évêque de Poitiers au XVe siècle.

Dans la chapelle centrale est placée une statue de la Vierge qui, au cours de la Révolution, servit d'effigie de la déesse Raison. On se contenta d'en séparer l'Enfant Jésus, dont le buste seul a été conservé.

Dans le bas-côté gauche de la nef, on voit deux tombeaux du XIVe siècle, sans inscription, couverts de statues mutilées portant les insignes sacerdotaux.

Comme beaucoup d'autres églises du Poitou, Saint - Pierre de Chauvigny eut à subir le contrecoup des guerres qui désolèrent la province. En 1569, les troupes de l'amiral Gaspard de Coligny pillèrent le trésor et incendièrent le château, la ville et l'église St Pierre.


Durant la Fronde, en 1652, Charles Chasteigner, marquis de La Roche-Posay, occupe la ville et le château et leur fait subir pillages et incendies. La même année il sera délogé par le duc de Roannes.

Abandonné pendant la Révolution, l'édifice fut rendu au culte en 1804, après les réparations les plus urgentes.

A partir de 1823, plusieurs grandes campagnes de restauration se succèdent : modification du niveau de sol, suppression des chapelles hautes, reprises des piliers….

L'Etat entreprit enfin une restauration complète qui fut exécutée en 1849 et 1850. Ces grandes restaurations s’achèvent par la réfection des peintures en 1857.

Classé monument historique en 1846, l’ancienne collégiales Saint-Pierre de Chauvigny est l’un des édifices les plus prestigieux du Poitou roman.

 

la Mesnie d’Augerolles, de Villers-Cotterêts Église Saint-Pierre de Chauvigny (1)(médiéval avec l’association la Mesnie d’Augerolles)

 

Poitiers & Angoulême, Saint-Savin, Chauvigny (2e édition) / par Henri Labbé de la Mauvinière

https://www.chauvigny.fr/index.php/tourisme-patrimoine/les-eglises

 

 

 

  Episode d'Aliénor au château de Mauléon les Chauvigny <==.... ....==> La mémoire des temps passés - Histoire des châteaux de la cité médiévale de Chauvigny.

 


 

1 Rapport, en date du 15 décembre 1840, au ministre de l'Intérieur, par M. Charles de Chergé, inspecteur des Monuments historiques de la Viennne.

2 Bulletin monumental. Tome Ier, p. 73 et 74 (année 1834)

Église Saint-Pierre de Chauvigny

L'église est située dans le département français de la Vienne, sur la commune de Chauvigny. Son origine est mal connue. L'existence d'un chapitre de 10 chanoines y est attestée dans le premier quart du XI e siècle. Il existait donc, à cette époque, un premier édifice, dont quelques pierres sculptées sont réemployées dans le chevet de l'église actuelle.

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Son origine est mal connue. L'existence d'un chapitre de 10 chanoines y est attestée dans le premier quart du XIe siè...

Posté par P'Hystorique sur mercredi 6 janvier 2016
==> Patrimoine, Recherches critiques sur Trois Architectes Poitevin de la fin du XIe siècle.